Chronique de Crimson – Volturian

samedi/16/05/2020
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Auteur : Volturian
Titre : Crimson
Label : Scarlet Records
Sortie le : 24 avril 2020
Note : 12/20

« Un indice s’affiche à l’écran chez vous pour ce « Quatre à la suite » » (Chanteuse brune) « La main sur le buzzer… TOP ! Je suis un groupe de metal symphonique moderne à chanteuse et incorpore le plus souvent à ma musique des sonorités électro (Miiiiiip) – WITHIN TEMPTATION ! – Non… Alexandre reprend la main… TOP ! Ma musique est basée sur le contraste entre des guitares lourdes et des mélodies accrocheuses (Miiiiiip) – DELAIN ! – Non… Mes membres sont de nationalité italienne (Miiiiiip) – LACUNA COIL ! – Non plus… et je suis signé sur le label milanais Scarlet Records (Miiiiiip) – TEMPERANCE ! – Et non Alexandre !!! La réponse était Volturian… Félicitations Alexandre, vous repartez avec l’anthologie du metal sympho, parue aux éditions Hachette ! »…

Alexandre est excusé de ne pas connaître Volturian, puisque ce groupe a été fondé y a quelques mois, leur page Facebook n’ayant été créée que le 29 janvier 2020. Et qui a publié le 24 avril dernier « Crimson », son tout premier album, sans EP, concert ou quoi que ce soit d’autre ne le précédant… Volturian est avant tout l’association entre la chanteuse Federica Lanna (de Sleeping Romance) et le compositeur Federico Mondelli (de Frozen Crown), ce type de binôme étant traditionnellement source de toute formation du genre, y compris les plus illustres (Tarja et Tuomas, Sharon et Robert, Charlotte et Martijn…). Plus projet parallèle que groupe à part entière, l’effectif de Volturian est complété par le clavier Alberto Mezzanotte ainsi que par le bassiste Massimiliano Rossi.

C’est indéniablement l’alliance entre riffs d’un guitariste catéchisé au melodeath suédois d’In Flames et Soilwork, et voix éthérée presque fragile d’une chanteuse, qui constituera la « marque de fabrique » de ce groupe et de leur premier effort. Les guillemets en guise de réserve, car originalité du propos n’est pas forcément de mise, Volturian souhaitant visiblement s’inscrire dans une tradition musicale des plus jalonnées. Autre réserve à apporter à « Crimson » : les fanfreluches électro, effets de prod’ neuneus et autres bpm grossiers (façon Eiffel 65), lesquels alourdissent fâcheusement le résultat. Cette volonté de modernité à tout prix, cet empilement étouffant de basses, accentuant le contraste voulu entre l’instrumental et les délicates implorations de Federica (« New Life »).

C’est néanmoins et principalement à l’aune des chansons que l’on mesure la qualité d’un artiste. Sur ce point, « The Killing Joke » ou « Broken » sonneraient potentiellement agréables. Giada « Jade » Etro de Frozen Crown vient donner de sa voix sur « In a Heartbeat », chansonnette voisine du répertoire d’Evanescence. Mais finesse desdites mélodies est le plus souvent noyée dans rondeur synthétique et guitaristique. L’ultime piste, « Fading like a Flower », attire immédiatement l’esgourde, de par son phrasé de jolie ritournelle typique des années 1980 façon « Moonlight Shadow »… Déception mineure, il ne s’agit non pas d’une compo mais d’une reprise de Roxette… Plutôt correctement réinterprétée par les italiens, puisque synthé pataud et grosses guitares se combinant avec originalité avec la chanson d’origine, preuve supplémentaire qu’une bonne composition demeure une bonne composition, quel que soit le genre…

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