Chronique de Unus – Necronomicon

dimanche/26/01/2020
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Groupe: Necronomicon

Album: « Unus »

Sortie le: 18/10/2019

Label: Season of Mist

Note: 18/20

 

 

Une de mes premières résolutions de 2020 sera de faire attention à respecter mes deadlines de chroniques. On peut donc dire que je commence par un échec vu que ce disque de Necronomicon est sorti l’année passée…

Bref, ne trainons plus sur mes sempiternels retards d’écriture et revenons sur ce fameux Unus, 7ème galette du groupe sortie chez Season of Mist.

Au passage, notons que nous parlons bien ici de la formation canadienne de black death metal, pas du groupe de trash old school allemand… Parce que oui, le nom Necronomicon est certes, super classe (l’amateur de Lovecraft que je suis, et qui adore le rappeler dans ses chroniques, vous le confirme), mais on court le risque que d’autres formations l’ai pris avant nous. Soyons d’ailleurs heureux qu’aucune des 2 formations n’ai fait de procès à l’autre (parce que c’est nul, les procès sur les noms). Bref, si nous vivons dans un monde où deux Shining existent sans se bouffer la tronche, on peut imaginer deux Necronomicon allant en paix sur leurs chemins respectifs.

Nous voici donc face à une formation de vétérans, vu que le groupe existe quand-même depuis 1988 ! une longévité ma foi admirable, surtout dans un style musical qui n’est pas réputé pour la solidité de ses line-up.

Je parlais de black death un peu plus haut mais ce serait être un poil réducteur. En effet, le groupe propose un éventail plutôt diversifié pour du metal extrême avec notamment une forte composante symphonique très bien intégrée aux compositions. Là où certains groupes se contenteraient de quelques nappes synthés colorant un peu leurs morceaux, ici les orchestrations ont un rôle fondamental au sein de la musique et apportent énormément de dynamique.

Alors certes, ce mélange épique rappelle assez vite les ténors du style, Dimmu Borgir en tête (je pense à cette voix modulée grinçante assez typique) ou encore Septic Flesh pour l’orchestre très mis en avant, mais ce serait un peu trop réducteur de les voir comme une simple version plus cheap du monstre norvégien ou du démon grec.

Le morceau d’introduction de l’album « From ashes into the Flesh » donne parfaitement le ton de ce qu’on découvrira tout au long du disque. Une intro orchestrale bien grandiloquente suivie de près par une grosse déferlante de riffs incisifs, un chant guttural typé mais efficace, beaucoup de chœurs très bien placés et une belle utilisation du piano qui apporte énormément de dynamique dans le morceau.

La production est très précise et puissante, mettant bien en valeur les nombreux instruments jouant parfois tous en même temps sur les passages orchestraux. Une chose est sûre, on est très loin de la production « enregistré au fin fond d’une grotte dans les bois norvégiens parce que ça fait TRVE ».

Plus on écoute ce Unus, plus on y retrouve d’éléments inspirés d’autres styles, avec quelques rythmiques et soli empruntant au trash comme dans Infinituum Continuum par exemple.

Petit coup de cœur pour « Paradise Lost » dont l’intro est une véritable leçon de brutalité purement black metal avec un blast d’intro digne d’un semi-remorque lancé à votre poursuite à pleine vitesse dans un tunnel.

Les morceaux sont inspirés et suffisamment variés et accrocheurs pour qu’on ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet album. Les 10 pistes sont très cohérentes entre elles tout en laissant suffisamment de diversité pour qu’on ait envie d’en refaire le tour.

On a droit aussi à deux interludes plutôt bien foutus, un symphonique et un autre plus ambiant, qui laissent respirer juste ce qu’il faut vos petites oreilles meurtries entre deux agressions du malin.

Je le mentionnais également plus haut, mais avec un nom pareil, on retrouve évidement les influences des écrits de H.P. Lovecraft disséminées tout au long du disque, voire carrément mises en scène dans le clip « The thousand asks ».

Pour conclure, je dirais que ce disque est une petite pépite de metal extrême symphonique qui mériterait d’être hissée au même niveau que les gros noms de la scène. J’oserais même dire que, là où certains d’entre eux ont tendance parfois à lever le pied (voir à ramollir diront certains), Necronomicon semble prendre la tendance à contre-pied et préférer enfoncer le clou de la violence et de la noirceur au plus profond de ton… et je vais arrêter là cette métaphore scabreuse, vous avez compris l’idée.

A écouter !

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