Live report Knotfest et Hellfest par Pish

dimanche/22/09/2019
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Knotfest jeudi 20/06

Me voilà enfin avec un peu de temps devant moi pour revenir sur cette édition pour le moins chargé et mouvementé de notre fête de l’Enfer favorite.

En effet, le Hellfest s’est vu, cette année, greffer d’un jour supplémentaire avec l’addition du Knotfest (festival itinérant organisé par Slipknot) pour sa première édition française. Nous voici donc face à 4 jours de réjouissance bruyante et les fans ont répondu avec enthousiasme, vu que ce jour bonus aura été sold-out très rapidement. En parlant de sold-out, il aura fallu véritablement se battre cette année pour avoir des pass, vu que ceux-ci sont tous partis littéralement 1h30 après leur mise en vente ! J’avoue, j’ai un peu sué, voir même un peu paniqué pendant cette heure 30…

Il faut dire que le teaser de l’année passée avait déjà annoncé le passage de Slayer pour sa toute dernière date française ainsi que Manowar donc, on pouvait s’attendre au hold-up.

Me voilà donc embarqué dans un bon gros marathon du son à Clisson, fait visiblement exceptionnel vu que les organisateurs ont déclaré vouloir rester sur 3 jours pour les années suivantes.

Fait amusant, votre humble conteur étant parfois un peu mal informé (ou a peut-être, et je dis bien PEUT-ETRE mal lu un mail… personne ne peut rien prouver d’abord), c’est le jour même qu’il a appris qu’il avait, en fait, son accès presse pour rentrer sur le site… Arrête de rire, je t’ai vu !

Bref, me voici sur le site arrangé spécialement pour l’occasion avec les oripeaux du Knotfest dont, notamment, le chapiteau/musée Slipknot qui exposent pas mal de pièces de l’histoire du groupe : des vieux masques, éléments de décors, anciens costumes de scène, etc… Une petite plongée ma foi sympathique dans l’histoire du groupe qui commence à impressionner par sa longévité (sérieusement, vous auriez parié sur une carrière de presque 25 ans pour un groupe de Néo-Metal ?).

Ce seront donc les 2 mainstages qui seront occupées par les groupes en ce jour, les autres scènes étant pour le moment inaccessibles au public.

On commence donc en… non pas en douceur en fait, avec les vétérans de Sick of it all, qui n’auront aucun mal à mettre d’emblée une bien grosse ambiance avec un show bien sauvage et un public déjà bien en forme. Pour une ouverture de festival, on peut dire que les petits plats sont dans les grands (et les pieds dans la tronche aussi).

 

Le programme est assez éclectique vu qu’on enchaine avec Amaranthe et leur power metal tout en mélodie, porté par leur trio de chanteuse/chanteurs. On a beau être dans un tout autre registre, le public reste réactif malgré un son pas toujours très net et quelques soucis techniques forçant le groupe à interrompre quelques instants leur prestation. Il y a visiblement un soundcheck en cours qui parasite leur show, ce qui ne manque pas d’agacer les musiciens. Il semblerait que le problème vienne d’une certaine tête d’affiche prévue pour lendemain mais ce n’est qu’une rumeur qui circule et il ne faut pas rependre une rumeur (les enfants, ne faites pas ça chez vous).

 

Nouveau changement de style avec l’arrivée de Ministry qui s’en sortira mieux niveau qualité de son et nous balancera son bon gros indus bien old-school. C’est efficace et ça joue bien, même si, je me demande toujours si Al Jourgensen (le chanteur) est dans son état normal, ou s’il est un peu chargé quand même (et Dieu sait avec quoi…) ou si c’est justement ça, son état normal. Bref, la drogue c’est mal, n’en acheter pas (devenez une rock star, on vous la filera gratos).

C’est au tour du mastodonte polonais qu’est devenu Behemoth d’envahir la scène avec son décor bien chargé et de répandre la bonne parole du Malin. Le groupe est hyper efficace comme à son habitude et je pense que je me lasserai difficilement de les voir sur scène. C’est juste un peu dommage de faire jouer un groupe comme Behemoth en plein jour, ce qui du coup, met moins en valeur leur scénographie très travaillée. C’est un groupe qui s’apprécie beaucoup plus en salle ou de nuit, mais ça n’enlève rien à la qualité de la prestation.

