interview de black river sons

mardi/07/11/2023
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Rencontre avec Black river sons .

Merci à Roger de < where the promo is>

Réalisé au Feelgood bastille.

Art’N Roll : Donc vous êtes des Nordistes ?

Emeric : Ouais !

Art’N Roll : … qui font du rock sudiste !

Emeric : Ouais.

Art’N Roll : Est-ce que la définition est bonne ?

Emeric : Oui, oui, oui ! Même si c’est un peu moins vrai aujourd’hui, ça le reste en partie. On est toujours Nordistes mais on fait moins de rock sudiste.

Guillaume : C’est du rock nordiste.

Guillaume : Parce que, le Nord-Pas-de-Calais, c’est un peu le Texas de la France !

Guillaume : C’est là où il y a tous les cowboys ! (Rires)

Emeric : (Rires)

Art’N Roll : (Rires) Ou alors des Sudistes écolos ?

Art’N Roll : Par rapport au clip ?

Emeric : Ah oui ! (Rires) Par rapport au clip.

Art’N Roll : On y viendra. Peut-on dire que vous êtes un groupe de potes, un groupe qui a vraiment pour fonction de continuer, de vouloir percer ? On sent qu’il y a de la bedaine, que vous êtes des nouveaux, pourtant il y a un passé quand même, par rapport au résultat ?

Emeric : Oui, on existe depuis 2016, donc, oui, on peut dire qu’on est un groupe de potes. Guillaume vient d’arriver alors disons qu’on s’entend bien !, Guillaume connaît Vincent depuis vachement longtemps. En revanche, avec les deux autres, on se connaît depuis perpette ! Ça fait vingt, vingt-cinq ans qu’on se connaît.

Art’N Roll : Vous jouiez dans des formations différentes ?

Emeric : Oui, on se croisait. J’ai déjà joué avec Fred dans d’autres groupes, on s’est déjà croisés plein de fois. Mais effectivement, depuis 2016 avec Vincent, on est les deux membres « d’origine », on peut dire qu’on est potes, carrément, sans problème – du moins je le pense (Rires) – tu pourras lui demander son avis après.

Guillaume : Ce n’est pas ce qu’il m’a dit, mais, bon…

Emeric : Ah ! Ouais ? (Rires)

Guillaume : (Rires)

Art’N Roll : On retrouve plein d’influences : les Black Crows, les Rival Sons, tous ces groupes-là. Est-ce que c’est un hommage que vous avez voulu leur rendre ?

Emeric : Un hommage ? Non ! Mais c’est vraiment la…

Art’N Roll : Ce sont vraiment vos influences ?

Emeric : C’est chiant de dire ça parce que ce sont vraiment les miennes. J’ai été à l’origine de l’écriture au début, beaucoup, et de moins en moins, si tu veux. Donc ces influences devraient se lisser en fait, au fur et à mesure du temps. Parce que, dans le groupe, Guillaume est vraiment orienté metal, même s’il a des goûts très éclectiques, mais c’est un métalleux, on peut dire ça. Et Vincent et Fred sont aussi dans le trip hard rock metal, mais pas forcément rock sudiste non plus, pas plus que ça, quoi.

Art’N Roll : Alors, par rapport à ce que je viens de citer, le fait que Rival Sons ait sorti leur album pratiquement en même temps que le vôtre, est-ce que ça ne vous a pas incités à vous dire « on va peut-être le sortir plus tard ? »

Emeric : Oh ! Tu crois qu’on peut… je pense qu’on n’est pas du tout dans la même catégorie !

Art’N Roll : Vous n’avez pas peur qu’on se perde un peu par rapport à votre nom ?

Emeric : Ah ! Mais non. Tu parles ! Black River Sons, c’est rigolo parce qu’on me le ressort aujourd’hui. Non. Rival Sons, ils sont sur le toit du monde aujourd’hui.

Art’N Roll : Vous n’allez pas tarder à les rejoindre.

Emeric : (Rires) J’aimerais bien. C’est un de mes groupes préférés en ce moment, forcément.

Guillaume : Je ne les ai jamais vus en live. J’aimerais bien !

Emeric : C’est la folie ! Moi, je les ai déjà vus trois fois. Je fais un petit aparté : je les ai vus à Lille, je les ai vus pour quinze balles à la Péniche de Lille il y a douze ans.

Guillaume : Je les ai ratés la dernière fois.

