Lord Elephant – Ultra Soul

vendredi/23/01/2026
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Auteur : Lord Elephant

Titre : Ultra Soul

Label : Heavy Psych Sounds Records

Sortie le : 30 janvier 2026

Note : 16/20

 

« -J’ai reçu le prochain Lord Elephant -Ha je connais pas -C’est de l’instru italien très stoner avec une guitare en feu et une basse disto entre Stoned Jesus et du sludge. Parfait pour un Westill vers 16 heures -J’ai écouté, vraiment cool ! » Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément : cette règle d’or, édictée par Boileau dans L’Art poétique (1674), se trouve, trois siècles et demi plus tard, illustrée par cet échange sur Signal entre votre serviteur et son pote Paul (vous savez, le fan de stoner) du 16 janvier dernier… Tant et si bien que je pourrais parfaitement me contenter avec flemmardise de cette synthèse, puis clore (cuistrement, certes) la présente chronique de disque. Mais, il s’avère que la parcimonie textuelle n’est pas le genre de ma maison, et que ni les artistes, ni le label, ni le lectorat ne méritent pareille radinerie conceptuelle. Alors ne nous arrêtons pas en si bon chemin…

Formé en 2016 dans la cité de Machiavel et de Roberto Baggio, Lord Elephant n’a pas, à l’image de bon nombre de groupes de sa génération, connu les traditionnelles « années de galère », qu’ont pratiquement tous enduré leurs ancêtres il y a des décennies de cela, et ont été promptement signés sur un label, en l’occurrence l’excelleeeeeeeeeeeeent (enfoiré*) Heavy Psych Sounds Records, spécialisé dans la musique dite « stoner », et qui plus est référence incontestable en la matière. Car, vous l’avez compris à ce stade de la chronique, Lord Elephant pratique un stoner lourd, pachydermique, et rejoint à ce titre la méga-ménagerie du genre, déjà composée de Mammoth Mammoth, Ufommamut, King Buffalo, Bison, Mr. Bison, Sasquatch, Bongzilla et autres Mastodon… Quant à moi, j’ai rien trouvé de plus original que de chroniquer le deuxième album de ce représentant de la mégafaune la semaine même où la formation de Dave Mustaine tire sa révérence discographique, monopolisant par suite les regards ainsi que les débats…

Pourvus de noms de peintres de la Renaissance (ou de tortues Ninjas, c’est vous qui voyez…), Leandro (guitare), Tommaso (batterie) et Edoardo (basse), brossent avec cet Ultra Soul sept bouillonnants tableaux d’un monde muet, terreux, volcanique, rougeoyant, ténébreux, organique. Assemblées, ces sept Pangées forment comme une sorte de Précambrien psychédélique et doom. Les intitulés de ceux-ci sont aussi courts et secs que leurs durées étendues et leurs contenus fertiles : « Electric Dunes », « Gigantia », « Astral », « MindNight » ou encore « Leave » (qui fait office d’outro) feront sans doute aucun le bonheur des amateurs du genre, et confirment l’attirance de nombre d’instrumentistes stoner pour la géographie, la biologie ainsi que l’atmosphérique scientifique et musical. Les trois (encore un trio stoner !) Florentins font montre de leur entière connaissance du style, Ultra Soul attestant de la vitalité actuelle de la scène stoner et expérimentale transalpine. En defitinive, une bonne opération pour Heavy Psych Sounds, lequel nous démontre une fois encore que le communautarisme (musical) possède indéniablement quelques avantages.

 

*Référence à Michel Colucci dit « Coluche », dont nous commémorerons en juin prochain les quarante années de sa disparition.

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