ITW de DUSK OF DELUSION par Franck » 04 Mars 2020,

jeudi/21/05/2020
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Art’n Roll :.   pouvez vous  présenter Dusk of Delusion. Qui veut commencer ?

Julien : Donc Julien, fondateur du groupe. je suis bassiste et j’avais vraiment envie de faire un groupe de scène, et d’aller s’éclater. Faire une musique un peu moins réfléchie, parce que je jouais dans du prog. Donc du coup, j’en ai parlé à Matt, le guitariste, avec qui j’avais déjà joué. Après on a trouvé Benoît, qui s’est collé au projet. Claude, le premier batteur, qu’on a changé et puis après Natan, qui est venu se coller un petit peu à ça. On s’est dit : allez, on se fait de la musique bien énergique, pas trop réfléchie au départ. Et au fur et à mesure ça commence à se réfléchir un petit peu…

Art’n Roll : Vous êtes tous de la même région ?

Julien : Oui, tous de la Lorraine.

Art’n Roll : Et vos influences de l’époque ? Le fait de vouloir faire ce style ?

Benoît : Elles sont nombreuses.

Julien : Même à l’époque ! On a des tranches d’âge qui sont assez différentes : Matthieu et moi on est plutôt quarantenaires. Benoît il est dans les trente ans […] il n’a pas encore trente ans. Claude à trente ans. Bon, Natan on ne le compte pas au départ, c’est le petit jeune. Bref, on a différentes périodes d’influence et qui se retrouvent un petit peu, finalement, dans la magie de Dusk of Delusion !

Benoît : Oui parce que vous, vous allez avoir le heavy metal des années 80, Claude et moi on va venir plutôt avec tout ce qui metal core et néo metal des années 90 / 2000 : donc les Korn, Slipknot etc. et c’est ce mélange qui fait Dusk en fait, finalement.

Art’n Roll : On le ressent donc dans le premier album, avec cette pochette de cirque, et je voulais savoir, en fait : qu’est-ce qui vous a plu dans cet univers ,Qu’est-ce que vous vouliez faire passer à travers (F)unfair ?

Julien : C’est un jeu de mots entre Unfair et Fun fair.

Art’n Roll : ça m’a beaucoup fait penser à Slipknot et korn

Julien : C’était vraiment le côté un peu malsain… qu’on peut voir dans les séries, les films, les fêtes foraines de 1900, où on ne savait pas trop si c’était du voyeurisme. C’est à cheval entre le voyeurisme et le divertissement.

Donc, on s’est dit que ça pouvait être sympa de jouer sur ce côté voyeurisme, et, en même temps dénoncer des travers de la société. Faire une analogie entre le présent et le passé.

Benoît  : Mais oui le côté malsain renvoie complètement à Slipknot. De toute façon Slipknot c’est une des influences principales du premier album, sans aucun débat.

Art’n roll : C’est ce qu’on retrouve dès qu’on voit l’album de toute façon. Que ce soit au niveau de la musique et de la cover ?

Benoît : Oui complètement.

Art’n Roll : Pour la plupart d’entre vous, vous avez d’autres projets à côté ?

Benoît : Pas pour la plupart. Claude, le guitariste rythmique, a un autre projet au moins, qui est un projet de doom. Matthieu, qui est le guitariste soliste, a des millions de projets, puisqu’il est toujours guitariste dans Akroma, dans Elvaron . Donc ça part dans plein d’horizons et ça serait trop long de décrire tous les horizons qu’il écrit. Julien, lui, il est le bassiste d’Elvaron aussi

Benoît : Natan ?

Natan : Moi j’ai un projet de rock garage, mais pour l’instant je n’ai rien, on n’a pas sorti…

Art’n Roll : Rien de prévu de concret ?

Natan : On a un EP déjà mais le projet est en construction, donc, voilà.

Benoît : Moi, Benoît le chanteur, je suis le seul à ne pas faire d’infidélités. C’est mon seul projet.

Art’n Roll : chacun amène une pierre à l’édifice en fait ?

Benoît : Tout à fait. Les projets de chacun, les influences des autres projets amènent effectivement toute la musique, mais c’est surtout la musique qu’on écoute. Parce que même si on n’a pas forcément de projets autres, même sans parler de nos projets autres, ben, on est dans le metal toutes formes, on écoute de la musique comme tout un chacun, quand on prend sa douche. Et puis, on écoute des nouveaux trucs et puis on découvre des  trucs; et on a envie d’aller voir.

