Chronique de l’album « Lilith » des Butcher Babies

mercredi/25/10/2017
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Lilith cover

 

Groupe: Butcher Babies

Album: Lilith

Label: Century Media

Sortie le: 27/10/2017

Note: 15/20

 

 

Dans la religion Juive, Lilith est tour à tour considérée comme un démon, une séductrice et une femme rebelle (à Adam). En sa version kabbalistique, Lilith et Samaël sont en fait une seule entité androgyne (ils vont être contents les Suisses…). Cet être ambivalent et changeant, selon les époques et les versions, constitue une des figures mythologiques ayant le plus inspiré les artistes (mais pas que : les concepteurs de jeux vidéo aussi). D’Anatole France à Ovidie, de Primo Levi à Jean-Louis Murat, en passant par Therion ou la bande dessinée Arkel (Chef-d’œuvre de Desberg et Hardy), le personnage de Lilith a essaimé comme rarement. Et nulle envie de disserter sur ce que Lilith peut, ou pourrait, représenter comme symbole pour les féministes contemporaines (salope ou rebelle, looseuse ou femme libre), l’actualité Hommes / Femmes (ou Femmes / Hommes, comme vous voulez…) est déjà assez chargée comme cela cet automne 2017… Sinon, le « Lilith Fair » fût dans la seconde moitié des années 1990 la première tentative de Fest 100 % féminin ; une réussite soooooooooooo 1990’s.

« Lilith » sera donc précisément vingt ans plus tard le titre, également, du troisième album des Butchers Babies. Et force est de constater que ces onze missiles condensent et compactent tout ce que le Rock et le Metal US ont produit depuis 1997, année du triomphe du Nu Metal, de galéjades Power Pop et de fin définitive du Grunge. Estampillé Metalcore, et doté d’une production digne du dernier Korn, les deux sculpturales Amazones (épaulées par leurs trois hommes de main) y passent soigneusement en revue vingt ans de musique énervée Outre-Atlantique.

L’entêtant « Korova », qui s’impose dès la première écoute comme le morceau-phare de l’album, fusionne le Growl (à la Arch Enemy) avec le refrain FM (à la Evanescence) ; « Oceana » sonne comme un duo entre Gojira et Tura Satana (A.K.A. Tairie B., une des précurseuses nineties du genre) ;  « Pomona » a quelque chose de Slipknot ; « Underground and Overrated » rappelle que les californiennes ont à leurs débuts repris « Fucking Hostile » de Pantera (NB : celui-ci est plus « Primal Concrete Sledge » dans le Beat…) ;  les passages chantés de « The Huntman » font, même, penser à du No Doubt 2000 (le mal-aimé « Return of the Saturn »)…

Coloré. Voilà le mot qui vient à l’esprit à l’écoute de « Lilith ». Les deux Melania Trump Metalcore réussissent leur pari : un disque sexy et polyvalent, capable de mettre des tons là où le dernier Arch Enemy a opté (avec réussite également) pour le monochrome. Cette créature bicéphale verdâtre va probablement les imposer comme ce qu’elles sont : des Stars. En relief. Les Butchers Babies sillonnent actuellement leurs terres natales (et de prédilection…) États-uniennes afin de promouvoir leur version des événements. A propos, pour 100 dollars toute personne intéressée peut s’inscrire sur leur site Internet afin de participer à leur « Aftershow VIP Bus Pizza Party » : pizzas, sodas et Hardcore à volonté.

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