ANR: Bonjour, pour commencer, pouvez-vous vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas encore ?
Bonjour, je m’appelle Fred Fages, je suis le guitariste et fondateur de Gut-Scrapers. On est un groupe de Heavy-Rock’n’Groove originaire de Nîmes, dans le sud de la France. On existe depuis 2008, donc ça fait maintenant dix-sept ans qu’on tourne. La formation actuelle, c’est Tracey Ors au chant, Olivier Salazar à la basse, Dawoud Bounabi à la batterie et moi à la guitare. Deux albums chez Brennus Records, un EP sorti en novembre 2025, et des centaines de concerts dans les pattes. Voilà le résumé.
ANR: Cela fait maintenant plus de dix ans que vous existez, voir même pas loin de 20 ans. Que pouvez-vous nous dire sur l’évolution du groupe depuis tout ce temps ?
G-S: Dix-sept ans, c’est long. Il y a eu beaucoup de changements, notamment dans les formations. Des membres sont partis à différentes étapes, en 2017 puis en 2022, et à chaque fois on a eu le choix : soit on arrête, soit on repart. On a toujours choisi de repartir. Ce n’est pas de l’obstination, c’est parce que la musique qu’on fait a encore des choses à dire. Musicalement, on a évolué aussi. Le premier album Gimme Your Soul en 2013, c’était une certaine approche, plus brute, directe. Getting Through en 2017 était plus mature, les guitares plus puissantes. Et aujourd’hui avec Twelve Rays, on a une nouvelle couleur apportée notamment par Tracey au chant. Ce passage d’une voix masculine à une voix féminine, ça a vraiment changé quelque chose dans notre son. Ce n’est pas un reset, c’est une évolution naturelle.
ANR: Vous avez sorti un nouvel EP il y a quelques mois. Comment avez-vous travaillé dessus et selon vous, apporte-t-il quelque chose de nouveau par rapport aux anciens albums ?
G-S: On a travaillé sur ces quatre titres après une période de reconstruction importante. Quand on a reformé le groupe en 2022-2023, il fallait d’abord qu’on se trouve, qu’on crée une vraie cohésion entre nous. Tracey a apporté quelque chose d’immédiat dès les premières répétitions, une énergie différente, une façon de phraser qui nous a ouvert des possibilités qu’on n’avait pas avant. Le résultat, Twelve Rays, c’est clairement notre disque le plus accessible sans pour autant avoir lâché sur la puissance et l’authenticité. Les quatre titres sont différents les uns des autres mais il y a un vrai fil conducteur. Par rapport aux anciens albums, je dirais que c’est plus ouvert, plus respirant, tout en restant ancré dans ce qu’on est.
ANR: D’ailleurs, pourquoi avoir choisi le format EP ?
G-S: C’était une décision logique à ce stade. On revenait avec une nouvelle formation, un nouveau son. Sortir un album entier aurait été présomptueux. L’EP, c’est le bon format pour se réintroduire, pour que les gens découvrent cette nouvelle version du groupe sans les noyer. Et puis honnêtement, c’est aussi une question de budget et de temps. Un EP bien fait vaut mieux qu’un album bâclé. On a mis toute notre énergie sur ces quatre titres et on en est fiers.
ANR: Vous avez toujours des pochettes assez travaillées. Chez moi j’ai « Gimme your soul » et « Getting Trough ». Pochettes en couleurs, perso j’ai un faible pour celle de gimme your soul. Comment travaillez vous les pochettes, et par rapport à ces deux albums, pourquoi une pochette plus sobre et moins « flashy » dirons nous, même si ce n’est en réalité pas vraiment le bon terme ?