Julien : On peut s’arrêter juste deux minutes sur le fait d’écouter de la musique en prenant la douche ! [Rires] Parce que ce n’est pas facile quand même !

Benoît : Ouais ? ça va…

Julien : Ouais, ça passe, mais bon…

Art’n Roll : J’ai vu que vous avez fait une collaboration avec Monsieur Anderson de Marduk ?

Benoît : Tout à fait.

Art’n Roll : Je voulais savoir le souvenir que vous en gardez ?

Julien : C’est surtout Claude en fait.

Benoît : C’est un souvenir très diffus, parce que les deux albums ont les a faits masteriser par Devo, le bassiste de Marduk. Mais c’est des souvenirs qui sont diffus, parce qu’on a presque uniquement communiqué par messages en fait. On n’est pas allés en Suède, on n’a pas enregistré là-bas, on a juste envoyé nos pistes à Devo pour qu’il les masterise. Ceci dit, il a quand même très rapidement – autant pour le premier que pour le deuxième album – compris la direction esthétique du groupe et je crois que pour les deux fois, il nous a fait un essai et le deuxième était bon. Donc, il est très rapidement rentré dans le truc. C’est une des caractéristiques de Dusk of Delusion : on a travaillé, je touche du bois – je ne sais pas si c’est du bois – mais on a travaillé qu’avec des professionnels qui sont rentrés dans notre univers.

Natan : Donc du coup Claude connaît mieux le bassiste de Marduk que nous parce qu’il a fait la tournée avec FORSAKEN son ancien groupe. Toujours dans la première partie de Marduk.

Art’n Roll : . C’est la raison pour laquelle vous avez fait appel à Marduk ?

Groupe : Voilà, Exactement.

Art’n Roll : Est-ce que vous voyez le metal à travers des albums concepts en général ?

Benoît : Uniquement !

Art’n Roll : Uniquement ?

Benoît : Pour Dusk of Delusion oui !

Benoît : Pour nous oui ! ça a été une des lignes clairement édictées par Mathieu et Julien qui sont à l’origine du groupe. C’est uniquement des concepts albums. Moi, je suis arrivé derrière et j’ai entièrement adhéré. C’est tellement génial de pouvoir raconter des choses, uniquement que de faire un enchaînement de chansons, certes très bien, mais qui n’ont pas de sens. Le concept, à mon avis, mais ce n’est même pas une question de metal ou pas metal, c’est une question de musique. C’est comme au 17e siècle on écrivait des symphonies qui voulaient dire des choses, qui racontaient des choses. Je pense que la musique devrait s’écrire en concepts albums.

Julien : C’est comme raconter une histoire.

Réponse groupée : En tout cas pour Dusk !

Julien : Ça permet vraiment d’aller vraiment du début à une fin d’une histoire, plus lentement que sur 3 minutes 30 ou 4 minutes. On a le temps d’expliquer quelque chose, de vraiment tourner autour du sujet qui nous intéresse.

Art’n Roll : Vous pouvez me citer un album concept pour vous ?

Benoît : Precambrian, de The Ocean

Benoît : Excellent, magnifique. En plus d’un point de vue… tout est bon dans cet album. Ce n’est pas forcément une influence pour Dusk mais, moi, en termes de concept album c’est ma référence. C’est… En plus ça parle de choses qui sont tellement lointaines dans le temps. Et j’ai vraiment cette impression de me retrouver projeté en fermant les yeux, dans ce qu’ils veulent nous emmener. Et je trouve ça incroyable.

Art’n Roll : En fait, finalement, vous avez vite écrit ce deuxième album en Deux ans ?

Julien :  Oui, ça va assez vite.

Art’n Roll : Vous avez déjà des idées pour un nouvel opus ?

Julien : Oui ! C’est ça le problème. Quand l’album sort, on a déjà composé les morceaux pour le prochain album.

Julien :  Là, j’ai déjà quatre morceaux qui sont à proposer pour le prochain album. Et quand on a sorti (F)unfair il y avait déjà aussi quatre ou cinq morceaux qui étaient déjà composés. Alors, quand je dis composés, c’est-à-dire, que c’est sorti d’une idée, il y a une maquette qui tourne et après il n’y a plus qu’à proposer et chacun réarrange un petit peu à sa sauce etc. Mais, la base est déjà là. Donc là, il y a déjà de la matière pour le prochain quoi ! On se retient pour essayer de ne pas en mettre trop non plus.

