HOT on the rocks!

interview avec Johann de Trank

lundi/10/01/2022
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Art’N Roll :  je suis très heureux de t’avoir au téléphone
Johann : Eh bien, moi aussi.
Art’N Roll : Depuis l’année dernière quand on s’était vus.
Johann : Oui, voilà. Depuis septembre dernier.
Art’N Roll : comment s’est déroulée cette année difficile ?
*
Johann :  j’ai envie de dire comme tout le monde. C’est-à-dire beaucoup de frustrations liées au fait qu’on ne puisse pas partir sur les routes et faire danser et chanter les gens en concert. Mais d’un autre côté, on a essayé de rester positifs et de continuer d’avancer. Donc, on a pas mal bossé sur les remix qu’on a présentés sur l’album et dont j’imagine on va parler tout à l’heure. Et puis, toujours continuer aussi les compos pour des nouveaux titres, qui sortiront soit en singles individuels et après compilés sur un album ou directement sur un album, on verra. Mais, en tout cas, la machine à compos ne s’arrête jamais. C’est bien.
Art’N Roll :  on a été surpris par cette deuxième édition qui est sortie au mois de novembre de cette année. Très surpris, et en même temps, quand on voit l’album, la pochette, on a cru à un deuxième album. Et puis, c’est une deuxième édition avec des remix. Donc, pour quelle raison avoir sorti ce Monolith comme tu dis ?
Johann : En fait, cette histoire de remix a commencé une fois qu’on avait sorti l’album l’année dernière. On a été contactés par deux ou trois producteurs électro qui nous ont proposé de faire des remix parce qu’ils avaient entendu les originaux et qu’ils se sont dit : « ben ! tiens celle-là elle m’inspire, est-ce que ça vous va si je fais une version à moi ? » Donc on a dit : « Oui, bien sûr. » Et ils nous ont envoyé leurs versions et on a trouvé ça vachement bien !
On s’est dit : « Il y a un truc qui peut être intéressant. » En fait, quelque part l’électro, même si on est quand même fondamentalement un groupe de rock, mais l’électro a toujours fait partie de notre son. On essaye toujours d’en intégrer plus ou moins dans ce qu’on joue. On aime bien ce que ça nous permet d’avoir, c’est-à-dire : ajouter des textures, amplifier certaines dynamiques ou émotions ou atmosphères. Donc, c’est que c’est un truc qui a toujours été, et, qui a fait – et fait toujours – partie du groupe, du son de Trank. Et là, on s’est dit : « ben ! tiens, si on poussait le curseur ? Si on faisait carrément des versions électro de nos trucs ? » Là, l’idée nous a été donnée par d’autres gens que nous et puis après on s’est dit : « si on veut poursuivre l’exercice, on va en faire nous-mêmes. »
Après, c’est là qu’est arrivée cette idée de faire un CD bonus. Sachant que cette idée-là, d’avoir une version de luxe, ça fait un moment qu’on y pensait. Même avant la sortie de l’album original, il y a eu plusieurs options envisagées, soit des versions acoustiques, soit des versions… voilà. Et puis, au final, comme on a vu que cette histoire de remix se passait plutôt bien et qu’on était contents du résultat, on s’est dit : « On va rester sur ce concept-là. On va faire un CD complet là-dessus. » Et puis, après, ça n’empêche pas que les compos sur lesquelles on bosse actuellement reviennent plus directement dans le style de Trank. C’est-à-dire, plus avec des grosses guitares et tout, mais, ça nous a fait un petit peu une parenthèse dans ce qu’on faisait et aussi un bon exercice pour voir vraiment, pour critiquer, dans le sens d’analyser les morceaux, pour voir ce qu’on garde et ce qu’on doit remplacer. On ne fait pas ça si souvent, mais c’est un bon exercice.
Art’N Roll : Et vous n’avez pas touché au CD original ?
Johann : Non. ce sont les mêmes chansons. On l’a juste fait remasteriser par le même ingénieur-mastering qui avait fait le CD original. Après plusieurs écoutes, forcément, comme on est toujours très critiques vis-à-vis de nous-mêmes, on est très exigeants, on s’est dit : « quand même, il y a deux, trois, trucs où on aurait bien… euh, on va dire… quitte à le refaire, autant refaire une petite passe pour enlever les petites imperfections qu’on avait vues dans le mastering » et c’est ce qu’on a fait ! Donc, là, les morceaux originaux sont remasterisés et on a ajouté un peu plus de tranchant et fait ressortir un peu plus les textures, mais sinon, ce sont les mêmes arrangements, les mêmes chansons que sur le CD de base.