 

On parlait de l’espérance de vie des groupes de Néo-Metal un peu plus haut et voilà une autre surprise pour moi de voir débarquer Papa Roach sur scène. Non pas que j’ai quelque chose contre eux, bien au contraire, mais j’admire le fait qu’ils ont justement survécu à la vague Néo. Le chant de Jacoby Shaddix est impeccable et les hits s’enchaînent dans une belle ambiance générale. Je ne suis pas forcément un grand connaisseur de leur musique, mais le groupe est tellement efficace que j’ai quand-même passé un super bon moment. On aura même droit à une très sympathique cover de Firestarter de Prodigy.

 

Les hostilités reprennent avec une autre bête de scène avec le show ultra chargé en visuel fluo de Rob zombie. Le groupe est en super forme et ça fait vraiment plaisir. J’ai beau être fan du groupe, je dois bien reconnaitre que certains shows m’avaient laissé une impression de mollesse (alors que d’autres étaient pourtant très énergiques). Je suppose qu’ils ont des jours avec et des jours sans comme dirait ta maman. On aura droit à un set compact, bourré de hits et même une cover des Ramones (blitzkrieg bop si je ne m’abuse). Comme quoi, le groupe semble beaucoup plus pêchu quand il est limité dans le temps de show.

 

Arrivée enfin des gentils organisateurs de l’évènement avec les 9 de Slipknot. Vous l’aurez peut-être remarqué, je suis sensible au travail de scénographie (parce que bon, un groupe qui joue en jeans-t-shirt, c’est sympa mais c’est un peu triste). Et bon sang, comme elle est impressionnante la nouvelle scène du groupe ! C’est désormais une configuration avec plusieurs plateformes remplies de lumière et d’éléments mobiles qui met en valeur le monstre et c’est une sacrée claque visuelle. On constatera au passage l’arrivée d’un nouveau percussionniste qui semble tellement bien intégré qu’on a peine à croire qu’il vient de débarquer (oui, il y a encore du drama au sein de Slipknot mais que voulez-vous, s’il y a pognon, il y a toujours un avocat tapi dans l’ombre près à jeter un procès au visage des musiciens).

La setlist est un bon gros best of avec, malgré tout, les nouveaux singles qui passent très bien l’épreuve du live. Ça joue bien, l’ambiance est dingue, on passe un p*tain de bon concert.

Il est désormais tard et, aillant plus envie d’un lit que d’un show de Sabaton, je reprends la route du petit gîte histoire d’être en forme pour le gros morceau du weekend.

Hellfest

Hellfest vendredi 21

On est toujours le matin quand j’arrive sur site et je me précipite vers la mainstage pour enfin voir Klone en live. Aillant suivi leur carrière il y a quelques années mais sans avoir eu la chance de les voir en concert, j’étais assez curieux de voir l’évolution du groupe. J’avais le souvenir d’un groupe « à la Meshuggah » qui avait dérivé peu à peu vers quelque chose de plus post-rock et c’est en effet la direction actuelle du groupe. C’est donc un set tout en finesse et en groove que nous délivre le groupe, avec une musique remplie de mélodies et d’atmosphères planantes. Un réveil en douceur !

Petit passage sous le temple pour découvrir Aorlhac, groupe de Pagan black metal français venue d’Auvergne. Rien de révolutionnaire musicalement mais ça sonne plutôt bien sur scène et il y a déjà beaucoup de monde pour les soutenir. Un moment bien sympathique.

Vu que j’aime beaucoup ce qui se passe entre le Altar et le Temple (et parce que je suis un peu un flemmard qui aime l’ombre) je me tourne donc d’un quart de tour pour découvrir Cult leader, groupe né des cendres de Gaza (le groupe, pas la bande). Et bon sang, que c’est méchant ! le show est d’une violence impressionnante et, j’avoue, je n’étais pas prêt. On alterne entre du blast à la Converge et du groove lourd et écrasant. Du bon gros Hardcore chaotique et particulièrement énervé qui, je dois dire, a fini de me sortir de ma torpeur matinale.

