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Interview de abduction

mardi/19/12/2023
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Rencontre avec Guillaume Fleury , guitariste de Abduction qui sort son dernier album

                  < Toutes blessent ,la dernière tue> chez frozen records.

 Plus une deuxieme partie avec Thimothée Montaigne dessinateur et artiste visuel

                du clip < Allan> cover de Mylène farmer ! 

Merci à Roger de < where the promo is> 

 Realisè au hard rock cafè le 1 décembre .

Art’N Roll : Peux-tu présenter Abduction ?

Guillaume : Oui. Bien sûr. Abduction c’est un groupe qui s’est catégorisé dans le black metal, faute de mieux, parce qu’on a des influences assez variées et diverses, donc on pourrait dire qu’on fait du black metal mélodique, peut-être à tendance progressive. On a sorti trois albums, c’est notre quatrième. J’ai lancé le groupe en 2006. L’impulsion a été la disparition de Jon Nödtveidt, le leader de Dissection qui est un de mes groupes ultimes et qui m’a fait me dire « je vais m’y mettre moi aussi ».

Voilà, j’ai monté un groupe et petit à petit on a sorti une démo en 2010, un premier album en 2016 et là c’est le quatrième.

Art’N Roll : Comment a été accueilli votre avant-dernier album ?

Guillaume : Ça a été un gros succès, notre plus gros à ce jour. Je ne sais pas s’il sera battu, parce qu’il a largement dépassé nos attentes. Je pense que, ce qui a énormément joué en sa faveur, c’est le sujet et la pochette qui ont intrigué énormément de gens puisque, Jeanne d’Arc, c’est universel. On en a beaucoup vendu à l’étranger, jusque dans des pays auxquels on ne s’attendait pas, comme l’Arabie Saoudite par exemple, et le Japon, où on vendait un peu, mais là ! on en a beaucoup vendu. La figure de Jeanne d’Arc est très importante au Japon. Qu’un groupe français fasse un album concept entier sur cette figure a dû intriguer beaucoup de monde. Alors, on ne se fait pas d’illusions, on ne pense pas que le nouveau va se vendre aussi bien. Mais il est vrai que Jehanne a largement dépassé nos espérances.

Art’N Roll : Ce nouvel album, on ne peut pas dire que ce soit un album concept ?

Guillaume : Non. Ce n’est pas du tout un concept album. On n’a pas envie de devenir un groupe à concepts non plus et que tous nos albums soient centrés sur des personnages spécifiques, même s’il y a beaucoup de sujets et de personnages qui nous inspirent et pour lesquels on pourrait facilement faire des albums concept sans problème. Mais, non, on s’est dit : « on va faire un album classique comme À l’Heure du Crépuscule », celui d’avant Jehanne. On a abordé plusieurs thématiques, toujours celles qui nous sont chères et qui sont toujours présentes : l’histoire de France. Il y a peut-être un peu plus de social, parce que c’est l’humain qui nous intéresse, la place de l’humain, même pour Jehanne ; ce qui nous fascinait, c’était de comprendre comment cette jeune femme de dix-neuf ans vit les choses, ressent les choses. Même quand on s’adresse à l’histoire, on veut savoir par exemple, quand je fais des recherches sur mes ancêtres qui ont fait 14-18, je ne veux pas uniquement connaître leurs numéros de matricule ou quelles batailles ils ont faites, je veux savoir, essayer de savoir si je peux, ce qu’ils ont vécu, comment ils l’ont vécu, comment ils l’ont ressenti et comment ils l’ont vécu au fond d’eux.

Art’N Roll : Chaque titre à une source d’inspiration ?

Guillaume : Oui, pour chaque titre il y a une source d’inspiration différente. Même si on peut lier l’ensemble. Pour Abduction, il y a un concept global qui est l’angoisse du temps qui passe, l’inéluctabilité, la mort et surtout le temps qui passe de plus en plus vite, qui est court, qui est compté, et cetera.

Art’N Roll : Vous avez peur du temps ?

