HOT on the rocks!

interview de Deathawaits

lundi/04/07/2022
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Nos Français de Deathawaits fêtent leur 20 ans de carrière avec un nouvel album XX
de passage au hellfest , j’ ai voulu en savoir plus sur cet album de thrash deathcore
qui fera date dans l’ histoire du groupe.
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Art ‘N Roll : Vous avez signé chez un nouveau label ?
1 : Metal East Productions!!.C ’est notre premier album chez eux ! La structure vient de se monter, alors il n’y a pas beaucoup de groupes. Là, je crois qu’on est quatre ou cinq groupes. On est contents de rejoindre les prémices de ce label. L’avantage est que Laurent est chanteur et guitariste de Deficiency, du coup, il connaît exactement ce dont le musicien a besoin.
Olivier : De notre envergure. On a les mêmes problématiques, ça marche bien.
Art ‘N Roll : Y a-t-il eu des changements notable de line-up depuis toutes ces années ?
jordan : Sur vingt ans ? (Rires)
olivier : La liste est assez longue. Il faudrait acheter le bouquin, pour la sortie de l’album, pour les vingt ans, avec tous le line-up, etc. Dernièrement, on est stable, quasiment stable, depuis 2018 ou on a changé de bassiste, mais sinon on n’a pas tant changé.
jordan : Sur les dernières années, ça s’est un peu stabilisé, mais à une époque, au début, de toute façon les gens changent. Sur vingt ans, tu ne te projettes jamais dans la même activité, le seul qui est d’origine c’est le chanteur Flo, et sinon, tous les autres ont bougé. Moi, je suis là depuis 2014 et je suis le deuxième plus ancien, Olive, depuis 2018. Voilà, il y a eu pas mal de changements mais maintenant c’est stabilisé, depuis quatre ans et on est bien.
olivier : Apparemment, les gens s’accordent à dire que c’est le meilleur line-up, pour l’instant, en tout cas.
Art ‘N Roll : À l’écoute de l’album, on le ressent !
olivier : Ah, Oui ? Moi, c’était pour la vanne, mais tant mieux. (Rires)
Art ‘N Roll :  Alors j’ai vu sur votre page Facebook que vous vous étiez lancés dans les pompes funèbres ?
(Rires)
Art ‘N Roll :  j’ai une amie qui travaille dans les pompes funèbres si vous avez besoin de quelqu’un ?
jordan: Ah ouais ! C’est vrai. (Rires)
olivier : Il faut se lancer. On peut tout faire !
jordan : Surtout on poste beaucoup de conneries sur les réseaux sociaux.
Art ‘N Roll :  On va parler de ce nouvel album. Est-ce qu’il est dans la continuité, dans le même esprit que les précédents pour vous ? Ou est-ce que vous avez apporté des changements ?
jordan : Les deux !
olivier : En fait, c’est exactement ça. Il est dans la continuité, on s’applique, et, en même temps c’est naturel, de continuer à faire du DeathAwaits. Après, il y a des petits virages, comme on dit on ouvre des tiroirs et si on en ferme d’autres sur certains styles…
jordan : Ça marche bien cette analogie
olivier : J’aime beaucoup cette analogie. On picore, mais ce sont les envies du moment. C’est ce qu’on est à l’instant de la composition. C’est ce dont on a envie, ce qu’on veut faire et ce qu’on aime faire, mais on continue à faire du DeathAwaits. Et, normalement, si on ne se plante pas trop, on reste reconnaissables.
jordan: En tout cas c’est ce que disent les mecs qui nous suivent depuis un petit moment. Après, en termes de virages, sur le dernier album, on a dit : “ On veut que ce soit du death. ” Et on a essayé d’éliminer un peu les autres facettes, parce qu’avant on avait beaucoup le cul entre plusieurs chaises, sur Rapture Smites notamment, où il y avait beaucoup de thrash, de death, de hardcore, alors que maintenant c’est vraiment du death, à facettes certes, mais c’est du death.
Art ‘N Roll : Vingt ans, cet album c’est un anniversaire. Il y a énormément d’invités dont Benighted, c’est le premier morceau ?
olivier : C’est le deuxième morceau sur l’album mais c’est le premier qu’on a sorti.
jordan : Oui. C’est le premier qu’on a sorti.
