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Interview avec Bill Gould de Faith No More

samedi/21/11/2020
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Le 19 septembre, attablés en début de soirée dans une brasserie à Olympiades à l’occasion de son anniversaire, Malik lança comme ça l’idée d’une interview de son vieil ami Bill Gould, le bassiste de Faith No More depuis près de quarante ans ; bille en tête, sur un canapé du restaurant Chez Trassoudaine il contacta en direct ce dernier vers minuit par Messenger, lequel accepta de suite. Le temps de planifier et de coucher sur le papier une vingtaine de questions, quelques semaines se sont écoulées jusqu’à ce 3 novembre 2020 au soir. Conversation confinée, longue, précise, amicale voire gonzo, plus que véritable interview, et encore moins interview promo… Le lecteur appréciera. En espérant qu’il apprécie…

 

Art’N’Roll : Salut Bill, merci d’avoir accepté de répondre à nos questions par Skype… Tout va bien de ton côté, en cet après-midi à San Francisco ?

Bill Gould : Ouais, ouais ! (Rires) C’est le jour des élections ! Et de ton côté ?!?

ANR : Pas vraiment bien ici en France…

BG : Ouais, j’ai cru entendre que c’était plutôt mauvais…

ANR : Putain de mauvais, putain de mauvais… En plus de l’hiver qui arrive, on se coltine des agressions islamiques à répétition en Europe, hier c’était l’Autriche…

BG : Ouais !

ANR : La semaine dernière, c’était la France…

BG : Nous avons eu une mauvaise année, nous aussi…

ANR : On attaque ! Tu es né le 24 avril 1963 à Los Angeles, et as grandi dans le district d’Hancock Park…

BG : Hum, hum…

ANR :  Peux-tu s’il te plait nous décrire la maison, le quartier, en bref l’environnement dans lequel tu as vécu tes premières années ?

BG : En fait c’était un voisinage très agréable, dans une époque étrange… C’était à Hollywood dans les années soixante, un endroit composé de très belles maisons construites dans les années vingt, ce qui peut nous sembler maintenant bizarre est que le coût de la vie dans ce quartier n’était pas si élevé que cela à l’époque… C’était un agréable quartier peuplé de classes moyennes…

ANR : Un upper class ghetto

BG : …un upper class ghetto en un sens, mais moins upper class que maintenant : les maisons étaient très belles mais, tu sais, le prix du mètre-carré n’était pas celui d’aujourd’hui, c’était un endroit vraiment très agréable !

ANR : Tu as été scolarisé dans un lycée catholique, le Loyola High School…

BG : (NDA : opine du chef) C’est correct…

ANR : Ce n’est pas une question ironique, attention, j’ai moi aussi été scolarisé dans un école catholique…

BG : (NDA : éclat de rire) Nous ne sommes pas là pour critiquer ! (Rires) Nous ne sommes pas des victimes ! (Rires)

ANR : Nous ne sommes pas dans la chanson des Red Hot Chili Peppers, « Catholic School Girls Rules »… Tu étais également scout…

BG : Ouais, ouais ! Comment sais-tu toute cette merde ?!? Oui, j’ai été un boy-scout, absolument !

ANR : Je sais un paquet de trucs !

BG : C’est super ! (NDA : regard bienveillant) Oui !

ANR : Et donc… Qu’as-tu conservé de cette éducation ?

BG : (NDA : soupire) Quelle éducation ? Celle du scoutisme ou celle de l’école catholique ?

ANR : Les deux ! Cela participe d’une même éducation…

BG : (NDA : regarde en l’air et inspire) Le scoutisme à mon sens, était avant tout une façon cool de pouvoir sortir de la maison, de partir camper avec mes amis, de voyager. Nous ne dormions pas de la nuit et passions des moments mémorables, et nous rendions les adultes dingues la plupart du temps… L’école catholique est une chose différente : l’école catholique était, à l’ère des années soixante et soixante-dix, l’endroit où les nonnes avaient encore du pouvoir, c’était un petit peu répressif et le niveau requis était très élevé, comme en anglais par exemple, nous avons d’ailleurs appris un anglais parfait, mais c’était un véritable carcan, qui m’a peut-être donné envie de me rebeller… Quoi qu’il en soit, chaque école est différente non ?

