HOT on the rocks!

Interview de stormhaven.

jeudi/04/05/2023
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Rencontre avec Zachary guitariste et chant du groupe STORMHAVEN pour

la sortie de leur nouvel album ‘ BLINDSIGHT’ pour les fans de Opeth et symphony X!!!

immense talent pour nos toulousains!!!!

merci à Roger de < where the promo is >

Réalisé au hard rock café le 18 avril.

 

AnR : Zach, merci de nous recevoir …

Zach :  Avec plaisir, merci de venir !

AnR :  Stormhaven, la première fois que j’ai entendu parlé de ce groupe, ça m’a fait pensé à du Powermetal quand on entend le … Est-ce que c’est ton avis ? D’où vient ce nom de groupe que tu as créé pratiquement en 2010 ? 

Zach : Tu parles du nom du groupe ? Ca fait un peu power maintenant que tu le dis, ça fait un peu puissant, épique … C’était pas spécialement ça le but là mais … au niveau du nom à la base, moi je voulais un truc … On était fan de prog, surtout au début du groupe, on sait pas exactement ce qu’on veut, on sait pas où on va et je voulais quand même un truc qui traduise un peu la dureté du truc, on était quand même fortement influencé par le death aussi mais le prog un peu plus soft, un peu plus posé donc Stormhaven est sorti tout simplement.

AnR : Donc quatrième album après Liquid Imagery (sorti en 2019), toujours autour d’un concept

Zach : Toujours ! J’essaye en fait … j’étais pas sur le premier album, c’était pas ça, plus ça va plus je me prends au jeu du concept où je trouve ça intéressant même si musicalement il n’y a pas une directe continuité mais niveau de l’histoire, on peut vraiment écouter du début à la fin un truc qui semble mener quelque part en fait, ça donne une autre dimension.

AnR : Le fait de faire du prog, on peut dire que vous êtes un groupe de prog metal, on fait des «concept albums », est-ce que c’est prévu ou est-ce qu’un jour tu penses sortir un album sans forcément un concept ? Souvent les groupes de prog, c’est des « concept abums » …

Zach : Bonne question ! 

AnR : Est-ce que tu te dis « oui, effectivement il faut faire un concept, on peut pas faire un album normal» ? Chaque morceau raconte une histoire différente. Il faut qu’il y ait une ligne …

Zach : En fait, ce que j’ai essayé de faire là c’est grosso modo … bon en fait, j’essaye de retenir ce que je considère comme étant les erreurs des autres albums … Ce que j’ai voulu faire là, c’est qu’il y ait un fil conducteur mais que chaque morceau tienne quand même seul. Ce que moi, en tout cas pour l’album précédant justement, je trouvais que pour moi c’est limite un morceau d’une heure, mais quand on sort les morceaux séparément, parfois ça manque genre « merde, il y a ce morceau là, y a cinq minutes de morceau mais il y a pas de refrain, y a pas de truc pour nus accroché quoi,  donc c’est un autre type d’écoute. Là, j’ai essayé tant bien que mal mais essayer de faire un truc qui tienne sur les deux tableaux c’est surtout ça donc après c’est tout à fait possible de faire ça. C’est vrai qu’une fois qu’on y prend goût c’est un peu dommage, on se dit « merde, il manque une petite dimension »…

AnR : il faut avoir une oreille quand même bien attentive !quand on écoute ce style, c’est ce que tu penses aussi ?

Zach : Oui, c’est à dire pour moi dans l’absolu, rien de plus habituel que d’écouter un morceau de dix minutes quoi tu vois mais je comprends que c’est pas la norme … mais c’est une autre manière d’écouter, moi je le compare plus à un album plus qu’au fait de regarder un film, on a pas de mal à se poser deux heures devant un film tandis que quelque part un album qui fait une heure, on se pose, on l’écoute c’est pas exactement la même chose vu qu’il n’y as pas l’aspect visuel mais ça laisse un peu plus de place à l’imaginaire justement, qu’est ce que ça nous évoque selon les paroles qu’on reconnaît ou pas et selon la musique.

