HOT on the rocks!

Interview avec Dave Ellefson

mercredi/01/11/2023
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Lundi 30 octobre 2023, dix-sept heures trente, je démarre le Zoom intitulé « DIETH ». Dave Ellefson a accordé une interview exclusive à Art’n’Roll (remerciements plus que sincères à SLH Agency ainsi qu’à Napalm Records) pour dix-huit heures CET pile. Désormais accompagné au chant et à la guitare par le brésilien Guilherme Miranda (ex-Entombed A.D.) ainsi que par le polonais Michał Łysejko (ex-Decapitated) à la batterie, le légendaire bassiste, copilote de Megadeth de 1983 à 2004 puis de 2010 à 2021, a fondé DIETH l’an dernier. Un trio de death / thrash contemporain, lequel a publié le 2 juin 2023 « To Hell And Back » son premier album studio. Dave Ellefson fait partie de mon décor depuis 1990, ce qui explique une prudente connexion trente minutes avant l’heure telle que fixée. Ainsi qu’une attente devant l’écran de mon ordinateur. Plus longue que prévue l’attente, puisqu’à dix-huit heures aucun visage légendaire n’apparaît audit écran… Pas plus qu’à dix, ni à vingt, ni à trente, ni même à dix-huit heures quarante… Ellefson étant pétri de rigueur, pas de crainte à avoir d’un lapin de sa part, le passage le week-end dernier à la giscardienne heure d’hiver a certainement induit en erreur le célèbre yankee… Aux environs de dix-huit heures cinquante-cinq je sors du placard mes ustensiles de cuisine et j’allume mes plaques de cuisson car il commence à se faire faim, tout en gardant un œil sur l’écran de l’ordi… Pour qu’à dix-neuf heures pétantes j’aperçoive de ma cuisine une tête connue…

 

Dave Ellefson (Basse) : Hey !

Art’n’Roll : Bonsoir Mister Ellefson. J’étais en train de cuisiner !

DE : De cuisiner (Rires) Nice !

ANR : Juste une minute, j’éteins mes plaques !

DE : OK !

ANR : C’est bon, on peut commencer !!!

DE : À propos, tu es d’où ?

ANR : Paris.

DE : Paris OK ! Here we go !

ANR : J’ai vu que DIETH est doublement nominé aux soixante-sixièmes Grammy Awards qui auront lieu en février 2024 : votre Power Ballad « Walk With Me Forever » est en lice dans la catégorie « Best Rock Performance », et votre premier album « To Hell and Back » pour la « Best Metal Performance », soit deux des six catégories composant le champ « Rock, Metal & Alternative Music ». C’est plutôt encourageant pour un début, non ?

DE : Assurément (NDA : Lève le pouce) Nous avons été acceptés par les Grammy afin de participer à la première manche, la seconde étant le vote du public. Les résultats de cette première manche seront dévoilés, je crois me souvenir, le 10 novembre à moins que cela soit le 20. Quoi qu’il en soit, être acceptés dans le Big Boys Club (NDA : Lève les deux pouces) est une chose fantastique tu vois, qui plus est lorsque tu n’as qu’un seul album au compteur. En trente-cinq ans de carrière, j’ai été nominé treize fois au voters nest des Grammy. Donc le réintégrer avec ce tout nouveau groupe est (NDA : Lève les deux pouces) super cool ! Megadeth est quelque chose qui m’appartient, cela me fait donc quinze nominations au total. Well, en ajoutant que pour la première fois (Sourire) je figure comme tu viens de le dire dans deux catégories différentes ce qui est amusant : la « Best Metal Performance » et la « Best Rock Performance », et non uniquement la « Best Metal Performance » comme ce fût systématiquement le cas avec Megadeth. Cela ne m’était jamais arrivé de par le passé et c’est (NDA : Lève le pouce) super cool !

ANR : Plus généralement, es-tu satisfait de l’accueil qui a été fait à l’album « To Hell And Back » qui est sorti le 2 juin 2023 ?

