Interview de Shaârghot

jeudi/10/10/2019
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A l’occasion du début de leur tournée pour la promotion de leur dernier album : Volume 2, Art’n’Roll s’est entretenu avec Bruno guitariste du groupe Shaârghot.

Art’N’Roll : Vous en êtes au volume 2, ça veut dire que c’est votre deuxième album sans compter le EP dont Shadows est le héros ?
Bruno (guitariste) : On l’a appelé volume 2 parce que c’est la suite logique du volume 1, sinon c’est « the Advent of Shadows » et le personnage s’appelle Shaârghot.

ANR : Et que raconte l’histoire ?
B : Shaârghot est une personne qui est le résultat d’une expérience scientifique qui a mal tournée. En voulant devenir un peu plus fort il s’est injecté un produit qui met en valeur et fait ressortir son côté sombre et qui en plus de ça développe un parasite qui rend la peau noire et plus ou moins brillante. A partir de là, étant donné que son côté sombre ressort, il a tendance à être contre la société, la société qui l’entoure à l’heure où il se transforme.

ANR : C’est une forme de révolte…
B : Oui, c’est une forme de révolte, pendant quelques temps il va rester dans un souterrain essayant de combattre ce qu’il est devenu mais il s’aperçoit rapidement qu’il ne peut pas et qu’il va rester tel qu’il est. A partir de ce moment-là il va essayer d’attirer et de convaincre d’autres personnes de devenir des Shadows.

ANR : On a beaucoup comparé votre look à celui d’Alex d’Orange Mécanique, est-ce une de vos sources d’inspiration ?
B : En fait, ça n’a rien à voir. Il n’y a aucun rapport. Etienne qui a développé et créé le concept n’a jamais vu Orange Mécanique. C’est un tort mais il n’y a aucun rapport avec le personnage de Shaârghot à part le chapeau melon et la batte de base ball.

ANR : Il faut avouer qu’il y a une certaine ressemblance…
B : Oui et aussi ce côté post-apocalyptique qu’on met en avant, ça c’est plus le côté Mad Max après certaines personnes parlent de Matrix. On préfère parler de cyberpunk.

ANR : Vous êtes tous passionnés par cet univers ?
B : Oui, ce qui nous branche tous c’est surtout l’univers post-apocalyptique, ce qu’on peut retrouver dans le clip et aussi dans notre façon d’être. Ce qui est intéressant c’est que dans le clip on peut montrer quelques détails qu’on ne pourrait pas montrer sur scène. On n’est pas là pour les détails on est là pour jouer, faire un show dans sa globalité aussi bien visuel qu’auditif alors qu’un clip tu as l’image, on peut mieux raconter l’histoire.

ANR : Je me posais certaines questions sur la signification de certains titres : Z//B par exemple ?
B : C’est le produit que s’injecte Shaârghot. C’est une abréviation pour zombie, comme la personne est morte d’une certaine façon, ça s’apparente à une renaissance.

ANR : On retrouve aussi un côté Frankenstein…
B : Frankenstein et aussi un Docteur Jeckyll qui ne revient pas et qui reste en Jeckyll.

ANR : Peux-tu me parler de la soirée du Hellfest Cult ?
B : C’est une association qui regroupe des membres actifs du Hellfest dans toute la France. Ils ont proposé une soirée de regroupement et les personnes qui le souhaitaient pouvaient venir sur le site et il y avait une soirée de proposée. Pour cette soirée, l’association nous a demandé de venir jouer. Il y avait une véritable demande de leur part. Le chargé de com du Hellfest qui s’occupe également du Hellfest Cult a donc décidé de nous faire jouer lors de cette soirée. Étant donné qu’on était à l’affiche du Hellfest cette année, ça nous a fait plaisir qu’on ne nous accueille pas tout à fait en avant-première mais quelque chose dans ce goût-là. En plus on a joué 1h30 alors qu’au Hellfest on a joué 45 mn.

ANR : Que représente pour vous le Hellfest ? La consécration ?
B : c’est vrai que depuis 4 ans qu’on travaille beaucoup on essaye de faire quelque chose que les choses n’offrent pas nécessairement à un niveau qu’on a nous. On est quand même pas un grand groupe, on reste un groupe avec l’importance qu’on a et on a encore beaucoup de choses à prouver. Donc pour nous c’est un aboutissement de tout notre travail et la consécration de ce que peut être notre futur. Pour nous c’est important dans la vie d’un groupe ou d’un musicien, je disais ça déjà en juillet dernier (2018 !) pour l’Elysée Montmartre avec Ministry, il n’y a pas tant de groupes que ça qui y jouent devant des milliers de personnes et avec Ministry, en plus. En septembre (2018 !), nous avons eu des signes qu’on pourrait jouer au Hellfest en 2019. Mi-octobre, nous avons eu la confirmation que le Hellfest désirait Shaârghot sur une de ses scènes. C’est la preuve qu’on avait bien travaillé à l’Elysée Montmartre avec Ministry. Par contre, je ne sais pas ce qu’il va arriver par la suite…

ANR : Wacken 2020 ?
B : Tu es la quatrième à nous en parler aujourd’hui.

ANR : Ce ne serait pas détonnant, vous ne seriez pas le premier groupe français à y aller. Pourquoi pas ?
B : On verra bien ce qui va nous arriver mais pourquoi pas !