ANR : Ouais !

BG : Et la mienne m’a appris l’esprit de groupe, de cohésion, afin de pouvoir nous rebeller contre les nonnes.

ANR : Te souviens-tu de ta rencontre avec Roddy Bottum, ton voisin et condisciple ?

BG : La première fois que j’ai rencontré Roddy (NDA : regarde en l’air) OUI ! A l’école, à l’âge de dix ans, en CM2 : j’étais un nouvel élève dans la classe, et je venais de déménager, je me souviens marcher vers lui afin de me présenter, et il s’est moqué de moi (Rires)

ANR : Le premier disque dont tu t’es porté acquéreur fût le « Greatest Hits » d’Elton John… Quels sont les disques qui ont changé ta vie ?

BG : Tu sais, un grand nombre de disques ont changé ma vie… Tu veux que je te les liste tous ?!? (NDA : rigolard)

ANR : OUAIS !

BG : Le premier qui a eu un impact sur moi, j’étais assez jeune et mon père avait une collection de disques dans laquelle je piochais, fut « All Things Must Pass » de George Harrison… En deuxième, je dirais « John Lennon/Plastic Ono Band »… En troisième, « Space Oddity » de David Bowie… Et après, mon plus gros choc fut de découvrir les Sex Pistols…

ANR : Tu étais Punk…

BG : Oui, je veux dire : ce fut le plus gros impact sur l’adolescent que j’étais…

ANR : « Never Mind the Bollocks » a également impacté mon adolescence…

BG : Ah Ah !

ANR : Mais, en tant que français, la perception de leur musique typiquement anglaise est peut-être différente…

BG : (Rire franc) Absolument différente, AB-SO-LU-MENT DIFFERENTE !!!

ANR : Et tes premiers concerts ?

BG : Quand j’avais neuf ans, mon père m’a emmené voir David Bowie pendant la période de Ziggy Stardust, cela a changé ma vie (Rires)

ANR : Pour ma part, ce fut AC/DC et Metallica à Paris…

BG : C’est génial, tu as dû les voir il y a bien longtemps, non ?

ANR : Oui (Rires)

BG : AC/DC est venu jouer à San Francisco lorsque j’étais ado, mais je ne les ai pas vu, mais Mike Bordin notre batteur les a vu, heu, vers 1979 ou 1980, et il n’y avait que trois-cent personnes environ, dans un club…

ANR : C’était avec Bon Scott ?

BG : Oui ! Exactement…

ANR : Tu as étudié les sciences politiques à Berkley…

BG : Et la philosophie politique, oui !

ANR : Quel est l’enseignement, le module, la leçon en sciences politiques que tu as préféré suivre ?

BG : La chose la plus intéressante que j’ai étudiée en sciences politiques, j’avais dix-huit dix-neuf ans, et qui a eu un impact sur la façon dont je vois aujourd’hui les choses, est l’idéologie utilisée comme outil de pouvoir, par la gauche par la droite, c’est juste un outil. La visée de la politique est la prise ainsi que la gestion du pouvoir… Ce que j’en ai tiré me permet des années et des années après, de relativiser les discours partisans, type « La gauche est le problème », « La droite est le problème »… La politique est une histoire d’énergie, et ils emploient les mêmes outils, les mêmes techniques, afin de se donner une respectabilité vis-à-vis des gens, c’est une stratégie… Réellement.

ANR : Concernant cet aspect, et notamment les sources des totalitarismes, ils vous enseignaient uniquement des auteurs américains ? Ou d’autres, d’origine européenne, comme Hannah Arendt ?

