European Metal Festival Alliance – 7, 8 et 9 août 2020

lundi/10/08/2020
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« Faute de grives, on mange des merles » penseront / diront / écriront certains esprits chagrins, « C’est déjà ça » me dis-je, ce matin du vendredi 7 août, paraphrasant intérieurement Alain Souchon… Ça, et même davantage, à l’analyse de la familière émotion éprouvée : un mélange entre curiosité, excitation et détermination à tenir la durée. Cette béate opiniâtreté propre aux matinées de fests, celle ressentie à l’entrée dans l’enceinte, une fois le pass validé… « Evènement » est indubitablement le terme : pour la première fois, treize festivals de notre bonne vieille Europe ont mis en commun forces et auditoires, afin de combler le vide de cet été 2020. Et de faire se produire trois journées et soirées d’affilée plus d’une trentaine de groupes en streaming sur la toile, à l’occasion de concerts filmés (en principe) à huis clos, sous le nom d’« European Metal Festival Alliance » (EMFA). Des festivals de taille moyenne, ceux pourvus de budgets de six à sept chiffres (contrairement aux Wacken et Hellfest, qui en ont des à huit chiffres) ; pour l’essentiel, de renom et installés : le vétéran étant le Dynamo Metal Fest (ex-Open Air) fondé en 1986, et le plus récent le Midgardsblot norvégien en 2015… Dont une des bénévoles (ma copine Bessy Eek) m’avait justement invité à l’événement créé sur Facebook il y a un mois environ, sur lequel je m’étais de toutes façons auparavant inscrit (merci quand-même)… Cette anecdote destinée à illustrer une véritable volonté de partage entre initiés. Le ticket trois jours était disponible sur le site ad hoc au prix gadgéto-symbolique de 6,66 euros, le serveur demandant ensuite au nouveau-venu auquel des treize co-organisateurs celui-ci souhaitait reverser son obole (les slovènes du Metal Days pour ma part). S’ensuivit une poignée de semaines d’attente, rythmée comme d’accoutumée par les annonces et décomptes divers, distillés au compte-gouttes sur les réseaux sociaux ; survient enfin la publication du running order le mercredi qui précède (le mardi si l’on prend en compte une gentillette fuite sur la page de Venom Inc !). Et c’est avec la félicité d’un louveteau venu à son premier jamborée (sans sac à dos), que l’on tape son code au matin du vendredi 9 afin de pénétrer ces barrières virtuelles. La page principale est composée, outre l’écran de visionnage, d’un espace de discussion collective Vimeo (où des prénoms et patronymes hispanisants, carpatiens, germaniques et scandinaves défilent à vive allure, les mots revenant le plus étant « Amenra », « Rotting Christ » et « Beer » ; sur lequel également des organisateurs et la plupart des groupes viendront plus tard prendre langue avec la base), de onze concerts en public offerts par des artistes et groupes ne participant pas à l’EMFA (Thy Art is Murder, Napalm Death, Grand Magus, etc…), de vingt-six interviews vidéos de stars (Cristina Scabbia dans son salon, Devin Townsend en son studio…)… ainsi que d’un shop ! Chacun des treize festivals co-organisateurs (la plupart à vocation généraliste, quelques-uns plus spécialisés) ayant suggéré les artistes à programmer, tous les sous-genres et chapelles sont ainsi représentés, un reportage ou une publicité du festoche parrain porté à l’écran avant chaque représentation, permettant d’identifier qui a pris l’initiative de qui. Force est de constater que le déroulé de ce premier jour se taille la part léonine. Un demi-verre de café noir englouti, éloigné des rayons du soleil caniculaire, l’écran plat indique désormais « Welcome to the European Metal Festival Alliance ! ».