Bon, vu que c’est juste à côté, on se retourne à nouveau vers le Temple pour aller voir le gang de capuches du jour avec Uada. C’est désormais un style assez en vogue chez les groupes de Black/post-black metal de monter sur scène incognito, la tête encagoulée. Je suppose que « la capuche is the new corpse-paint » et que, certes, beaucoup de groupes les font, mais ça a son petit effet, il fait bien le reconnaitre. Le show quant à lui est énergique avec cette petite touche mystique et mélodique qui fait mouche. C’est sombre et entêtant et ça fonctionne bien en live.

Bon, parce que je ne peux pas non plus passer TOUT mon vendredi sous les 2 mêmes chapiteaux, on retourne devant la mainstage pour profiter du show des vétérans de Lofofora. Les gars sont particulièrement en forme et on a ce sentiment agréable qu’ils jouent comme à la maison. Bon, comme à la maison devant des dizaines de milliers de personne mais, il faut dire que le public de Clisson semble être d’un soutien indéfectible pour la scène française et ça fait toujours plaisir de voir leurs groupes aussi bien placés sur une affiche internationale.  Une chose est certaine, le Hellfest sait chouchouter ses formations.

Tant qu’on y est, je profite d’être à nouveau en train de cramer un peu au soleil pour assister au show de Godsmack, porté par une Sully Erna très en voix et jouissant d’un son plutôt flatteur en mainstage. Un set list assez classique et efficace même si j’avoue ne pas être très familier avec leur discographie. Le groupe est très efficace et nous affublera d’un excellent duel de percussions et de batterie entre le chanteur (Mr Erna semble avoir beaucoup de talents… percussifs) et le batteur, suivi d’un petit clin d’œil express à AC/DC, Aerosmith et Metallica.

Je ne comprends toujours pas ce qui m’a pris d’accepter l’idée saugrenue d’aller dans le pit de Pestilence mais je suppose que je suis trop influençable. En tout cas, les vétérans néerlandais du Death technique jouent très bien face à un public énergique devant et réceptif derrière, avec les premiers rangs qui dandinent gentiment les pieds en avant. Bon, plus le temps passe et plus le chanteur/guitariste ressemble à un personnage de Mortal Kombat, mais je n’oserai quand-même jamais lui dire (parce qu’il a l’air costaud et que moi, j’ai des petits bras). Une excellente prestation en tout cas.

Vu que le soleil a vite tendance à avoir raison de ma peau de homard, je décide de rester sous les chapiteaux pour aller voir le show de Kvelertak. Mise à part quelques soucis techniques au niveau du son de la batterie, la groupe balance un bon gros set bien énergique, et chaotique à la limite du punk. J’avoue avoir toujours trouvé l’étiquette black&roll du groupe un peu bizarre car, hormis le fait qu’il soit norvégien et qu’il y ai des passages blastés dedans, je les ai toujours vu plus comme un sorte de punk-rock-metal survitaminé. Mais bon, je chipote car le public sera hyper réactif et les musiciens termineront carrément en slam sur la tronche de celui-ci. Une chose est sûre, leur réputation live n’est pas usurpée !

S’ensuit un passage express pour voir quelques morceaux du set des pionniers de Possessed. J’avoue que j’en connaissais peu sur l’histoire du groupe, mise à part qu’ils sont considérés comme un des premiers groupes, sinon LE premier à avoir fait du Death. J’ai d’ailleurs découvert sur place que leur chanteur (Jeff Becerra) évolue en chaise roulante depuis des années, ce qui ne l’empêche pas d’assurer les tournées du groupe. Respect à ce monsieur pour son dévouement à sa musique, sincèrement.

