HOT on the rocks!

Interview avec Emma et Clément de Beneath my Sins

mercredi/20/04/2022
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Le paysage / tableau de 2022 ne serait guère complet sans le coup de cœur. Ce sera donc Beneath my Sins. Fondé en 2015 par Clément Botz (guitare) et Emma Elvaston (chant), ce jeune groupe français se situerait désormais à mi-chemin entre le metal symphonique et la musique folk. En atteste « An Acoustic Journey – Part 1 », publié le 10 décembre 2021 chez Seasons of Mist, qui propose d’autres versions de chansons de leurs deux premiers albums (« Valkyries Of Modern Times » de 2017, et « I Decide » de 2020). Généreux, astucieux et frais.

Art’N’Roll : Bonjour, ma première question sera très simple : pouvez-vous s’il vous plaît vous présenter ?

Clément (guitare) : Nous sommes Beneath my Sins, nous avons commencé avec Emma en tant que groupe de metal symphonique en décembre 2015, nous avons sorti trois albums, le dernier en décembre 2021 opérant un petit virage acoustique.

Emma (chant) : Clément est à la composition, à la guitare ainsi qu’aux instruments à vent depuis peu. Je travaille les textes ainsi que la composition, je suis en charge de la gestion du projet, des concerts ainsi que de la promotion, nous faire exister aux yeux du Monde.

ANR : Vous avez évoqué avoir opéré un « virage » : vous considérez faire quoi du coup comme genre de musique ?

C : (rires) C’est la grande question. Nous nous sommes essayés aux instruments acoustiques et nous y avons pris goût. A ce stade, nous ne savons pas si la suite sera partiellement ou totalement acoustique, ce qui est certain c’est que nous allons continuer à être influencés par le folklorique et le celtique.

ANR : C’est effectivement une tare propre aux chroniqueurs et autres rock critics de vouloir toujours tout cataloguer et mettre dans des cases, mais, j’ai comme l’impression d’interviewer un groupe de folk…  

C et E : (rires)

E : Nous avons sorti notre deuxième album au tout début du Covid et celui-ci en fin de phase covid, plus la géopol… la géopolitique actuelle qui fait que depuis deux ans nous ne savons pas trop sur quel pied danser, sans concerts nous n’avons plus de recul sur nos albums. Pour le premier, nous avions tourné pendant deux ans à travers toute l’Europe, notamment en compagnie de Pokerface, qui est un groupe de metal russe, ce qui nous avait permis de communiquer et de défendre nos compositions. Malheureusement, cela fait deux albums que nous n’avons pas joué sur scène, cela n’aide pas à obtenir de retour concret de la part du public. Le fait est qu’avec Clément nous aimons tout : nous aimons le symphonique, les touches d’électro, donner du folk à nos morceaux… Nous pensons, de plus, avoir progressé mais n’avons pas de véritable réponse à nos interrogations, pas de moyen non plus de se faire plaisir. A l’heure actuelle, il nous manque un retour du public, ce qui nous aiderait afin de déterminer une direction pour la suite du projet. Nous en sommes certains.

ANR : Quel est le propos de cet album ?

C : A la suite de notre deuxième album sorti en mars 2020, et qui était assez électro, nous avons voulu faire quelque chose de plus personnel et plus traditionnel. J’avais alors pris des cours de musique acoustique et traditionnelle, notamment avec le flutiste d’Eluvetie. Et nous avions apprécié le résultat, nous en avons donc tiré un album entier, un album « maison », ce qui nous a également permis de tirer le meilleur de cette situation de confinement. Nous y avons pris goût, et nous nous sommes investis à fond dans cette formule.

E : Clément a donné cette impulsion en apprenant les instruments traditionnels, et l’ensemble du groupe a suivi. De plus, Clément a fait des progrès en matière de production et de mastering. Ce son nous a plu. Nous le trouvons de qualité.

ANR : Avec quels groupes avez-vous une affinité ?

E : Deux groupes assez contradictoires pour ma part : Eluvetie et Lacuna Coil.

C : Clairement Eluvetie. Et après, je suis assez influencé par le metalcore, Eskimo Callboy, ainsi que le metal symphonique, Epica et Nightwish, ce genre a fondé notre projet.

ANR : Sur votre album figure ce morceau, « The Other Half of Me », qui est magnifique. C’est une vraie mélodie, c’est une véritable chanson. Il est accompagné d’un clip en pleine nature : où l’avez-vous tourné ?

E : En Sardaigne. A l’occasion du second confinement, je suis partie en Sardaigne parce que j’avais l’opportunité de faire du télétravail, d’y retrouver mon compagnon puis de suivre une formation sur les métiers du vin. J’ai découvert ce pays, et voyant que les restrictions allaient être levées, j’ai proposé aux autres membres du groupe de me retrouver en mai 2021, nous avons tourné trois clips dans ce décor presque désert.

C : C’était notre rayon de soleil. Nous sommes restés là-bas une semaine.

ANR : Emma, tu te donnes beaucoup vocalement : te sens-tu vidée après une performance ?

E : Sur scène, c’est certain, il y a beaucoup d’échanges avec le public. Il faut trouver un équilibre entre donner toute l’énergie et rester concentrée. En studio, la pression est bien moindre, surtout sur notre dernier disque étant entendu que nous avons eu tout le temps de le créer.

ANR : Selon vous, qu’est-ce qu’une bonne chanson ?

C : Je dirais qu’une bonne chanson accroche tout de suite tout en faisant découvrir de nouvelles choses après.

E : Une bonne chanson évoque une émotion, procure un instant de bonheur, et ce quoi qu’il arrive.

ANR : Si Beneath my Sins était un animal ?

E : (rires) Un caméléon !

C : On fonctionne de là où on est…

E : On s’adapte ! Nous avons appris à vadrouiller et à nous adapter, notamment à nous organiser.

ANR : Où résidez-vous ?

C : Nous sommes à la base de l’est et de l’ouest de l’Ile-de-France.

E : Et moi, je réside maintenant à Bordeaux, dans les vignes. Mais nous savons gérer la distance.

ANR : Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

E : C’est déjà très dur de savoir où nous serons en septembre. Savoir se faire plaisir, recentrer le projet sur une passion, relativiser les choses, et s’adapter aux situations.

C : Une chose est certaine : dans dix ans, nous ferons tous de la musique.

ANR : Vous avez employé à plusieurs reprises le mot « projet » et non « groupe » pour décrire Beneath my Sins. Pourquoi ?

C : J’utilise les deux indifféremment.

ANR : Quel sont les prochaines échéances pour Beneath my Sins ?

C : Défendre sur scène nos deux derniers albums, principalement le tout dernier. Les tournées se reportent depuis maintenant plus de deux ans. Le 30 avril prochain, nous organisons une soirée de lancement de notre album, qui est sorti en décembre dernier…

E : Pour mener à bien le projet à l’heure actuelle, il faut que chacun soit stabilisé et apaisé, moi la première. Etant en cours de reconversion professionnelle, je dois d’abord me poser avant de relancer des projets musicaux plus que concrets.

ANR : Nous sommes dans une époque complétement incertaine. Merci pour cet entretien. Encore félicitations pour cet album !

E : Merci à toi.

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