A midi pile est diffusé un clip du Brutal Assault, de Jaroměř. Et il revient aux blackeux tchèques de Cult of Fire d’inaugurer cet Eurovision 2.0. Ce qu’ils font sans se faire prier (quoique), sous des nappes d’orgue, des lumières violacées, dans un décor orné de faux entrecroisées et de trônes en forme de cobras, le tout fleurant bon le Temple maudit d’Indiana Jones… Ces encagoulés et masqués revendiquent une inspiration hindouiste et védique : en chasuble noire, pourpre et or, le chanteur se tient debout au milieu, les instrumentistes en tailleur sur les trônes de part et d’autre, un crane posé devant eux. Des internautes soulignent sur le chat une parenté d’avec les polonais de Batushka, d’autres rétorquant que Cult of Fire existait avant Batushka et que Batushka les a copiés, d’autres décrivant plus prosaïquement leur présent (« J’ai trouvé le bluetooth, maintenant mes voisins en profitent également »), certains enfin nous gratifiant des sempiternelles blagues de fosse (« Avec sa cagoule jaune le batteur ressemble à une banane ! »). Pression atmosphérique près d’une heure durant. Il n’est pas midi cinquante que les premiers « Thank you EMFA » sont déjà proclamés sur le fil de discussion. Brillante (façon de parler) entame ! Entracte d’outre-Quiévrain, composé d’un bonjour de l’Alcatraz ainsi que d’une réclame pour la bière Turbeau Noir, puis déboulent les belges d’Evil Invaders. Du speed canal historique porté par une voix aigüe à la Bobby Blitz d’Overkill, l’estrade à l’ancienne du quatuor contrastant fortement avec le décorum de la secte précédente. Il revenait ensuite aux roumains de Dirty Shirt de prouver qu’ils valent davantage qu’un sujet de reportage-entrefilet dans Tracks… Précédée par une compilation des dernières années de l’ARTmaИ!a Festival (splendides images de la place transylvaine de Sibiu), la musique de Mihai Tivadar et de ses six compères (plus deux choristes, une paire de violonistes, un clarinettiste ainsi qu’un flûtiste) se structure autour de plans, certes aussi datés que les lignes d’une Dacia 2000 (entre fusion et néo-metal français de la fin des années 1990), MAIS prend toute autre envergure (et âme) lorsqu’elle est portée par des rythmes, intonations et sonorités balkaniques. Kusturicesque ! Des passages ska ajoutent au côté foutraque et gouailleur de l’entreprise, tout ceci donnant bigrement envie de faire un tour du côté de chez Cioran. La révélation galloise de 2019, Venom Prison, poursuit ces réjouissances virtuelles avec fracas, et confirme d’emblée (entre autres à l’applaudimètre Vimeo). Arpentant sans répit et sans concession trois quarts d’heure durant une scène éclairée par des lights bleuâtres, achevant le set à genoux, la partie supérieure de son corps oscillant de l’avant vers l’arrière, la juvénile et carnassière Larissa Stupar rejoint le cercle fermé des vocalistes death qui comptent. Au tour du Bloodstock Open Air (BOA) de Walton-upon-Trent de se présenter via un reportage agrémenté de quelques mots de ses animateurs, Rachael Greenfield et Adam Gregory, ainsi que par les témoignages de Biff Byford et de Dee Snider (ce dernier en débardeur la tronche en gros plan, une peinture moche de fleur rose tropicale à sa gauche : mon Dieu !). Après la nature morte les civilisations éteintes : le païen Midgardsblot Metal Festival nous délivre des vidéos de sa dernière édition, et c’est à Kampfar d’entretenir la flamme. Ou plutôt les flammes : quatre torches apportées de l’extérieur vers l’intérieur d’un temple, puis fixées par le torse-poil Ask (cartouchière ceinte autour des hanches et drapeau Norske rentré dans le jean slim) et ses trois coreligionnaires sur une scène rougeoyante, au milieu d’une agglutination de bougies. Du black mâtiné folk, plusieurs dizaines de minutes incantatoires et démonstratives, closes sur un final au violon et chœur nordique, les guerriers prenant congé du temple, emportant leurs torches vers là d’où ils sont venus. Le monde libre enviait quoi qu’il en soi, et de toutes ses tripes, le Metal Days de Slovénie (les gorges de Tolmin, ses descentes en kayak sur la rivière Soča, son lac garni de