Guillaume : Oui. C’est ça !

Art’N Roll : Un petit peu ?

Guillaume : Oui. Carrément.

Art’N Roll : Ça vous passionne ?

Guillaume : Oui, ça nous fascine énormément.

Art’N Roll : On le ressent tout au long de l’album.

Guillaume : Justement le nom de l’album vient de là : Toutes blessent et la dernière tue, c’est ce qui est indiqué et que tu peux retrouver sur beaucoup de cadrans solaires, c’est souvent écrit en latin ou en français. Toutes blessent et la dernière tue, ce qui blesse, ce sont les minutes ou les heures et chaque minute te blesse un peu plus, et la dernière est celle qui te mène à ta mort.

Art’N Roll : On va commencer par la pochette, qui est l’œuvre d’un grand peintre du XVIIIème siècle si je ne me trompe pas. Qu’est-ce qui vous a inspiré chez ce peintre ? Qui a dessiné les jardins du château de Versailles c’est le fait que vous soyez de là-bas ?

Guillaume : Non, moi je ne suis pas de Versailles en fait. J’ai vécu à Versailles, mais plus maintenant. Je suis originaire de Seine-et-Marne et je suis retourné vivre d’où je suis originaire, du côté de Provins.

Toutes nos pochettes viennent de peintres. On a commencé avec Van Gogh et on a enchaîné avec d’autres pour le deuxième et ainsi de suite. On aime bien choisir des peintres parmi les classiques, les grands peintres français, et pas que d’ailleurs, puisque Van Gogh n’était pas Français. C’est de puiser dans cet art visuel qui va inspirer notre musique. Pour moi, la pochette a aussi inspiré la composition. Ce n’est pas « j’écris la musique et, quand j’ai fini, je me demande ce qui pourrait coller “ Tiens, cette image, elle colle bien !” » Je vais m’inspirer de ce tableau pour composer la musique. J’avais déjà commencé à composer, je sentais que je bloquais un peu et je me suis dit « Bon, j’ai des idées de pochettes, mais je ne me suis pas encore arrêté ». J’ai arrêté mon choix de pochette avant de continuer, j’étais sûr que c’était celle-là. Je l’ai montrée aux autres et on s’est tous dit qu’on allait partir sur celle-là. À partir de ce moment, ça a débloqué la composition, les arrangements. J’avais ce tableau sous les yeux et c’est lui qui a guidé la fin de la composition de l’album.

Art’N Roll : Qui t’a inspiré ?

Guillaume : C’est ça. Oui !

Art’N Roll : On a parlé de l’horloge ; que représente celle arrêtée sur 10h17 ? Il y a un message derrière l’horloge qu’on voit au milieu de la pochette ?

Guillaume :Il y a peut-être quelque chose, parce que c’est Mathieu notre bassiste qui l’a dessinée et, le connaissant, il y a sûrement quelque chose de caché mais, pour le coup, je n’en sais rien. Il faut que je lui demande. Je lui poserai la question en rentrant ce soir parce que ce n’est certainement pas un hasard, il doit y avoir un truc.

Art’N Roll : Et vous avez retiré vos masques ?

Guillaume : Oui, absolument. D’ailleurs, on pensait que plus personne ne nous en parlerait, mais oui ! C’est vrai.

Il y a plusieurs raisons à ça. Déjà, quand on a commencé le groupe et qu’on a choisi les masques, ce n’était pas encore une mode et tout le monde ne le faisait pas. Il y avait encore un impact assez fort visuellement. Là, on est un peu lassés de l’exercice, parce que tous les groupes de metal extrême ont des masques maintenant, des voiles ou des trucs et l’impact se perd. On s’est dit : « il faut qu’on change, ça va devenir ennuyeux ». En plus, on n’a jamais vraiment eu envie de cacher nos visages, ni nos noms, on utilise nos vrais noms, on n’a pas de pseudos ou je ne sais quoi. On s’est dit « C’est le bon moment ! » Surtout qu’on compte commencer à jouer sur scène et on ne va pas se produire avec les masques, on ne pourra pas respirer, donc on les garde à la ceinture sur les photos par exemple.