Benoît : Le plus compliqué, au niveau de concept album c’est d’écrire , Je parle surtout en tant que parolier. Là, pour watch your six, il est né vraiment deux jours après début de la tournée promotionnelle. , on était à Pigalle dans un bar. C’était le lendemain d’un concert qu’on avait fait au Club. Et on commençait à parler, mais on parlait de mille choses et d’autres. Et tout d’un coup l’idée est née, comme ça ! Première Guerre mondiale, c’est moi qui ai lancé le truc ! La Première Guerre mondiale c’est un sujet qui me parle, tout ça !

Natan : C’était le centenaire aussi…

Benoît : C’était le centenaire, il y avait des choses qui se parlaient. Et puis Mathieu et Julien me disent : ouaf, la Première Guerre mondiale, ça va être un album très, très, militaire, ce n’est pas forcément le but et tout ça ! Il faudrait plutôt parler des émotions. Bam ! On peut faire les deux, on parle des émotions, on parle de la Première Guerre mondiale et ça nous a donné Watch Your 6. Après deux ans de travail quand même, parce que derrière, une fois que le concept est né, il faut réfléchir à tout le reste, mais le concept est né assez rapidement après le premier album.

Julien : Le tri musical aussi à faire en fonction du concept…

Art’n Roll : Parce que la Première Guerre mondiale revient plutôt régulièrement en ce moment, surtout l’année dernière. Pensez-vous avoir une nouvelle approche ,par rapport à Sabaton qui a cartonné l’année dernière ?

Julien : Ce n’est pas le même esprit.

Benoît : Non !

Julien : Déjà musicalement c’est différent ?

Art’n Roll : Musicalement c’est différent, mais au niveau des textes ?

Benoît : Ce n’est pas une nouvelle approche !

Julien : Oui, parce que Sabaton est beaucoup sur le côté combats…

Natan : Chevaleresque.

Julien : Chevaleresque, mais on est vraiment sur la partie combats…

Natan : Alors que la Première Guerre mondiale n’est pas très chevaleresque en fait, c’est une guerre aveugle finalement.

Benoît : Ce n’est pas une nouvelle approche parce qu’on n’invente rien, mais c’est une approche différente, parce qu’on n’a pas voulu dans cet album représenter les combats. On n’a pas voulu représenter la guerre en elle-même. On a vraiment voulu représenter des chemins de vie de dix personnes – parce qu’il y a dix titres dans l’album – donc dix personnes, qui traversent le conflit dans des situations différentes, de nationalités différentes, vivant des situations, des événements, différents. Et ces dix personnes nous racontent leurs sentiments, qu’est-ce qu’ils ressentent à ce moment-là. Donc, c’est une approche différente.

Art’n Roll : Vous vous êtes documentés pour faire cet album ? Il y en a un de vous qui est professeur ?

Julien : Oui, il y en a deux, mais il y en a un qui est professeur d’histoire.

Benoît : Oui je suis professeur d’histoire.

Art’n Roll : à l’université ?

Benoît : Non, pas du tout à l’université. Alors on a deux professeurs. Moi je suis professeur en collège, il n’empêche que la Première Guerre mondiale, comme la Deuxième fait quand même partie des programmes

Art’n Roll : Un de tes sujets en classe ?

Benoît : Oui je suis, c’est très prétentieux de ma part, mais je suis quand relativement spécialiste de ces questions. En tout cas, ces questions m’intéressent et j’aime à y faire des recherches et donc, oui, pour cet album il y a eu énormément de recherches. Déjà, d’un point de vue personnel, ça m’apporte énormément d’ouvrir des bouquins, de regarder, d’aller sur les sites, de fouiller, de trouver des objets, etc. Mon appartement regorge d’objets de cette période que j’ai chiné. Il ne faut pas le dire parce que […] c’est illégal… mais je m’intéresse énormément, je fais des recherches et à partir ce ces recherches je suis capable d’écrire, effectivement, des textes qui racontent. Le but n’est pas d’être, comment dire, scientifique historiquement parlant, le but c’est de raconter aussi des émotions, donc a aussi une manœuvre ou on peut se permettre une liberté et ne pas être trop… on est obligés d’être précis, mais on peut se donner des libertés littéraires.

Art’n Roll :  et au niveau de la musique, vous travaillez de quel façon ?