BG : Hannah Arendt ? Absolument ! Je l’ai étudiée, great stuff !

ANR : Revenons un peu à la musique : vous commencez à jouer avec Roddy, puis vient Mike Bordin, puis Big Jim Martin, sur recommandation de Cliff Burton avec lequel il avait auparavant joué… Un mot sur Cliff Burton ?

BG : Oui, absolument, certainement ! Il a grandi avec Bordin, ils étaient très proches, je le connaissais, mais pas autant que Mike ou que Jim l’ont connu. Je l’aimais, c’était un type formidable, il a assemblé musicalement des univers différents alors que c’était à la base un métalleux. J’étais fou de son travail, et c’est la raison pour laquelle j’ai beaucoup de respect pour lui. Il a beaucoup aidé Faith No More aux premiers jours, nous donnant notamment des conseils. C’était quelqu’un de très positif et… Heu… C’est drôle, parce que je réalise maintenant qu’il nous a quitté à l’âge de vingt-trois ans seulement (NDA : en fait, vingt-quatre), et qu’il était déjà extrêmement sage pour une personne de cet âge…

ANR : Il était un tout petit peu hippie ?

BG : Well tu sais, il ressemblait à un hippie, mais (Rires) c’en n’était pas un ! Mais alors pas du tout ! Définitivement pas !

ANR : Vu les liens entre vous et Metallica, il peut apparaître étrange que ceux-ci n’aient jamais été invités à intervenir sur un disque de Faith No More… Peut-être juste un solo de Kirk Hammett… Peut-être il y a bien longtemps…

BG : Ils nous ont aidés à nos débuts, mais nous n’avons jamais réellement socialisé entre nous, notre vrai pote était Cliff, et lorsque Cliff est mort nous avons perdu toute connexion avec eux… 

ANR : D’accord… « The Real Thing » est incontestablement un des albums de l’année 1989, une réussite tant artistique que commerciale, qui vous révèle au monde entier : à quel moment voire quel instant précis, as-tu réalisé que votre statut avait définitivement changé et pourquoi ?

BG : (NDA : inspire et fixe son plafond) Quand j’ai réalisé ?

ANR : Peut-être à un détail près ? Un moment… Un sentiment…

BG : Oui, oui, oui ! Well… Tout s’est passé tellement rapidement… Je dirais le télécopieur… A l’époque, tout se passait par fax, et notre manager nous en envoyait afin de nous communiquer les bonnes nouvelles, notamment afin de nous annoncer que notre simple passait désormais en rotation lourde sur MTV, ou afin de nous annoncer nos chiffres de ventes, que nous vendions alors cent mille disques par semaine… Les choses sont allées si vite… BOOM ! Nous nous retrouvons à tourner en Europe, et tout le monde nous invite dans son club ou nous paie des coups… Ba ba ba ba ! Very fast !!!

ANR : S’ensuit votre première tournée mondiale, justement, et votre premier passage à Paris le 19 mai 1990…

BG : … à l’Elysée Montmartre !

ANR : Ouais… Te souviens-tu de ce concert ?

BG : Ouais, je me souviens, je sais…

ANR : En rappel de ce concert, vous avez joué pour l’une des premières fois « Easy » des Commodores…

BG : C’EST VRAI ?!? C’était à l’Elysée Montmartre !?! C’est possible !

ANR : J’exagère un tout petit peu… C’était en réalité à une ou deux dates précédant votre concert à Paris…

BG : (NDA : opine du chef) C’est possible ! Effectivement, nous l’avons apprise durant notre tournée en Europe, je me souviens… C’était autour de ce moment…

ANR : Faith No More a toujours surpris et marqué par les reprises qu’il a choisi : « War Pigs » de Black Sabbath bien sûr, mais aussi « Midnight Cowboy » de John Barry, « I Started a Joke » des Bee Gees, ou encore « The Right Stuff » des New Kids on the Block… Es-tu à l’origine du choix de l’une d’entre-elles ? Et si oui, laquelle ?

