HOT on the rocks!

interview de Synapse

lundi/10/01/2022
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Après avoir écumé les bars et salles parisiennes pendant quatre ans et sorti en 2019 un premier EP dont on sentait déjà la capacité pour passer à l’étape supérieure !! chose faite cette année !
Synapse vient de sortir l’ album prog qui fera date et mérite une reconnaissance à tous les niveaux.
Rencontre avec Sacha le Roy bassiste du groupe au HellFest corner ( merci à Roger de replica promotion)
Art’N Roll : le nom Synapse vient des neurones du cerveaux ?
Sacha : En gros, on cherchait… Alors, déjà, pour être honnête, on n’a pas trouvé mieux. On était un peu à court d’idées, mais finalement, on trouvait ça pas mal, parce que ça représente un peu la démarche qu’on a de faire les connexions entre différents styles de musique qui nous influencent. Qui n’ont pas forcément grand-chose avoir entre eux, mais que nous, dans notre façon de composer, d’écrire, on essaye de relier un peu ; notamment, le rock avec le jazz, la pop, pour le côté mélodique avec le métal avec le côté plus véner. C’est vraiment cette espèce de pont qu’on essaye de faire entre ces différentes influences-là.
Art’N Roll : Vous existez depuis 2016. Vous avez sorti un premier EP en 2019 ?
Sacha : 2019, exactement. Oui.
Art’N Roll : Et, pourquoi avoir attendu si longtemps, pratiquement trois ans, pour sortir un album ?
Sacha : Alors, en fait, au début Synapse c’était… Alors quand moi je suis arrivé dedans, je ne suis pas un membre fondateur, techniquement, mais quand je suis arrivé c’était un groupe de reprises. C’était rock années 90, 2000, mais vraiment que de la reprise. Et après, suite à mon arrivée, il y avait déjà Alex et Carlos, donc le guitariste et batteur, et là, on a commencé à écrire. On a changé de chanteur et voilà ! On a fait quelques scènes avec lui, et puis après, il est parti. C’est pour ça que ça s’est bien accéléré en 2019 quand Thomas nous a rejoints en début d’année. Où, là, vraiment on était tous les quatre sur la même longueur d’onde et puis lui, il a la même formation que nous, donc plutôt formation jazz.
Art’N Roll : Vous avez fait la même école de jazz ?
Sacha : On a fait la même école, oui. Donc on s’est assez vite compris. Et puis, du coup, c’est allé beaucoup plus vite, en fait, parce que les morceaux existaient déjà. Voilà, il s’est intégré hyper vite et hyper bien. Et là, après trois ans, avec juste des dates, entre février 2019 et juillet 2019, hop ! direct studio, EP, ça a vraiment décollé à ce moment-là !
Art’N Roll: Quels sont vos influences musicales ?
Sacha : Moi, je suis quand même pas mal influencé par le jazz, en tout cas pour le côté instrumental : jazz fusion, jazz électrique. J’ai pas mal écouté des groupes comme Uzeb, Tribal Tech, des choses comme ça. Après, mes premiers amours c’est pas mal de rock alternatif des années 90 en général : scène grunge, Red Hot, des trucs comme ça. Et puis pas mal de pop, rock pop, je suis un gros adorateur des Beatles, notamment pour le côté mélodique. Le prog aussi au sens large, aussi bien les classiques, un peu à l’ancienne : Crimson et tout, que des trucs très modernes comme Porcupine Tree ce genre de choses, Dream Theater aussi.
Art’N Roll : vous avez choisi le guitariste du groupe Kadinja pour produire l’album ?
Sacha : On les avait contactés pour faire leur première partie et ça a été annulé à cause du Covid. Mais, ça, c’était la prise de contact et on voulait, quand même se rapprocher, en tout cas prendre des petits éléments de leur son, qui est, pour le coup, très moderne. C’est vraiment la scène djent actuelle quoi ! Ce n’est pas dire qu’on va devenir un groupe djent, mais on voulait prendre un peu de ça, on voulait un truc plus moderne;
Art’N Roll : On le ressent tout à fait dans l’album par rapport à Impulse !
Sacha : c’est-à-dire que, Impulse ça a été enregistré en live sur bande, ce qui est une super expérience. C’est hyper cool de faire un album comme ça, un peu à l’ancienne. Voilà, le groupe dans une pièce, ça joue. Mais, après ce n’est pas la même démarche … c’est difficile de faire un truc aussi produit et aussi millimétré, du coup, c’est vraiment piste par piste, limite s’il faut faire quatre mesures de batterie on fait que quatre mesures. C’est vraiment une autre approche.
Art’N Roll : Vous avez profité du confinement ?
Sacha : Oui, le confinement ça nous a aidé à finir d’écrire.