Julien :  ça dépend des morceaux, en fait. On est un peu restés sur l’esprit du premier album où il y avait déjà une proposition de morceaux. On a essayé, avant d’écrire les paroles, de choisir en fonction de l’ambiance du morceau, lequel pouvait se prêter le plus à tel sentiment. C’est comme ça qu’on a choisi les morceaux, et après, Benoît a écrit les paroles sur le sentiment et sur le titre. Donc, ça c’est pour la plupart de l album, et il y a un morceau qui se dégage un petit peu dans la manière d’écrire, c’est Verdun, de dix minutes, qui lui, a été composé d’après ce que Benoît – donc le chanteur – voyait, de ce qu’il voulait évoquer à travers watch. Cette montée au front, cette descente en arrière-front, cette espèce de roulement qui revient sans cesse et sans cesse. Donc, on l’a composé en suivant cette directive-là. C’est pour ça que c’est un morceau qui est assez différent et long…

Benoît : C’est une rhapsodie.

Art’n Roll : C’est le dernier titre ?

Julien :  c’est l’avant-dernier. Donc c’est vraiment, et le seul qui est composé un peu différemment.

Art’n Roll :  Letters to C. Qui raconte une histoire de ces lettres qu’envoyaient les poilus à leurs compagnes. Vous avez fait un peu la même chanson que Carcariass qui a fait aussi une chanson qui s’appelle Letters from the Trenches ?

Benoît ? : Je ne le savais même pas.

Art’n Roll . Ça vous tenait à cœur de faire ces lettres envoyées par les poilus ?

Julien : Ce n’est pas que ça nous tient à cœur c’est que c’est une partie de l’histoire de la guerre 14-18 c’est un des témoignages qu’on a aussi. C’est surtout ça, c’est quelque chose qui est resté retranscrit, à l’écrit, pendant cette guerre-là et après cette guerre-là. Ça, c’est quelque chose qui est facilement transcriptible et qui retransmet vraiment assez fidèlement les conditions et tout ce qui s’est passé pendant la guerre.

Benoît : En fait c’est un thème Letters to C… Déjà c’est la première chanson d’amour qu’on écrit avec Dusk, il n’y a pas d’équivoque. Le contexte historique des lettres de tranchées, des lettres de poilus, est là évidemment, mais il est aussi une excuse pour parler d’autre chose et, à mon avis, c’est la chanson qui est la plus intéressante dans l’album parce que c’est celle qui permet de sortir… c’est vraiment la seule qu’on peut sortir du contexte. Parce que finalement, oui, c’est des lettres de poilus, oui il y a une allusion à la tranchée, aux combats, etc. mais ça peut s’appliquer au thème de l’amour de manière très générale . Et sans vouloir rentrer dans du personnel derrière, il est évident que ce sont des choses personnelles qui permettent d’écrire ces chansons-là. Ça transcende un petit peu le thème, c’est la seule qui transcende un petit peu le thème.

Art’n Roll : Ladies Path où les soldats se mutilaient pour éviter la guerre…

Natan : Tout à fait !

Art’n Roll : ça, je l’ai appris. Après je me suis documenté, ça m’a interpellé, ça vous tenait à cœur de parler de cette période sombre en fait.

Benoît : Ah ! complètement. L’année 1917 est une année qui est extrêmement intéressante historiquement parlant et qui du coup devait forcément apparaître dans l’album. C’est l’année où l’on voit de plus en plus de mutineries. Là on met le point de vue d’un français, mais des mutineries il y en a eu dans tous les camps. Elle reprend des éléments qui sont complètement historiques et qui sont parfaitement documentés et représentés par le film Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet, où une des premières scènes du film montre, cinq ou six soldats poilus qui se mutilent, alors volontairement de différentes manières, histoire de, et ça c’est vraiment historique, histoire d’avoir la blessure, le Graal, cette blessure qui ne met pas notre vie en danger, mais qui permet de passer huit mois à l’hôpital, quoi ! ça ce sont vraiment des faits historiques.

Art’n Roll :Smiling from Across que je trouve le titre le plus heavy de l’album.

Julien : Complètement.

Art’ n Roll :  Les duels de guitare sont hallucinants. Je voulais savoir comment vous avez travaillé parce que ça m’a fait penser à Judas ?

Julien : C’est-à -dire que le twin-guitares est un gros intérêt. À partir du moment où tu as deux guitaristes sur scène, le gros intérêt c’est de pouvoir justement faire des solos, ce qu’on fait dans quasiment toutes les chansons à part une., ça permet d’avoir une grosse rythmique derrière, le solo et d’avoir cette petite particularité des twin-guitares qui tient à cœur à nos deux guitaristes, parce que… Matthieu, et même moi aussi, on a une culture heavy qui est très développée, donc le solo et le twin-guitares ça en fait partie. Ça et la voix aiguë, on a fait un compromis, et on a dit : pas de voix aiguë mais on aura au moins ça !

