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Interview avec Gérald Milani président du label Les Acteurs de l’Ombre

lundi/26/08/2019
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Art N Roll a profité de sa présence au Motocultor pour échanger avec Gérald Milani, fondateur et président du label associatif Les Acteurs de l’ombre (LADLO). Le label prépare pas moins de 9 sorties d’album d’ici la fin de l’année et organise une journée de concert au Petit Bain à Paris le 14 décembre, LADLO in Paris.

 

Art N Roll : Pourrais-tu nous en dire un peu plus sur ton parcours et ce qui t’a amené à créer ce label ?

Gérald Milani: J’ai découvert le Metal à 14 ans avec Napalm Death. J’étais en colo avec un collègue qui avait récupéré des cassettes de son grand frère. J’étais à la campagne, donc je n’ai pas pu faire beaucoup de concerts. Je suis allé à Marseille et là j’ai monté un groupe de Black Metal médiéval, puis j’ai enchaîné des groupes jusqu’en 2007. En 2001 on a créé l’association Les acteurs de l’ombre. C’était un webzine. En 2003 on m’a envoyé à Paris pour le boulot et j’ai développé l’organisation de concerts en même temps que le webzine. En 2009 j’ai eu une mutation professionnelle dans le sud, je ne pouvais plus gérer l’association et j’ai proposé à Marie de prendre le relai.  Je lui ai proposé de créer le label. C’est quelque chose que j’avais en tête depuis des années.

 

ANR : Pourquoi est-ce que tu avais cette envie forte de créer ce label ? Quel était l’objectif ?

Gérald : Je ne sais pas, peut-être parce que j’étais un musicien raté (rires). Je suis un passionné, j’avais envie de faire découvrir les choses que j’aimais. Les deux premiers albums du label sont les deux premiers albums de Pensées Nocturnes, et c’était le groupe d’un membre de l’association. Ça s’est fait très naturellement.

 

ANR : Pour toi, comment un label doit accompagner les artistes ?

Gérald : Ça dépend des groupes et de l’idée que le groupe a de ce qu’il veut. S’il a pensé son album de A à Z d’un point de vue artistique. Certains groupent arrivent avec des choses très précises et construites, d’autres ont besoin de plus d’accompagnement. On peut les conseiller sur des graphistes, des tourneurs, des studios. C’est à la carte.

 

ANR : Les premiers services que tu proposes quand tu prends un groupe c’est quoi ?

Gérald : Le truc de base c’est presser l’album, faire la promo et le distribuer.

 

ANR : Comment est-ce que tu sélectionnes les groupes pour le label ?

Gérald : Je ne sélectionne pas les groupes, nous sommes une association et on prend les décisions à la majorité. Je reçois des propositions de groupes tous les jours, je fais un premier filtre. Je propose ensuite au reste de l’équipe. On a des goûts hyper variés, chacun donne son avis. On n’a jamais 100% d’avis positif sur un artiste. Ce qui est important c’est que les gens qui s’investissent bossent sur des groupes qui leur plaisent. On est une quinzaine de bénévoles dans l’asso, chacun avec ses goûts et envies.

 

ANR : Combien de temps cette activité bénévole te prend par semaine ?

Gérald : Ça dépend des périodes, mais ça me prend sûrement 50h par semaine. On a des impératifs, on bosse avec des pros. Il y a des plannings à respecter, tout doit s’incrémenter. Entre septembre et décembre on fait 9 sorties, c’est maintenant qu’on les bosse.

 

ANR : Vous cherchez d’autres bénévoles ?

Gérald : Toujours, il y a toujours des choses à développer. On aimerait bien développer notre Bandcamp pro. Il y a plein d’outils intéressants de type communautaire. On recherche des graphistes. J’aimerais bien trouver une personne qui peut nous aider sur la gestion. On aimerait pouvoir se projeter d’une année sur l’autre. Actuellement on a nos sorties bookées jusqu’à octobre 2020. Tu promets des deals, des choses à un groupe mais tu ne sais pas si tu auras la thune. Tu ne sais pas ce qu’il va rentrer, si les sorties d’avant vont marcher. C’est un jeu d’équilibre.

 

ANR : Qu’est-ce qui te motive personnellement pour prendre une telle charge de travail alors que tu as un boulot à côté? 