DE : Pour DIETH ? Absolument ! À cent pour cent ! Sa musique est davantage cosmopolite, car le groupe est originaire de Pologne, du Brésil, nous avons enregistré le disque en Allemagne, et je constate que l’accueil a été meilleur en Europe. Donc maintenant nous devons taper dans le vif du sujet en Amérique du Nord : nous allons y jouer pour la première fois au mois de janvier lors de la réunion de Metal Allegiance (NDA : le supergroupe formé en 2014 par Mark Menghi à la basse, Dave Ellefson, Alex Skolnick le guitariste de Testament et Mike Portnoy le batteur de Dream Theater, chaque réunion voyant le gratin du metal mondial se produire en leur compagnie notamment au chant puisqu’il n’y a pas de chanteur, Metal Allegiance fêtera ses dix années le 25 janvier 2024 à la House Of Blues d’Anaheim) Les choses avancent petit bout par petit bout, j’ai commencé la composition des chansons du deuxième album, nous sommes dans un état d’esprit créatif et constructif.

ANR : Tu as évoqué le concert des dix ans de Metal Allegiance. J’imagine qu’en dix années de Metal Allegiance, tu dois avoir un paquet de souvenirs… Lequels te viennent en premiers à l’esprit ?

DE : Tu vois, la première chose me venant à l’esprit est que nous sommes tous des amis (Sourire) et que nous partageons tous la même collection de disques, ce qui est extrêmement agréable et fun. Nous avons publié deux disques chez Nuclear Blast (NDA : « Metal Allegiance » en 2015 ; « Volume II: Power Drunk Majesty » en 2018) et pris du plaisir à faire toutes ces reprises comme par exemple celle des Eagles (NDA : « Life in the Fast Lane ») qui était mon choix. Sinon, je te dirai la réunion intitulée « Fallen Heroes » (NDA : de 2017, uniquement composée de reprises de leurs idoles décédées) C’est donc beaucoup de fun, ainsi qu’une forme d’évasion de nos groupes respectifs, nous avons créé nos propres jam sessions tu vois, une grande réunion musicale qui a lieu chaque année. Regarde, la première réunion qui a eu lieu lors de la Motörboat Cruise (NDA : croisière caraïbéenne entre Miami et Cozumel au Mexique organisée par Motörhead en juillet 2014) est devenue iconic ! Je garde également un très bon souvenir de la ShipRocked Cruise (NDA : février 2015, entre Miami et l’île de Great Stirrup Cay aux Bahamas) durant laquelle nous avons joué l’intégralité du premier album de Van Halen. J’ajouterai le concert au Whisky A Go Go à Los Angeles en hommage à Lemmy en janvier 2016 quelques jours après sa mort, Mikkey Dee et Corey Taylor nous avaient rejoints sur scène. D’ailleurs, c’est certainement mon meilleur souvenir du Metal Allegiance, cette manifestation réciproque de générosité (NDA : porte la main à son cœur) et de passion entre musiciens metal.

ANR : Revenons à DIETH… Quel effet ça fait d’être désormais le Boss, le seul maître à bord ?

DE : (Rire débonnaire) Thank you ! Tu sais, j’ai toujours été plus ou moins un Boss. Au sein de Megadeth, j’étais le second Boss, le vice-Président du Président. Et il a eu des périodes dans Megadeth où le Boss n’était pas en état d’assurer la direction, donc j’ai fait en sorte de l’assurer à sa place. Je suis dans des formations musicales depuis que j’ai quatorze ans, et le fait de jouer avec des musiciens plus âgés et expérimentés que moi m’a très vite appris à prendre mes responsabilités. Savoir corriger mes défauts. En premier lieu parce que ces musiciens plus âgés jouaient mieux que moi (Rires) et que j’ai été contraint d’élever mon niveau afin de les suivre ! Cela m’a amélioré, ils m’ont éduqué. En second lieu, et en plus de savoir jouer correctement les notes de musique, j’ai rapidement pris conscience de ce qu’était le Business dans son intégralité, savoir comment cela fonctionne. Savoir comment faire pour passer d’un point à un autre en passant par un autre, et savoir qui est la personne idoine pour t’aider à y parvenir. Donc être le Boss en plus d’avoir une aptitude à diriger, est de savoir s’entourer, de savoir qui est bon voire meilleur que toi afin de progresser. Parce que certaines personnes t’aident à t’élever. C’est un point fondamental de ma carrière.

