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Chronique de Transcendence – Theraphosa

samedi/20/06/2020
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Auteur : Theraphosa

Titre : Transcendence

Label : Season of Mist

Sortie le : 24 avril 2020

Note : 16,5/20

Chroniquer un groupe prometteur constitue un exercice difficile. Parce le scribouillard n’a que matière brute à disposition, aucune possibilité de se planquer derrière une bio, ou de détourner l’attention par tout effet d’illusion savant. En l’espèce, le storytelling est mince : trois jeunes musiciens, dont deux frères, ayant grandi non loin de Chelles, bourgade de moyenne banlieue située entre Gagny et la Seine-et-Marne nord, lesquels jouent ensemble depuis douze ans. Également, puisqu’il convient de toujours raison garder, et de ne jamais sombrer dans le prophétique façon « J’ai vu le futur du metal », voire le paternalisme du style « Vous allez faire une grande carrière ». Le plumitif n’est ni Madame Soleil ni Jean Lefebvre ; il doit modérer son ardeur face à la pépite, sans néanmoins dissimuler le positif ressenti.

Une fois ces règles observées, il convient ensuite de trouver les mots justes afin de partager l’enthousiasme. Et de le définir de façon précise. De le motiver, dans les deux acceptions du terme. En l’occurrence, Theraphosa parvient sans souffrance à maintenir un équilibre permanent entre les contraires, d’où le meilleur ressort systématiquement. A la fois sombre et lumineux. Juvénile, sans être puéril. Cérébral, non pas élitiste. Chiadé, mais aucunement maniaque. Actuel, tout en sachant s’inscrire dans une tradition. Identifiable mais non genré, et encore moins compartimenté. Mélodique, au sens vrai du terme. Lourd, jamais pachydermique. Progressif, tout en allant à l’essentiel. En bref, l’araignée est structurée, et maitresse d’une musique non rébarbative.

Deux frères et leur symbiote réunis dans une formation, ceci ne manquera pas de conférer un cachet supplémentaire à cette entreprise artistique. A l’image de Van Halen, AC/DC, Black Crowes et consorts… « Transcendence » n’est pas un constat, mais un objectif à atteindre. A l’aulne de leur féroce détermination, le meilleur leur semble être promis, et promis à l’auditeur. Pour ce premier jet, les nouveaux-venus bénéficient en outre d’un effet de surprise ; lequel effet augmenté par leur origine, confirmant l’épanouissement d’un certain metal français. L’ombre majestueuse de la baleine volante plane subliminalement au-dessus du prosome de Theraphosa. Une autre fratrie. Un premier effort de très sérieuse facture, conçu par un trio à la personnalité affirmée.

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