Art’N Roll : Ça a aidé beaucoup de groupes qui n’ont fait que ça pratiquement que du studio. Et cet album, j’ai vu qu’on peut quand même le trouver en physique. Normalement il devait sortir qu’en digital ou en streaming ?
Sacha: On a quand même fait des pressages physiques et même on va faire des précommandes, on aimerait bien faire quelques tirages vinyles aussi.
Art’N Roll : Le vinyle est prévu ?
Sacha : il faut qu’on ait assez de précommandes, mais je pense que ça va le faire. Mais en tout cas, moi personnellement je suis pour. Et puis, je trouve que c’est classe quand même, c’est cool d’avoir son album en vinyle. et puis comme ça revient un peu, finalement ce n’est pas une mauvaise idée.
Art’N Roll : Les jeunes comme vous, vous voyez le vinyle qui revient ça vous fait quoi en fait ? Vous avez été bercés par le CD.
Sacha : Je ne sais pas. Je pense que ça dépend des gens. Mais, moi, ça fait quelques années que, même longtemps, quand je vais en brocante je chine pour prendre des vinyles. En fait, j’ai plus de vinyles que de CDs.
Art’N Roll : On ressent l’objet de collection.
Sacha : Mais même, souvent quand on va chez des gens, ils ont leur petite collection de vinyles. Il y a quand même cet attachement au bel objet qui revient, je pense.
Art’N Roll : Vous avez fait appel à crowdfunding pour la réalisation ?
Sacha : Ça a super bien marché ! C’était vraiment au-delà de ce qu’on demandait, de ce qu’on espérait, c’était super cool ! On a vraiment pu faire ce qu’on voulait grâce à ça. Et ce qui est vachement cool aussi, c’est que du coup, tu sais pour les crowdfundings, il faut mettre des contreparties, donc nous on s’est un peu creusé la tête pour se dire : « Bon. Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver un truc plus original que juste, allez, les porte-clefs et les machins ». Donc, il y a les chopes à bière ; ça, ça marche bien, gravées au nom du groupe. Et surtout, ce qu’on a fait, pour les gros donateurs, on leur a dit : « Ben, vous savez quoi ? Vous nous imposez un morceau à reprendre. Voilà, vous nous dites un morceau, on en fait une cover ! ». Du coup, on en a eu trois, je crois, qui ont eu droit à leur morceau. En fait on a regroupé tout ça, plus deux, trois covers que nous on voulait faire et on va sortir…
Art’N Roll : Ils auront leur cover sur leur album ?
Sacha : Non, en fait on va faire un EP.Dans le courant de l’année, avec justement ces covers, plus deux, trois autres qu’on a déjà faites ou qu’on voulait faire pendant le confinement, notamment. C’est cool parce qu’on sait déjà ce que c’est la prochaine sortie.
Art’N Roll : Vous êtes des précurseurs !
Sacha : En tout cas on est contents parce que, du coup, on a trouvé une contrepartie originale. Et puis du coup, c’est vrai que ça faisait un an qu’on était sur le processus de l’album, donc ça faisait un an en gros qu’on jouait les mêmes morceaux; On en est très fiers, mais c’est vrai que ça fait du bien d’écrire de la musique…
Art’N Roll : Avec cet album, est-ce que vous allez pouvoir accéder à un autre niveau ? Vous n’avez plus joué dans des petites salles, j’ai vu que vous aviez quand même des regrets de jouer dans certains bars ?
Sacha : Oui. Ça serait bien. C’est vrai qu’il y a des endroits où, dans les grandes villes notamment, où c’est normal, il faut passer par-là, ça forge l’expérience. Mais au bout d’un moment, quand ça fait un certain nombre d’années que t’es dans le milieu, tu fais de la musique, t’as envie… Tu n’as plus envie de passer par certains trucs où les conditions ne sont pas toujours acceptables ! Mais, je pense que cet album, ça nous fait une carte de visite . Un truc assez solide.
Art’N Roll : les retours de critiques de Singularities sont positifs ?
Sacha : Oui. Voilà. En plus, les retours sont vachement bien. Donc, vraiment, on commence à avoir un dossier presse cool.
Art’N Roll : Surtout à l’étranger ?
Sacha : Oui. En plus. Oui. On a un peu des touches à l’international donc ça, c’est top ! C’est ce qu’on vise un peu. Ce sont des salles un petit peu au-dessus. De musiques actuelles.
Art’N Roll : Vous sentez vous comme un groupe de première partie?
Sacha : Des premières parties ça je pense que c’est clairement le stade où on en est. Il faut être aussi, tu vois, réalistes. Et nous ça nous va très bien, ça fait rencontrer des gens, ça fait jouer dans des un peu plus belles salles on va dire. Aussi, un peu de toucher les festoches, et si on peut ajouter à ça – la cerise sur le gâteau ! – les petites dates à l’étranger. Tu vois, commencer un peu, l’Allemagne, la Belgique, l’Angleterre, commencer à voyager un peu ça, ce serait mortel !