Benoît : Et la manière dont s’est composé, c’est très simple en fait, simplement ce sont des morceaux qui ont été composés par Matthieu de base, où il avait écrit une des parties guitare et je crois que c’est venu assez naturellement, hein ? à force de le jouer en répète, le jouer deux ou trois fois, d’avoir la rythmique qui contrait simplement le chant de guitare, on se disait : il y a autre chose à faire.  Et on ouvre pour voir les possibilités et puis on commence à faire de la twin et puis on dit : Oh ! putain ! la vache ! Mais oui en fait c’est ça ! Et après, ben voilà, le morceau commence à partir heavy, donc autant l’assumer jusqu’au bout et puis on part dans un truc heavy jusqu’au bout, et c’est vachement bien !

Natan : Heavy hyper dynamique ! Heavy, tout sauf le breakdown.

Benoît : Oui il y a un breakdown au milieu du morceau

Natan : Qui a été rajouté un peu à la dernière minute.

Benoît : C’est vrai, tout à fait !

Art’n Roll : C’est un morceau taillé pour la scène ça !

Benoît : Oui complètement ! …

Julien : Celui-là il est tout le temps joué sur scène.

Benoît : En petite exclu, c’est même avec ce morceau avec lequel on terminera la set-list de promo parce que c’est… les deux voix, le chant et contre chant du groupe vocal sur la fin, en imaginant sur les podiums, sur la scène et tout ça, et qui balance… qui balance ces tierces vocales comme ça ! à mon avis on ne peut pas terminer mieux un concert qu’avec ça !

Art’n Roll :ce titre qui parle d’une période par rapport à cet hiver qui s’est passé où les Allemands ont voulu arrêter la guerre pour les fêtes de Noël. En fait, c’est un événement aussi qui est tragique !

Natan : Ce n’est pas un seul événement

Benoît : D’un point de vue historique c’est un peu compliqué, mais vas-y tu peux le dire !

Natan : Le film Joyeux Noël qui représente un peu cette période-là. Il ne représente en fait qu’une partie de ce qui s’est passé à cette période. C’est-à-dire qu’il n’y avait pas un seul gros événement. C’était quelques petites fraternisations comme ça, mais il ne faut pas le présenter comme étant un seul gros événement. Il n’y a pas eu de réelle fraternisation, on va dire, officielle.

Benoît : En fait il n’y a pas eu de mouvement général, mais quand j’ai écrit ce morceau j’ai beaucoup pensé à des récits que j’avais lus de mon arrière-grand-père. Alors, j’en ai un seul de mes arrière-grands-parents qui a combattu dans cette guerre et qui racontait – alors ce n’était pas du tout la même période parce que ce n’est pas en 1914, c’est en 1916 – qui racontait… Alors non pas à moi, je ne l’ai pas connu, mais j’ai relu ses récits après. C’était à Verdun, en l’occurrence à côté du Fort de Vaux entre la tranchée allemande et la tranchée française, il y avait une fontaine qui était le seul point d’eau disponible à des centaines de mètres à la ronde. Et toute la journée ils se tapaient sur la gueule avec les Allemands, et le soir venu, après les combats, à la nuit tombante, ils allaient ensemble à la fontaine. Il se retrouvaient soldats allemands et soldats français à la fontaine. Il n’y avait pas de fraternisation, ce n’était pas : ah ! c’est mon meilleur pote ! et tout ça. Mais par contre, il y avait du troc, on prenait l’eau chacun, les Français donnaient des cigarettes, les Allemands donnaient du schnaps et ils retournaient dans les tranchées et le lendemain, on se remettait sur la gueule derrière.  C’est un récit qui m’a beaucoup parlé pour écrire ce morceau.

Natan : Et là on est à Verdun, et on n’est même pas en 1914.

Art’n Roll : Et votre album se termine sur un poème de Rimbaud ?

Julien : Une analogie au poème de Rimbaud.

Art’n Roll : Qui est le plus émotionnel de l’album ?

Benoît : À mon avis on ne pouvait pas terminer cet album d’une meilleure manière, enfin d’une plus belle manière, au niveau de l’émotion, que sur la chanson qui parlait, non pas uniquement d’une émotion, mais qui parlait de la mort.