G-S: Pour Gimme Your Soul et Getting Through, on était dans quelque chose de plus coloré, plus expressif graphiquement. Pour Twelve Rays, on a voulu quelque chose qui reflète ce qu’on est devenus : plus affirmé, plus épuré. On a de nouveau fait appel à Stan W. Decker, qui avait déjà signé l’artwork de Getting Through — c’est quelqu’un en qui on a confiance et dont on aime vraiment le travail. Ce qu’il a créé cette fois, c’est une coquille lumineuse avec douze rayons qui s’en échappent. Le noir, le jaune, le blanc — c’est notre identité visuelle actuelle. La coquille, c’est un symbole fort : la transformation, le chemin parcouru, la lumière qui sort de quelque chose de solide. Ce n’est pas sobre au sens fade du terme, c’est sobre au sens intentionnel. Chaque élément est là pour une raison.
ANR: Même si ça reste dans le même registre, les quatres titres sont assez différents. Que ce soit dans la façon de chanter ou le rythme des instruments. Pourquoi s’amuser à tant de différences sur un EP ?
G-S: Chaque titre représente un élément classique — la Terre, l’Eau, le Feu, l’Air. Ça nous donnait une structure conceptuelle qui nous permettait d’explorer des ambiances différentes de façon cohérente. Rise Above, c’est l’Eau, quelque chose de puissant et de fluide. Days Will Come, le Feu, plus intense. When The Roots Are Deep, la Terre, plus ancré. Et Sincere, l’Air, qui est le titre le plus rapide, presque punk dans son énergie. Ces différences ne sont pas là pour faire joli, elles racontent quelque chose.
ANR: Pour le clip de « sincere », d’où viennent les images ? Est-ce vous qui l’avez réalisé ou avez vous confié le projet à quelqu’un ? Si tel est le cas, à qui ?
G-S: C’est moi qui l’ai réalisé. On n’a pas le budget pour confier ça à une boîte de production, alors j’ai fait avec ce qu’on a. Les images viennent de deux œuvres alchimiques du domaine public — le Mutus Liber et l’Atalanta Fugiens. Ce sont des livres anciens qui travaillent sur la transformation, les éléments, la lumière intérieure. Ça collait parfaitement avec les thèmes de Sincere et avec le concept global de Twelve Rays. C’était un vrai travail de recherche et d’assemblage, mais je suis content du résultat. C’est artisanal, mais c’est nous.
ANR: Avez vous des dates de prévues prochainement ?
G-S: Oui, on a un concert confirmé le 20 mars 2026 au Secret Place à Saint-Jean-de-Védas, près de Montpellier, avec Tainted Light en support. On est également en train de candidater activement à des festivals pour l’été et de prospecter des salles dans notre région — Occitanie, PACA, Ardèche. L’objectif c’est de tourner régulièrement, au moins deux dates par mois. C’est le moment de remettre ce groupe sur scène et de montrer ce que cette formation vaut live.
ANR: Avez-vous d’autres passions artistiques en dehors de la musique ? Même si à mon avis, cela doit déjà vous prendre un temps monstre.
G-S: La musique prend effectivement beaucoup de place — entre la composition, la gestion du groupe, les réseaux, le booking, l’enseignement de la guitare… les journées sont bien remplies. Mais j’ai une vraie passion pour l’Alchimie et le Tarot de Marseille depuis un moment. Pas dans un sens mystique ou ésotérique superficiel, mais comme un outil de réflexion symbolique. Et l’image en général m’attire beaucoup, ce qui explique sans doute pourquoi je me retrouve à réaliser des vidéos moi-même plutôt que de m’en remettre à quelqu’un d’autre.
ANR: Question un peu plus bateau, avez-vous quelque chose à ajouter ?
G-S: Juste un merci à ceux qui suivent l’aventure depuis le début, et à ceux qui nous découvrent avec Twelve Rays. Ce groupe a traversé pas mal de choses pour en arriver là, et cette formation-là, c’est la plus solide qu’on ait eue. On a envie que ça s’entende. Écoutez l’EP, venez nous voir sur scène, et si vous aimez ce qu’on fait, parlez-en autour de vous. C’est comme ça que ça marche pour un groupe comme nous.
ANR: Merci pour vos réponses !
G-S: Avec plaisir, merci à toi

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