Art’N Roll : Vous avez sorti trois clips dernièrement ! on vous sent touchés par tout ce qui se passe, bien sûr, à l’heure actuelle dans 3000. J ’aimerais que tu me parles de ces deux jeunes qu’on voit dans le clip ? Qui sont en interactivité tous les deux !!…en réalité virtuelle, qui ont du mal à se retrouver ?
Sacha : C’est vraiment ça le thème du morceau. C’est quelqu’un, un individu, là, qui est illustré par deux jeunes, un couple d’ados, dans mille ans. À la vitesse à laquelle la technologie évolue et, du coup, par conséquent, les relations humaines, dans mille ans qu’est-ce que ce sera les relations humaines ? Est-ce que ce sera encore possible ? Sachant qu’en toile de fond il y a aussi le problème du changement climatique. Mille ans, on n’est pas capable d’imaginer à quoi ressemblera la planète si ça continue dans cette voie ! Donc, peut-être les gens ne pourront même plus sortir de chez eux. Tu vois, on a un peu imaginé un truc très dystopique avec ce côté de la technologie. C’est marrant parce que là, ça fait quelques semaines qu’il y a eu le truc de Facebook qui devient méta, tu vois les histoires du méta verse, qui fait un peu écho à ça.
En fait, ce qu’on essaye de développer, c’est que finalement, le plus flippant dans tout ça, la question centrale c’est : à quel point on n’est pas consentants à tous ces changements ? Est-ce qu’on ne les veut pas vraiment ? Est-ce qu’en fait, on n’est pas en demande de moins d’interactions sociales, de toujours plus, au détriment de l’environnement et des choses qui nous permettent de vivre ?
Art’N Roll : A travers votre musique, on a envie de se rassembler finalement! Comme dans Brand New Sky où vous parlez du changement climatique, c’est systématique chez les jeunes.
Sacha : En tout cas, nous, le point de vue qu’on essaye d’adopter ; on constate – enfin, on se pose des questions, on observe – mais on n’est pas là pour dire ce qu’il faut faire non plus. C’est plus une sorte de projection !
Art’N Roll : Comme cette magnifique balade qui clôture l’album ?
Sacha : Humain Naïveté oui. Eh bien, c’est entièrement écrit par
Thomas, le chanteur. Alors, il en parlerait beaucoup mieux que moi, mais je crois que c’est un morceau qu’il avait en stock depuis assez longtemps. Il nous l’a proposé, en se disant : « Bon. C’est un morceau acoustique, je ne sais pas s’ils seront ok pour mettre ça sur l’album ? », mais, en vrai, on a adoré le morceau, et du coup, on a écrit des arrangements pour violons, pour vraiment aller à fond dans le côté acoustique. Je trouve que c’est cool pour finir l’album. C’est inattendu d’avoir au truc, tout doux, avec le quatuor à cordes.
Art’N Roll : Vous vous réclamez un peu rock prog avec des touches de jazz. Quelle est la barrière entre le jazz et le metal ? En fait, vous aimez tout mélanger, vous aimez brouiller les pistes ?  une certaine transgression dans les genres, pour les fans de metal et les fans de jazz ? Tout est lié en fait ?
Sacha : Oui, voilà, c’est plus ça ! C’est plus qu’on essaye de lier ces influences, parce qu’elles sont toutes aussi importantes pour nous. Il n’y en a pas forcément une – bon, après, ça sonne plus rock que jazz, malgré tout – mais on n’a pas forcément envie un truc beaucoup plus en avant qu’un autre. On ne pourrait pas faire un truc hyper metal en reniant totalement notre goût pour le jazz et les harmonies un peu plus sophistiquées. Mais comme on ne pourrait pas non plus faire un truc trop calme ou il n’y a pas à un moment des gros riffs qui arrachent aussi. Donc, on essaye, dans l’écriture, dans la façon dont on compose, de mélanger tout ça pour vraiment essayer d’avoir un son un peu à nous, un truc un peu personnel.
Art’N Roll : On ressent chez les jeunes comme vous cette fusion qu’il y a, avec les styles de musique et vous arrivez à vous regrouper et faire que l’ album est surprenant du début jusqu’à la fin. À chaque fois on rebondit sur tel ou tel morceau. Comme on ressent une certaine fusion à la Rage Against the Machine ?
Sacha : Il y a des passages où c’est vraiment du gros riff un peu groovy. Mais, c’est ce que nous on aime bien faire, et c’est là aussi qu’il y a le côté un peu prog. Le changement d’ambiance, le changement de tableau, tu passes d’un refrain un peu épique, à un play beaucoup plus calme avec des ambiances.
