Chronique de Planet Chaos – Carcariass

dimanche/09/02/2020
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Carcariass, si tu suis la scène death metal française, ce ne sont pas des petits nouveaux. Le groupe originaire de Besançon s’est formé dans les années 90. Le grand blanc (comme le requin, Carcharodon carcharias, inspiration pour le nom du groupe) a côtoyé les grands noms du milieu des années 90 comme Suppuration ou Anorexia Nervosa (entre autres), et a joué avec Cradle of Filth, Nostromo et Impaled Nazarene (mais pas que). Planet Chaos est son 5ème album. Pas très productif Carcariass ? Non, mais laisse-moi te dire que la qualité est au rendez-vous. L’album a été enregistré et misé au Downtown Studio en Suisse par Drop (le guitariste de Samael et de Sybreed). Puis il a été masterisé en Suède au Fascination Street Studio par Jens Bogren, connu pour son travail avec Arch Enemy, Dimmu Borgir, Amon Amarth, Kreator, … C’est Jérôme Thomas qui assure le chant. Alors ça donne quoi tout ça ? Et bien déjà, on en a pour son argent en termes de titres : pas moins de 13 morceaux à la longueur satisfaisante. Pas de bouleversement côté voix, même s’il est à noter que parfois, il y a un côté machin allemand qui passait en soirée goth au début des années 2000. N’étant pas une fan ultime de death metal technique, et pas du tout fan d’étiquettes, je suis ravie de voir qu’en fait, Carcariass ne se cantonne pas à un créneau étroit. Ce qui ressort le mieux à l’écoute de Planet Chaos, c’est ce côté tiré au cordeau, martial, de la musique. Ce qui est un vrai paradoxe avec le chaos évoqué. Il y a de l’ampleur sans que ce soit grotesque, du rythme martelé sans que ce soit de la bourrinade idiote. Mais aussi des passages beaucoup plus lents, presque méditatifs.

Pour un aperçu, visionne le clip de « Star Implosion », qui a des airs de Terminator (le 1er). Oui, à ce stade de ma chronique, je dois te dire que les textes de Carcariass, c’est surtout la mort, la guerre et la fin du monde. Ou un truc de ce goût-là. Du death en fait. Bref :

Je réduis un peu vite, parce qu’un des morceaux que je préfère, c’est « Genetic Conformity », qui évoque une forme d’eugénisme qui rend les humains tous semblables, et surtout, très dociles, tenant plus du robot que de l’humain, de fait.

Les puristes diront que ça n’a rien à voir avec les débuts, mais je dirais plutôt que la maturité a rattrapé ces gars-là et leur a donné une maîtrise de leur art qui séduira même les moins aguerris dans le genre. Et ne sois pas effrayé par le terme « technique », parce que les gars ne sont pas là pour s’écouter jouer, mais au contraire mettre leur maîtrise au service de la musique, au grand bonheur de ceux qui écoutent.

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