BG : (NDA : rigolard) Il y a toujours eu des raisons différentes quant aux choix de nos reprises, mais je n’étais pas loin à chaque fois… Pour « War Pigs », cela s’est fait naturellement, nous n’avions pas spécialement la volonté de la faire : lors d’une répét’, Jim a commencé à la jouer, j’ai enchaîné à la basse puis Mike à la batterie, et nous nous sommes dit que nous avions désormais un nouveau morceau à ajouter à notre setlist ! (Rires) D’ailleurs, pendant la tournée en première partie de Metallica qui suivit (NDA : « Damaged Justice » du 11 septembre 1988 au 8 octobre 1989), bon nombre de gens dans le public en étaient venus à penser que « War Pigs » était notre composition, puisque nous étions un groupe « de metal » ! Dans un bar, juste après un concert, « Easy » des Commodores a été diffusé dans la sono et nous nous sommes tous regardés en nous disant : « Celle-ci va nous sauver » ! (Rires) La décision de la reprendre a été prise sur le champ !

ANR : 1992 est l’année d’« Angel Dust » votre second album classique. Te souviens-tu du tournage du clip d’« Everything’s Ruined » à la fin de l’année 1992 ?

BG : Oui bien sûr, bien sûr ! (Rires) Je suis fier de celui-là (Rires)  

ANR : Et nous pouvons encore en parler près de trente ans après !

BG : Ouais, l’inspiration venait du carnaval, ainsi que de ces clips fait artisanalement qui ressemblent à de la merde, dans lesquels des gamins peuvent faire une apparition moyennant quelques pièces d’argent, et danser : nous voulions faire ce genre de clip ! Et nous l’avons fait !

ANR : Te souviens-tu des deux jeunes filles qui font du Playback ? Les connais-tu ?

BG : Je ne sais pas qui elles sont ! Je ne les ai jamais rencontrées !

ANR : Tu étais vêtu d’une gabardine épaisse et d’une toque façon soviétique… La première fois que j’ai vu ce clip, j’étais assis avec un copain sur le canapé de chez lui, façon Beavis and Butthead, et il me fit remarquer que « le bassiste est habillé comme un clochard » (NDA : a Tramp)…

 BG : (Rires) Comme Trump ? Non…

 ANR : Comme un…

 BG : JE VOIS CE QUE TU VEUX DIRE ! (Rires)

ANR : Quelle serait ta ligne de basse favorite sur cet album ? « Midlife Crisis » ?

BG : Ma préférée ?

ANR : A jouer ou être fier de l’avoir composée ?

BG : (NDA : soufflote) Je ne me rappelle même plus quelles chansons figurent sur cet album… Je dirais que « Land of Sunshine » est assez cool

ANR : Dans le clip d’« Another Body Murdered », morceau enregistré en duo entre Faith No More et le groupe de rap Boo Ya Tribe en 1993, tu joues de la guitare et non de la basse, pourquoi donc ?

BG : Il y a deux raisons. Déjà parce que Jim ne voulait pas jouer avec Boo Ya Tribe, et qu’il nous fallait quelqu’un à la guitare. Et que lorsque nous sommes arrivés au studio, nous avons réalisé à quel point Boo Ya Tribe étaient de bons instrumentistes. J’ai donc laissé leur bassiste jouer à ma place, et je me suis collé à la guitare sur ce morceau. Et je ne regrette pas, car le résultat est génial ! Grand moment, et tout a été enregistré très rapidement…

ANR : Après le hiatus de Faith No More en 1997, tu te lances dans la production en 1998 et créés en 1999 le label Koolarrow Records, spécialisé dans les artistes s’exprimant dans une autre langue que l’anglais : sais-tu que Collaro est également le nom d’un animateur comique français des années 1980 ?