ANR : La musique de DIETH est assez différente de celle de ton précédent groupe, sur quelles bases cette orientation a-t-elle été choisie ?

DE : J’ai fait en sorte que Guilherme soit le principal compositeur. Il connaît parfaitement le monde du death metal. Il est brésilien et réside au Portugal, il a passé beaucoup de temps en Suède en tant que guitariste d’Entombed A.D., il a suivi des études d’histoire et de sciences politiques, il possède une culture universelle. Nous avons en commun cette fascination pour la matière historique, en plus de jouer ensemble de nos instruments. J’apprécie réellement son écriture. Je lui ai soumis des projets de compos et il les a améliorés. Je suis honoré de pouvoir travailler en bonne intelligence avec lui. J’aime ce type de Challenge créatif. J’aime également travailler ma voix : juste avant cette interview j’étais en train d’exercer ma voix, de prendre soin de cette partie du corps (NDA : porte la main à sa gorge) tout en jouant de la basse.

ANR : Pourquoi écrire « DIETH » en majuscules ?

DE : Afin de symboliser l’importance que ce nouveau groupe revêt à nos yeux. Nous avions tous auparavant des groupes et il nous faut effectuer une transition, passer de l’autre côté, nous venons d’entamer quelque chose de neuf. Il y a là comme une dimension philologique, à savoir mourir et renaître (NDA : « Born-Again ») redémarrer, avoir de l’enthousiasme à l’égard d’une nouvelle vie. Nous avons cet enthousiasme. Nous conjuguons tous trois nos forces afin de créer quelque chose de nouveau.

ANR : Après avoir suivi des études théologiques de 2005 à 2007 au séminaire luthérien de Concordia à Saint-Louis, tu as animé un groupe de culte appelé « MEGA Life Ministry » en référence à l’évangile selon Saint-Jean (NDA : « The Gospel According to Jean »). Je constate que « MEGA » était également écrit en majuscules…

DE : (Rires) Well tu vois c’est amusant, car ce n’était pas mon idée. C’était celle d’un Pasteur qui est venu me trouver au milieu des années 2000. J’ai été élevé dans la foi luthérienne, avec laquelle j’ai pris mes distances pendant une dizaine d’années au moment de mon adolescence, le temps d’expérimenter les femmes sauvages et Hollywood Boulevard, puis que j’ai retrouvée par la suite. À Los Angeles il me fût quasiment impossible d’avoir une quelconque connexion avec la pratique spirituelle. Donc, je n’ai pas eu au cours de cette période passée là-bas le moindre désir d’écrire une chanson à connotation religieuse. Arrivé à l’âge adulte, à la fin de ma vingtaine et au début de ma trentaine, mes enfants ont été à leur tour élevés et scolarisés dans la foi luthérienne et je suis redevenu moi-même un membre de cette Église. L’ancien Pasteur de notre Shepherd of the Desert Church de Scottsdale dans l’Arizona où je vis a alors pris sa retraite, remplacé par un nouveau qui venait du Michigan, et avec lequel je me suis trouvé des affinités. Il n’était pas axé sur la tradition, les robes et tout cela, il m’a exposé vouloir moderniser son ministère, l’appeler « MEGA Life Ministry », et me confier un rôle plus que déterminant à jouer au sein de notre communauté. Il connaissait mon passé et avait conscience de mes aptitudes, notamment en termes de chant et de connaissance des textes. Je lui ai répondu que c’était envisageable, car à cette époque je n’étais plus dans Megadeth, j’avais du temps à investir, aucune tournée mondiale n’était à l’horizon et le plus clair de mon temps était alors consacré à l’éducation de mes enfants. Sa proposition tombait ainsi à point nommé, me permettant d’assembler les pièces d’un puzzle personnel et de donner de mon temps aux autres. Du moins jusqu’à l’année 2010 quand j’ai réintégré Megadeth. Ce fût une parfaite opportunité, une bonne expérience, en dépit du fait que la laisser ultérieurement à quelqu’un d’autre fût un crève-cœur, cette responsabilité pastorale n’était pas ma propriété, c’était un service que j’ai rendu.