On retourne s’installer devant la mainstage pour l’énorme prestation de Mass hysteria qui commence la nuit. Le visuel, porté par l’utilisation des écrans géants, est très impressionnant et je dois dire que, pour les avoir vu jouer dans des salles plus modestes, ce n’est que justice de les voir programmés aussi haut sur l’affiche et délivrant leur show devant une foule gigantesque. Le plaisir de jeu est palpable et le public est juste dingue. On aura droit a une belle setlist avec pas mal de nouveaux morceaux et les quelques classiques habituels. Peut-importe qu’on aime ou pas ce qu’ils font, le groupe semble toujours à fond, que ce soit devant 600 personnes ou devant 60.000.

Un de mes meilleurs souvenir de la journée. Le groupe a d’ailleurs capté la prestation pour la sortie de l’album live qui est normalement sorti ou sur le point de sortir quand vous lirez ceci.

Bon, il va bien falloir parler de l’éléphant dans la pièce car c’est le sujet du jour, celui dont tout le monde parle et, disons-le franchement, ZE DRAMA du festival : l’annulation de Manowar.

Au moment où j’écris ces lignes, l’affaire n’est visiblement toujours par résolue et peu d’infos officielles circulent autres que « des gros problèmes contractuels ». L’affaire aillant fait grand bruit, vous avez probablement déjà lu beaucoup de choses sur le sujet mais pour ceux qui n’étaient pas au courant, le groupe, après avoir annoncé sa venue en grandes pompes l’année passée et étant arrivé sur site la veille décidera donc d’annuler sa prestation, faute de voir ses exigences respectées. Le groupe remettant toutes la faute sur l’organisation du Hellfest et refusant visiblement toute forme de compromis.

Bien triste histoire qui aura enflammé les réseaux sociaux et aura même dépassé la sphère metal vu que plusieurs médias mainstream en auront parlé. N’ayant jamais écouté un seul morceau du groupe en entier, j’avoue que la nouvelle m’a fait plus rire qu’autre chose, mais ça fait quand-même de la peine pour les fans qui avaient fait le déplacement de très loin (certains étaient carrément venu d’Amérique du sud !).

On n’aura probablement pas les vraies raisons avant un moment, surtout que le groupe a déclaré vouloir faire un procès aux organisateurs, ce qui semble être plus facile que d’assurer un show dans des conditions légèrement différentes que celles notées sur un contrat à plusieurs centaines de milliers d’euros mais bon, qu’est-ce que j’y connais moi au business, hein ? Difficile de comprendre comment une scène qui peut accueillir un show de Slipknot, de Slayer et de Kiss ne conviendrait pas aux plus grandes divas du Metal en slip mais je m’égare…

Je salue au passage Sabaton qui acceptera de remplacer le groupe au pied levé et ce, malgré un chanteur en pleine extinction de voix qui sera remplacé par ses guitaristes. Comme quoi, on peut faire une bonne tête d’affiche même sans des conditions optimales mais je continue de m’égarer…

 

Hellfest samedi 22

Allez, 3ème jour, la fatigue et les heures de marche sur le site n’ont pas encore totalement ruiné la plante de mes pieds, on remet sa veste à patchs ringarde et on y retourne.

Arrivé juste à temps pour la fin du Show de Shaârghot avec son gros son indus tout imprégné d’une imagerie cyberpunk et sa créature insectoïde qui se balade sur scène. C’est très puissant en live et j’en arrive à regretter ma petite grasse matinée. Une chose est certaine, il faut VRAIMENT voir ce groupe en live, ce qui s’y passe est assez dingue et ça remet tout de suite dans le bon mood pour attaquer la journée.

On file assez vite vers la mainstage pour terminer de se réveiller avec le show toujours aussi intense en groove et en dandinage de boule que nous offre Skindred à chacune de ses prestations. J’ai beau les avoir vu au moins 4 fois, c’est toujours autant une claque sur scène. Je trouve même qu’ils ont été programmés beaucoup trop tôt vu la capacité du groupe, porté par un des meilleurs frontman que j’ai pu voir de ma vie, a systématiquement délivrer un show de malade qui fait danser toute la foule. C’est bien simple, il est IMPOSSIBLE de rester statique devant le groupe. Sérieusement, allez voir Skindred. Vraiment, vous ne vous ennuierez JAMAIS devant un tel show. Leur dernier album a beau être un peu moins heavy, les nouveaux morceaux passent très bien en live et sont tout aussi efficaces que le reste. Encore un bon souvenir et un bon coup de savate sous le soleil.