flamants roses en plastoc, ses cours collectifs de yoga, ses shots d’alcools forts…) : le court-métrage promotionnel de la success story slave, passé vers dix-sept heures, n’a fait qu’attiser un peu plus encore les envies de s’y rendre… Sensation de l’année 2018, les trois godelureaux d’Alien Weaponry sont le premier combo non-européen à fouler les planches virtuelles de l’EMFA 2020 ; autres novations du jour : leur concert a été filmé en février dernier (à l’Auckland Town Hall) devant un parterre de fans, et est entrecoupé d’extraits d’un entretien donné dans une forêt des antipodes. Ils l’attaquent sur une haka (ils le termineront également avec), laquelle donne le ton : du groove metal martial joué en short, sur lequel se greffent vocaux contemporains chantés en langue māori. Emmené par la sémillante et bottée Brittney Hayes, et choisis par le Bloodstock Festival, les canadiens d’Unleash the Archers étrennent ce premier début de soirée. A l’exigu dans un cabanon équipé d’un ventilateur, ils remplissent épiquement leur mission sacrée : celle de porter au firmament la bannière (et les notes) du power metal mélodique. Passage à l’as délibéré d’Amenra et de Parasite Inc. : il faut bien se sustenter mon bonne Dame… et optimiser lucidité pour les deux têtes d’affiche du soir… Il était permis d’attendre beaucoup d’une femme qui a (finalement) réussi à donner des airs de jeune premier à Charlie Benante… Enregistrement at home pour Carla Harvey de Butcher Babies accompagnée à distance par ses trois musiciens et par l’autre pétroleuse Heidi Shepperd, cette dernière annonçant crânement la couleur sur un « Lilith » lent et brulant : « We are Butcher Babies and we gonna Rock your Face ! ». La suite sent de suite et malheureusement le réchauffé : une alternance malvenue entre extraits de leur spectacle au Brooklin Bowl de Vegas en 2018 et deux-trois chansons captées confinés-séparés. De la même demeure que Carla, le susnommé Benante (t-shirt « State of Euphoria » sur le dos, histoire de rappeler qui il est) vient se coller à la batterie épauler sa copine et conférer, l’espace d’un morceau, quelque regain d’intérêt à une prestation cousue de fil blanc. Ne pas s’arrêter à un nom (contrairement à Dave Mustaine) arrêté en 1987 : « Rotting Christ » ; les frères Sakis et Themis Tolis sont au sommet de l’affiche, et ce n’est que logique aristotélicienne, mathématique euclidienne et justice athénienne. Un fraternel discours de Themis en introduction, et les (faux) acariâtres livrent à vingt-deux heures quinze un black metal scéniquement dépouillé (des instruments de couleur noire, des amplis Marshall, leur logo derrière eux) mais ô combien riche musicalement : un enchainement d’harangues sur accords rêches et chants grégoriens ; des constructions complexes que l’on devine composées à la guitare et à la batterie. Choisis par le Metal Days (leur ex-tête d’affiche 2019 et future de 2021), les quatre grecs nous jouent quarante-cinq minutes de partitions cérébrales jouées pied gauche posé sur le retour : un Satyricon méditerranéen, la froidure en moins… Le binaire mais inspiré « Fire, God and Fear » étant le grand morceau de cette nuitée ; et Rotting Christ d’ores et déjà le meilleur moment de l’EMFA 2020. Extinction des feux sur le lumineux « Threnody ».

Moins consistant que la veille, le programme du samedi s’annonce néanmoins roboratif. A l’ouverture du chat en fin de matinée, les festivaliers se saluent amicalement (quoi de plus banal dans ce type de rassemblement ?). L’on constate que les onze concerts du vendredi, ainsi qu’un FAQ de cinq ou six questions ont été ajoutés juste en dessous, car il n’y a jamais de question bête… Choisis par l’ARTmaИ!a Festival, il revient aux roumains de White Walls d’essuyer les plâtres de cette deuxième journée, nous surprenant sur les doucereux arpèges de « False Beliefs » : du prog d’aujourd’hui, quelque part entre Marillion (la voix d’Eugen Brudaru) et des trames alt metal (la guitare d’Alexandru-Eduard Dascălu… et la voix d’Eugen Brudaru). Plus au septentrion, on rejoint les quatre sibériens de Nytt Land (superfétatoire de préciser que