ANR : Tu as employé il y a quelques instants le mot « Born-Again ». Quelles seraient selon toi les différences entre ton Église et celle des « Born-Again Christians » (NDA : dont Mustaine est membre) ?

DE : Yeah Great Question ! Leur épiphanie n’est pas la mienne, car ce n’est pas mon histoire. Tout simplement parce que quand tu deviens chrétien, c’est une fois pour toutes et tu n’as pas (Rires) à renaître ou à redevenir chrétien. Tu peux t’éloigner de la foi dans laquelle tu as été élevé, errer, ce qui a été mon histoire, mais si tu reviens à la foi chrétienne il n’est pas question de renaître. C’est la Parabole de l’Enfant prodigue. Mon Frère est resté au sein de la ferme familiale (NDA : à Jackson dans le Minnesota) pendant que moi je m’étais barré à Hollywood, tu vois, Sex, Drugs & Rock’n’Roll (NDA : Lève les deux pouces) avant de finalement revenir au bercail. Je suis le Fils prodigue. Sure. Pour cette raison personnelle, je n’adhère pas aux conceptions des Born-Again.

ANR : Tu viens d’évoquer ton Frère. Lorsque nous nous sommes rencontrés, à Paris au Hellfest Corner début 2020, tu m’avais répondu que ton philosophe préféré était ton Père.

DE : Yeah.

ANR : En quoi ton Père a-t-il eu une influence sur ta façon de voir les choses ?

DE : C’est intéressant. Mon Père est né en 1925, il a été élevé durant cette période au sein d’une lignée de fermiers, les fermes se transmettant depuis toujours de Père en Fils, et dans notre cas ce fût mon Frère qui a repris la ferme de mon Père. Mon Père était quelqu’un de strict, qui ne comprenait pas le Rock’n’Roll. Il comprenait en revanche la distraction notamment entendue sous sa forme entrepreneuriale, car c’était un entrepreneur avec une fourche à la main, et sa ferme était une entreprise que l’on peut qualifier de florissante. Mon Père a également été le premier garçon de ma famille à être scolarisé jusqu’en classe de Terminale, alors qu’auparavant les garçons étaient déscolarisés dès la Quatrième pour aller travailler à la ferme. Il s’était inscrit à l’Université du Minnesota afin de devenir architecte, mais est finalement revenu à la ferme familiale afin d’en devenir le fermier. Il n’a donc pas été en mesure de concrétiser son rêve professionnel, et c’est pour cela qu’il m’a soutenu quand j’ai commencé à jouer de la musique. J’ai compris à sa mort qu’il ne comprenait pas le Rock’n’Roll, qu’il ne comprenait pas le style de vie rebelle, mais qu’il avait parfaitement compris ma passion pour ces choses-là, et qu’il m’avait quand-même encouragé dans mon parcours. Il avait compris que j’avais trouvé la passion de mon existence, et cela n’a pas de prix (Rires) Je me souviens lui avoir pris une place pour aller voir Metallica sur la tournée « And Justice For All… » et nous étions allés les saluer après le concert, les gars avaient été charmants avec lui et il les avait bien appréciés mais… Il était dans sa musique, et il n’aimait pas cette musique ! Je pense que malgré cela il a dû comprendre et apprécier certains textes de Megadeth, ainsi que l’énergie rebelle et juvénile que nous dégagions. C’est également intéressant car, quand je suis devenu sobre en 1990, il ne lui restait alors plus que quatre années à vivre puisqu’il nous a quittés en 1994, et j’ai redécouvert mon Père en tant que chercheur, un chercheur de sens spirituel, c’est ce qui m’a frappé : il m’a donné des livres à étudier, sur la ferme ainsi que ceux du Révérend Schuller. Désormais sobre, j’ai ouvert les yeux (Rires) et me suis réveillé spirituellement. Ce réveil m’a permis de nouer une nouvelle mais courte relation avec mon Père.