Art’N Roll :  le son est beaucoup plus fort que par rapport à la première édition. C’est le rendu que ça donne.
Johann :  je suis ravi que ça ait cet effet-là, parce que c’est ce qu’on recherchait. A la fois on a fait un mix avec Brian Robbins qui se voulait – je n’ai pas envie de dire agressif – mais en tout cas assez pêchu. Mais aussi pour l’équilibrer avec un mastering d’Andy van Dette, qui est plus connu pour son travail avec Rush etc. pour jouer plus dans les textures. Et je pense qu’on est arrivé à un résultat plutôt bon, mais à la réécoute, on se disait : « Ah ! il y a peut-être moyen de mettre un petit peu plus de punch à droite à gauche » donc, c’est ce qu’on a fait.
Art’N Roll : Vous êtes pratiquement des précurseurs, parce que le fait de refaire des albums comme ça, un an après, en recorrigeant, c’est pratiquement un coup de marketing. Enfin, où on se dit, le son va être meilleur. Est-ce que dans l’avenir ça se fera de plus en plus ?
Johann : Alors… je ne sais pas si on va créer une nouvelle façon de travailler mais, en revanche, ce qu’il y a de sûr, c’est que, comme on est exigeants vis-à-vis de nous-mêmes, même le meilleur album qu’on puisse produire, si tu nous poses la question trois mois après sa sortie, on aura toujours des choses à redire. (Rires) Donc, malheureusement, on ne peut pas s’en empêcher.
Art’N Roll :  Surtout que l’album est excellent. Et surprenant !
Johann : Merci beaucoup.
Art’N Roll : Vous avez voulu élargir votre public ? Est-ce que vous ne vous êtes pas dit, à un moment, finalement, le public metal n’a pas forcément adopté Trank. Quand on voit les critiques qui sortent aujourd’hui, par rapport à l’année dernière ?
Johann : Ouais. En fait on ne s’est jamais posé la question en se disant : « est-ce que le public est comme-ci ou comme-ça ? » C’est plutôt, comment doit-on définir notre musique ? C’est une question qu’on se pose depuis cinq ans et à laquelle on n’a toujours pas de réponse. Et finalement, ça nous va quand même pas mal, parce qu’on aime bien ce côté, on peut aller à droite ou à gauche. Finalement, ça ne met pas de barrières à ce qu’on essaye de faire. Pour nous, tout le temps, c’est une chanson qu’on a plaisir à composer, arranger et jouer, alors on ne va peut-être pas faire de la polka tout de suite, mais en tout cas on ne se pose pas de barrières de style.
En revanche, c’est vrai que le fait de faire des versions électro, ça nous a permis aussi d’élargir notre palette sonore, et oui, peut-être, que ça va plaire à des gens qui ne nous auraient pas connus sans cela. Mais fondamentalement, l’impression qu’on a, c’est aussi que les gens qui nous écoutent ont quand même une culture musicale assez variée, donc ils sont ouverts à la découverte. Ce ne sont pas forcément des gens qui vont écouter le même album trente fois par jour, et tout ce qui ne sonne pas comme cet album, on va le rejeter, voilà ! Je pense que les gens, notamment de la génération Spotify, on va dire – il y a plein de choses à dire sur Spotify – mais, une des choses que je trouve intéressante, c’est que ça permet à tout le monde d’écouter un peu de tout. Pour autant qu’on cherche, on est bien d’accord. Mais, si on est un petit peu ouvert on a la possibilité de découvrir des trucs qui viennent de partout dans le monde. Je pense que ça c’est intéressant et du coup, ces remix-là, on s’est dit : « On va pousser le curseur un peu plus dans ce sens-là, par rapport aux morceaux originaux. » Ça ne change pas le fait que Trank restera un groupe de rock, mais on va dire que c’est un exercice pour essayer de nous diversifier un peu plus, de voir plus loin, de pousser nos limites.
Art’N Roll : Est-ce qu’il n’y a pas des moments de tensions entre vous quatre sur le fait de venir de plusieurs univers différents ? Vous avez réussi à avoir un noyau central, en fait, car vous avez tous des influences différentes incroyables. Toi tu es fan de Dream Theater je crois, c’est ça ? Ou de Toto ?