Art’N Roll : Oui, on les voit sur la pochette.

Guillaume : Voilà, on a toujours le visuel, on les voit dans l’ombre aussi et on s’est dit qu’on n’allait pas s’emprisonner avec ça ! Il y a une autre idée, plus métaphorique : arrivés au quatrième album, on est peut-être un peu plus sûrs de nous, on tombe les masques, on a moins besoin d’avancer masqués. On peut se montrer tels qu’on est, on est assurés.

Art’N Roll : Vous pouvez vous montrer comme vous êtes. Vous vous êtes donné des noms de docteurs en plus.

Guillaume : Oui. On s’était donné des titres de docteurs

Art’N Roll : Ça reste ?

Guillaume : Oui. On s’était dit que, comme on n’a pas de pseudos, on n’aime pas trop ça et, comme on a des costumes de médecins, on va s’amuser à se donner des titres, mais c’est vraiment pour le plaisir, il n’y a pas de grand sens derrière.

Art’N Roll : Oui. On va parler un peu de la musique. Au niveau de la batterie, j’ai trouvé que c’était beaucoup plus fort et beaucoup plus recherché.

Guillaume : Je sais que notre batteur affine son jeu à force de faire des albums. Je sais qu’il m’a dit… Oui, oui. Il ne rigole pas. Ça doit venir aussi de la production. Je pense qu’on a un son plus « rentre-dedans », plus organique. En revanche, il y a un truc qu’il fait très bien d’album en album, c’est qu’il a mûri, il met moins de feeds… qui pourraient en foutre plein la vue, c’est plus direct. Il sert vachement plus les morceaux, parce qu’il connaît mieux ma façon de composer, et l’alchimie est encore meilleure qu’avant. Donc, effectivement, il est toujours technique. On a un batteur assez technique, très expressif ; quant au côté plus puissant, c’est sûrement la prod, parce qu’on n’a jamais bossé aussi dur sur une prod de batterie, on y a vraiment consacré beaucoup de temps. On est très à cheval sur la qualité.

Art’N Roll : Vous avez votre producteur, Déhà ; toujours le même ?

Guillaume : Oui, toujours le même, c’est quasiment le cinquième membre du groupe.

Art’N Roll : Il a eu une patte sur l’album ? Il vous a donné de bons conseils ?

Guillaume : Il a toujours une patte sur l’album. C’est souvent bien ; quand on est avec lui et quand on hésite sur un truc ou si on a juste besoin d’un regard extérieur, il va nous dire ce qu’il en pense et il sait de mieux en mieux ce qu’on veut, ce qu’on cherche et comment on veut le faire. Ce qui est bien, c’est qu’on progresse ensemble. Lui, il s’améliore en tant que producteur et nous en tant que musiciens, toujours ensemble depuis plusieurs années. Surtout, on a une synergie et une relation humaine forte : c’est un ami avant d’être un producteur, on ne va pas juste chez un mec pour faire notre album ; même si c’est professionnel, on va aussi chez un ami, on compte sur ses conseils. Quant à lui, il ne se contente pas d’appuyer sur « enregistrer » ; si le boulot est mal fait, il ne s’en fout pas. Il est impliqué, il veut que l’album soit le meilleur possible, il donne des conseils et il est émotionnellement impliqué dans le truc ça c’est génial !

Art’N Roll : Vous avez des titres assez longs, comme « La galerie des glaces », qui fait quand même plus de huit minutes, avec des changements de rythmes incroyables. Des titres aussi longs, c’est une nouveauté pour vous ?

Guillaume : Non, avant, on faisait plus long encore ! On a essayé de faire plus court ! Avant, on faisait des titres de douze, treize minutes.

