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Interview de The Baboon Show

lundi/30/10/2023
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Art’N Roll : Hello guys, je vous ai découverts l’an dernier au Hellfest, un vrai coup de cœur ! Très heureuse de vous avoir pour une interview.
Vous avez joué à Paris hier, comment était la soirée ?

Cecilia : C’était vraiment fun ! Super têtes d’affiche, super salle, super organisation, super public. Tu auras compris que tout était super !
Il y a eu beaucoup de slam durant notre set, c’est généralement un bon indicateur pour voir si les gens s’amusent. On adore voir les gens s’amuser.

ANR : The Baboon Show a été créé il y a vingt ans, vous aviez nommé le groupe pour vous moquer du gouvernement suédois. Auriez-vous pensé que, vingt ans plus tard, le monde entier serait malheureusement « a baboon show » ?

Simon : C’est vrai que c’est de pire en pire.

Cecilia : En Suède, ça va vraiment mal. Nous avons été un pays socialiste et maintenant c’est un pays néo-libéral et ça craint.

ANR : Hélas, ce n’est pas uniquement en Suède que cela arrive.

Cecilia : Je sais mais, en Suède, ce n’était pas du tout comme ça avant.

Simon : Avant, nous étions fiers quand on se comparait à l’Europe. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas.

Frida : Nous avions des services de santé gratuits, chaque personne avait une chance de réussir, peu importe d’où il venait. C’est fini tout ça. Ça nous donne beaucoup de matière pour écrire.

ANR : Pour cette vingtième année d’existence, nous avons pu découvrir votre dixième album, God Bless You All, sorti en janvier. Ce titre ne va clairement pas avec l’esprit punk et la philosophie du groupe. Pourquoi avoir choisi un titre aussi ironique ?

Cecilia : Comme Frida vient de le dire, ce qui se passe dans le monde nous donne beaucoup de matière en termes d’écriture. Nous écrivons principalement sur des sujets qui nous mettent hors de nous. Et, jusqu’à présent, nous n’avions pas vraiment parlé de religion. On l’avait un peu abordée mais, sur God Bless You All, on avait envie d’en faire un vrai truc. On a voulu critiquer le pouvoir de l’église car ce n’est pas toujours quelque chose de bien. On ne veut pas dire aux gens qu’ils ne devraient pas croire en quelque chose, parce que ça peut être une bonne chose, mais il ne faut pas oublier que c’est un outil de pouvoir. C’est utilisé comme un outil de pouvoir et c’est n’est pas sain.

Simon : Un prêtre ne sauvera pas le monde ! C’est un des chœurs sur la chanson « God Bless You All ».
« Tu fais une prière, tu espères quelque chose de mieux mais ça ne le sera pas ».

ANR : Vous avez écrit l’album durant le covid, est ce que cela a eu un impact sur votre façon d’écrire ou de composer la musique ?

Cecilia : Nous avons commencé à écrire avant la pandémie et l’album devait sortir en 2020. Je ne sais plus trop quand exactement mais je dirais vers l’automne. Quand le covid est arrivé, on a décidé d’en repousser la sortie et, au lieu de sortir tout l’album, on en a sorti que quelques chansons.
On a donc dû recommencer quasiment de zéro car, quand tu sors un album, tu veux que ce soit unique. On a donc ajouté des chansons et retiré d’autres. En ce sens, ça a affecté l’album.

Niclas : Concernant les paroles, cela n’a eu aucun impact car on s’est dit qu’en parler n’était pas nécessaire. Les gens n’ont plus envie d’en parler et veulent revenir à la normale.
Durant cette période, comme on ne voulait pas que nos fans attendent aussi longtemps après nous, on a sorti un EP, I never Say Goodnight. Comme ça les gens avaient de la nouveauté venant de notre part. Je pense que cela a été une bonne décision car cela nous a permis de rester vivants.

Frida : Je tiens d’ailleurs à remercier tous nos fans car ils nous ont soutenus, c’était incroyable. On a vraiment de la chance.
Il faut aussi noter que lorsque nous sortons un album, il est important pour nous d’enchaîner avec une tournée.

Niclas : On a vu des membres d’autres groupes, ils ont continués leurs projets et ont fini par sortir l’album mais ce sont des albums qui sont déjà oubliés.

ANR : Vous parlez des gens qui avaient hâte de revenir à la normale, c’est pour cela que vous avez décidé de mettre la reprise de Eddie Meduza « Have A Party With Me » ?

Niclas : C’est l’une des raisons.

Cecilia : On voulait quelque chose de fun.

Niclas : On peut être très politisés dans nos paroles mais le plus important reste le besoin de s’amuser tous ensemble.

Cecilia : Le clip de cette chanson était drôle à tourner. C’était la fin du covid, les restrictions étaient moins nombreuses. On a donc invité des fans dans les bois. On a fait une soirée que nous avons filmée. Ça a été un moment vraiment drôle et génial à faire car tout le monde est devenu fou.