ceux-ci ont été mis en avant par le Midgardsblot, vous avez compris le principe maintenant…) tous assis dans un studio sombre : des instruments surannés, une ambiance médiévale voire celtique (il serait instructif de cerner points communs et éventuelles racines partagées entre musiques celtique et sibérienne), de splendides compositions tantôt instrumentales, tantôt contées dans des idiomes des glaces (islandais, russe, khanty) par la voix chamanique de Natalya Pahlenko (dire que dans un récent papier, le philosophe Régis Debray prenait en exemple les festivals metal afin de démontrer « l’américanisation » de nos sociétés !). En provenance du Thuringe, tout comme le Party.San Open Air qui les parraine, et au cours duquel leur contribution a été filmée en 2018, les quatre chevelus de Deserted Fear pratiquent un death metal d’influence suédoise. Pour mordus du genre. Metal, terre de contrastes : aux six joyeux drilles en bures franciscaines de Lèpoka, groupe de folk metal espagnol festif (« Que invita a beber y a bailar »), succède le black désespéré des allemands de Der Weg Einer Freiheit, hanté par les hurlements de perdu du frêle et statique Nikita Kamprad… Gutalax ne désigne pas un comprimé osmotique mais un groupe de grindcore tchèque… Le premier cri de cochon est d’ailleurs entendu aux alentours de dix-sept heures dix… Vêtu (à l’instar de ses trois complices) d’une combinaison blanche et lunettes de soudure calées sur le groin, l’imposant Martin Matoušek couine, grogne, grouine sans discontinuer pendant trente-cinq minutes sur un rythme syncopé, devant une audience réactive puisque comblée par tant de nihilisme assumé. Retour à la rectitude thrash / death avec les bataves de Legion of the Damned, juste avant la première grosse cylindrée du jour : Teddy Vrignault et André Gaillard, les frères ennemis du comique français ne sont plus de ce monde, mais Venom et Venom Inc., les frères ennemis du black metal originel, sont encore parmi nous ! A ceci près que le premier des deux n’est pas à l’affiche de l’EMFA 2020. Le truculent Tony Dolan (basse – chant), l’antédiluvien Jeff Mantas et Kling (le nouveau batteur) attaquent pied au plancher le classique « Metal we Bleed », confirmant derechef ce qu’on pense de Venom Inc. : il ne s’agit pas de black mais tout bonnement de heavy, joué rock’n’roll à fond les potards, l’ombre de Mötorhead (de Lemmy surtout) survolant le trio anglais. Leur disque de 2017 reflète tout à fait cette rustaude personnalité. A ce titre, leur set list alterne (à hauteur des deux tiers) entre réinterprétations sur-vitaminées de classiques de Venom (« Rip Ride », « Genocide », « In Nomine Satanas », « Bloodlust ») et (le tiers restant) missiles issus de cet excellent album (« Forged in Hell », « Time to Die »). Final sur « Black Metal » et avalanche de « Thank you Venom Inc. ! » sur le fil de discute. Ratage consenti des shows d’Angelus Apatrida et d’Heidevolk, puis vient l’heure pour Avatar de relever les compteurs. D’autant plus qu’hasard du calendrier, les suédois viennent de commercialiser hier vendredi leur huitième album studio, « Hunter Gatherer », lequel précédé par des simples ayant agréablement surpris le Landerneau. Nos post-rockeurs versent toutefois au pot-commun un concert filmé au cours de l’Alcatraz 2019, devant une foule conquise (certaines spectatrices d’alors grimées à l’image du chanteur). Maquillé façon Alice Cooper, le clownesque et dégingandé Johannes Michael Gustaf Eckerström saute d’une branche musicale vers une autre (parfois muni d’un trombone) : certains festivaliers virtuels ne cessant en conséquence de discutailler sur le Vimeo jusqu’à l’ultime morceau (« The King Welcomes You To Avatar Country », sous une pluie de confettis) quant au tampon stylistique à apposer sur Avatar (« Theatric groove metal ? », « Death’n’roll », « Melodeath », « Melodeath too », « Pants Metal ? », « Pantalooony metal ! », « Puppet shooww ! »), d’autres leur répondant qu’il ne s’agit là que de « 2020 metal ». Synthèse convenable. De ce qu’est Avatar, ainsi que de l’essence-même de cette deuxième journée, indiscutablement éclectique.

