HOT on the rocks!

Interview avec Cristian Bălănean et Robert Rusz de Dirty Shirt Hellfest – 24 juin 2022

mardi/26/07/2022
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Par évitement de toute controverse linguistique avec l’ami Demba Ba, nous n’écrirons pas la traduction en français du terme « noir » en roumain : nous nous contenterons d’écrire que nous étions dans l’obscurité (« întunericcar ») la plus totale faute de lumière (« ușoară »), dans le Box alloué ce vendredi 24 à 17 heures 45 pour l’entretien d’avec les roumains de Dirty Shirt. Il faut dire que c’est précisément à cette heure-là que le temps mariligérien tourna vinaigre (« oţet »), la canicule de la première semaine laissant place à la drache de la seconde, le ciel de Clisson devenant instantanément très sombre (« întuneric »)… Cette carence luminaire ne s’avéra aucunement grave, tant les deux ombres interviewées (une baléze et une moins balèze, Robert aka Robi et Cristian aka Cristi) que leur interviewer badinèrent de celle-ci et conversèrent à l’aveuglette, notamment du choix du lieu où les festifs Dirty Shirt & Transylvanian Folkcore Orchestra venaient de se produire à 14 heures 30 : la ténébreuse Temple…

 

Art’N’Roll : On y va malgré tout avec plaisir ! Alors, qu’avez-vous pensé de votre show de cet après-midi ?

Cristian Bălănean (Guitare) : C’était très difficile, mais c’était très beau ! Je veux dire, le public d’ici est très spécial, il faut le convaincre, et il s’agit d’une des meilleures scènes du Monde !

ANR : Vous vous êtes produits sur la Temple…

Robert Rusz (Chant) : Ouais !

ANR : … la scène dédiée au black metal et au pagan…

RR : Ouais !

ANR : … alors que vous jouez une musique balkanique un peu fusion… Etrange non ?

RR :  Ouais, c’était également étrange pour nous ! Sur la Temple aujourd’hui, il y a par exemple Marduk qui sont programmés, ils sont très sombres, tandis que nous, nous jouons du « happy metal » !

CB : Oui !

RR : Nous jouons une musique pleine de joie !

CB : Oui !

RR : Mais l’aspect cool de ceci étant que le public qui écoute du black metal a pu voir cet après-midi quelque chose…

CB : … de différent !

RR : … de très différent !

ANR : Pouvez-vous justement, et s’il vous plaît, présenter votre musique à nos lecteurs qui ne vous connaissent pas encore ?

RR : Ha ! C’est très difficile pour nous de le faire !

ANR : Tu as parlé de « happy metal »…

CB :  Notre musique est à 90 % de la musique pour faire la fête et boire ! Nous y mettons beaucoup de folklore balkanique…

RR : … avec de la techno, de l’electro, du hardcore, de l’indus, beaucoup d’influences !

CB : Notre groupe a commencé en 1995…

RR : … quelque chose comme cela…

CB : … certains des membres fondateurs étaient alors dans des groupes de bars, des orchestres de mariages, et jouaient de la musique folklorique lors d’événements privés…

ANR : Oui.

CB : C’est à cette période que la musique metal a gagné en popularité en Roumanie, et nous avons commencé à nous y intéresser pour finalement en jouer…  

ANR : Pouvez-vous nous décrire la scène metal en Roumanie s’il vous plaît ?

CB : La scène metal en Roumanie ?

ANR : Oui.

RR : C’est une bonne scène metal…

ANR : Lorsque l’on évoque cette scène, on pense notamment au black metal atmosphérique…

CB : A cause de Negură Bunget c’est ça ?

ANR : Eux sont davantage pagan qu’atmosphériques, mais oui, entre autres…

CB : Nous sommes un peu différents d’eux…

ANR : Oui.

CB : Néanmoins, Negură Bunget et Dirty Shirt correspondent tous deux à certains canons de la musique roumaine. D’une part, nos deux formations peuvent être considérées comme des « big bands » (NDA : sept membres de part et d’autre, sans compter la pléthore d’intervenants) et d’autre part, nous sommes profondément attachés à nos instruments balkaniques…

ANR : Tu as évoqué le concept de « musique à boire », d’accord, mais boire quoi ?

CB : De l’alcool (Rires gras) Nous avons d’ailleurs été critiqués quant à cet aspect du groupe et de sa musique, on nous a accusé de faire la promotion de l’alcool, mais il faut savoir que la plupart des membres de Dirty Shirt sont issus de familles qui produisent de la pálinka (NDA : boisson forte des Carpates, de Hongrie et de Slovaquie, produite à partir de fruits comme la prune, la pomme, la poire voire l’abricot) et certains d’entre-nous en produisent eux-mêmes, tu vois ?