Johann : Entre autres. Alors, moi je suis très paradoxal, parce que je suis à la fois fan de Dream Theater et à la fois un immense fan de Toto. On écoute tous beaucoup de choses différentes et c’est ça qui est très intéressant parce qu’il n’y en a pas un qui a une culture musicale similaire. En revanche, quand on se met ensemble, eh ben ! on fait des trucs qui marchent pour tout le monde. Donc, on n’a jamais de tensions sur la partie composition, parce que c’est assez simple en fait : un bon riff, tu demandes à un gamin qui n’écoute que du rap, tu lui passes du AC-DC, beh ! il ne va pas pouvoir s’empêcher de danser ou de sauter partout. Parce qu’il y a un bon riff.
Johann : Et finalement, nous on se pose la question comme ça. On se dit : « est-ce qu’il y a un truc qui marche là ? » et après chacun va apporter en fonction de son historique, de son expérience, sa pierre à l’édifice. Ce qui fait qu’effectivement t’as fait un truc qui n’est pas, « cataloguable » mais en même temps, ce n’est pas ce qu’on recherche, ça fait de la richesse qu’on n’aurait pas si on venait tous du même environnement musical.
Art’N Roll :  Vous êtes un OVNI actuellement dans la scène musicale.
Johann : Beh, j’ai l’impression d’être un OVNI…
Art’N Roll : Vous êtes vraiment intéressants, on a vraiment envie de vous suivre. On a envie de rentrer dans votre univers qui est difficile d’accès et en même temps il y a beaucoup de recherche et beaucoup d’informations. Je ne sais pas si c’est ton ressenti ?
Johann : Oui ! Si tu veux, c’est ça. C’est ce qu’on dit toujours : « nous notre objectif c’est de faire sauter les gens et réfléchir en même temps. » Et ce n’est pas une formule comme ça ! On ne veut pas faire de la complexité pour la complexité, sinon on ferait du prog – que j’apprécie d’ailleurs beaucoup ! – mais ce qu’on veut c’est quelque chose où on se dit à la première écoute, il y a une mélodie qui t’attire l’oreille, ça te rentre dans la tête, mais à la vingtième écoute tu vas encore entendre des trucs que tu n’avais pas forcément remarqués avant.
Art’N Roll : Oui, être capté à la première écoute, c’est ce qui m’est arrivé de ce deuxième CD avec cette musique électronique, qui n’est pas trop mon univers, mais que j’ai écouté avec attention. Comment ça s’est passé avec la production ? Vous avez donné les titres ? Après ils les ont mixés à leur façon ? 
Johann : Ce sont les producteurs qui nous ont approchés spontanément en nous disant : « Tiens, ce morceau-là m’intéresse. Est-ce que vous accepteriez de me laisser faire une version remix ? » Donc, ce n’est pas du tout nous qui leur avons proposé tel ou tel titre en disant : « Ce serait bien de remixer celui-là . » Ils ont écouté tout l’album et ils nous ont dit : « voilà, celle-là, elle est intéressante! » Il se trouve que chacun avait fait le choix d’un morceau différent, ce qui nous arrangeait. Et puis après, on leur a envoyé toutes les pistes préparées de nos séances studio et ils ont fait le reste…
Art’N Roll : In Troubled Times a deux versions totalement differentes?
Johann : Oui. En fait, il y a trois morceaux sur l’album qu’on reprend deux fois en remix. Concernant deux des morceaux sur les trois, un producteur extérieur nous a dit : « Moi ceux-là je compte en faire quelque chose. » Donc on lui a fait faire. Et, après, nous on s’est dit : « Tu sais quoi ? En fait, nous on aurait fait une version différente. » Ce n’est pas pour dire l’une serait meilleure que l’autre, mais ça nous inspire quelque chose qui nous emmène dans une direction différente. Donc, c’est vraiment donner deux versions de l’histoire.
