Interview avec Igor Sydorenko de Stoned Jesus

lundi/01/06/2026
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« Loin des blockbusters et autres plans marketing, le disque de la rentrée est probablement Songs to Sun des Ukrainiens de Stoned Jesus. Le sixième album du trio stoner formé à Kiev en 2009 est commercialisé ce 19 septembre par Season of Mist. Il est annoncé comme le premier volet d’une trilogie en cours de confection. D’une durée d’un peu plus de quarante minutes, Songs to Sun est composé de six morceaux, qui s’étendent sur des durées qui varient entre cinq et dix minutes. La (très) bonne production est signée du chanteur Igor Sydorenko aux Monochrom studios situés en Pologne. Sa voix est, comme d’accoutumée, à la fois austère et solaire. Elle oscille entre mélancolie et luminosité, un peu à la manière de feu Chris Cornell. Ces deux caractéristiques, la prod’ et la voix, constitueront cette fois-ci les deux seules véritables constantes de ce travail pour le moins réfléchi. Le chanteur, qui est également multi-instrumentiste, semble s’être laissé guider par son inspiration. Car en plus d’être étendues, ces six pistes sont diverses, hétérogènes, faites de montées et de descentes, d’apathie puis de tension. Songs to Sun s’ouvre sur les trois accords d’un très long blues mélancolique qui se nomme « New Dawn ». « Shadowland », qui le suit, est basé sur un riff de guitare entêtant, pioché quelque part entre Black Sabbath et Soundgarden. Il avait d’ailleurs été choisi comme single à la fin du printemps dernier… L’auditeur ou trice ne pourra qu’apprécier les diverses mais homogènes ambiances qui se dégagent de Songs to Sun. Ce remarquable album est reposant. Il se referme, ou plutôt se trouve progressivement enseveli, sous le presque acoustique « Quicksand » : un plan « roots », d’une durée avoisinant les dix minutes. À titre de comparaison, cette chanson aux paroles désespérées n’aurait, instrumentalement parlant, guère dépareillé sur Led Zeppelin III. Taciturne, organique, idéal pour la saison d’automne qui commence, Songs to Sun ne comporte visiblement aucun hit, aucun tube, à l’instar par exemple, du virevoltant « Here Comes the Robots », figurant sur un de leurs albums précédents… Mais nous croyons savoir que ce n’est pas spécialement cela que recherche le public stoner… En définitive, Stoned Jesus ne regarde pas vers le passé, ni même vers le futur, mais se contente simplement de tracer sa route, sans être en tout état de cause troublé par le monde extérieur… D’ailleurs, « See You on the Road » est l’intitulé d’une autre de ces six intéressantes compositions. Pour finir, nous vous informons être en possession de la chaussure qu’Igor Sydorenko a lancé dans le public lors de son passage au dernier Hellfest le samedi dans l’après-midi… Un proche d’Art’n’Roll nous l’avait confiée le soir-même, à charge pour nous de la lui rendre dès que possible. Bien entendu, nous vous tiendrons informés du destin de la tatane d’Igor… » Vous l’avez deviné, ces quelques lignes ne sont plus toutes neuves, et datent de septembre 2025. Il s’agit d’une chronique de Songs to Sun de Stoned Jesus qui n’a jamais été retravaillée ni publiée. Je la recycle car, d’une part, il ne faut pas gâcher (comme le répétait la marionnette de l’ancien entraineur de l’AJ Auxerre), et d’autre part, elle annonce parfaitement les contours de cette interview du guitariste-chanteur Igor Sydorenko. Interview (qui plus est) initialement préparée dans le cadre de l’édition 2025 du Hellfest, mais jamais concrétisée : le samedi 21 juin, en effet, après un concert remarqué à la Purple House, décalé pour des raisons logistiques de 14 heures 30 à 18 heures 35, le brulant trio n’avait aucunement été en mesure d’honorer mon créneau, calé pour 19 heures ! De plus, quelques dizaines de minutes plus tard, le valeureux Paul Le Padellec (ghost-consultant Art’n’Roll pour tout ce qui est musique stoner) m’avait confié tout fiérot la chaussure de sport qu’Igor avait balancée à travers la Purple en fin de concert, à charge pour moi de rendre cette prise de guerre à son propriétaire… Grâce à l’aide bienveillante de Season of Mist, cette interview avec Igor a finalement été reprogrammée pour le mardi 26 mai 2026 à 18 heures, par Zoom : mieux vaut tard que jamais, non ? En parlant de « raisons logistiques », je sais que vais éprouver une certaine difficulté à lui restituer sa grolle par visio…

 

 

Art’N’Roll : Salut Igor !  Comment vas-tu ?

Igor Sydorenko (Guitare, chant) : Comme un début d’été !

ANR : Quel temps fait-il… Heu… En Pologne ?

IS : Je suis à Berlin, il fait dans les 38 degrés…

ANR : Il fait chaud ici aussi à Paris…

IS : (Rires)

ANR : Samedi dernier, j’ai écouté Grand Funk Railroad en traversant la France en voiture…

IS : (NDA : Boit une gorgée d’eau)

ANR : Et toi ? Qu’aimes-tu écouter lorsque tu voyages ?

IS : Quand je voyage seul, ou en tournée avec le groupe ?

ANR : Comme tu veux… Au casque, ou sans…

IS : Quand nous sommes en tournée avec le groupe, nous diffusons de la musique que chacun peut apprécier. Au casque, j’écoute soit des vieux trucs, d’il y a vingt ou trente ans (Sic) soit des nouveautés que je découvre. Ces temps derniers, j’ai écouté soixante ou soixante-dix albums parus cette année. Les deux que je préfère sont le dernier Neurosis et le dernier Karnivool, ils sont vraiment bons.

