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Vermines

dimanche/25/02/2024
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Et si je vous disais que le meilleur film d’horreur de l’année 2023 était français ? Et là, je ne dis pas cela juste parce qu’on veut soutenir le cinéma de genre français ou qu’on a pitié de lui, je parle bel et bien d’un vrai bon (voire excellent) film d’horreur dans sa réalisation, dans ses idées, dans son atmosphère, et surtout qui se donne les moyens pour nous offrir ce que le cinéma d’horreur devrait nous donner à chaque fois : des frissons et de l’angoisse ! Et autant vous dire que le réalisateur Sébastien Vaniček a suffisamment de sadisme et de malice pour ça.

Tout commence dans une banlieue parisienne du 93 (Noisy-Le-Grand, là où votre Kaminski a également grandi en plus), où le jeune Kaleb, banlieusard débrouillard et solitaire passionné d’insectes et d’animaux exotiques, va ramener chez lui une araignée un peu particulière : elle aurait la capacité de grossir sa taille mais aussi de se démultiplier. Le problème, c’est qu’il n’en sait rien, et la bestiole va s’échapper et s’attaquer aux habitants de l’immeuble.

« Vermines » est enfin le film d’horreur exploitant, à merveille, les pires créatures de nos cauchemars, et qui va toujours chercher la pire des situations, surtout pour nous arachnophobes. Déjà, son réalisateur va utiliser de vraies araignées et les filmer de près (excepté bien sûr quand elles atteignent une taille anormale), ne faisant aucun cadeau aux spectateurs, choisissant les espèces rappelant les tégénaires pour éviter les tarentules et autres mygales toujours exploitées. Vaniček va parfaitement adapter sa mise en scène en fonction du changement des araignées : au début, elles seront insidieuses, se faufilant partout, voire dans notre propre corps, rappelant la terrible séquence de la pharmacie du film « The Mist », avec un travail de sound-design remarquable : on les entend mais on ne les voit pas assez rapidement. Puis, au fur et à mesure de leur nombre grandissant, le simple fait de les frôler mettra nos personnages en état de panique, cherchant à tout prix la survie. Je retiens particulièrement la scène du couloir et la course-poursuite dans les escaliers en plan-séquence ; sachez qu’il n’est même pas nécessaire d’être arachnophobe pour être tétanisé par ces scènes.

En parlant de nos personnages, les acteurs principaux sont à saluer tant ils sont justes et ne tombent jamais dans une caricature un peu excessive. Théo Christine campe un banlieusard solitaire et bruyant mais attachant ; Jérôme Niel, loin de ses blagues sur Youtube, arrive à être particulièrement touchant. Le reste du casting est lui aussi très investi, et chacun se donne à fond pour donner de la matière à leur caractérisation. D’ailleurs, Sébastien Vaniček profite de son long métrage pour justement faire ce parallèle entre les araignées et les personnes de banlieue, dont le titre « Vermines » n’est pas anodin. En effet, il veut traiter également des violences policières et de l’image qu’on a des personnes venant des cités, avec ce délit de sale gueule que l’on peut faire aussi bien pour les bestioles que pour les gens de banlieue ; après ce trait est un peu trop souligné, via une scène pas forcément nécessaire, qui est plus une façon de faire avancer le récit que de réellement approfondir le sujet. Mais absolument rien qui pourrait gâcher le film.

« Vermines » est non seulement un tour de force pour un premier film, mais se paye le luxe d’être une excellente série B (B+ même), donnant à son spectateur sa dose d’horreur et de frissons, et donc pour son argent. C’est typiquement le genre de film qu’il faut défendre, applaudir, et qui prouve une fois de plus que la France regorge de talent. Car oui, je me battrai toujours pour défendre le cinéma de genre français, et autant vous dire que quand il est de cette qualité, ça me redonne des forces dans ce combat. Bref, comme dirait un grand homme : « Pas mal non ? C’est français. »

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