Vient le moment d’un choix cruel à faire entre le Altar et la mainstage aussi, je décide de faire une moitié de l’un et une de l’autre. On commence donc par Trepalium qui reprend enfin la route, avec leur nouveau chanteur (Renato Di Folco) qui n’a rien à envier à son prédécesseur et assure la grosse ambiance, porté par ce mélange improbable de swing et de metal qui fait l’essence de la musique du groupe. Ça fait plaisir d’enfin les revoir au complet et je dois dire que j’ai très hâte d’entendre le nouvel album fraichement annoncé.

Petit retour rapide sur la mainstage donc, pour découvrir la fin du show de Withechapel qui nous donne un show tout en efficacité et en sobriété. Le son est très précis, voir chirurgical et rend plutôt bien justice au Deathcore bien sauvage du groupe. C’est pro, c’est ultra carré, peut-être un petit manque de folie sur scène mais ça assure face à un public plus que réactif. Pas forcément la grosse claque du weekend mais, étant arrivé sur la fin, j’ai peut-être eu moins facile à me mettre dans l’ambiance. A revoir en salle je pense car c’était la première fois que je les voyais et je reste un poil sur ma faim.

Un autre groupe que j’étais curieux de voir en live, c’est un des ténors du death technique moderne qui joue sous le Altar. Nous voici donc devant les gars d’Allegaeon. Leur son est parfois un peu fouillis et c’est d’autant plus dommage vu la qualité de jeu du groupe. Mais le public est présent et apprécient visiblement le spectacle. Je dois dire que le côté épique de leur musique passe super bien sur scène et que ce côté « technique mais quand-même mélodique et accessible » passe tout seul. Même quand n’est pas forcément familier avec leur discographie, on ne peut que passer un bon moment et ça donne vraiment envie de les revoir.

Un show qu’il me tardait de revoir enfin, vu la claque que j’avais pris la dernière fois, ce sont les fous furieux de Punish Yourself. Le gang punk indus fluo n’aura aucun mal à remplir le temple et le show est juste frénétique. Les performers qui accompagnent le groupe en concert sont au top et nous feront profiter de la plus belle coiffe enflammée de tout le festival (non, je ne sais pas s’il y en a eu d’autre, je n’ai pas vérifié. Mais c’est quand-même la plus belle !).

Le show déboîte et l’ambiance est électrique/enflammée/SM… Oui tout à la fois. Peu importe que vous accrochiez ou non à la musique du groupe, foncez les voir en live, c’est une expérience quasi surréaliste.

Aillant adoré leur albums studio, j’avais hâte de voir enfin les virtuoses de Archspire en live. Dommage pour le son, parfois confus, mais bon sang, quelle performance de dingue. Leur musique est probablement la plus technique de tout le Festival et est malgré tout interprétée avec une précision à la limite de l’humain. Leur slogan « Stay Tech » n’est vraiment pas usurpé et bien que loin d’être la musique la plus digeste du monde, il y a beaucoup de monde pour les accueillir et le coté rouleau-compresseur/avalanche de notes donne un côté monolithique à leur prestation. Une sacrée réussite que ce show.

Un passage en vitesse pour quelques morceaux de Moonspell sous un Altar qui commence à se remplir de plus en plus avec l’avancée de la journée et votre serviteur devra malheureusement écourter son écoute de la bande à Fernando pour foncer donner une interview avec le chanteur d’Archspire. Dommage vu la qualité du groupe en live mais ce sont les aléas de la vie de petit reporter de festival, que voulez-vous ?

Combichrist ne déroge donc pas à la règle niveau fréquentation, avec une foule qui déborde par tous les orifices du temple avec son indus gras et hyper catchy. Le temple aura décidément vu passer de sacrées pointures en matière de musique industrielle aujourd’hui. Ça tabasse bien et les morceaux collent beaucoup trop au cerveau, au point que je suis même allé leur acheter des disques un peu plus tard pendant le weekend (ce n’est pas comme si j’avais ENCORE rempli un sac de CDs… Il va me falloir une nouvelle étagère après cheque Hellfest à ce rythme).