Emeric : C’était une branlée, ils n’ont joué qu’une heure, mais j’étais scotché !

Guillaume : Quinze balles, ouah ! La petite péniche, là, qui était gérée par… à gauche là ?

Emeric : Oui, le truc en face de l’esplanade.

Emeric : Je les ai revus à l’Aéronef, et à l’Olympia il y a trois ans.

Art’N Roll : Comme vous êtes de Lille, j’ai pensé à Stocks des années 80 ?

Emeric : Oui, on nous la ressort à chaque fois aussi, forcément.

Art’N Roll : C’est pareil. Mais, c’est obligé ! Parce que je fais partie de cette génération des années 80 et, Lille, c’était Stocks. Alors j’ai dit ça y est, c’est bon on a retrouvé enfin… l’essence de Lille.

Emeric : Ouais, (Rires) alors c’eut été vrai sur le premier album qui était vraiment un album de rock sudiste dans le texte. Mais là, il n’y a pas de grande comparaison à faire avec Stocks hormis le fait qu’on est Lillois.

Emeric : Et que moi j’écoutais Stocks, j’ai même l’album Éclats de rock en vinyle à la maison.

Art’N Roll : On pense Au bistrot de Suzy.

Emeric : Au bistrot de Suzy, oui, oui.

Art’N Roll : Est-ce qu’éventuellement vous ne feriez pas des reprises ?

Emeric : Non ! On fait des reprises en bar, mais on ne reprend pas du Stocks, non !

Art’N Roll :  Quand on écoute votre album, il faut un certain temps pour se l’approprier. Il faut des heures d’écoute.

Emeric : Oui ?

Art’N Roll : Il m’a fallu des heures !

Emeric : Oui ! C’est vrai ?

Art’N Roll : Il y a plein de références !

Emeric : Ah ! Oui, si tu veux les piocher.

Art’N Roll : C’est une abondance de riffs et ta voix est exceptionnelle.

Emeric : Merci.

Art’N Roll : Et le fait que tu sois arrivé Guillaume, ça a dû apporter une nouvelle touche ?

Emeric : Carrément !

Guillaume : En fait, c’était un peu particulier, parce qu’ils avaient déjà tout fait. Tout était dans la boîte. Ils avaient quand même quelques problèmes, des souhaits qu’ils n’avaient pas forcément concrétisés, réalisés, dans le son : avoir quelque chose d’un peu plus agressif pour la gratte, un peu plus mélodique, plus « shread ». Une approche un peu plus…

Emeric : Oui ! metal, shread, lead.

Guillaume : … que ça chante un peu, quoi. Comme je connaissais Vincent, il m’a expliqué assez simplement ce qu’ils voulaient. Ils m’ont dit en gros : « vas-y, on t’envoie les trucs. Écoute-les. » J’ai écouté et, comme tu dis, je n’ai pas eu le temps, parce qu’il y a beaucoup d’ambiances différentes dans l’album. Alors, je ne l’ai pas pris comme une unité, mais par morceau. En écoutant chaque morceau, j’ai essayé de voir ce qui me venait, ce que ça m’inspirait et de le restituer en improvisant dessus. Je leur ai proposé quelques trucs, ça leur a plu assez vite et j’ai continué comme ça. J’ai réenregistré les parties de guitare des morceaux sur lesquels je joue les solos, pour avoir vraiment une cohérence…

Art’N Roll : Par rapport à ce qu’ils faisaient avant et aujourd’hui, tu ne pouvais pas trop changer l’essence même du groupe ?

Emeric : Le temps manquait pour qu’il enregistre tout, donc il a joué sur six morceaux. Ce qui est bien quand même.

Guillaume : Il y avait une dead-line pour la sortie de l’album. En gros, j’avais un petit mois pour faire le truc, c’est allé vite ! Et il fallait aussi apprendre le répertoire.

Emeric : Pour tourner un clip et parce qu’on avait des concerts derrière, il a dû apprendre d’autres morceaux qui ne sont pas sur l’album, forcément.

Guillaume : C’était beaucoup de taf !

Emeric : Il fallait jouer.

Art’N Roll : « Out Of Range », on a dû t’en parler souvent ?

Emeric : Cool, je suis content.

Art’N Roll : C’est exceptionnel au niveau de la voix. J’imagine le travail que tu as dû fournir pour chanter ce titre et les chœurs qui sont derrière, qui collent parfaitement à ce genre de titre. C’est pratiquement du nouveau pour votre groupe ?

