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Interview avec Conrad Ellis de The Luka State

vendredi/03/03/2023
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Un des avantages pour l’interviewer à suivre un artiste consiste à se trouver aux premières loges afin de mirer ses évolutions plus ou moins saillantes. L’auteur de ces lignes avait interviewé Conrad Ellis, le chanteur-guitariste de The Luka State fin janvier 2021 par Skype à l’occasion de la sortie de « Fall In Fall Out », celui-ci badinant de façon potache avec le tout aussi juvénile guitariste Lewis Pusey. Deux ans plus tard, c’est un Conrad nettement plus concerné qui pénètre au pas de charge dans le hall de l’hôtel Platine, de retour des studios d’Europe 2 ce jeudi 16 février 2023 afin d’effectuer la promo de « More Than This », s’excusant haletant et en sueur de son léger retard.

 

Art’N’Roll : Donc ! La dernière fois que nous nous sommes entretenus, vous étiez deux avec Mister Lewis Pusey (Guitare), cette fois tu es seul : quelle est la différence entre les deux formules ?  

Conrad Ellis (Chant – Guitare) : Weeeeeeeeell… Je peux parler davantage (Rires) Je peux parler davantage ! Tout en sachant que nous sommes tous sur la même longueur d’ondes et parlons d’une seule voix, ce qui atténue ma première affirmation…

ANR : Serait-ce plus difficile d’être deux plutôt qu’un ?

CE : Non, nous avons tous la même mentalité, nous faisons de la musique ensemble, nous sommes les meilleurs amis du Monde, nous vivons ensemble, nous pensons finalement les mêmes choses, il se créé comme une sorte de télépathie entre nous, donc je prends presque plus de plaisir à donner des interviews avec les autres membres du groupe que tout seul !

ANR : Quel bilan tirerais-tu de « Fall In Fall Out » votre précédent album ?

CE : Je pense, que cela restera une bonne chose d’avoir commercialisé notre premier album sur un label (NDA : AntiFragile Music) nous sommes très fiers de la façon dont nous l’avons joué sur scène, nous sommes satisfaits de ce disque et de ses différences d’avec nos précédents EP.

ANR : Avez-vous finalement revu ce type, Luka (NDA : un canadien sympa qui inspira au groupe son nom) ?

CE : Oui ! Je l’ai revu récemment !

ANR : Ooooohhhhhh !

CE : Je l’ai revu plusieurs fois, dans sa ville de Toronto. Il est venu à notre dernier concert, avec sa famille, ses amis, c’était vraiment agréable de le revoir…

ANR : C’est toujours un hippie ?

CE : (Rire franc) HAAAAAAAAAAA ! Oui, c’est toujours un esprit libre ! (Rires)

ANR : La dernière fois, vous m’avez dit que Joe Strummer des Clash était un de vos modèles…

CE : Ouais !

ANR : Et à l’écoute de votre nouveau morceau, « More Than This », qui est également l’intitulé de votre prochain album, la ressemblance de ta voix avec celle de Strummer est impressionnante, la première fois que je l’ai entendu je me suis dit « Wow, c’est du pu***n de Joe Strummer ! »…

CE : (Rire franc) Merci beaucoup !

ANR : T’en penses quoi ?

CE : C’est inscrit dans notre subconscient. Nous n’avons pas délibérément voulu copier les Clash ou Joe Strummer…

ANR : C’est aussi mon opinion…

CE : Je pense que le traitement des divers sujets qui constituent l’actualité au Royaume-Uni appelait une musique comme celle-ci. Ces sujets sont parfois difficiles à aborder et la musique aide à trouver les justes mots pour convaincre tout un chacun. Dans ce disque, nous abordons des sujets politiques et sociaux brulants au Royaume-Uni, il nous a semblé important de le faire, et cette musique nous est venue naturellement.

ANR : Pourtant, la fois dernière, vous m’aviez dit vous tenir à l’écart de la politique, notamment dans vos paroles… Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?

