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Thanksgiving

dimanche/10/12/2023
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En 2007, Quentin Tarantino & Robert Rodriguez lançaient le projet Grindhouse, un hommage aux doubles programmes des films d’exploitation des années 70, ce qui a donné Planète Terreur et Boulevard de la Mort. Et, si vous avez eu la chance de le voir dans les pays anglophones, vous avez dû assister à une série de fausses bandes-annonces entrecoupant les deux films (car un certain producteur, que l’on peut comparer à un anus non torché après une gastro, a jugé bon de ne pas offrir lesdites bandes-annonces aux pays non anglophones, et oui c’est Harvey Weinstein). Parmi ces trailers, trois ont donné vie à un long métrage : Machete, Hobo with a shotgun et enfin Thanksging.

Et cette fausse B.A. ainsi que le film ont été réalisés par Eli Roth, qui se voulait le nouveau sale gosse du cinéma d’horreur, mais dont la carrière sera surtout celle d’un prépubère qui fait sa crise. Certes, ses premiers films tel que Cabin Fever, et surtout Hostel 1 & 2 sont une belle démonstration de l’appétence d’Eli Roth pour le gore et le sale. Cela dit, même si ses premiers films étaient assez fun à regarder, avec des sous-textes plutôt intéressants dans Hostel 2, on ne peut pas dire que, en tant que réalisateur, on soit proche d’un Sam Raimi. Et le reste de la filmographie ne fera que le confirmer : Green Inferno, Knock Knock et Death Wish ont été des échecs critiques et commerciaux. Du coup, il tente un retour aux sources en adaptant sa fameuse fausse B.A. Thanksgiving, avec une intention bien précise : rendre hommage aux slashers post-Scream, qui ont pullulé dans les vidéoclubs au début des années 2000 comme Souviens-toi l’été dernier ou Urban Legend. Et si je vous disais qu’il a (un peu) réussi ?

Déjà, le film étonne par ses vingt premières minutes, où il est plutôt question d’une critique très acerbe du Black Friday, avec toutes les dérives que cela entraîne. Vous avez de bons gros Ricains débiles, consommateurs, prêts à écraser des gens juste pour avoir un gaufrier gratuit, qui se retrouveront les victimes du tueur de Thanksgiving. Eli Roth voulait déjà dénoncer les dérives du capitalisme avec les Hostel, mais avec la « subtilité » d’une otarie bourrée à la bière. Ensuite, je disais plus haut que le film s’inspirait énormément des slashers, hé bien là tout y est ! Les adolescents complètement abrutis qui n’existent que pour se faire trucider ? Présent ! La petite ville américaine tranquille qui possède un passé tragique ? Présent ! Le tueur masqué qui va faire preuve d’imagination pour déchiqueter la moindre victime ? Présent !

Le problème, c’est que Eli Roth n’hésite pas à reproduire des séquences venant d’autres films pour sûrement « rendre hommage », comme la première scène du film qui est littéralement l’intro d’Halloween, des situations qui rappelleront Destination Final (mais qui est à pleurer de rire), et bien d’autres similarités. C’est bien simple : hormis ces fameuses vingt premières minutes, le film sera totalement en pilotage automatique, sur l’autoroute du déjà-vu en passant par la station du cliché… sauf que, à la manière de Machete, tout ça est totalement volontaire avec une bonne dose de gore qui est le bienvenu. Car qu’est-ce qui fait un bon slasher post-Scream ? Des acteurs totalement en roue libre (mention spéciale à Nell Verlaque qui a tout le temps la tête de la nana à qui on a annoncé la peine de mort), une sous-intrigue policière dont on se fiche royalement, un twist qui te fait ni chaud ni froid et, quand Eli Roth rajoute sa dose de crasse, de gore, de sang et de tripaille, hé bien le tout s’avère plutôt fun malgré ses défauts.

Thanksgiving n’est absolument pas un chef d’œuvre ou un renouveau du genre. Si vous devez conserver vos 10 € pour autre chose, gardez-les. Mais il arrivera à vous tirer quelques rires bienvenue par son gore décomplexé et ses situations absurdes (je ne me suis pas remis de la scène du défilé qui m’a causé un énorme fou rire), qui combleront le défaut de trop vouloir faire 90’s au point d’oublier avoir une identité bien à lui. Ce n’est pas grand-chose mais, quand on voit comment se porte l’horreur US après les catastrophiques Exorciste : Dévotion, Five Night At Freddy et La Nonne 2, Eli Roth a réussi à pondre quelque chose de légèrement supérieur, et c’est déjà pas mal. Soirée pizza-bière/20.

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