Sur Take the money and Run, qui est aussi reprise deux fois, là, ce sont deux remix qui sont faits par nous. Mais en fait, on avait fait un premier remix il y a huit, neuf mois. Et puis, il y a trois, quatre mois, on a eu pas mal de messages dans notre public de gens qui étaient fans de jeux-vidéos et qui nous ont dit : « Moi, j’adore écouter votre musique quand je joue à des jeux vidéo. » Ils nous disaient c’est un peu la bande-son de ce à quoi je joue. On a dit : « Ok ! essayons de composer un morceau qui pourrait être une bande-son de jeux-vidéo. » Et donc c’est pour ça qu’on a fait la version Police and Thieve, le gendarme et le voleur finalement. On s’est dit : « C’est ce que nous, on voudrait écouter si on jouait à un jeu vidéo où il y a des courses de bagnoles et des flics qui essayent d’attraper les gangsters. » Voilà. C’est vraiment une idée comme ça, qui nous vient. Après sur le remix de Refugee par exemple, qui est le dernier titre de l’album, ça s’est une idée qui est venue totalement de Michel. Il a fait une version un peu orientale du truc, chose à laquelle je n’aurais jamais pensé. Et en fait, on a écouté, et on a dit : « C’est bien ça, c’est intéressant ! » En tout cas ça change, ça donne une lecture un peu différente.
Art’N Roll :  On a l’impression que vous rendez hommage à une certaine nostalgie des années 80,  sur The Ropes.  des films comme New York 1997, et matrix? Surtout sur la version remix .
Johann : Ce remix-là, il a été fait par un artiste qui s’appelle Mokroïé et là, pour le coup, comme avec tous les autres artistes extérieurs, on lui a dit : « Voilà les pistes, tu fais ce que tu veux. » Il nous a donné cette version, qu’on aime beaucoup. C’est vrai que je rejoins un peu ce que tu dis, il y a un peu le côté futuriste des années 90 – maintenant qui n’est plus trop futuriste – mais en tout cas, ce côté assez pêchu, mais, comment dire, assez riche.
Art’N Roll : il manque deux titres : Again et The Road  ?
Johann : Il en manque même trois ! Pour tout te dire.Forever and a Day, The Road, ce sont deux morceaux qui sont des ballades et on s’est dit : « faire un remix d’une ballade, ça ne va pas forcément être très intéressant… ça risque d’être un peu… bizarre. » Donc, celles-là on les a écartées. Même si on adore les versions originales et qu’on est aussi capables de faire des morceaux calmes. En fait, Again, c’était à peu près l’inverse. Again, c’est le morceau qui était déjà, à la base, le plus électro de tout l’album original. Donc, on s’est dit : « Faire une version encore plus électro d’une version électro, ça ne va pas ajouter grand-chose. » Donc, c’est pour ça qu’on l’a laissée telle quelle sur l’original. Mais, encore une fois, ce n’était pas un calcul en disant : « il faut deux versions de ci, deux version de ça », c’était plutôt l’inspiration, où est-ce qu’elle nous emmène ?
Art’N Roll :  Yvan Barone a eu un regard sur les titres ?
Johann : Sur les titres des remix ?
Art’N Roll : Est-ce que vous avez eu un autre regard ? D’autres personnes qui ont travaillé sur votre premier album qui vous ont donné leurs avis, en fait ?
Johann : Alors, sur les remix non ! En revanche, il y a eu beaucoup de regards sur l’album original et on lui doit beaucoup de choses. Parce qu’Yvan vient d’un univers : d’une part, chanson française ; d’autre part, punk, etc. Mais, il a une grosse, grosse, culture musicale et un gros bagage technique aussi. Donc, c’est lui qui a piloté, soit directement, soit indirectement, toutes nos séances de studio et c’est lui qui avait mixé notre premier EP il y a quatre ans. En plus de ça, Yvan c’est quelqu’un avec qui on aime beaucoup travailler, parce qu’il est à la fois très compétent et il sait aussi nous mettre à l’aise quand on est en studio. Tu vois, tu es dans ta cabine, t’es concentré, il ne faut pas que tu te plantes parce que sinon, on recommence. C’est facile d’être très stressé et de se dire : « que vont penser les autres si jamais je me plante ? » si tu vois ce que je veux dire.
En fait Yvan arrive à installer cette espèce de climat de confiance qui nous permet au final de nous focaliser sur notre performance, mais pas sur ce qui se passe autour. Et ça, pour des musiciens, qui sont parfois des petites fleurs fragiles (rires) c’est très appréciable. En plus de ça, sur la partie production et arrangements c’est vrai qu’il a toujours de bons conseils pour prendre du recul par rapport aux chansons et dire : « Là, à mon avis, ce passage-là, vous pouvez faire mieux. » etc. Et comme ça, on prend en compte et on retravaille.