 Guillaume : Maintenant, on s’est dit qu’on allait plutôt faire entre cinq et huit, même si en fait on ne calcule pas. On ne se dit pas dès le départ : « Le morceau fera telle durée ! » C’est le morceau qui nous dit quand il est terminé. C’est instinctif, on le sent, on se dit : « bon, là, il y a tout, il est fait ! » En revanche, par le passé, je mettais beaucoup d’idées dans un même morceau alors que j’essaie maintenant de les séparer. Non de me restreindre en raccourcissant le morceau alors que je voudrais qu’il soit plus long, non, ce n’est pas ça. C’est juste que, quand j’ai une idée que je considère être une bonne idée mélodique, je la travaille pour en tirer un maximum de choses, alors qu’avant j’aurais pu la mettre sur quelques mesures et passer à une autre. Tu vois ce que je veux dire ? Par exemple dans l’avant-dernier morceau, « Contre les fers du ciel ou Carnets sur récifs », le sixième, c’est une progression qui est tout le temps sur le même accord, tout le temps sur la même idée. Ça, c’est nouveau pour nous. Avant, on était beaucoup plus progressifs, enfin progressifs, on est toujours progressifs, mais on pensait à changer d’idée et on avait beaucoup de tiroirs.

Art’N Roll : En cinq minutes, on a l’impression de passer d’un titre à l’autre ?

Guillaume : Oui, et je crois que ce sera toujours comme ça, c’est dans notre ADN. On aime les morceaux à montagnes russes, on aime raconter une histoire. On pense les morceaux comme s’ils étaient des scénarios de films ou de romans. On veut qu’il se passe un truc, donc il y a des accalmies, des accélérations, des temps morts, il y a plein de choses.

Art’N Roll : Tu dis que tu es un grand fan de Dissection et Opeth, vous citez ces grands groupes. J’ai trouvé chez vous ce nouveau black metal français qu’on connaît depuis quelques années. Et je trouve plus des références à Darkenhöld et Véhémence, qui sont certainement des groupes avec qui vous devez partager des scènes.

Interlocuteur : On ne joue pas encore en live, nous…

Art’N Roll : Vous faites partie de cette nouvelle scène !

 Guillaume : Ah oui ! Tu veux dire la scène… Oui. Alors Darkenhöld, Julien, c’est un ami.

Art’N Roll : Je me disais aussi qu’il y a quelque chose, chez Véhémence aussi.

Guillaume :  Véhémence, on est entrés en contact avec son chanteur parce qu’il a adoré Jehanne. Il est venu nous voir pour nous dire qu’il avait trouvé l’album génial et nous on aime beaucoup Véhémence aussi, donc on a eu des contacts comme ça. Julien, de Darkenhöld, je le connais parce que j’écrivais des chroniques dans un webzine, Nightfall in metal earth, et il y était aussi.

On n’a pas exactement les mêmes sources d’inspiration, mais on a à peu près tous le même âge, on a tous les mêmes influences quand même. On a tous écouté Dissection, Immortal, Emperor, Satyricon, donc, forcément, il y a des trucs qui se retrouvent. Je pense que, notre point commun à tous, c’est qu’on a mis notre patte qui vient de notre culture française, parce qu’on parle tous un peu d’histoire de l’art. Il est là, le lien. Après, peut-être que, inconsciemment, comme on s’écoute les uns les autres, il est fort probable qu’on s’influence aussi. C’est comme tout !

Art’N Roll : Vous êtes chez Frozen records ? Qui est basé à Nantes. Je me demandais pourquoi vous n’étiez pas sur un label comme les Acteurs de l’Ombre ?