Art ‘N Roll : Alors, quels sont les invités ? Comment vous les avez approchés ? C’est fou, je n’ai jamais vu autant d’invités sur un album !
jordan : C’était le but ! On s’est dit : “ On ne le fera qu’une fois dans notre vie. C’est l’album des vingt ans et on va en faire des caisses ! ” On s’est dit : “ Tiens, on va rassembler plein de gens. ” Ils n’ont pas tous le même degré de proximité avec nous. Il y en a certains ce sont de très bons potes, il y en a d’autres qu’on connaît assez peu, mais ils ont tous une relation particulière avec DeathAwaits. Ils ont tous un lien avec au moins un des membres du groupe.
olivier : Il y a toujours quelque chose qui a été vécu à travers le groupe ou avec au moins un des membres du groupe. Ils ont tous une histoire avec le groupe. C’était important de ne pas faire juste une liste de guests, genre une vitrine, ce n’était pas le but.
jordan : Chacun a une petite histoire avec le groupe. Bon, on ne va pas toutes te les faire parce que ça prendrait des plombes, mais… Julien de Benighted, par exemple : DeathAwaits et Benighted c’est le concert qu’on a le plus joué dans notre carrière. Si tu regardes rétrospectivement, c’est un truc qui est vraiment souvent arrivé. Ça fait des plombes qu’on croise tout le monde. Nous, on est de Saint-Étienne aussi, on connaît bien Ju, on connaît bien l’équipe stéphanoise de Benighted, donc, il y a ce truc-là.
Avec Black Mamba, on a croisé Arnaud au fin fond de L’Écosse, complètement bourré, à une soirée et on s’est dit : “ Putain mais c’est Arnaud ! ” Tu vois, pour nous, cette anecdote, quand on a croisé Arnaud, pour nous c’était incroyable quand on l’a vécu. Du coup, à ce moment-là, tu te dis, “ Ce n’est peut-être pas notre meilleur ami mais, en revanche, on a cette petite histoire qui rappelle un moment fort de Death Awaits. ”
olivier : Surtout que c’était notre première date aussi loin aussi.
Art ‘N Roll : Vous êtes une grande famille ! Quand on voit tous les jeunes comme vous… Bon, vous avez vingt ans de carrière mais vous êtes jeunes.
olivier : On essaye.
jordan : On fait le passage de relais en fait. Flo est le plus âgé, mais nous… à chaque fois, il y a un nouveau membre du line-up. Moi je ne suis pas le premier, il y avait déjà l’ancien guitariste avant moi qui était plus jeune, qui apporte un peu de sang frais, mais l’entité DeathAwaits continue.
olivier: Il y a le line-up et le groupe : le line-up fait vivre le groupe. Et si un mec se barre, le groupe existe toujours et c’est ce qui se passe depuis vingt ans.
Art ‘N Roll : Quel titre mettriez vous en avant sur ce nouvel album ? Qui représenterait le mieux DeathAwaits ? 

Olivier: On a sorti quatre vidéos, trois clips et une vidéo. Celui qui représente le plus… En plus, comme sur cet album en particulier il y a beaucoup de guests et ils ont tous leur patte. Donc, forcément d’une chanson à l’autre tu auras toujours, sous-jacent, DeathAwaits avec un truc en plus, une couleur différente, une voix différente, des techniques vocales différentes, grâce aux guests. Donc, c’est vrai que d’en mettre une seule en avant, c’est très compliqué.
jordan : C’est vrai. D’ailleurs c’est pour ça qu’on a fait différents clips. Tu vois Severe Again avec Julien, il y a la tartine de Julien, il arrive dès le départ il y a le bruit tu sais “ rrrrriiiiiiiit ” direct ! Tu sens que c’est Julien ! Ensuite, sur Angel of Mercy il y a Renato, qui jouait ce matin , il chante clair, un peu à la Pantera, mais c’est quand même du chant clair, donc le morceau est top mais il a une couleur.
olivier : Oui. Et ça ne s’était jamais vu sur DeathAwaits.
Art ‘N Roll : En parlant du premier titre, j’ai été surpris – vous allez me dire c’est bizarre – mais j’ai pensé à un titre de Queen. J’ai l’impression d’entendre du Queen, le tout premier riff que vous faites; époque, Flash Gordon. Si un jour vous avez l’occasion d’écouter cet album-là. Alors est-ce que c’était voulu ?
jordan : Non !
olivier : Non. Ce n’était pas du tout voulu, en revanche c’est quand même un compliment. Par contre, ce n’était pas voulu du tout. Et c’est quoi, c’est la musicalité qui t’a fait penser à ça ? Ça ne m’étonne pas. C’est vrai que nous on l’a bouffé, bouffé et rebouffé.