ANR : Sur cet album, j’ai deux chansons sur lesquelles j’ai beaucoup accroché.
Il y a « Sand of Time » ; elle est assez dynamique mais, quand on l’écoute, on ressent comme une pointe de tristesse et elle me touche beaucoup. Est-ce que vous me rejoignez sur l’émotion ressentie ?

Niclas : Je te confirme, cette chanson est très mélancolique. Quand tu l’écoutes attentivement, tu ressens l’émotion qu’il y a dedans. Selon moi, c’est une des meilleures chansons de l’album. J’aime quand tu as un morceau assez punchy, hors du tempo et rapide mais avec cette mélancolie qui ressort. J’adore ce genre de mélange où ça va te chercher jusqu’au fond des tripes.
« Radio Rebelde » du dernier album est aussi une chanson qui fait rejaillir des émotions ; quand on la joue en live, ça devient une grosse fête, c’est assez fou mais, quand on chante « You are Not Alone » (Tu n’es pas seul(e) ), certaines personnes pleurent. C’est très touchant !

ANR : Ensuite, il y a « Rolling » que j’aime beaucoup, qui, si je comprends bien le sens des paroles, est un petit rappel de ce qui est important dans la vie ?

Cecilia : Ça parle de cette course à la nouveauté dont nous n’avons pas forcément besoin. Au fond nous n’avons besoin que d’amitié et d’amour, que ça fonctionne, on n’a pas besoin de plus de matériel.

ANR : L’album se finit sur une chanson assez calme, ce qui ne vous ressemble pas trop ; pourquoi avoir fait ce choix ?

Cecilia : On s’est dit que ça passait bien en dernière chanson. Quand on fait un album, on aime bien que ça soit uniformisé et intéressant à écouter, que cela reste dynamique. Et donc cette chanson est calme et lente, ça fait une bonne outro.

ANR : Simon, tu es le petit nouveau du groupe. Comment ça se passe ?

Simon : Je m’éclate ! Ça a été un sacré honneur quand ils m’ont appelé pour me demander de jouer avec eux. Je les avais déjà vus sur scène et, pour moi, c’est un des meilleurs groupes live ; aussi, quand j’ai eu la chance d’attraper le wagon en route, je l’ai évidemment pris. J’ai commencé en juin et depuis c’est génial. Pour remplacer Hakan, il faut être à la hauteur mais je vais rester moi-même et faire ce que je fais de mieux.

Frida : Les fans adorent Simon ! Nous n’avons que des retours positifs depuis son arrivée. Hier soir, par exemple, The Exploited l’ont adoré. Ils sont allés le voir pour le complimenter.

Simon : Oui c’est très drôle car je m’apprêtais à aller les voir pour les féliciter car je ne les avais jamais vus auparavant et c’est eux qui sont venus à moi.

Cecilia : Les changements peuvent parfois faire peur mais il en ressort souvent du bon. Ça a apporté une énergie nouvelle au sein du groupe.

ANR : Après vingt ans de tournée et dix albums, comment faites-vous vos setlists ?

Frida : C’est un casse-tête à chaque concert !

Niclas : À chaque nouvel album, cela devient encore plus compliqué car on a tous nos morceaux préférés mais il faut aussi s’adapter au public. Selon les pays, les morceaux qui plaisent changent. Et on aime aussi faire des surprises.

ANR : Vous avez un lien assez spécial avec Cuba ; envisagez-vous de repartir là-bas, pour enregistrer ou jouer ?

Cecilia : On y est allés quatre fois déjà. On adorerait y retourner.

Niclas : On a toujours un contact là-bas donc ce n’est pas impossible. Il y a eu le covid et nous avons fait un nouvel album donc les opportunités ont été rares mais, si l’occasion se représente, nous y retournerons avec plaisir.
Initialement, on est allés jouer dans un festival à La Havane. Comme ils ont adoré, ils nous ont invités à revenir l’année d’après. On a passé de très bons moments. C’est un long voyage donc tu ne viens pas jouer et tu repars, tu restes quelques jours pour profiter. Le rapport qu’ils ont avec la musique est incroyable.

Frida : C’est aussi un bon moyen de faire une détox de l’Occident.

Niclas : Frida a raison ! J’ai un exemple qui me vient. Tu fais la queue pour acheter de l’eau, il n’y a que deux personnes devant toi et ça prend toute la vie pour acheter une bouteille ! Et avec le recul tu te dis qu’ils ont raison car tu te stresses pour des choses inutiles.

ANR : Pour finir, quels sont les projets pour le groupe ?

Niclas : L’objectif principal est de tourner avec cet album au moins jusqu’à l’année prochaine et doucement nous commencerons à écrire du nouveau son.

Cecilia : L’idée est de focaliser un peu sur la France car on tourne beaucoup en Europe mais quasiment pas en France.

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