Art’N Roll :Alex, le guitariste à adopté la même posture que John Petrucci de Dream Theater ? c’est voulu ?
Sacha : Oui. Alors, je pense que c’est le fan numéro 1 de Petrucci en France ! c’est une énorme influence pour lui.
Art’N Roll : Après être sorti de l’école de jazz, vous avez tous suivi d’ autres influences musicales ?et vous vous êtes trouvé pour créer Synapse?
Sacha : C’est ça qui est super dans le fait d’avoir vraiment un groupe. C’est différent quand tu joues pour un artiste. C’est très bien aussi, mais l’artiste c’est sa vision qui va déterminer la musique. Alors que quand tu es dans un groupe et si ça marche bien – ce qui pour le moment est notre cas, donc, du coup c’est super !– chacun peut amener son truc, sa patte. En l’occurrence Alex, c’est vraiment Dream Theater, Prog. Nous, ça va être des choses différentes, mais, j’en reviens toujours aux mêmes trucs, de fusion, de créer des connexions entre les différents styles. C’est ça oui, chacun a son truc particulier !
Art’N Roll : Et quand vous êtes sortis de l’école de jazz, vous avez continué des études de musique ? Pour faire un tel album ?
Sacha : C’est aussi le fait d’avoir beaucoup joué à côté. On a quand même tous eu, ou on a encore, d’autres projets musicaux à côté. Parfois, dans des styles très éloignés : Par exemple : Thomas a un groupe de metal un peu plus véner que nous, qui s’appelle rest in furia ; donc c’est une de ses influences. Moi, j’accompagne une artiste qui s’appelle kandy guerra ! c’est de la musique africaine, donc rien avoir. Mais c’est vraiment le fait, en plus de nos études, d’avoir joué plein de choses et d’avoir pris de l’expérience de scène et de studio en faisant d’autres projets Je dirais que c’est un peu le prolongement des études musicales.
Art’N Roll :Vous êtes chez Elodie Promotion avec un catalogue de groupes très promotionnels pour la scène ?
Sacha : Grave ! Et puis surtout vu comment elle nous estime et tout ce qu’elle a fait pour nous. Oui, c’est cool. En fait c’est ça qui est bien avec cet album, c’est qu’on sent que des gens, que ce soient des médias, de la promo, ou des ingé-sons, enfin des gens du milieu, qui sont quand même au-dessus de nous, mais qui posent un regard sur cet album en disant : « franchement les gars, c’est cool ce que vous faites et c’est bien fait. » Ça fait ultra plaisir ! On voit que concrètement le palier est en train d’être franchi.
Art’N Roll : Vous avez votre release party ce soir ? ( Une soirée se prépare le jour de l’ interview au HellFest corner)
Sacha : C’est juste l’écoute de l’album ! La release plus classique où on va jouer ce sera plutôt début janvier.
Art’N Roll : Une future tournée ? On a du mal à se projeter maintenant ?
Sacha : Un peu. Nous on a commencé à booker une série de concerts autour de mi-avril, début mai. Pour le moment ça tient, mais c’est vrai que, vu ce qui se passe en ce moment ça peut, peut-être… Je ne sais pas ! Ça peut tomber à l’eau dans deux semaines, on n’en sait rien. Pour le moment on fait comme si tout allait bien.
Art’N Roll : Si tu as un dernier mot à ajouter pour défendre l’album ? On tient notre Dream Theater français !
Sacha : (Rires) ! Si, si ! Ah ben, si on a ce statut-là, moi je prends ! Que vous soyez plus prog, hard, metal, plus rock classique. Je pense qu’il y a des choses que tout le monde peut trouver .Évidemment les amateurs de prog, j’espère qu’ils vont aimer. Mais je pense que, même si on est un peu – pas réfractaire au style– mais qu’on a un peu des a priori, ça peut aussi marcher. Parce que nous ce qu’on essaye de toujours privilégier, c’est quand même le côté mélodique. Au final, on joue des chansons, on ne joue pas une démo instrumentale, je dis ça par rapport à Dream Theater… On veut qu’à la fin du morceau, l’auditeur puisse se rappeler d’une mélodie, d’un passage, que ce soit quand même accrocheur.
Art’N Roll : Le prochain album on attend encore un petit peu ou vous avez déjà des idées ?
Sacha : On va déjà s’occuper de ce fameux EP de reprises et puis, le prochain, je ne sais pas ? Tout est possible… Parce qu’on a appris tellement de choses en un an, en faisant cet album. Et qui sait ce qui va se passer après la tournée ? Qui on aura rencontré ? Je pense qu’honnêtement, tout est possible.
Art’N Roll : On souhaite que le meilleur pour Synapse pour la suite !
Sacha : Merci beaucoup !
Art’N Roll : Je te remercie.
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