Art’N Roll :  Vous avez une totale liberté, on le ressent de toute façon.
Johann : Oui. C’est vrai. Mais, c’est du boulot d’être libre, parce que ça veut dire aussi que tu te poses beaucoup de questions, sur : « OK, c’est moi qui décide, mais est-ce que je prends la bonne décision ? » C’est toujours le principe, mais euh ! Mais ça nous plaît bien, on aime bien.
Art’N Roll :  Vous avez repris le clip Shining ?ça parle un peu des réseaux et puis de la façon de se présenter dans une entreprise. C’est quelque chose qui vous touche beaucoup, j’ai l’impression, tout ce qui se passe à l’heure actuelle ?
Johann : Oui. Alors, la façon de se présenter dans les entreprises, c’est comme ça qu’on l’a visualisé dans le clip, mais, fondamentalement, la chanson Shining parle vraiment des réseaux sociaux et du fait que tout le monde sait que c’est une vie artificielle, dans le sens où ce qu’on montre dessus ce n’est quand même souvent pas la vraie vie. On ne met que les trucs super bien, donc, tout le monde le sait, mais tout le monde le fait quand même. C’est le côté « je veux avoir mon heure de gloire ou Shining, je veux briller ». « Je mesure comment j’ai réussi ma vie au nombre de likes que j’obtiens quand je fais des posts ». C’est un peu ça, même si je caricature. Et tout le monde, en fait, est assez ambivalent par rapport à ça. Il y a, à la fois le côté : j’ai besoin de ça pour ressentir une validation sociale ; mais de l’autre, je sais que c’est artificiel, mais je ne peux pas m’en empêcher.
Art’N Roll :  C’est un peu comme les entretiens d’embauche
Johann : C’est pour ça justement qu’on a utilisé cette approche-là pour le clip, parce que justement dans un entretien d’embauche on fait toujours très attention à ce qu’on dit. On se présente sous son meilleur jour et puis, bon, hein, on a tous fait ça, à un moment donné, il y a des fois, on n’est pas complètement sûr de ce qu’on dit alors qu’on devrait l’être, mais on le dit quand même. Donc… euh, c’est le jeu.
Art’N Roll : On a vu que l’album est sold-out à la Fnac de Genève ?
Johann : Alors, c’est surtout que, moi-même, qui fait encore partie de cette vieille école où j’achète encore des CD, euh… j’y suis allé samedi et par hasard, bon, c’est la période… je passe à côté et je me dis : tiens, on va regarder ! Et vraiment, je tombe dessus sans faire exprès. Ben, forcément, moi qui ai dépensé des fortunes à la Fnac depuis mon plus jeune âge, de voir son album sur le truc…
Art’N Roll : Ça doit quand même faire plaisir ?
Johann : …ça fait quand même plaisir !
Art’N Roll :  Il y a des signes autour de votre album. Il y a douze signes qui  représentent chaque titre ?
Johann : Oui. Exactement. Alors, Alban Verneret, notre directeur créatif, qui est celui qui fait tous nos clips depuis maintenant trois ans, qui a fait aussi la pochette de l’album original et qui a fait la pochette. Il avait créé des icônes pour chaque titre déjà sur l’album original, mais, qui étaient inscrits sur le leaflet de façon assez subtile. Et là, en fait, on s’est dit : « il y a quelque chose qui est intéressant avec ces visuels, parce que ça représente en une image ce que veut dire la chanson. » Et donc, c’est pour ça qu’on les a mis plus en avant sur la partie de luxe, parce qu’on les trouvait plutôt sympas ces icônes. Et puis, ça donnait, voilà, une espèce de… comme si c’était un alphabet nouvellement créé, dans lequel il n’y a que douze caractères mais voilà, pour décrypter le son de Trank. Si je vais dans la métaphore.
Art’N Roll : Une version vinyle éventuellement ?
Johann : Alors, ça ! Ça fait partie des gros sujets de discussion. Nous, on adorerait pour être honnête. Après, au départ, on avait, les douze titres qu’on a sur l’album original, ça veut dire que ça fait à peu près trois faces de vinyle, il faudrait partir sur un double.
Art’N Roll : Ça pourrait être un bel objet.
Johann : Du coup, quoi mettre sur la quatrième face ? On a quelques idées, il est possible que ça voie le jour. Après c’est vrai que c’est encore en discussion…
Art’N Roll : Eventuellement un live ?