BG : Je ne savais pas ! (NDA : regarde attentivement la couverture d’un livre de Collaro montré à la camera) Recule-le un petit peu que je vois mieux sa tête ? (Rires) Je n’ai jamais entendu parler de lui !

ANR : En 2018, tu rejoins le guitariste du MC5 Wayne Kramer, pour une tournée anniversaire des cinquante ans de « Kick Out the Jams », sous l’appellation MC50, avec Kim Thayil de Soundgarden, Brendan Canty de Fugazi, et Marcus Durant de Zen Guerilla, et ce, en remplacement à la basse de Doug Pinnick de King’s X… Vous avez d’ailleurs tourné en Europe, en tête d’affiche et en première partie d’Alice Cooper… Un mot là-dessus ?

BG : Oui ! Bien sûr ! C’est quelque chose qui s’est fait rapidement. Je connais Wayne depuis des années, et c’est un mec bien. Il m’a contacté pour me dire que Doug Pinnick n’était plus disponible afin d’assurer la tournée qui devait commencer trois semaines après, et j’ai accepté. C’était une grande grande expérience, déjà d’être à nouveau sur la route pendant trois mois, et également parce que je n’avais jamais joué avec Brendan de Fugazi auparavant : un grand batteur, et j’aime jouer avec lui. Pareil, pour Kim Thayil, que je connais depuis les premiers jours de Faith No More… Tu sais, lorsque Soundgarden et nous sommes devenus connus, nous ne nous sommes plus vraiment vus, ce fut donc un plaisir de nous voir tous les jours dans la cabine !

ANR : Tu aimes ce que Wayne Kramer a réalisé en solo ?

BG : OUAIS ! Je pense que sa musique c’est lui ! C’est lui maintenant, et je respecte absolument tout ce qu’il a fait. Le MC5 est un groupe fondateur, c’est comme « Raw Power », tu vois ?

ANR : Maintenant, trois questions échappées du questionnaire de Proust : qui sont tes héros et héroïnes de fiction préférés ?

BG : Fiction… (NDA : pensif) Ho, c’est une bonne question… Personnages de fiction… (NDA : souffle en regardant en l’air) Je ne sais pas quoi répondre à cela…

ANR : Tu n’es pas un fan de Marvel…

BG : (Rire) C’est vraiment une bonne question… Je n’y ai jamais pensé auparavant, et je ne pense pas pouvoir y répondre maintenant !

ANR : Et quels sont tes héros et héroïnes dans la vraie vie ?

BG : (NDA : en mâchonne sa barbiche) Je ne sais pas… Je ne sais pas… C’est drôle, je ne pense pas comme cela… Mon cerveau n’est pas en accointance avec les héros (Rires)

ANR : Quel est le don de la nature que tu aurais voulu avoir ?

BG : (NDA : Se projette en arrière sur son fauteuil, concentré) Un don de la nature ? Parler des langues étrangères, ce serait un magnifique don de la nature !

ANR : Moi-aussi ! Cela me fait penser à la Tour de Babel, la tour biblique à l’intérieur de laquelle tous les langages étaient parlés…

BG : La Tour de Babel, oui, oui, Right !

ANR : Que fais-tu de ton temps libre ?

BG : Lire, absolument, lire ! Lire est une chose énorme, manger est une chose énorme, tout dans ma journée tourne autour de la nourriture, et voyager est une chose énorme. Cela me rappelle le passage de notre conversation tout à l’heure sur les sciences politiques…

ANR : J’aime aussi les sciences politiques, je les ai enseignées.

BG : Oh ! Fantastique !