Guillaume : C’est un label qui nous a approchés, même plusieurs fois, mais ça ne s’est pas fait, pour diverses raisons. Pas parce qu’il y a de mauvais sentiments entre nous, mais…. Frozen records, ce sont des gens qui sont devenus des amis. Moi, quand ils nous ont proposé de nous signer, ce n’étaient pas des amis très proches, mais je les avais déjà côtoyés. Je les connaissais par d’autres personnes et personnellement. Je savais que c’était de grands passionnés et qu’ils faisaient du bon travail. L’humain, le relationnel, c’est très important pour moi. Il est très important de bosser avec des gens auprès de qui je me sens bien. Sans dire que je ne sens pas les gens des Acteurs de l’Ombre, je ne les connais pas, je ne les ai jamais rencontrés. J’ai plus d’affinités avec des gens que j’ai pu voir en personne et avec qui j’ai pu échanger. Il est vrai que j’ai privilégié ça. Cela dit, les Acteurs de l’Ombre, c’est un label qui fait un super travail et on ne dépareillerait pas.

Art’N Roll : On va parler du clip, « Allan », sorti dernièrement. Pourquoi ce choix pour ce premier clip ?

Guillaume : Pourquoi on a choisi de clipper celui-là ?

Art’N Roll : Et cette reprise de Mylène Farmer ?

Guillaume : La reprise, au départ, c’est très simple : si tu me demandes qui est mon artiste ultime de tous les temps, c’est Mylène Farmer ! Elle m’accompagne depuis que je suis enfant. Quand je suis né elle, avait déjà commencé sa carrière.

Art’N Roll : Ah, voilà, j’ai la réponse ! (Rires)

 Guillaume : Donc, Mylène, pour moi c’est complètement…

Art’N Roll : C’est proche de votre univers.

Guillaume : Elle est très proche de notre univers et j’ai toujours dit, et je continue à le dire, que c’est une des artistes pop françaises le plus metal qui soit. Elle a un univers morbide, elle questionne énormément la mort, le temps qui passe. Elle a quelque chose de torturé… les corbeaux, elle a les mêmes références littéraires que le black metal. Elle s’inspire de Edgard Alan Poe, plein de choses de ce type-là. Pour moi, ce n’était vraiment pas illogique.

L’exercice de la reprise ne m’intéresse pas du tout au départ, notamment si tu reprends un groupe du même univers que le tien. Même si c’est un groupe qui t’a influencé. Par exemple, Dissection est un groupe que je vénère, mais je ne me vois pas reprendre Dissection parce qu’on a tous les deux des guitares saturées, des trémolos, de la double pédale, alors bon… Je préfère reprendre quelque chose qui vient d’un autre univers, que j’aime énormément, et le faire passer dans le mien, pour justement créer un pont entre les deux. C’est vachement plus intéressant.

Et puis j’ai senti qu’il était clipable, je me suis dit : « il est scénarisable, il m’inspire ». En plus, j’ai de la distance, parce que je n’ai pas écrit le morceau original, donc j’ai pu me mettre dans la peau de quelqu’un qui a envie de réaliser une histoire à partir de ça : qu’est-ce que ça m’inspire ? C’est peut-être plus facile que de mettre en image un titre que tu as écrit toi-même .

Art’N Roll : Vous avez tourné dans un magnifique château, Le Plessis-Bourré. J’imagine l’honneur, parce que c’est un château où ont été accueillis bon nombre de films.

Guillaume : Avec le clip, j’ai vraiment voulu rendre hommage au cinéma que je préfère le cinéma français des années 40 et 50, en noir et blanc, en quatre tiers. Je suis fan de Henri-Georges Clouzot et de Marcel Carné.

Art’N Roll : L’affiche s’inspire beaucoupdu cinema des années 60 ?

Guillaume : Oui ! On est dans l’idée ! Il y a même des gens qui ont fait référence à des choses auxquelles je n’ai pas particulièrement pensé en le faisant, mais que j’adore. Le cinéma érotico-horreur de Jean Rollin des années 80, moi, j’adore ! Et effectivement il y a des gens qui y ont vu des similarités et, inconsciemment, elles doivent y être.

Art’N Roll : Est-ce que tu penses que tous vos morceaux sont jouables sur scène ?