L’on ressent quelque peu la fatigue au matin de ce troisième jour… Non, du tout du tout, une blague ! Après diffusion d’une compilation et salutations distinguées de l’Into the Grave Festival (organisé dans la ville frisonne de Leeuwarden, sur la grande place là où subsiste l’Oldehove une tour médiévale bancale), ses protégés de Dead Lord nous tirent du lit avec un heavy rock suédois à la bonne franquette, aux influences franches du collier (les deux premiers Maiden, Thin Lizzy, les Foo Fighters) et à la coule du chorus de guitare, le tout asséné dans un petit local de répète surchargé (multiprises, posters, rideaux orange à fleurs et abat-jour). Maiden toujours, mais les albums d’après : les slovènes de SkyEye nous décrivent de manière épique « The Battle of Jerusalem ». Suivent le stoner metal des roumains de Roadkill Soda, puis le metal lourd intensément distillé par les quatre tropéziens de Svart Crown, capté à Ramatuelle dans un décor de colonnes romaines, et suscitant manifestement l’enthousiasme de nos voisins européens (« Having a Gojira Feeling with Svart » dixit un des convives) ainsi que la fierté de nos compatriotes (« French Metal Matters !!! » conclut le chroniqueur Axl Meu repéré dans le fil de discussion). Spoil Engine de Rouleurs au goûter : du death moins rêche que celui de Venom Prison avant-hier, mélodique donc, Iris Goessens gagne elle-aussi à être connue. « Familiar and Welcoming Atmosphere » : un aimable coucou du Summer Breeze Open Air bavarois (sur fond de « Hail to the Hordes » de Kreator), qui nous présente Kissin’ Dynamite, les tributaires du glam metal et hard FM ce week-end ; lesquels ont mis en boîte leur show sur une scène d’un étage équipée de sorties de fumées verticales, dans la grande tradition d’un genre que Kurt Cobain et le grunge ont tué, mais que certains (dont eux) ont cru utile de ressusciter. Tous en ordre de bataille « fame », leurs yeux surlignés de khôl, épaulant leur longiligne frontman Hannes Braun (soit David Coverdale ayant fusionné avec Sebastian Bach), ils alignent schlag auf schlag hymnes fastoches mais fédérateurs. Evergrey est un groupe nettement plus austère, heavy et concentré, mais c’est bien évidemment Mass Hysteria que les hexagonaux attendaient. Mis en avant par le Motocultor de Saint-Nolff (dont un clip promotionnel conçu sur une musique d’Hangman’s Chair, s’achevant par un « Merci », est retransmis à 18 heures 58), les cinq sont filmés devant une plage du Morbihan, juste avant qu’un tourbillonnant « Reprendre mes esprits » entame les hostilités. En polo noir, Mouss, seul chanteur à s’exprimer en ces trois jours dans la langue de Bernie Bonvoisin le garantit : « Nous sommes positifs à bloc ! ». A l’image de l’accueil qui leur est fait. Une internaute, à patronyme ibérique, annonce : « J’ouvre une bouteille de Crémant français (Yes, I used Google Translate) » ; un autre, visiblement plus nordique, conclut au bout du deuxième morceau : « Yet another good surprise from France… Well done France ! ». Une des participations les mieux filmées (avec celle de Der Weg le samedi), plus précisément le 15 juillet dernier sur la scène de l’ECHONOVA de Saint-Avé. Yann Mass et les siens finissent sur « Arômes complexes » puis « Tout est poison » (et sa référence au classique de Prodigy). Le groupe viendra ensuite remercier le public et se faire congratuler en retour… sur le Vimeo ! Les deux protagonistes français à cette sauterie paneuropéenne désormais hors de scène, ne pouvant profiter d’Orange Goblin, et n’ayant guère le courage de me cogner Sabaton, ce sera par suite le black celtisant des irlandais de Primordial qui clôturera cette CECA de la musique metal, par une prestation saisie sur les tréteaux du Party.San 2015.

Est ainsi venue l’heure du bilan chère à Mickael Kael : dix nations, treize festivals qui comptent, trente-trois groupes à hauteur de onze par jour, de cinq cents à deux mille visionneurs et euses en moyenne, une quinzaine de genres différents (manquait le metal symphonique à chanteuse), des découvertes et conversations à foison, ainsi que cent-vingt-huit-mille-deux-cent-douze fois le même spot pour EMP en trois journées… En définitive une réussite artistique et organisationnelle. Le tout sans l’appoint de têtes d’affiche à multiples zéros. Tout porte également à croire que cette première édition a été adéquatement suivie et relayée. Moult photographies (notamment postées sur la page Facebook du Metal Days, décidément très actif en matière de communication) attestent que ces retransmissions non-stop furent prétextes à apéros-repas-soirées-week-ends collectifs entre amis et passionnés devant leurs écrans, en simultané à travers l’Europe entière… Hormis celle des retombées financières, une interrogation restera en suspens : réponse circonstanciée et ponctuelle aux aléas d’une année maudite, ou manifestation d’un genre nouveau ?

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