HOT on the rocks!

Interview avec Nico et Martin de Redstone

samedi/29/08/2026
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« Angers est entrée dans l’histoire mondiale du rock grâce aux Thugs. Plus de trente années après, un quintet vient d’émerger de la capitale historique et place forte de l’Anjou : Redstone. J’ai pris un certain plaisir à écouter studio le heavy stoner des vainqueurs du Angers Likes Metal VII en 2023 (un EP au compteur, Immortal, paru en mars 2024). Il me restait donc à voir ce que les Angevins valaient sur scène. C’est chose faite à 14 heures 28. Un long, très long, sample lunaire emplit la salle. S’ensuit un riff pachydermique, tranchant, vicieux, clinique, sur lequel une voix grave, autoritaire vient se poser. L’audience se masse, et regarde Martin, Maël, Franck, Antoine et Nico en train de turbiner. « C’est pas dégueu » constate Paul… Je passe au stand d’Urgence Maltraitance Animale, acheter un set d’autocollants, puis m’en vais shooter… « On est un peu les régionaux de l’étape, puisqu’on vient d’Angers, à une heure de route… Angers est aussi une terre viticole, on a commencé à produire du blanc sucré, mais le meilleur vin avec les huîtres, c’est le Muscadet… » Bienvenue dans l’Ouest de la France, cher à mon cœur… Musicalement, les cinq de Redstone ont certainement écouté les Thugs. Leur vestimentaire est sobre, casual. Aussi sobre que leur prestation scénique s’avère intense. Surtout celle du guitariste à lunettes, Les Paul en mains. Du rock lourd, dépouillé, sans concession. Assis par terre sur le flanc gauche de la salle, un mec en capuche opine lentement de la caboche, tandis qu’une jeune femme sourit à son copain… J’aime bien. 15 heures 07 : « Merci le Westill, merci à vous ». Dernière cartouche, puis selfie collectif à 15 heures 11. Une prestation des plus convaincantes ». Une fois n’est pas coutume, je m’autorise un copier-coller d’un papier précédent : la chronique du passage de Redstone au Westill 2025, à Vallet, en Loire-Atlantique. Je considère que ces (récentes) lignes introduisent convenablement l’interview qui va suivre. Les interviewés sont Nico et Martin, respectivement chanteur et bassiste des stoners angevins ; l’interview a été réalisée par visio le jeudi 27 août 2026, à 18 heures… Enjoy !

 

 

Art’n’Roll : Ma première question sera simple : pouvez-vous présenter Redstone à nos lecteurs ?

Martin (Basse) : Nous sommes un groupe de stoner metal qui existe depuis quelques années maintenant, une bande de potes qui voulait faire du son, car nous en avions fait dans une autre vie quand nous étions plus jeunes. Nous nous sommes bougés autour de 2022-2023, nous avons gagné un tremplin en 2023, qui nous a ouvert les portes d’un studio pour enregistrer un EP, Immortal, qui mine de rien nous a ouvert d’autres portes…

ANR : Pour ma part, je l’avais beaucoup apprécié…

M : Merci ! Depuis, nous avons composé à notre rythme, et nous proposons un nouvel EP de sept titres…

ANR : Redstone c’est, selon moi, deux mots principaux : du stoner angevin ! Nous allons reprendre tour à tour ceux-ci, en commençant par le mot « stoner »… Comment définissez-vous le genre stoner, et le stoner que Redstone pratique ?  

Nicolas (Chant) : (Rires) Le stoner est une musique faite à partir de riffs lourds. Nous avons d’autres influences, il y a des passages qui viennent du hardcore, des fois il y a un peu de prog’. Nous faisons du stoner, mais « pas que » on va dire…

M : Le chant de Nico est plutôt clair, il apporte beaucoup à notre « étiquette », notamment sur les passages planants. Mes chœurs sont plus hurlés. Notre musique est la synthèse de tout ce qu’on aime. Notre étiquette est stoner, mais nous aimons le metal au sens large…

ANR : Quels sont vos influences ?