Art ‘N Roll : On va parler de la conception de l’album. La pochette ?
jordan : Magnifique pochette.
olivier : Merci pour nous, mais merci pour lui. Hugo Barbier, notre dessinateur plus ou moins attitré maintenant. On fait beaucoup de choses avec lui et qui est excellent ! Je veux dire humainement on s’entend très bien, on a envie de faire des choses ensemble et tu vois le résultat quoi !
jordan : On lui avait dit : “ Il nous faut un monument. Limite qu’il n’y ait pas de nom sur l’album. ” Juste un gros monument XX sur le truc. Et puis, lui il a ajouté des crânes des pendus, il a rendu le truc vraiment génial !
olivier : Il s’est cassé le cul !
jordan : En plus, il l’a fait à la main. C’est-à-dire qu’il a réellement dessiné sur papier toute la pochette. Ensuite, il l’a scannée, colorisée. Mais à la base, il y a vraiment l’art, l’artwork.
Art ‘N Roll : Et au niveau de la conception de l’album, vous l’avez fait avant ou après la pandémie ? Comment ça s’est passé ? Est-ce que ça vous a posé des problèmes ?
olivier: Pendant.Au moment de la pandémie, on était en train de défendre l’album d’avant. On était bien partis, et en fait, on s’est fait couper l’herbe sous le pied. Il nous restait une quinzaine de dates, toutes plus belles les unes que les autres, mais bref. On l’a défendu peut-être six petits mois. Franchement, c’est passé hyper vite. On a sorti un album, on a commencé à le tourner et ça s’arrête.
jordan : Et comme on savait qu’on avait les vingt ans en ligne de mire en 2022, on arrivait en 2020 à se faire squeezer, on s’est dit : “ Tiens. Est-ce que ça ne vaudrait pas le coup de bifurquer et de commencer à se pencher sur l’album suivant ? ” En fait, en 2020 on l’a composé et début 2021 il était fini. Après, on l’a gardé au chaud pour pouvoir le sortir fin 2021, début 2022.
Art ‘N Roll : On est au Hellfest. Est-ce que c’est votre première fois ici ?
olivier : Moi j y vient depuis le furyfest!
jordan : C’est un vieux de la vieille !
olivier : En tant que festivalier. Après, Non. On n’a pas joué. Notre chanteur y a joué avec son ancien groupe qui s’appelle Bounty Hunter. Il y a une dizaine d’années, on était au Corner. Et j’ai joué la semaine dernière, mais avec une autre formation. Sinon en tant que festivalier, c’est pareil tu l’as fait je ne sais pas combien de fois ?
jordan : Je crois que la première année c’était en 2012 et, tu vois, sur les dix dernières années je suis venu cinq ou six fois.
olivier : Je viens depuis 2010 et à part deux années je les ai tous faits.
Art ‘N Roll : On aura l’occasion de vous voir sur scène au Hellfest ?
olivier : Ah, Ben ! Nous on espère.
Art ‘N Roll : J’ai pensé que vous alliez jouer cette année. Je me suis dit : ils vont jouer puisqu’ils sont en promo.
jordan : Cette année c’est un peu bouché à cause des reports. Le Hellfest a été reporté d’une année sur l’autre, donc, finalement, la programmation de cette année c’est celle de 2020 et 2021. Pour 2022, il n’y a pas tant de places que ça. Même s’il y a des annulations, en tout cas on n’était pas dans les papiers pour cette fois-là.
Tu sais, on ne sait jamais vraiment pourquoi, hein ? Il faut toujours atteindre la bonne personne, est-ce qu’on l’atteint ou pas ? C’est toujours compliqué, mais on ne désespère pas. On espère que l’année prochaine on y sera, et, si ce n’est pas l’année prochaine, ce sera l’année d’après et voilà.
Art ‘N Roll : Vous avez un mot à ajouter pour défendre cet album, défendre le groupe ?
olivier : Alors, nous ce n’est pas pour défendre le groupe, c’est pour défendre la conjoncture actuelle. Dans le sens où, là, on a passé du temps pendant la pandémie à créer quelque chose, à faire un album, etc. Maintenant, on veut le jouer et on va le jouer, et c’est ce qu’on veut faire pour l’instant. Il faut que les gens soient là, on a besoin de vivre des trucs vrais ! On a tous passé beaucoup de temps derrière notre ordinateur. Là, on a envie de ça. Tu vois ce n’est pas pour défendre l’album. Mais, c’est pour défendre le fait que, putain, à la base on est là pour ça quoi !