RR : C’est un digestif à 55 degrés… C’est costaud (Rires)

ANR : Vous êtes de quel coin en Roumanie ?

RR : Une grosse partie du groupe est du Nord de la Roumanie, une autre du Centre-Nord, de la Transylvanie…

CB : Une autre enfin de Maramureș, non loin de la frontière ukrainienne…

RR : Nous sommes principalement de Transylvanie, de Cluj…

ANR : Cluj est avant tout connue pour son Club de football…

RR : MAIS BIEN SÛR (Rire franc)  

ANR : Vous supportez Cluj ?

CB : Je ne suis pas un fan de football.

RR : J’adore le football ! Je suis les parcours de Cluj quand ils jouent la Ligue des Champions, ils ont perdu contre l’AS Roma l’an dernier, mais ils ont quand-même gagné contre Manchester United, quelle surprise (NDA : le 5 décembre 2012, ça remonte un peu…)

ANR : A quoi ressemblera l’été 2022 pour Dirty Shirt ?

CB : Ce passage au Hellfest constitue un des temps forts de cet été 2022, et nous devons jouer dans pas mal de festivals à travers l’Europe, dont le Pol’and’Rock Festival le 8 août prochain pour lequel nous avons candidaté…

RR : Le Woodstock polonais, c’est immense, tu as environ 650 000 spectateurs…

CB : Notre candidature doit auparavant être approuvée par votation du public, ce sera sans conteste un autre temps fort de cet été 2022…

RR : Nous nous sommes produits au Pol’and’Rock Festival 2021, et un vote a depuis été organisé afin de savoir…

CB : Qui allait revenir pour l’édition 2022…

RR : Nous sommes en première position en ce moment (NDA : candidature validée par 5 062 votants, selon annonce publiée le 5 juillet sur la page Facebook de Dirty Shirt !)

CB : Nous allons, quoi qu’il en soit, nous produire dans un grand nombre de festivals dans les semaines qui viennent, et également donner beaucoup de concerts, c’est un très bon été pour Dirty Shirt !

ANR : Vous comptez voir quels artistes ce soir ?

CB : Ce soir ?

RR : Nine Inch Nails.

ANR : Nine Inch Nails, et…

CB : Je ne sais pas. Je suis encore tellement concentré sur notre concert de tout à l’heure, que je n’ai pas regardé la liste des groupes qui jouent (Rires) C’est limite si je m’en fous, le reste importe peu à mes yeux…

ANR : Et demain ?

RR : Demain, nous devons assurer le trajet jusqu’à un plus petit festival en France… Tu connais « Bichoneries » ?

ANR : Non. Je suppose que c’est « Berrichon », « dans le Berry », « la Berrichonne » ?

RR : Je ne sais pas. C’est à trois cent kilomètres d’ici…

ANR : Je vais vérifier du coup (NDA : il s’agissait des Bichoiseries. Un festival généraliste de deux journées, organisé au Mont de Cerisy-Belle-Étoile, dans l’Orne non loin de Flers, avec cette année à l’affiche : Tiken Jah Fakoly, les Ogres de Barback, Elmer Food Beat ou encore Igorrr. Et la distance séparant ce site de celui de Clisson est effectivement de 276 km…)

ANR : Quels artistes français appréciez-vous ?

RR et CB : Gojira (Rires)

CB : Je les ai vus ici en 2019 !

RR : J’aime aussi Rise of the Northstar…

ANR : Nous arrivons à la fin de cet obscur interview, avez-vous un mot à ajouter ?

CB : Merci au Hellfest de nous avoir fait jouer… Je me doute que c’est un cliché, mais c’est un véritable honneur d’avoir pu nous produire ici au Hellfest..

RR : C’est putain d’immense (Rires) C’est une « metal town »…

ANR : C’est mon huitième Hellfest…

RR : Et je suppose que chaque année, c’est de mieux en mieux…

ANR : Oui. En dépit du fait que les débuts de ce festival n’ont pas toujours été aisés…

CB : Cette année, tu as la plupart des plus gros groupes du Monde, c’est dingue !!! Des gens de chez nous me demandent « Qui y joue ??? », je leur réponds…

RR : « Qui n’y joue pas !?! » (Rires)

ANR : (D’un trait) AC/DC, Iron Maiden, Aerosmith, KISS !!!

RR : (Rire franc)

ANR : Merci pour cette conversation. Faites un bon séjour en France !

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