ANR : Que du bon j’espère ! Comment va évoluer Shaârghot ? Vous avez déjà une petite idée ?
B : On a commencé à composer le troisième album. On a pas de deadline, aujourd’hui on a joué sur scène que les deux premiers albums sachant que le Volume 1, a été suivi de 50 concerts. Surtout qu’on a réellement commencé il y a quatre ans avec rien. Au bout de 3 ans et demi, avoir fait 50 concerts et finir cet album à l’Elysée Montmartre avec Ministry, on finissait vraiment bien, très bien même. Aujourd’hui on a commencé à composer le nouvel album. Pour l’instant on a deux titres qui sont en cours d’enregistrement et quelques-uns qui commencent à bien prendre forme.

ANR : Et vous continuez sur le concept d’une histoire à raconter ?
B : Oui, tout à fait, le troisième album sera la continuité des albums précédents et la suite de l’histoire.

ANR : L’album comporte beaucoup de chansons, 14 plus exactement.
B : C’était nécessaire pour raconter et présenter des choses différente, parce que les morceaux, je ne sais pas si tu l’as remarqué mais ils ont une couleur. Il y a un fil qui les relie mais ils sont différent dans l’approche, les sonorités ne sont pas vraiment pareilles. On aurait pu faire 14 titres à peu près pareil mais finalement on ne retrouve pas toujours les mêmes morceaux ni les mêmes structures. Il y a des sons qui apparaissent sur certains titres et pas sur les autres. Les quatorze ont été travaillés de façon assez indépendante. Au départ, l’album devait comporter 18 titres et on s’est arrêté à 14 parce qu’on s’est dit que c’était suffisant pour raconter ce qu’on voulait.

ANR : En comptant les deux instrumentaux…
B : On a l’intro en effet et il y a « Regrets » qui arrive au milieu de l’album qui fait un peu le trait d’union entre la première et la deuxième partie de l’histoire.

ANR : J’ai aimé votre album, il est original et se démarque par son côté visuel. Vous avez su créer un univers riche et complexe qu’on ne retrouve pas ailleurs.
B : Merci, c’est gentil de le dire.

ANR : Tu penses que ça aide le côté visuel à se démarquer des autres groupes ?
B : Ça permet d’offrir quelque chose qu’on ne retrouve pas vraiment dans les groupes qu’on peut voir à l’heure actuelle. Il n’y en a pas beaucoup qui ont cette démarche de proposer quelque chose visuellement d’abouti. C’est important de montrer cet aspect visuel et complémentaire à la musique. Je pense qu’on doit offrir au public autre chose que de la musique. Les grandes machineries musicales peuvent se le permettre parce qu’elles possèdent des lights, des écrans led… ça nous oblige à être authentique dans notre façon d’être.

ANR : C’est valable pour les groupes plus anciens alors qu’à l’époque ce genre de chose ne se faisait pas beaucoup. En quelque sorte, les groupes de glam ont joué sur le visuel également. Un exemple plus récent est Ghost qui a beaucoup misé sur le côté théâtral et visuel du groupe.
B : Il a très bien joué là-dessus et sur les différents personnages qu’il interprète. En plus il flirte un peu sur l’idée blasphématoire, il est limite limite mais sans dépasser le politiquement correct. Bien, bien calculé.

ANR : Vous avez des dates de prévues après le Hellfest ?
B : Oui, des festivals cet été qu’on va clôturer et une tournée à la rentrée à partir d’octobre (le 11 à Paris au Petit Bain avec Sonic Area).

ANR : Vous avez beaucoup travaillé pour arriver à cet univers ?
B : L’univers était déjà écrit par Étienne, par contre le retranscrire sur scène est beaucoup plus difficile. On a vu dès le premier concert ce qui n’allait pas du tout. Entre le premier concert de Shaârghot et le deuxième qui a eu lieu quinze jours après j’ai recréé mon personnage. Le personnage qu’on voit actuellement est un personnage qui a été fait en 4 / 5 jours d’études. Quinze jours après, les gens qui venaient nous voir pour nous découvrir, c’était le jour et la nuit. On avait tout retravaillé. On avait tout filmé et on savait exactement ce qu’on devait faire. A partir de ce moment-là, c’était parti. Pendant 4 ans j’ai gardé mon personnage. Là, je l’ai un peu modifié pour la prochaine tournée mais sinon on avait trouvé notre visuel qui collait très très bien à notre univers. Il fallait que les nouveaux arrivants puissent eux aussi coller à Étienne. Cela n’a pas été évident mais nous y sommes arrivés.

ANR : Qu’est-ce qui est le plus compliqué à retranscrire sur scène ?
B : Les personnages doivent être cohérents entre eux mais sans se ressembler. Les 4 devaient être complémentaire et c’était ça le plus difficile.

ANR : Le mot de la fin ?
B : On tient à remercier nos fans parce qu’on les sollicite bien qu’on soit un groupe qui soit produit, on reste indépendant sur beaucoup de choses notamment le visuel et les clips. On tient à remercier les gens qui ont toujours participé aux appels à cagnotte pour pouvoir réaliser nos clips.

ANR : Ça marche le crowfunding…
B : Ça marche mais c’est aussi à double tranchant parce que si on n’atteint pas le montant on n’a rien et on n’a pas d’autres solutions. Il faut que ça marche. Pour l’instant, on n’a pas à se plaindre.
Céline
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