Un de mes coups de cœur du jour sera The Ocean qui jouait ce soir sous le Valley. Une prestation intense, soutenue par un son surpuissant et une setlist particulièrement efficace, alternant les passages ambiants et les charges écrasantes si particulières au groupe. Leur musique, que j’aime déjà énormément sur disque, prend une toute autre ampleur sur scène. C’est un concentré de tripes et de mélancolie, savamment balancé par la rage et l’énergie. Un show viscéral et bourré d’émotions. C’est certainement le fanboy en moi qui parle, mais le bonheur était à la hauteur de l’attente.

Bon allez, même si je ne les écoute pas souvent, c’est quand-même leur « tournée d’adieu » (oui, je mets des guillemets parce que bon, les tournées d’adieu, des fois, ça dur 10 ans et ça fait des albums au milieu donc bon… C’est le Brexit, des fois, les tournées d’adieu), on va aller voir Kiss quand-même ! Qu’on aime ou pas, ça reste un monstre sacré dont la réputation live n’est plus à faire donc on essaye (péniblement parce que c’est blindé de monde) de se frayer un chemin jusque à un endroit avec un poil de visibilité.

Le groupe nous aura donc donné ce pourquoi il est autant réputé :  un show épique de A à Z avec un déluge d’artifices en tout genre, rien que l’entrée de scène avec arrivée du groupe par le plafond sur des plateformes accompagnées de feu d’artifice (ce qui a dû griller en 30 secondes plus de budget que la moitié de toute la scénographie de la journée), de la pyrotechnie excessive, un enchainement de hits repris en chœur de partout, etc.  Bref tout ce qu’on peut attendre d’un show de kiss au final.

Il commence à se faire tard et la pleine s’est fortement vidée après Kiss, laissant un parterre jonché de confettis et de rubans fluos, mais les fidèles sont encore là pour Architects. J’ai un peu dû lutter pour rester debout jusque-là mais je ne pouvais décemment pas les louper, vu que je les avais ratés il y à 4 ans, suite à leur annulation due au décès de leur guitariste Tom Searle, emporté par la maladie à 28 ans. C’est donc un show spécial et très intense émotionnellement qui se passe pour cette clôture du samedi. Un set au son impeccable, une précision de jeu vraiment impressionnante (j’avoue que je ne m’attendais pas à ce que le rendu live soit aussi propre, vu la précision sur album). Une particulièrement bonne ambiance avec une scène très épurée qui contraste fortement avec la débauche scénique qui vient de passer avant.

On aura aussi droit à un speech émouvant de Sam Carter (Chant) sur la dépression et les épreuves passées et je salue au passage le talent véritablement bluffant du bonhomme, aussi bien en chant en clair qu’en chant hurlé. Une sobre image en hommage à Tom sur les écrans géants finira de me secouer les tripes avant d’aller prendre une dernière nuit de sommeil avant d’entamer la fin du festival.

 

Hellfest dimanche 23

4ème jour, la météo est au beau fixe et j’arrive juste à temps pour le show de Revocation. Déjà beaucoup de monde pour les accueillir malgré la fatigue qui commence à se voir sous les chapiteaux. On enjambe, en effet, pas mal de corps inanimés de festivaliers jonchant le sol (c’est un peu walking dead… Oui même l’odeur un peu aussi) pour se trouver une petite place et profiter d’un set tout en efficacité et en sobriété. Je ne connais pas forcément bien leurs morceaux, je l’avoue mais ça n’enlève rien au plaisir de les voir jouer. C’est catchy et ça fait chauffer la nuque, même quand on découvre.

La curiosité du jour sera donc les mexicains de Cemican, pratiquant un Metal très influencé par leur folklore traditionnel. C’est un peu comme un penchant aztèque de Supultura qui aurait été trop loin dans sa démarche artistique. On assistera à du sacrifice rituel (ce pauvre figurant qui prend cher, le pauvre), des passages de musique ethnique, des costumes et instruments traditionnels mêlés au classique ensemble guitare/basse/batterie. Ce n’est définitivement pas le genre de folk qu’on a l’habitude de voir (ah ben oui, ça change du biniou). En tout cas, beaucoup de monde voulait découvrir le groupe, visiblement curieux et l’accueil est très chaleureux. Et puis ces coiffes, mon Dieu ces jolies COIFFES !!! J’aime beaucoup les jolies coiffes et cette année, j’ai été servi.