N : Je suis assez traditionnel à la base, cela fait plus de trente ans que j’écoute du metal. J’ai commencé par les Maiden, Metallica, Helloween, des trucs qui ne sont pas du tout atteignables par mon chant ! Après, j’ai basculé sur le thrash metal, du death et un peu de hardcore : on est quelque part un peu des éponges !

M : Le metal des années 1990 : Korn, Tool, Deftones, puis Gojira…

N : Notre guitariste, Antoine, est pur stoner : Planet of Zeus, Clutch, etc…

M : Il s’est éclaté au Westill : jouer avec tous ses groupes favoris !

ANR : Tu es bassiste : quels sont tes bassistes préférés ?

M : Le bassiste de Korn, de par l’originalité de son jeu. Après, j’aime la basse qui est simple et efficace ! Tout ce qui vient en appui de la musique, je ne suis pas un grand technicien, je suis simplement porté par le son.

ANR : Venons-en à Angers… Redstone est particulièrement fier d’être un groupe angevin, ce dont je me suis aperçu au Westill, et comme en atteste par exemple votre adresse mèl (redstone.angers@gmail.com) : pouvez-vous, s’il vous plaît, expliciter cet attachement ?

N : Nous ne sommes pas forcément tous d’Angers. Je suis Nantais, ce qui fait que je connais le Muscadet et le vin du côté de Vallet, Franck l’autre guitariste est Normand, Martin est Angevin, Antoine et Maël aussi : pour l’adresse mèl, nous n’étions pas obligés (Rires)

M : Je crois que « Redstone » tout court c’était déjà pris !

N : Nous sommes dans une belle région ! L’Ouest de la France en termes de « région » et en termes de musique : quand on voit le nombre de groupes, de festivals et d’événements dans notre coin, c’est quand-même cool ! Nous sommes à une heure de Nantes, à une heure de Rennes, c’est un bel endroit !

ANR : Un mot à propos des Thugs ?

M : On en a tous beaucoup entendu parler, j’ai suivi ce qu’ils ont fait récemment avec le groupe Daria, des copains à nous, mais je n’ai pas trop écouté à l’époque, j’étais plutôt sur le metal, alors que les Thugs rentraient davantage dans la case « grunge »… J’ai un peu écouté, mais de là à revendiquer d’être Angevin et d’aimer les Thugs, pourquoi pas mais…

N : Pas plus que ça !

M : Pas plus que ça, mais c’est cool d’avoir un groupe aussi connu à l’international et du coin ! C’est assez exceptionnel, leur carrière par rapport à la taille de la ville !

ANR : Le 4 septembre prochain, vous publiez The Fall, après une démo en 2019 et un EP en 2024… The Fall est composé de sept titres… Si j’avais trois adjectifs pour qualifier celui-ci, si j’avais à me restreindre, je dirais : « Sobre, puissant, honnête »… Qu’en pensez-vous ?

N : « Sobre » : je suis entièrement d’accord avec toi, il n’y a pas de fioritures, cela va droit au but. « Honnête » : complétement, nous l’avons fait avec nos tripes, c’est vraiment des morceaux qu’on a bossés, qu’on a aimé enregistrer, et honnêtement dont on se lasse pas de réécouter, sans avoir envie de les modifier. Et « puissant » !

M : « Puissant » parce que notre producteur est très orienté « Production metal ». Maël, notre batteur, fabrique aussi des amplis sous sa propre marque, qui s’appelle Nuriec : il a bossé avec Nico des Tagada, avec Fred Duquesne de Mass, son matos est reconnu… C’est purement une démarche de recherche de son… Donc, nous ne bossons qu’avec notre propre matos, et c’est notre batteur qui à chaque répète le règle pour nous ! Nous aimons peaufiner notre propre son, on s’éclate ! Nous avons un son assez particulier, assez orignal, dans un univers stoner, amalgamé avec du metal…

ANR : Et vous ? Si vous aviez trois adjectifs, seulement, afin de résumer votre nouvel EP ?