Gérald : Il y a des phases où je me dis que je passe à côté d’autres choses. Je dois avoir un petit côté autiste. Quand je fais un truc je le fais à fond. Il faut que je me sente submergé pour que je me sente avancer. Ce qui me motive ce sont les rencontres, le plaisir de faire découvrir des artistes. C’est un plaisir de donner du plaisir aux gens.

 

ANR : On peut dire que tu es un ultra fan de musique, qui essaie de faire en sorte que tout se passe bien pour tout le monde?

Gérald : Oui on peut dire ça. Je n’arrive pas à faire les choses à moitié. Je veux le faire du mieux que je peux.

 

ANR : Il y a une vraie harmonie dans les groupes que vous signez. Ça permet d’arriver à faire une soirée comme Ladlo in Paris avec des groupes qui sont très compatibles.

Gérald : J’ai l’impression que l’on signe des artistes variés, qui représentent la variété des goûts de nos membres. Ce n’est pas facile de faire des choix, la qualité des groupes a augmenté. Les musiciens sont meilleurs techniquement et mélangent plein d’influences. Pour Ladlo in Paris tu as du Black, du Pagan et si tu te retrouves là-dedans c’est tant mieux. Au niveau du label on nous dit souvent que nous sommes étiquetés Post Black, mais si tu regardes ce genre ne représente qu’un quart de notre roster. Regarde les hommes tomber et The Great Old Ones sont les groupes qui nous ont fait grossir, mais notre créneau c’est les groupes de metal extrême qui ont des influences black.

ANR : Comment se découpent les revenus financiers du label ?

Gérald : Ils proviennent de nos ventes de disques et de merch.  Le digital aussi, mais c’est anecdotique. Le merch aujourd’hui c’est ce qui rapporte le plus. C’est aussi le cas pour les groupes qui tournent, ils essaient tous de développer le merch. On les accompagne là-dessus avec le label.

 

ANR : Pour Ladlo in Paris vous avez mis en vente des bâches, c’est la première fois que je voyais ça.

Gérald : On a tenté le coup car on a fait un festival à Nantes sur 2 jours avec 16 groupes du label pour lequel on avait fait des bâches. On a eu des personnes qui sont venues nous voir pour les acheter. On propose en pre order, on ne prend pas de risque.

 

ANR : Pourquoi cette idée de festival ou de méga concert à Paris ?

Gérald : Il n’y a pas Beltane cette année, donc il me fallait un truc. (rires) Il y a plein de sorties en automne, on s’est dit que c’était une bonne occasion de les présenter à Paris et de faire en sorte que les groupes se rencontrent.

 

ANR : Quelle est l’importance d’un festival comme le Motocultor pour un label comme le vôtre ?

Gérald : Je pense qu’il est nécessaire d’être visible. On a la chance d’avoir des groupes qui sont programmés à l’affiche depuis des années. C’est bien d’être sur le terrain et d’entretenir une certaine proximité.

 

ANR : Est-ce que les gens qui viennent à votre rencontre se rendent compte que vous êtes tous bénévoles et que derrière ce que vous faîtes il y a un travail énorme.

Gérald : J’essaie de communiquer là-dessus mais c’est vrai que certaines personnes pensent que nous sommes un gros label, que nous sommes professionnels, qu’on a des bureaux. On nous appelle pour passer acheter des CDs, mais si le mec passe, il passe dans ma chambre (rires)!

 

ANR : Donc quand vous faîtes une réunion d’équipe c’est dans ta chambre aussi ?

Gérald : Non (rires). On se voit assez peu car on est dispatché dans toute la France. On fait une AG en septembre. J’aimerais en profiter pour organiser un week-end entre nous.

 

ANR : Comment gérez-vous la logistique pour le merch et les disques ?

Gérald : On faisait tout nous-mêmes, on avait un box chez Homebox et c’était le cauchemar. Depuis un an c’est le Grand Chic qui est aussi notre sérigraphe qui stocke tout notre matériel et qui s’occupe de nos expéditions. C’est un cauchemar en moins.

 

ANR : Les prochains projets ?

Gérald : On a quelques release party puis le 14 décembre le Ladlo In Paris. Il y a un documentaire en cours sur le Beltane. Il sortira le 30 avril. Les projets c’est aussi les 9 sorties qui arrivent.

 

 

 

 

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