Natan : C’est le seul qui ne parle pas d’une émotion d’ailleurs, finalement !

Benoît : Oui, oui, c’est ça !

Julien : Peut-être l’émotion que tu ressens quand quelqu’un est mort ?

Art’n Roll : Le soldat gisant sur le sol ?

Benoît : Voilà, et je trouvais, enfin, moi je m’intéresse beaucoup à tout ça. Alors le poème de Rimbaud n’est pas écrit pour la Première Guerre mondiale parce qu’il est écrit pour la guerre de 1870, mais ceci dit, moi je me rappelle vraiment, et je pense que tous on a eu des moments où on était lycéens et on a lu ce poème et on s’est dit : putain, la vache ! C’est quand même vachement bien écrit cette saloperie quoi ! Et moi j’ai voulu retranscrire, à mon tout petit niveau, mais retranscrire cette émotion et essayer de dire : voilà il y a vraiment une analogie entre la mort, et le « sommeil de la vie » cette période de 14-18, où en fait la vie est en sommeil. Elle est entre parenthèses, elle est en sommeil, et c’est une belle analogie de la mort. Alors, Rimbaud termine son poème en disant, en montrant l’état de mort par : « Il a deux trous rouges au côté droit ». Chez nous c’est le seul indice qui montre la mort c’est « ces gouttes de sang qui perlent et qui frappent le sol de manière régulière. »

Art’n Roll :Il y a une tournée en préparation ?

Benoît : Il y en aura une, il y a des dates qui sont déjà prévues. Alors, pour l’instant, on a des dates qui sont prévues à Limoges, à Bordeaux, à Lyon, à Nancy où on fera notre release party et à Thionville (à Dijon). Et on est encore en discussion pour Lille, Paris et Strasbourg qui devraient arriver, alors si ce n’est pas en mai ce sera en juin ou en juillet.

Art’n Roll : Dans des grandes salles, ou vous ne le savez pas encore ?

Benoît : Alors Paris, c’est une petite exclu, on est en train de regarder pour la Boule Noire ou la Maroquinerie.

Art’n Roll : De bonnes salles !

Benoît : Oui, on est plutôt contents d’avoir des contacts comme ça et on va se diriger vers ça a priori.

Art’n Roll : Et votre album comment on le trouve ?

Natan : Album on le trouve sur notre site officiel !

Julien : Sur le Bandcamp.

Benoît : La commande internet est très bien. On a la chance d’être aussi suivis par des distributeurs via notre label Fantaizic et donc les distributeurs vont pouvoir le donner, alors je crois, sans me tromper, qu’il va être diffusé ponctuellement dans les FNAC, les centres culturels Leclerc et les Virgin Stores.

Art’n Roll : Un clip en préparation ?

Julien : sortie le 6 mars  qu’on a réalisé avec les poilus de la Marne

Benoît : Un magnifique clip qu’on a tourné. Ben ! sur Letters to C. d’ailleurs, où on a pris à cœur d’être le plus historique possible. On a tourné avec l’association de reconstitution historique Le Poilu de la Marne, qui sont des gens absolument incroyables avec une connaissance historique démentielle !

Natan : Des passionnés !

Benoît : Des vrais passionnés.

Benoît : Et vraiment le tournage du clip qui s’est tourné à la Main de Massiges, donc en Champagne-Ardenne, dans des tranchées reconstituées… ça a été deux jours très forts déjà, où on a fait des très belles choses. On a vu le résultat nous, très récemment. Le clip sortira du coup dans une semaine maintenant et on a vraiment hâte que les gens puissent donner leur avis là-dessus.

Art’n Roll :  Je vous laisse le mot de la fin pour Dusk of Delusion,

Julien : écoutez l’album ne serait-ce que pour le côté historique et ne pas oublier qu’il y a des choses moches qui se sont passées !

Natan : Si ça peut intéresser quelques personnes qui ne sont pas forcément passionnées d’histoire comme ça, juste pour semer une graine de curiosité ce serait bien !

Art’n Roll : Tu vas le faire écouter à tes élèves ?

Benoît : Oui je vais le faire écouter à mes élèves et je vais faire regarder le clip  aussi !  je pense que c’est important. Bon alors déjà qu’ils arrêtent d’écouter de la merde musicale [rires] ça se serait pas mal. Non mais c’est important aussi vraiment. Natan a raison, ça peut être un véritable outil pour nous, pour rentrer dans l’histoire, donc…A suivre…….

Art’n Roll : Merci à vous les gars !

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