AnR : Quand on écoute justement cet album, assez impressionnant je dois dire, il y a des touches de chaque style de metal, y a du black, du death, un peu de heavy, un peu de symphonique, y a du flamenco mais tout revient au prog. Le fait d’utiliser un peu tout style te donne cette envie d’explorer plus loin le metal en fait ?

Zach : Ouais puis de mélanger un peu tout ça tant bien que mal, c’est vrai qu’on mélange un peu les styles qu’on aime, au final il y a plein de mélange des style; plein de mélange que l’on ne fait pas aussi parce que … on n’est pas fan de reggae par exemple donc on va pas spécialement mettre ça et puis le mélanger avec du death mais à la fois, c’est à la fois peut-être la force et l’inconvénient de style, c’est qu’on se met pas vraiment de limite là dessus et on voit où ça nous mène quoi.

AnR : Et c’est vrai que vous avez eu du mal à trouver un chanteur?

Zach : Ouais ouais, on a galéré ! On avait pas d’idée précise, c’est à dire quand j’ai monté le groupe, j’avais surtout des riffs de guitare en tête, j’avais envie d’avoir ce rôle là, guitariste mais je m’étais dit qu’on allait trouver un chanteur par que je suis pas chanteur quoi. Donc on a auditionné et on s’est vraiment dit « c’est naze » puis évidement moi j’avais Symphony X en tête à fond la caisse à ce moment là, je voulais mon « Russell Allen » et évidement, personne ne lui arrive à la cheville, ce qui est normal ! (rires). Du coup, après pas mal de mois de recherche, on s’est dit stop, quitte à ce que ce soit moyen autant qu’on le fasse nous même parce que ça fera un mec en moins à gérer et on verra pù ça nous mène. Alors, ça a été un peu le crash test, on a fait plein de trucs qui étaient nuls, on s’est développé un peu la voix un peu comme ça, un peu en « moral support » tu vois, en mode « tu peux faire ça et je peux faire ça » … Moi j’ai toujours voulu chanter en chant clair aussi, bon quand je réécoute le premier album, il y a des trucs qui me font un peu mal aux oreilles mais c’est le charme des débuts du groupe!

AnR: T’as pas envie de refaire ce premier album ?

Zach: Si ça ne tenait qu’à moi … Après, on en a parlé d’ailleurs mais ça paraît compliqué, on a perdu 2 des 4 membres, je trouve que ça manquerait d’un peu d’authenticité si on l’enregistrait avec un nouveau line-up. Bon, je dis pas non mais bon après je pense que beaucoup de gens aussi … Même là, je réécoute tous mes anciens albums aussi, il y a tous les trucs … Je modifierais ça, ça, ça et puis bon, il y a juste un moment où il faut savoir dire stop sinon c’est sans fin.

AnR: Vous étiez en autoproduction et là vous êtes passés chez Studio fredman ?

Zach: Jusque là en autoprod parce que jusque là, on avait des contacts, un pote qui nous faisait le son, il mixait tout et vu que notre point fort n’était pas spécialement la com’ jusque là, faut le dire, on ne savait pas trop comment faire ni où aller. Là, on s’est dit avec cet album justement, on a pas mal joué vers Toulouse, là où on est, qu’est ce qu’on fait pour essayer de gravir un échelon, quelles sont les étapes. Une meilleure prod, une meilleure communication, plus de temps investi dans le tout et voilà un peu où on en est.

AnR:  Fredrik du studio Fredman a eu une autre vision de l’ album?...