ANR : À plusieurs reprises tu as parlé de Business. Il est évident que le protestantisme favorise l’esprit d’entreprise, en tous cas à mon sens davantage que la religion catholique…

DE : Right.

ANR : Quelle serait, toujours selon toi, la grande différence entre les églises protestantes et l’Église catholique ?

DE : C’est amusant que tu m’en parles aujourd’hui car, nous serons demain 31 octobre le jour d’Halloween. C’est aussi le jour qu’a choisi Martin Luther le 31 octobre 1517 afin de (NDA : Mime super fiérot un plantage de clous) placarder ses quatre-vingt-seize thèses sur la porte de l’église de la Toussaint à Wittemberg, ce qui est resté dans l’histoire comme l’acte de naissance de la Réforme et du Protestantisme. Tout dans l’Église luthérienne revient toujours aux quatre-vingt-seize thèses ainsi qu’à l’intégralité des découvertes et des enseignements de Martin Luther, lesquels ont constitué pour l’essentiel une réaction aux conceptions et pratiques de l’Église catholique de l’époque ; également en amalgamant celles de la foi Juive avec laquelle nous partageons une partie de la Bible. La grande différence réside là. Martin Luther n’était pas timide et s’est dressé contre la Papauté. Tout comme le Christ avait procédé en son temps à une réécriture de l’Ancien Testament contre l’avis des religieux de Jérusalem. Les luthériens, qui sont à la base et grosso modo les allemands ainsi que les habitants de la partie Nord de l’Europe, partagent toutefois avec les catholiques l’idée christique de Trinité, l’existence d’un Dieu unique en trois pièces égales : le Père, le Fils et l’Esprit Saint (NDA : Les distingue de sa main)

ANR : Le mois dernier tu as perdu Skitty, ton chat qui avait quinze ans.

DE : Yeah.

ANR : Penses-tu que les animaux possèdent une âme ?

DE : (NDA : De plus en plus motivé) Je pense qu’ils en ont une ! J’ai eu la semaine dernière une conversation à ce propos avec mon Pasteur John car il a perdu son chien il n’y a pas longtemps. Il a conclu celle-ci en me disant : « Je ne peux pas croire que les animaux n’ont pas d’âme, je ne peux pas le croire ». Pour ma part, je n’ai jamais lu quelque part dans la Bible, appelons ça comme ça, une phrase qui affirme que : « Les hommes vont au Paradis, les chiens non ». Bien entendu on n’en sait rien. La science a démontré que les animaux pensent, ont des sentiments, se pose alors la question de savoir combien de temps ces pensées et ces émotions demeurent… Pour revenir au Livre de la Génèse, celui-ci nous dit que le Créateur, appelons-le Dieu, aurait placé l’Être humain au sommet de la chaîne alimentaire en raison de la complexité de son intellect, et pas les animaux. Donc, heu… Ce n’est pas forcément mon point de vue (Rires)

ANR : Je te donne une citation de Martin Luther et tu la commentes… D’accord ?

DE : Sure !