CE : HAHA… Je pense, que cela faisait trop longtemps que nous étions assis sur une clôture (NDA : « Sitting on a Fence ») et regarder, regarder les gens se battre et être dans le besoin, et réaliser, puis vouloir faire quelque chose de concret…

ANR : « Sitting on a Fence » est une jolie image anglaise, qui signifie également « avoir le cul entre deux chaises ». Et j’ai constaté que tu aimes les allégories…

CE : Ouais (Rires)

ANR : Comme « Fall In Fall Out », ou encore « Oxygen Thief » qui figure sur votre nouvel album. « Sittin’ on a Fence », c’est également le titre d’un morceau des Rolling Stones : le connais-tu ?

CE : Non, pas du tout !

ANR : De 1966, Brian Jones Era…

CE : Lewis doit savoir, Lewis doit savoir, il est Rolling Stones et je suis Beatles.

ANR : La prochaine fois que vous jouerez à Paris, ce sera au Supersonic…

CE : Ouais !

ANR : Joli nom pour une salle non ?

CE : Ouais (Rires) Nous y serons le 18 avril prochain. Ce sera fantastique. C’est un concert gratuit. Pas besoin de tickets, ramenez-vous, j’espère que ce sera blindé, ce sera formidable !

ANR : As-tu eu le temps de visiter Paris ?

CE : Noooooon, pas l’espace d’un instant aujourd’hui. Je suis néanmoins allé plusieurs fois à Paris de par le passé, c’est une belle ville, des beaux gens, je suis heureux d’être ici.

ANR : Quelle langue étrangère aurais-tu souhaité parler ?

CE : Le français ! (Rires) J’aurais aimé apprendre le français, c’eut été fantastique !

ANR : Un petit jeu à présent : nous sommes le 16 février, je te donne trois faits de l’histoire du rock déroulés un 16 février, tu en choisis un et tu expliques à nos lecteurs pourquoi, d’accord ?

CE : D’accord.

ANR : La naissance d’Andy Taylor, le guitariste de Duran Duran, le 16 février 1961…

CE : Ah vraiment ?!?

ANR : Celle de John Bradbury, le batteur des Specials, le 16 février 1953…

CE : Oui.

ANR : Le second passage des Beatles au « Ed Sullivan Show »….

CE : Haaaaaaaaa !

ANR : Le 16 février 1964… Tu choisis quelle date à commenter ?

CE : Quelle date je vais commenter ? The Beatles, « Ed Sullivan Show », je pense que c’était un pinacle dans leur carrière, une émission télévisée diffusée devant des millions d’américains, dans un pays étranger au leur donc. En modeste comparaison, nous avons fait un passage il y a deux ans de cela chez Nagui dans Taratata, cela reste un grand moment pour nous, cela nous a aidé à promouvoir notre précédent album. Je pense, que la télévision et les médias demeurent indispensables pour les groupes de rock, toujours importants afin d’élargir leur audience, oui.

ANR : Vous êtes originaires de Winsford dans le Nord de l’Angleterre, peux-tu s’il plaît nous décrire ta ville, ton voisinage ?

CE : Well, c’est une authentique ville ouvrière, assez pauvre, dans notre disque nous évoquons les banques alimentaires car il y en a beaucoup dans notre ville puisque tout le monde n’a pas les moyens d’aller au supermarché, beaucoup de nos voisins sont surendettés, et c’est malheureusement un endroit qui te rend dépressif. Tout ceci m’a donc conduit à écrire sur cette ville, et sur les changements que nous espérons y voir. Je suis fier d’appartenir à la communauté de ses habitants, en dépit du fait que ce n’est pas un endroit très intéressant.

ANR : Quel est selon toi le lien entre cette crise sociale structurelle au Royaume-Uni et la création artistique ?

CE : Oui. Je pense, je pense que les musiciens tentent d’avoir un impact sur la société s’ils possèdent une conscience sociale. Par exemple, dans les années soixante-dix puisqu’on parlait à l’instant de Clash, ceux-ci ont participé à des événements comme Rock Against Racism afin de lutter contre le racisme en Angleterre. Les artistes détiennent la possibilité de faire évoluer les choses de façon pertinente. Nous faisons, à notre niveau, des donations à la Banque alimentaire : un billet de concert acheté, égal un repas d’offert à un nécessiteux. Je pense que le rock d’aujourd’hui n’évoque plus les problèmes du Monde ainsi que leurs éventuelles solutions.

ANR : Je te remercie.

CE : C’est moi qui te remercie.

ANR : Bon retour ce soir, Take Care !

CE : Take Care !

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