Zach: Oui oui … Alors je trouve toujours bizarre d’interragir avec des gens d’une autre culture parce que la Suède, c’est pas tout à fait pareil quand même, c’est très froid justement. C’est à dire dans les échanges, on a l’mpression parfois qu’on ne se comprend pas, on a l’impression parfois qu’il y a des trucs qui ne passent pas et en fait, tout se passe très bien! Du coup, c’est pour ça, il y a une petite phase d’adaptation évidemment. Il a pas eu énormément d’échanges, on lui a dit à peu près ce qu’on voulait mais je pense qu’avec ce qu’on lui a donné, parce qu »il s’est occupé du mix du mastering, je pense qu’il a pigé … Je pense qu’il a pigé ce qu’on voulait, il a pigé le groupe où il nous a donné « un gros son » mais il a gardé une grosse patte un peu « old school » avec ce qui correspond bien au groupe je pense, le métal prog moderne et le son qu’on a, c’est pas quelque chose qui nous va quoi … faut que ça reste un peu « gras », en tout cas à mon sens.

AnR: Le dernier morceau de l’album qui se compose en trois parties fais penser

à exodus sorti en 2017?

Zach: Tout à fait!

AnR: …Faut t il y voir  un clin d’oeil? Vous vous êtes dit que vous alliez continuer? Finir sur une composition en trois parties qui est un long morceau! Une pièce maîtresse de 24 minutes...

Zach: Il se trouve que je ne sais pas, quand je compose deux trois parties, il se trouve que ça se goupille bien. Il y a beaucoup de morceau sur cet album Blindsight qu’on peut dire qu’ils sont en deux parties. Genre « Salvation », il y a une première partie plus prog, un autre pari peut-être un peu plus sombre, plus death thrash et pour des pièces un peu plus longues, c’est vrai que le fait d’être couper en trois; je sais pas, y a pas spécailement d’autre symbolique; mais je trouve plutôt d’un point de vue équilibre que ça se tient bien et je pourrai redécouper en quatorze parties mais après c’est sans fin quoi. Là, c’est plus comme-ci c’était trois morceaux au final mais qu’il y avait vraiment cet effet pour être échangé, y a pas de pause, c’est vraiment trois morceaux un peu plus réunis que le reste de l’album quand même.

AnR: Et c’est un album qui est assez surprenant dans l’ensemble, est-ce que tu penses qu’il va falloir plusieurs écoutes pour se l’approprier, l’adopter ?

Zach: Après ça dépend de ce que l’on a l’habitude d’écouter, d’ailleurs avec Exodus, c’est un très bon exemple … On s’est pris à l’époque pas mal de tir de gens qu’on connaissait parce qu’on avait essayé de le jouer d’une trait en Live, parce qu’à la base Exodus c’est un morceau non-stop, les mecs ont réussi à me convaincre de le découper en trois mais à la base pour moi, c’était trente minutes dans la gueule, boum! Mais bon, le public … Peut-être que pour le faire devant un public de gens qui connaissent le morceau, un public de gens fans de prog, ce qui malheureusement, c’est pas tout le temps ce qu’on a … Au final, faut quand même essayer de toucher des gens qui ne nous connaissent pas.

AnR: Tu trouves que c’est un public exigeant, les fans de prog ? Là, faut pas se planter, on a affaire à des connaisseurs.

Zach: Ce que je dis c’est que souvent on joue devant des gens qui sont pas spécialement fan de prog en fait, c ‘est peut être ça aussi le but de cet album, faut qu’on trouve une technique pour les choper l’air de rien et puis qu’ils se disent qu’elles fracturent ces huit minutes mais ça passe quand même quoi l’air de rien et puis, petit à petit, on les chope vers la fin de l’album et « waouh, vingt-quatre minutes, je les ai pas vu passer! »

AnR:  Vous êtes de la région toulousaine,  l’Eldorado du death metal comme la Floride, On pense à Gojira bien sûr.

Zach: Tout à fait, même si pour nous ça paraît un peu loin au final mais c’est  la même région.

AnR: Enormément de groupe de death qui commencent à bien monter et vous en faîtes partie, j’imagine la fierté que tu dois avoir ...

Zach: Après pour l’instant, on essaye juste de se trouver, de faire un peu de com, voilà où on en est, on a pas spécialement une perception autre que ça pour l’instant, ce qui nous va très bien, on se prend pas non plus pour ce qu’on n’est pas, on verra où ça nous mène , on se donne à fond et on verra.