Alors Devourment… Mais que c’est bourrin… Mais BOU-RRIN p*tain! Le brutal death dans sa définition la plus… Eh ben brute, justement. C’est old school, ça growl a la limite de l’humain et la rythmique percute tellement fort qu’on la ressent autant qu’on l’entend. Je ne pense pas avoir décelé une once de mélodie mais ce n’est pas vraiment leur registre visiblement. Pas facile d’avoir un son net sous chapiteau avec une musique aussi intense mais l’effet rouleau compresseur est définitivement atteint.

Pour sur la mainstage, Trivium c’est officiellement le cagnard (il fait 31° sa mère la fille de joie). Vu ma capacité à choper un coup de soleil en hiver à cause d’un reflet sur une vitre, je sens que je vais prendre cher. Mais ça valait le coup. Le Matt Heafy (chant/guitare) à la banane, ça joue très bien, ça harangue la foule et c’est la bonne humeur générale qui règne. Ça saute, ça tape dans les mains vaguement en rythme et ça chante vaguement pas très juste dans le public. Les places l’ombre sont devenues la denrée rare et j’envisage de creuser un petit terrier pour m’abriter.

Il y a encore décidément du très beau nom sur l’affiche avec l’arrivée de Testament en mainstage. Il fait encore trop chaud à cette heure-ci, mais l’ambiance ne semble pas faiblir. C’est d’ailleurs l’anniversaire de Chuck (chant) qui sera célébré en cœur par la foule avant d’entamer « into the pit » dans la joie et les rangers dans la face. A ce stade de la journée et du weekend, la résistance physique de votre gentil narrateur commence tout doucement à s’émousser et je ne suis visiblement pas le seul. Les grosses chaleurs annoncées pour le début de semaine prochaine sont visiblement venues un peu en avance et ont eu raison de la résistance de nombreux festivaliers, qui sont beaucoup à se réfugier dans les quelques zones vaguement à ombragées.

Un petit passage sous le Altar pour profiter du show (de qualité du peu que j’en ai vu) d’Immolation avant de prendre un peu de repos en vue de la dernière ligne droite de la journée qui s’annonce encore intense.

La foule commence à se masser de plus en plus en direction de la mainstage et c’est au tour d’une autre légende du thrash de faire trembler la plaine. C’est donc aux furieux d’Anthrax de balancer leur show. Je dois d’ailleurs confesser un pêché qui fera hurler les puristes, votre narrateur n’a jamais écouté un album d’Anthrax en entier. Mais je dois justement souligner une des qualités du groupe, c’est qu’il n’est pas nécessaire de connaître leurs morceaux pour apprécier leur performance. Difficile de ne pas frénétiquement taper du pied en secouant la tête en rythme pendant tout le concert. On aura d’ailleurs droit à leur traditionnelle reprise d’antisocial de Trust qui aura toujours le don d’émoustiller le public français, ainsi qu’un petit final sur un Riff de Pantera qui vient de me rappeler la présence de Phil Anselmo sous le Valley dans 5 min.

Gros contraste de fréquentation à signaler entre le Altar qui peine à se remplir pour Vltimas (nouveau groupe de l’ex-Morbid Angel David Vincent) et le Valley qui déborde de tous les côtés pour le show de Phil Anselmo qui propose un set composé en majeur partie de morceaux de Pantera. Chose d’ailleurs étonnante, le père Phil demande au public les morceaux qu’il veut entendre, donnant un côté jukebox live à leur prestation. La nostalgie l’aura donc emporté et je dois bien admettre que c’est assez trippant d’entendre enfin du Pantera en live. Alors certes, « ce n’est pas pareil » vous dirons les puristes mais est-ce une raison pour bouder son plaisir ? Personnellement j’ai préféré aller beugler f*cling hostile et j’étais tout content (je vous ai déjà dit que j’enm*rde les puristes ?)
En tout cas, le public est en feu et connaît ses classiques qu’il ne manquera pas d’hurler tout au long du set.