N : « Introspectif », « sincère », « hargneux ».

M : Vu que nous étions tenus par des délais pour l’enregistrement, il y a une dimension d’urgence, une envie « d’y aller »…

ANR : La scène stoner française semble impeccablement en forme, en cette décennie qui confirme pourtant la muséification du rock : qu’en pensez-vous ?

M : J’ai entendu ce constat plusieurs fois. Mais, je ne suis pas assez pointu pour avoir un avis objectif… Quand tu vois le Westill, ceux qui ont joué juste après nous, Starmonger, c’est hyper bien ! Nous faisons des découvertes, chaque fois qu’on se retrouve avec des groupes comme nous, en devenir…

N : C’est la claque !

ANR : Sinon, quelle est l’actu scénique de Redstone ?

M : On a le Moshpit Fest qui arrive en octobre, on va défendre l’EP pour la première fois, ensuite nous avons le Pipriac Metal Fest, puis Scène de Fer l’année prochaine… Nous devons coordonner nos agendas respectifs avec la promo de ce disque, l’idée est de trouver des moments où nous sommes tous dispos, pour pouvoir nous produire dans des supers plans comme le Westill ou le Moshpit Fest…

ANR : Quelles sont vos professions ?

M : Je suis responsable qualité dans une entreprise de machines spé.

N : Je travaille dans l’immobilier.

ANR : Un mot à propos de l’IA dans l’art, musique et autres ?

M : C’est fou. Et en même-temps, ça tue la créativité d’une certaine façon. Notre musique, à l’unanimité, n’ira jamais dans ce sens… Pourtant, c’est bluffant, ce que c’est capable de faire…

N : C’est bluffant, après on ne sait pas comment cela va évoluer… Est-ce que ceux qui ne font pas d’IA sortiront du lot ?!? Je le souhaite. J’espère qu’ils ne seront pas noyés « dans la masse », mais ça… L’avenir nous le dira…

ANR : Tout dépendra du public… Nous sommes dans un système capitaliste, et si le public ne suit plus, on reviendra au statu quo ante

M : Nous, nous sommes assez « à l’ancienne » : on a déjà du mal à jouer sur des pédaliers, nous sommes encore avec les amplis Nuriec…

N : Les amplis à lampe…Il n’y a rien de numérique !

M : On ramène tout notre matos à chaque concert, on se fait chier, mais on aime bien ça quoi !

ANR : Pour finir, je vous propose (traditionnellement) de commenter une citation d’actualité… Celle-ci est de Philippe Bouvard : « L’expérience m’a seulement permis de répertorier tout ce que j’ignore »…

N : Effectivement, on est toujours dans l’apprentissage, ce ne sont pas des « mots en l’air » : parfois, on croit savoir, que ce soit en musique ou dans d’autres domaines, il faut toujours garder les yeux et les oreilles grands ouverts, et il ne faut pas se laisser porter par un soi-disant savoir, une soi-disant expérience, parce qu’on apprend à peu près tout le temps ! Même si, on a une certaine « sécurité » avec l’expérience et l’âge !

M : L’expérience est utile. Comme dit tout à l’heure, nous avions une certaine pression en entrant en studio. En sortant, dans la voiture, nous nous sommes dit avec Maël que, quinze ans avant, on se serait peut-être pris la gueule et tout aurait capoté : là, nous avions assez d’expérience pour nous dire les choses, avec tact, tout s’est bien passé, et finalement, on va plus vite, plus loin, car on est capables de mieux intellectualiser les choses, grâce à notre expérience !

ANR : The Fall sort le 4 septembre, je mets en ligne avant ! Bonne soirée Martin, bonne soirée Nico !

N : Bonne soirée Romain, au plaisir !

 

 

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