Emeric : Carrément ! On avait déjà des chœurs féminins sur le premier, mais ce n’était pas du tout exploité comme ça. Là, je joue dans un tribute band – bon, on s’en fout –, mais j’ai la chance d’avoir ces deux choristes, qui ont accepté de venir chanter sur ce morceau là et sur d’autres. Perso – alors vraiment ça n’engage que moi –, c’est ma préférée ! Parce que c’est moi qui l’ai écrite, c’est moi qui joue le solo. (Rires)

Guillaume : Je suis vert ! (Rires)

Emeric : Donc, je me suis laissé cet espace parce que je n’en fais pas beaucoup, alors que, sur les précédents albums, j’en faisais plus. Là, de fait, j’en ai laissé, plus à Guillaume. Alors chaque fois que quelqu’un me dit que « Out Of Range » sort du lot, je bois du petit-lait, parce que c’est ma chanson préférée. Je ne peux pas vraiment ajouter autre chose.

Juste pour l’anecdote : il a fallu que je l’impose un peu parce qu’elle est très longue. À chaque fois, en concert, il arrivait qu’elle passait à la trappe quand je proposais au groupe : « On a quarante-cinq minutes, quel morceau on vire ? » C’était « Out Of Range », mais moi j’aime bien la jouer ! Maintenant, elle ne quitte pas la setlist, parce que c’est fini, je ne veux plus me laisser avoir.

Art’N Roll : J’ai vu que, au niveau des textes, vous faisiez appel à des sous-traitants ?

Emeric : Ah ! C’est Vincent qui emploie cette expression.

Guillaume : C’est pour éviter l’expression du « nègre » ! C’est pour ça en fait ! (Rires)

Emeric : HA ! HA ! HA !

Art’N Roll : Il faut éviter certains mots.

Emeric : Les deux premiers albums effectivement.

Guillaume : Jean-Jacques Goldman n’était pas dispo !

(RIRES)

Emeric : On avait des paroliers !

Guillaume : Ah. C’est ça : des paroliers !

Emeric : Et Fred, le bassiste, avait déjà écrit des textes pour nous avant de faire partie du groupe. Depuis qu’il est dans le groupe, il écrit tous les textes. Donc, c’est simple, les dix textes ont été écrits par Fred, le bassiste.

Ce n’est plus un sous-traitant puisque c’est un membre du groupe, mais ce n’est pas le chanteur qui écrit les paroles. Parce que le chanteur ne serait pas capable d’écrire les paroles en anglais et qu’il a beaucoup moins de choses à dire que le bassiste, pour le coup.

Art’N Roll : « Birds and Beasts » est le premier single de cet album. Quel message avez-vous voulu faire passer à travers ce titre ?

Emeric : Ah ! Le texte est censé être lu entre les lignes, mais je me fais le porte-parole du parolier pour le coup. C’est une charge métaphorique contre le nouveau féminisme. Je te la fais très courte : les barbelés représentent le mâle blanc, comment dire, emprisonné dans une sorte de tas d’obligations liées à cette nouvelle forme de féminisme. Je te l’ai fait vraiment un peu comme ça. Comme les barbelés sont quand même un peu l’histoire du groupe, ça tombait bien, cette histoire d’enclos, comme une sorte de zoo. C’est un peu ça, l’idée : « Tiens, regarde-les là, les quatre débiles derrière le truc en train de (rhaa)… ! » C’est un peu ça, le truc.

Art’N Roll : La pochette de l’album est complètement différente de ce que vous faisiez avant ?

Emeric : C’était vraiment une volonté. Les premières pochettes étaient très roots, très autoproduites. Pour l’anecdote, quand même, la première pochette, c’est Vincent qui a trouvé un tonneau dans une brocante, qui l’a décapé, qui a fait un pochoir dessus. On l’a pris en photo et c’est devenu la pochette de l’album. On s’est dit qu’on allait faire mieux.

On a fait appel à un mec qui s’appelle François Parmentier, un créateur de pochettes qui a collaboré avec plein de gens, des pointures en plus, dans la variété, des trucs comme ça. On lui a filé le thème, on lui a fait écouter des morceaux. Il nous a proposé plusieurs pochettes et celle-ci correspond au thème de l’album : Skins est un peu la carapace que tu te mets pour vivre dans une société un peu formatée. Oui. Tu vois les différentes couches du squelette. Elle défonce, cette pochette, visuellement, je trouve qu’elle déglingue.