Juste le temps d’avaler un repas typiquement hors de prix du food court que résonne au loin « walk with me in hell » sur la mainstage, désormais occupée par Lamb of God. Leur son est particulièrement puissant et précis et le groupe ne faillit pas à sa réputation de bête de scène. Ah oui, il fallait quand même signaler le GROS circle pit de sa mère sur le morceau final « Redneck ». Une éternel valeur sûre en concert dont je ne me lasserai décidément jamais, même si j’avoue avoir un peu loupé leurs dernières sorties d’album. Mais bon, c’est un set de festival, les classiques sont mis en avant et ça fait toujours son gros effet sur la foule.

On approche de la fin et je dois signaler un amusant contraste entre le Altar où se déroule le concert de Cannibal Corpse et son concours de ventilateurs capillaires (je ne suis jamais vraiment sûr que les gars voient autre chose que leurs cheveux pendant leurs tournées) et la Valley où les young Gods délivre leur musique indus et planante. Un assez bon résumé de l’écart de style qu’on observe à chaque Hellfest au final.

Bon, allez, c’est l’heure du grand final de Slayer qui donne aujourd’hui la toute dernière date française de sa carrière. Un show qui décidément aura même secoué les éléments, vu qu’il a plu pendant « raining blood » bordel ! A côté de ce détail climatique amusant, c’est un autre show d’adieu d’un monstre sacré qui resonne ce weekend, face à une foule qui n’a eu de cesse de soutenir le groupe pendant des décennies et ce, plusieurs fois au Hellfest. C’est donc une dernière fois que la foule de fans compacte et déchainée se massera pour accueillir le quatuor des enfers pour un baroude d’honneur qui ne m’a pas laissé indifférent, bien qu’aillant vu Slayer de nombreuses fois en festival ces 20 dernières années. Une des plus belles façons de finir sa longue et impressionnante carrière, le groupe préférant s’arrêter sur une tournée gigantesque avant de décliner. Un bel au revoir et des musiciens qui resteront encore quelques minutes à saluer la foule, visiblement très émus de l’énorme dernier accueil qui leur est offert. Chapeau bas messieurs, ce fut une sacrée épopée !

J’avoue avoir jeter l’éponge pendant le show hypnotique de Tool, même s’ils étaient très attendus et que j’étais curieux de les voir enfin en live. La scénographie est impressionnante et tire le meilleur des énormes écrans géants de la mainstage, offrant un spectacle très enivrant, faisant même parfois oublier la présence du groupe sur scène. La prestation est évidement impeccable et il est quand-même plaisant d’enfin entendre du neuf après 13 ans d’attente pour le nouvel album (qui est enfin sorti au moment où vous lirez ceci.

 

Eh bien, 4 jours de festivals, c’était long, c’était intense, riche en drama et en péripéties sonores et visuelles. Quelques litres de crème solaire sur la fin, une nouvelle collection de gobelets « recyclables bobo écolo t’as vu c’est éthique quand-même ce fest », des costumes et des « gens qui sont pas des metalleux et qui empêchent les VRAIS d’avoir leur pass bouhouhou, f*ck les casu» qui enflammeront toujours les débats (oui je me moque, mais j’ai quand-même croisé beaucoup plus de vestes à patches que de chemises à fleurs donc, le débat « TRVE vs PAS TRVE » n’aura de cesse de me faire rire chaque année) et des parties de chasse aux désoiffeurs qui reste, à mes yeux, les vrais héros de ce festival, etc.

Une chose est sûre, ce festival me laissera toujours ce sentiment étrange d’avoir assisté au plus gros évènement de l’été en Europe mais tellement convivial que j’ai également toujours l’impression qu’on est dans notre petit jardin familial (bon, avec 180.000 personnes dedans quand-même).

On s’y retrouve en 2020 si les places ne partent pas en moins de 30min la prochaine fois !

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