Johann : Alors, justement on a enregistré un live en studio il y a quelques mois. Qu’on va sortir, peut-être pas en CD, mais en tout cas, c’est un live audio et vidéo, donc qui a été filmé aussi. Les premières vidéos vont sortir dans les semaines qui viennent. Donc, il y a déjà ça et puis on avait pensé aussi potentiellement mettre des versions unplugged de certains de nos titres sur cette fameuse quatrième face de vinyle. Bon, on en a déjà enregistré suffisamment pour en mettre dessus, mais, c’est vrai que si on ressort ça dans un an, ça va faire un peu la troisième sortie sur le même album, ça risque de tirer sur la corde. Mais, en tout cas cette idée du vinyle on est toujours très fans de ça, donc il y a des chances pour qu’à un moment donné ça devienne réalité.
Art’N Roll : Ça fait partie de vos projets pour 2022 ?
Johann : Pour 2022 ou 2023, je ne sais pas. Mais en tout cas à un moment donné, il va falloir, parce que Michel, notre chanteur est quand même le plus grand fan de vinyles de l’histoire donc, s’il n’y a pas de vinyle avec son nom dessus je crois que ça va être très compliqué pour nous !Et puis au-delà de ça, c’est vrai que c’est le genre de bel objet, pour les gens qui ont connu ça comme nous, avant. C’est vrai qu’on sort le truc, il y a une espèce de rituel autour de ça. Souvent, on se passait un vinyle, je ne veux pas faire le vieux con, mais on se passait un vinyle, la première face et il fallait se relever pour écouter la deuxième face. C’était plus actif comme façon d’écouter la musique.
Art’N Roll : C’est plus magique que Deezer.
Johann : Oui. Voilà, c’est ça ! Il y avait une écoute beaucoup plus attentive. C’est vrai que ça va bien avec le style de musique qu’on essaye de faire.
Art’N Roll : Un futur troisième album pour l’année prochaine éventuellement ?
Johann : On y travaille. Là, on va rentrer en studio en janvier ou février pour enregistrer normalement trois singles avec clip fin mars qu’on devrait sortir au printemps. Sachant que la machine à composer ne s’arrête jamais, donc on a toujours des trucs, et on bosse toujours sur des nouveaux morceaux. Donc, là, on en a, on va dire cinq ou six qui sont pratiquement finis. Et puis on a peut-être une quinzaine d’idées à droite à gauche, donc on va continuer à faire avancer l’aventure. Je pense qu’on sortira les singles en 2022 et puis un album en 2023, je crois.Comme nous on adore, à la fois être en studio et être en live, donc, c’est vrai, dès qu’on l’occasion de faire l’un ou l’autre, voire les deux. C’est sûr qu’on y va à pieds joints.
Art’N Roll : On ne peut pas parler de dates de concerts parce que la situation à l’heure actuelle est très difficile?
Johann : On est sensé avoir une date à Lyon, au mois d’avril, ce n’est pas encore confirmé. Mais, si jamais ça se passe, ça devrait être un truc assez sympa avec deux groupes de la région lyonnaise qu’on aime bien. C’est un concert qu’on aurait dû faire l’année dernière et pour des raisons évidentes, on n’a pas pu. Mais, euh, à un moment donné, il va se faire ce foutu concert, et puis, on sera bien contents !
Art’N Roll : Et  peut-être encore une future première partie d’un grand nom ? Comme vous avez fait dernièrement. Ça doit vous manquer quand même ?
Johann : Alors, oui ! ça c’est sûr ! Que ce soit en première, deuxième ou en huitième partie, les concerts en général nous manquent, mais c’est vrai que faire des scènes comme ça, ce sont des opportunités absolument géniales ! D’être dans une salle de huit, dix, quinze mille personnes, avec, notamment, des gens qui ne viennent pas du tout pour nous, parce qu’ils viennent pour le grand nom dont tu parles, et qu’ils ne nous connaissent pas et qu’au bout de cinq minutes les mecs sont tous en train de chanter tes chansons qu’ils n’ont jamais entendues ! C’est vrai que c’est quand même un sentiment que tu ne retrouves pas très souvent.
Art’N Roll :J’ai vraiment hâte de vous suivre dans vos aventures !
Johann : Merci beaucoup ! Ça me va droit au cœur, merci.

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