Art’N Roll : On n’est plus dans le trip western ?

Emeric : Ce n’est carrément plus cowboy du tout !

Art’N Roll : C’est vraiment une nouvelle approche ?

Emeric : C’est rigolo, parce que depuis tout à l’heure on me dit : « Vous êtes un groupe de rock sudiste », mais je ne trouve pas que ce soit un album de rock sudiste. On est connotés comme ça, alors, un : maintenant les gens continuent de nous le dire ; et, deux : il reste du slide, un peu dans tous les sens. C’est ce qui donne ce côté un peu… Mais, à part ça il n’y a plus grand-chose de rock sudiste, à part peut-être « Lone Boy », le bonus track.

Art’N Roll : J’allais y venir. Pour quelle raison vous l’avez mis en bonus ? Il aurait été très bien en deuxième position.

Emeric : Parce que c’est Baba qui la chante ; c’était le guitariste juste avant Guillaume et il nous a lâché en cours d’album. Comme on ne trouvait pas logique de l’intégrer à l’album, on l’a mise en bonus. C’est une façon aussi de récompenser ceux qui achètent le digipack.

Disons que, s’il y en avait une à enlever, c’était celle-là, je ne vais pas le dire autrement. En réalité aussi, on va le presser en vinyle et il n’y aura pas de place pour l’intégrer de toute façon, donc on s’était dit : « Il faut en enlever une » et c’était celle-là.

Art’N Roll : Qui ressemble tout à fait à du Blackfoot, j’ai fait des recherches et je me suis dit « tiens, ils ont repris un morceau de BlackFoot ».

Emeric : C’est plutôt du Outlaws. Oui, parce que Blackfoot avait déjà un côté hard rock alors que, Outlaws, c’est vraiment avec des twin guitares dans tous les sens, des sons beaucoup plus fun.

Art’N Roll : Et vous n’avez eu que d’excellents retours pour l’instant pour ce nouvel album ?

Emeric : Cinq bonnes chroniques sur cinq pour l’instant !

Guillaume : Oui.

Emeric : Voire, des vachement bonnes !

Art’N Roll : Bien sûr on va parler de tournée ?

Emeric : Oui.

Art’N Roll : Apparemment vous avez déjà donné cent cinquante concerts ?

Emeric : Oui. Enfin, on dit cent cinquante, mais je pense que c’est même un peu plus.

Art’N Roll : Parmi les plus grands, je pense à Laura cox ?

Emeric : Oui, donc c’est quatre-vingts pour cent de concerts dans des clubs / bars de la région et vingt pour cent de belles scènes qu’on arrive à chopper de temps en temps. Il y a deux ou trois points de chute qui sont à suivre, mais on n’en a volontairement pas prévu, en espérant que la sortie de l’album nous permette d’accéder à autre chose. On a trois ou quatre dates prévues, mais il n’y a pas foule, alors que cet hiver on joue beaucoup. En ce moment, on joue, Guillaume est arrivé depuis mai tu as fait déjà combien de concerts, sept ?

Guillaume : Une petite dizaine.

Emeric : Oui c’est ça ! Il est arrivé en mai, il n’a pas arrêté, on peut dire ça. Donc, on n’est pas en reste. On préfère se poser et essayer de se garder des week-ends – parce qu’en réalité il faut des week-ends –, puisqu’on a un métier.

Guillaume : Moi, j’suis chômeur !

Emeric : Non, ce n’est pas ça, je reviens à ce que tu me disais, qu’il ne fallait pas dire amateur, donc c’est pour ça : je ne le dis pas !

Art’N Roll :Vous êtes loin d’être des amateurs.

Emeric : On a gardé ça sous le coude au cas où il y aurait des bons plans qui tombent !

Art’N Roll : Si vous avez un dernier mot pour défendre cet album ? Peut-être toi, Guillaume ?

Guillaume : Venez nous voir si vous avez l’occasion, si vous voyez que ça passe près de chez vous. Écoutez l’album, soyez curieux ! Écoutez plein de trucs, ne restez pas dans votre petite chapelle.

Emeric : Et arrêtez d’aller voir des tribute bands… (Rires)

Guillaume : Et arrêtez d’aller voir des covers !!!

Emeric : Allez voir des groupes qui font de la compo.

Guillaume : Allez voir des groupes ! Des vrais…

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