Art ‘N Roll : Vous avez une future tournée ?
jordan: Oui. On a quelques dates qui s’annoncent. Une tournée, non. Parce que c’est très dur à faire en ce moment. Tout le monde est au Hellfest sur l’un ou l’autre des deux week-ends. Et puis, il y a eu tellement d’annulations, de difficultés pour les petites structures que c’est compliqué, ça impacte beaucoup les groupes comme nous.
C’est pour ça que mon message, c’est plutôt, un peu comme tu disais : les groupes de la scène underground, comme nous, il y en a des tonnes, des méritants – on ne sait si on l’est mais on l’espère – et si on ne fait pas l’effort collectivement d’essayer de soutenir ces gens, c’est compliqué de franchir le plafond de verre !
olivier : Il y en a plein qui se cassent le cul, quoi !
jordan : L’effort, ça veut dire : suivre les groupes sur les réseaux. Tu vois ! Rien que ça : un like, un partage, c’est déjà pas mal. Suivre le groupe au quotidien, même si c’est le plus dur. Attention ! Parce qu’il faut survivre sur Facebook et Instagram, c’est compliqué. Et puis, venir aux concerts prendre des préventes et acheter notre merchandising, s’il y en a qui ont l’occasion. Voilà !
On a fait beaucoup d’effort sur le merchandising cette année. Normalement on a de quoi satisfaire tout le monde. Soutenir la scène locale, et, pas que nous ! Il y a plein de groupes. Et il y en a quelques-uns qui arrivent à agripper de bonnes scènes y compris sur le Hellfest, voilà, il faut les soutenir.
Art ‘N Roll : On voit qu’il y a eu pas mal de groupes français cette année, qu’on n’attendait pas, comme Disconnected...
jordan: Disconnected, Heart Attack, Fractal Universe… Tu vois ce sont des groupes qui sont méritants sans aucun doute !
Art ‘N Roll : On a remarqué cette année, il y a eu de très bons albums ! Dont le vôtre. Je pense à Heart Attack, en thrash qui n’a rien avoir, qui est complètement différent mais, on sent le même esprit.
olivier : On essaye tous de tirer notre épingle du jeu. Sans forcément… Ce n’est pas une histoire de course ou quoi que ce soit. Mais, on rencontre les mêmes problèmes.
Art ‘N Roll : On vous sent unis !
jordan : C’est pour ça, comme on le disait tout à l’heure, qu’avec Laurent de Deficiency ça marche bien. Parce qu’avec Deficiency, on a le même genre de problématiques. On a les mêmes envies et les mêmes besoins.
Art ‘N Roll : Les problèmes ne sont plus les mêmes par rapport aux jeunes groupes des années 80 où il n’y avait pas d’entraide, c’était à celui qui s’en sortait le mieux et puis après…
olivier : De toute façon on ne va pas rentrer dans ce débat, mais c’est vrai qu’aujourd’hui c’est un peu plus facile de se diffuser et c’est hyper dur de rester et d’intéresser les gens.

jordan: Nous, ce qui est sûr c’est qu’on continue. On essaye de faire notre bout de chemin. On fait nos dates. Ce qui est dur pour les groupes underground c’est que c’est difficile de promouvoir les dates. Il faut vraiment être dans le cercle de telle ou telle salle pour pouvoir passer. Mais par contre, nous on continue de faire nos dates et on kiffe toujours, qu’on soit devant vingt ou mille personnes, on joue toujours. On fait le même show et on passe des bons moments dans les deux circonstances.
Mais, tout ça existe parce qu’il y a des gens qui nous soutiennent, depuis des années. On a DeathAwaits Army qui nous soutient, on a des gens autour de nous, des assos, des salles, mais tout ça existe tant que tout le monde reste debout.
olivier : Oui. Tant que ça vit en fait. Il faut que tout ça vive ! Il faut qu’il y ait des échanges, des intérêts, des gens qui viennent aux concerts.
Art ‘N Roll : Nous on est là pour ça, pour vous soutenir !
jordan: Vous êtes indispensables aussi. Ça fait partie du microcosme.
olivier : Le système c’est la ruche, tu vois.
Art ‘N Roll : Merci beaucoup.
death awaits : Merci à toi.

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