ANR : Notamment votre histoire et votre droit constitutionnel…

BG : C’est intéressant ce type de discussion, car je pense que nous les américains sommes géographiquement isolés vis-à-vis du reste du monde, un peu comme le sont les australiens, ce n’est que lorsque j’ai commencé à tourner avec Faith No More que j’ai apprécié pouvoir être sur la même longueur d’onde que des gens vivant loin de chez moi. Sans cette connexion, tu risques de voir les gens comme de simples objets. Par exemple, les japonais possèdent des conceptions très éloignées des nôtres, et j’ai saisi cette opportunité que nous offrent les tournées, en tant que musicien, celle de pouvoir voir les gens en tant que gens (Rires) Et de pouvoir pointer les différences entre ce qu’on m’avait dit et ce que j’ai réalisé. Toi, d’où tu es, tu es en mesure de prendre un train et de te rendre à Berlin en dix heures, à Amsterdam en trois heures : moi, si je prends ma voiture et conduis durant cinq heures, je serais toujours en Californie.

ANR : Sais-tu que mon corres’ au lycée, qui s’appelle Tate Guelzow, est désormais psychologue à San Francisco ?

BG : Ouah !

ANR : Lorsque nous étions ados, il m’a fait découvrir Body Count, Nine Inch Nails, Primus…

BG : (NDA : remue la tête) Cool !

ANR : Mais pas Faith No More, que j’avais auparavant découvert au lycée en France ! Et donc, je voulais te dire que peut-être ton voisin…

BG : C’est une petite ville, ouais !

ANR : Est un psychologue reconnu, qui m’a également fait découvrir la musique alternative des années 1990…

BG : Ah ouais !?! Envoie-moi des informations le concernant, je jetterai un œil…

ANR : Et pour finir, une première question d’actualité : as-tu écouté « Corpse Flower », le dernier album de ton compère Mike Patton, réalisé avec mon compatriote Jean-Claude Vannier ?

BG : Je ne l’ai pas à ce jour écouté en intégralité, juste une partie…

ANR : Ils ont réussi ensemble à produire la quintessence de la musique française de films des années 1960-1970, mes parents apprécient…

BG : Ouais, il a bien joué !

ANR : Une deuxième question d’actualité : se voit-on (de loin) le 21 juin 2021 au Hellfest ?

BG : Oui, je le pense. Ce sera dans neuf mois…

ANR : Ca va être short

BG : Nous devrions être là… Où puis-je trouver un morceau de bois ?!? (NDA : il tourne la tête de droite à gauche, saisit sa guitare sèche et toque trois fois sur le manche) Qui sait ?!? Je crois que personne ne sait rien du tout ! (Rires) Je veux dire, c’est une situation folle, folle, le monde est plongé tout entier dans l’ignorance au même moment. Nous, aujourd’hui, vivons de notre côté une situation folle avec nos élections, que nous ne sommes pas foutus d’organiser correctement…

ANR : Tu as voté ?

BG : Cette fois, oui.

ANR : Alors Wait and see

BG : (NDA : rit et sort une bouteille sans étiquette) J’attends ! J’ai lu que l’écart entre les deux candidats est très faible…

ANR : La situation est très tendue chez vous…

BG : (NDA : Souffle)

ANR : Tu as le mot de la fin ! Que souhaites-tu dire à nos lecteurs français et francophones ? Comme mot de bye bye ?

BG : (Rire) D’accord ! J’ai passé pas mal de temps à Paris, une fois par an au moins, nous n’avons pas été en mesure de venir cette année et j’ai hâte de pouvoir y revenir. Tout peut changer, essayez de rester cool, tout va bien se passer, je prends soin de moi chaque jour (Rires) Si vous devez mourir, alors mourez en croyant ! (Rires) Je veux dire, c’est effrayant !

ANR : Merci beaucoup Bill, on vous aime…

BG : Et également… Tu connais Hakim et Malik ?

ANR : Oui !

BG : Tu as grandi avec eux ?

ANR : Non, je les ai connus il y a un peu plus d’une dizaine d’années par mon petit frère… Ce sont des amis très proches… Je transmets à toute la famille ton salut !

BG : (NDA : opine du chef) Cool Man ! J’espère te voir avec eux la prochaine fois que je serais sur Paris ! Salut, passe une bonne soirée !

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