Guillaume : Ah ! Très bonne question. Je pense qu’ils sont tous jouables sur scène, mais certains requièrent plus de travail que d’autres. Un morceau comme « Cent ans comptés » doit être une tannée à jouer sur scène, parce qu’il est très technique, pour nous en tout cas. Il y a beaucoup de changements de signatures, rythmiques, et véloces. Après, je ne dis pas qu’on ne pourrait pas le jouer, mais avec énormément de travail, beaucoup plus que le reste. Il n’est pas impossible qu’on le joue, mais je ne te cache pas qu’on commence à peine et on ne va pas démarrer par celui-là.

Mais sinon, techniquement, je pense que tous nos morceaux peuvent être joués sur scène, parce qu’il ne faut pas reproduire à la note près ce qu’il y a sur l’album, il faut le transposer, lui donner une vie sur la scène, l’adapter. C’est ce qui est intéressant dans le fait de faire de la scène, ne pas rejouer bêtement, exactement, ce qu’il y a sur l’album, ce n’est pas du play-back. Il faut qu’on puisse se permettre d’étirer des trucs, d’en rallonger, d’en raccourcir d’autres, de ralentir des tempos ou d’en augmenter.

Art’N Roll : Est-ce qu’on aura une tournée, des festivals ? On pense à Black Metal Night ! Il y a tellement de choses qui se font sur Nantes en ce moment.

Guillaume : Oui. On a reçu des propositions plusieurs fois et souvent de la part de festivals ces dernières années. C’est ce qui nous pousse à faire du live. On a beaucoup de propositions enfin, « beaucoup »… régulièrement. On est en train de répéter, on se met en place. On va faire un petit set acoustique le 9 décembre, sans prétention, un truc de vingt-cinq ou trente minutes pour se mettre dans le bain, dans les locaux de Frozen Records à Nantes.

Après, on va essayer de jouer en électrique et ce sera plus un vrai live, avec tout ce qu’il faut. Mais, pour ça, il faut qu’on travaille encore et qu’on ait le temps de se préparer. Notre gros problème, c’est qu’on a des vies très remplies professionnellement et familialement aussi ; en plus, on habite tous à des endroits très éloignés les uns des autres, c’est compliqué. Avant, on habitait tous à peu près au même endroit, donc on pouvait répéter mais, maintenant, … on fait au mieux.

On essaie de faire des résidences de deux, trois, quatre jours une fois par mois et de bosser au maximum. Notre objectif, c’est de jouer en 2024.

Art’N Roll : Ah ! C’est déjà une bonne nouvelle déjà ! Votre album sort aujourd’hui, on peut l’écouter sur YouTube ! Quel est ton sentiment ?

Guillaume : Moi, en fait, ça m’ennuierait, si on ne pouvait l’écouter que là. C’est-à-dire que je comprends, je ne vais pas me battre contre des moulins. Si les gens veulent l’écouter, je ne vais pas les en empêcher, donc autant que je le mette moi-même, dans la meilleure qualité que j’aurai choisie, plutôt que de laisser quelqu’un d’autre le faire et peut-être dans une qualité moindre.

Après, je ne consomme pas la musique comme ça non plus. J’ai besoin du vinyle, du CD, et je n’ai pas Spotify, je suis un peu un vieux con là-dessus je ne raisonne pas comme ça, pas en termes de playlist, mais vraiment d’album. En général, j’écoute un album de bout en bout. Je comprends que les gens veuillent ça, alors ça ne me dérange pas de leur donner. Par contre, il faut quand même que mon album soit disponible dans tous les autres formats et surtout en CD et vinyle, c’est vraiment important. Sinon je n’aurai pas l’impression qu’il est sorti.

Art’N Roll : Si tu as un dernier mot à ajouter pour cet album…

Guillaume : Je ne sais pas. Non, c’était complet. Merci beaucoup, c’est cool d’être venu, d’avoir pris le temps. Moi, cet album me tient vraiment à cœur, comme tous nos albums. Je suis fier de tous nos albums.

Guillaume : Oui, oui. On a bossé très dur. Mais comme sur tous nos albums, toujours, comme sur tout, sur le clip on met tout à 100 %, on ne triche sur rien du tout.