AnR: On va parler de cette pochette magnifique!

Zach: Alors c’est Giannis Nakos,un grec à priori, sa page c’est Remedy Art Design donc lui, un peu comme Fredrik Nordström, on est parti un peu à la pêche sur internet de différents graphistes et puis je suis tombé dessus et j’ai fais « waouh, ce gars là, il bosse trop bien » et j’ai échangé un peu avec lui. Humainement, c’était super, pas du tout suédois quoi, là on sent que c’est un peu plus au sud … Très facile de travaillere avec lui, il était dans le budget … évidemment parce que c’est pas un factuer non négligeable non plus … Et troisième truc, il a très bien pigé ce qu’on voulait et petit truc intérressant, il nous a pondu la pochette d’avant d’avoir écouter la musique, je ne lui avais que passé les paroles. Je pense qu’il avait un peu pigé vu ce qu’on avait déjà sur internet quoi … un peu la gueule du projet donc du coup, je le trouve vraiment rempli de talent parce qu’il a fait un truc qui représente très bien l’histoire avec le personnage au centre malgré tout, que l’on suit à travers son histoire et puis un côté à la fois, je trouve très dur à la pochette, très mystique à la fois, un peu épique avec les statues …. Je retrouve beaucoup de qualité là-dedans, moi le premier j’avais pas ces idées, j’avais juste des paroles, une musique et vas-y tu te démerdes mec et « pow ! » … Je pense pas qu’on aurait pu avoir mieux ailleurs. Avec lui, super expérience !

AnR: L’album est sorti le 4 avril, que des bonnes critiques ?

Zach: A priori oui, on a eu deux-trois petits tirs d’ailleurs mais c’est le jeu! Mais grosso-modo, de supers retours. Je suis content, ça permet d’être diffuser un peu mieux, c’est ce qu’on voulait, on sait qu’on fait pas une musique qui va plaire à tout le monde … Le but, c’est que quelqu’un qui est potentiellement capable d’aimer, faut qu’il puisse écouter au moins une fois et si c’est ça c’est gagné quoi.

AnR: Tant mieux pour vous c’est bien, vous le méritez sincérement. Donc l’avenir pour Stormhaven, une tournée en préparation? Tu le vois comment sur scène ? Vous allez réussir à faire un mixte ?

Zach: Ah bah déjà, il y a pas mal de choses qui diffèrent parce que malgré tout, y a Régis, un ancien membre qui a enregistré l’album et puis qui a arrêté juste après l’enregistrement, justement on avait tendance à alterner les voix guturales donc pour ceux qui écoutent, parfois c’est pas évident de différencier nos voies guturales , pour l’instant je vais reprendre moi ce rôle à peu près seul, Joe notre bassiste s’est trouvé une nouvelle voix dans le fait de faire des choeurs sur scène en plus maintenant donc ça a permis de débloquer un peu ça. Mais c’est pas tout à pareil d’un point de vue scénique, j’ai un peu plus ce rôle en solo on va dire, de mon point de vue mais je ne sais pas si ça changera grand chose pour le public et puis à voir ce que ça donne! Déjà on va bien défendre notre musique sur scène, on a plein de dates qu’on a pas encore annoncé, faut qu’on finalise un peu les affiches tout ça, une release party vendredi, un paquet dans le sud de la France, quelques unes en Espagne pour 2024 et puis on va travailler sur le fait de monter un peu plus au Nord que notre Sud Ouest … On travaiile dessus ! …

AnR: Et que les parisiens puissent vous découvrir un petit peu sur scène !

Zach: C’est le but ! 2024, ça sera la bonne année pour ça.

AnR:  Si tu as un mot à ajouter pour défendre l’album ?

Zach: Alors cet album, je dirais que ceux qui aiment bien le rock progressif, ça vaut le coup de jeter une petite oreille si vous arrivez à endurer peut être l’agressivité des voix gutturals, je pense qu’il y a des choses que vous pouvez prendre et apprécier dans l’album.

AnR:Merci à toi 

 

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