ANR : « Mon cœur déborde de gratitude envers la musique qui, si souvent m’a consolé et qui m’a tiré de grands malheurs »…

DE : C’est marrant, nous avons étudié cette phrase le mois dernier, et j’ai pris des notes sur mon smartphone, comme je le fais toujours lors du Culte du dimanche (Rire goguenard) C’est marrant car je considère Martin Luther comme une des premières rock stars. Il s’est dressé contre la principale institution de son temps, l’Église catholique, qui elle-même dirigeait les royaumes. Et ce type aimait la musique de l’époque et en concevait lui-même, il écrivait des cantiques s’apparentant à une sorte de musique de pubs allemands tu vois (NDA : Remue des coudes en cadence) des valses à boire, des hymnes… Il y a pléthore d’hymnes luthériens, le recueil de ses cantiques est au moins aussi épais que la Bible (Rires) En tant que musicien, je me suis penché sur ces hymnes, car ce style me parle énormément. Pour ce qui ressort de leurs paroles, j’ai été admiratif de cette façon simple et directe de s’adresser aux gens. Ces textes sont pourtant partie intégrante de la théologie, et traitent de questions éminemment complexes comme celle du baptême dans la conception protestante, tout en sachant qu’il y en a désormais plusieurs la conception luthérienne n’étant pas celle des baptistes, ou comme la symbolique dans le culte, par exemple je suis un ex-alcoolique je ne bois pas de vin mon corps ne pourrait le tolérer, je me verse donc du jus de raisin à la place… Bref, Martin Luther a eu le don d’écrire des hymnes simples à partir de questions théologiques par essence complexes, en s’adressant à tout le monde, car les portes de l’Église doivent demeurer les plus larges possible…

ANR : Sur ta page Facebook, tu as souhaité il y a deux jours l’anniversaire du guitariste KK Downing qui est à présent avec son groupe KK’s Priest sur le même label que DIETH. Tu as rencontré et restes en contact avec de nombreux artistes, voire légendes. Quel est le dernier auquel tu as parlé ?

DE : Le dernier artiste avec qui j’ai parlé ? Jeff Young (NDA : Guitariste de Megadeth sur « So Far, So Good… So What! » en 1988) m’a appelé ce matin (Rires) Il y a deux heures en fait !

ANR : À toi le mot de la fin !

DE : Le mot de la fin car tout a une fin, un jour je vais devoir partir… Tu vois… Regarde, on ne peut pas revenir en arrière, uniquement regarder de temps en temps derrière soi comme on regarde dans un rétroviseur… La vie doit être vécue au présent et chaque chose en son temps, une chose à la fois, une interview à la fois, je fais en sorte d’être présent là où se situent mes pieds, il faut être présent. Dieu est un esprit non une personne, et notre vie spirituelle doit être le miroir de la réalité. Le jour de notre anniversaire nous fêtons le résultat d’une rencontre, nous pénétrons dans une pièce et fêtons une étape de notre existence. Il faut vivre pleinement le tiret qui se trouve entre le jour de notre naissance et celui de notre mort. Si l’existence terrestre peut paraître longue, je pense que ce tiret est en définitive assez court. À cet instant toi et moi sommes sur ce tiret (Rires) C’est très ésotérique tout cela (Rires) Il s’agit d’être présent et d’avoir conscience de l’existence physique. La mort physique n’est que la libération de l’esprit, c’est ce qui est arrivé au Christ sur la croix, et c’est également ce qui est arrivé à Skitty, qui a dû se dire « C’est bon, j’abandonne, je suis fait ! ». Si le corps est faible et arrive à son terme, l’esprit est fort et continue de se mouvoir. La mort n’est qu’une séparation entre le corps et l’esprit, cela la plupart des religions en conviennent. C’est ce que je me suis dit à la mort de ma Mère, et plus récemment lors de celle de Skitty : tout à une fin, mais tu peux encore ressentir leur esprit autour de toi. Personne n’est jamais revenu des portes du Paradis, il faut se préparer au cours de l’existence à quitter la Terre l’âme en paix. Hey ! Je t’ai donné un très long mot de la fin !

ANR : C’est un plaisir, c’est un plaisir !!! Tout a effectivement une fin… Une fois encore merci pour ce moment parfait…

DE : Thank You !

ANR : Bye !

DE : On remettra ça ! Bye !

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