Art’N Roll : On aura droit à un prochain clip ?

Guillaume : Je ne sais pas. Peut-être pas pour cet album, parce que c’est énormément de temps et d’investissement, d’argent, donc peut-être pas pour celui-là.

Art’N Roll : Merci à toi.

 

Deuxième partie

Art’N Roll : Quelles ont été tes sources d’inspiration ?

Thimothée : Tu veux que je te parle du déroulé. Justement, il y a un cahier des charges à respecter, c’est lié au clip. Donc, il  m’avait dit : « J’aimerais bien tel et tel élément ». En fait, lui voulait vraiment essayer d’avoir un style comme ces vieilles affiches, comme celle du Bossu.

Thimothée : Oui. C’est vraiment toutes ces vieilles affiches, un truc culturel que je ne connais pas bien ! Moi, je suis plus années 70, 80 et 90, donc plus Drew Struzan, le type qui a fait les affiches d’Indiana Jones ou Star Wars. J’ai donc essayé de beaucoup travailler la compo pour avoir un truc un peu radical qui a de la gueule !

Et puis, en gros, reprendre les codes des vieilles affiches avec toute la modernité et un process graphique. C’est fait à l’ordi. J’ai fait d’abord une compo. Normalement, je ne bosse qu’en tradi et on aurait aimé la faire ainsi, mais les gars sont venus vers moi hyper tard. On a eu trois semaines pour faire l’affiche, on était un peu pris par le temps. J’ai fait la compo et j’ai fait un crayonné, j’ai dessiné tous les éléments et ensuite c’est ma coloriste qui a apporté la touche couleur et qui a mis ce côté un peu peinture numérique.

Art’N Roll : Ça mériterait d’être encadré !

Thimothée : Franchement, vu le temps qu’on avait, on a bien géré. On a réussi à faire un truc pas trop mal. Ça sonne ! J’aurais aimé la faire en tradi parce que je pense qu’elle aurait été encore plus chouette, mais on a réussi à faire un truc pas trop mal.

Art’N Roll : Quels sont tes prochains projets ?

Thimothée : Moi, je suis dessinateur de BD à la base, je ne suis pas vraiment illustrateur. J’en fais un peu par-ci par-là avec les gars, on est potes et on se rend service. J’ai fait pas mal de BD assez connues, mais il faut connaître. Ma dernière grosse sortie, c’est un truc qui s’appelle 1629 avec Xavier Dorison, un gros scénariste de BD assez connu. 1629 ou l’effrayante histoire des naufragés du Jakarta. C’est une histoire de marine.

Thimothée : Je suis beaucoup plus dans la BD et de temps en temps je me fais plaisir avec une petite illustration, ça demande d’autres compétences.

Art’N Roll : Si éventuellement un groupe… on peut t’approcher facilement, si quelqu’un a un projet ?

Thimothée : Oui ! Ouais. Je ne suis pas très réseau. J’ai une page Facebook qui s’appelle Thimothée Montaigne, tu vas dessus, tu me parles sur Messenger. Pourquoi pas, je suis toujours open. J’ai fait la couverture d’un album d’autres gars que je connais Psychoïd, un groupe de thrash. J’ai fait leur couverture, c’était assez cool. Alors pourquoi pas.

Après, je pense que, par rapport à mon travail, je peux représenter correctement certains courants musicaux tout ce qui est black, death, je dois pouvoir faire des choses intéressantes. C’est un peu dommage, parce que ce n’est pas forcément mon courant musical préféré, je préfère le punk, heavy. C’est vrai que j’aimerais bien faire des pochettes de heavy bien burné, flamboyant et tout, mais je suis moins bon là-dedans. (Rires)

Art’N Roll : Le message est passé, si jamais quelqu’un est intéressé.

Thimothée : Qu’il n’hésite pas.

Art’N Roll : Je te remercie.

Thimothée : Un grand merci.

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