ANR : Le guitariste de Grand Funk, Mark Farner, jouait sur une Messenger, un modèle très rare… Toi, tu joues sur une Gibson RD, ce qui est tout aussi rare…

IS : En fait, mon choix a été guidé par le bassiste de Nirvana, Novoselic : il jouait, en effet, sur une basse Gibson RD. J’ai été séduit par la forme de ce modèle. J’aimais bien, également, celle de la Gibson Firebird. Les vielles guitares RD sont désormais hors de prix. Un ami m’a recommandé les nouveaux modèles, des rééditions qui datent de 2011 ou 2012. Leur son correspond absolument à ce que je recherchais : la plupart des morceaux et des albums de Stoned Jesus ont été enregistrés avec ce modèle de guitare. C’est amusant car Ghost, qui a émergé à la même époque que nous, joue également sur ce modèle de guitare, un paquet de gens m’ont fait cette remarque : « Ho ! Tu as été certainement influencé par le choix de Ghost !!! » ; ce à quoi je réponds invariablement : « J’aime Ghost, mais pas au point d’acheter la même guitare ! » (Rires)

ANR : Dave Grohl et Jimmy Page jouent également sur une guitare Gibson RD. Jimmy Page en joue à la fin de Led Zeppelin, à Knebworth en 1979…

IS : Et oui !

ANR : En parlant de « voyager » : comment s’est passé votre tournée européenne de mars et d’avril 2026 ?

IS : Ouais, c’était une excellente tournée. Nous l’avions nommée « The Spring Equinox Tour ». Nous avons tourné avec le groupe finlandais de metal progressif Wheel, ainsi qu’un jeune groupe belge qui s’appelle Ice Sealed Eyes. Je considère que ce fut une des meilleures tournées de Stoned Jesus, en raison particulièrement de la « vibe » qui s’en est dégagée… Dans le bus, l’ensemble des participants a été extrêmement amical, une excellente atmosphère tant avant qu’après les concerts, tout le monde écoutait des chansons des Beatles dans les coulisses, nous avons donné de très bons concerts, probablement les meilleurs que nous ayons donnés (Rires)

ANR : Un de mes amis (NDA : Oui, c’est encore le pote Paul…) qui vous a vus le 11 avril au Ferrailleur de Nantes, m’a affirmé que votre concert était un des meilleurs qu’il ait vus cette année, et pourtant il en voit du stoner…

IS : Nice ! Nous avions déjà joué là-bas, il y a dix ans de cela, en 2016 ou 2017, je sais que ce concert est en ligne sur YouTube… Figures-toi que c’était un véritable désastre, des problèmes de cordes de guitares, des sauts dans le public, on a loupé des chansons, c’était complétement fou ! Cette fois-ci, c’était moins fou, mais il faisait une chaleur de dingue ! Nous étions en nage, car le public nous envoyait une chaleur pas possible directement dans la tronche ! Quoi qu’il en soit, c’était vraiment un super concert !

ANR : Le 19 septembre dernier, Stoned Jesus a publié Songs to Sun : c’est toi qui a produit cet album, enregistré en Pologne…

IS : Je ne dirai pas que je suis novice en la matière. Je savais parfaitement en entrant en studio comment nos chansons devaient sonner. J’ai un peu d’expérience du fait de nos enregistrements précédents, mais ne suis pas un véritable ingénieur du son : j’ai donc délégué cette tâche à Karl Daniel Lidén, au Studio Tri-Lamb en Suède, et je lui ai donné mes directives. Le résultat me plaît : c’est le meilleur Stoned Jesus du point de vue du son, et un de mes albums préférés de Stoned Jesus du point de vue des chansons ! Je suis vraiment content d’avoir pu confier le mastering à Karl ! Au cours de sa carrière, il a travaillé sur nombre de bons albums, ça va de Greenleaf à Katatonia. De plus, il est réellement facile à vivre, et comprend tout de suite ce qu’on attend de lui ! Lorsqu’il m’a envoyé ses premiers essais, je me suis tout de suite exclamé : « Oui ! C’est exactement le chant que je voulais ! » J’adore quand des personnes peuvent être, comme cela, musicalement sur la même longueur d’onde !

ANR : Songs to Sun est un disque à la fois hétérogène mais homogène… Les compositions sont fort différentes, car vous jouez différents styles de musiques d’une chanson à une autre : mais le son, l’ambiance, les atmosphères et l’état d’esprit sont les mêmes tout du long… C’est ce qui caractériserait, selon moi, les grands disques…

IS : Merci ! C’est précisément ce à quoi je pense lorsque j’écris de nouvelles compositions. Je déteste quand j’achète ou que j’écoute une sortie, et qu’il n’y a qu’une seule bonne chanson dessus, et que les neuf autres ne sont que des resucées de celle-ci ! Je me pose réellement la question de savoir pourquoi les groupes commettent cela ! OK, j’ai bien compris que ton single est bon, mais fais au moins en sorte de ne pas le démultiplier à l’infini : c’est ridicule, et cela ne donne pas une bonne image de toi ! En tant que compositeur, j’essaie au minimum de me pousser hors de mes limites, de perfectionner mes chansons, et d’essayer de varier mes créations… Sur cet album, tu as « Lost in the Rain », qui est une ballade hard rock, avec du Mellotron et un solo à la Pink Floyd, mais tu as juste après « Low », qui possède des blastbeats presque black metal ! C’est effectivement la production qui permet à des chansons si différentes de bien s’imbriquer les unes à la suite des autres, et de constituer un ensemble homogène… Merci beaucoup d’avoir relevé cet aspect des choses !

ANR : Songs to Sun s’ouvre sur « New Dawn » : une chanson bien-nommée (NDA : « Nouvelle aube ») car elle est l’aube d’un disque placé sous le signe de l’astre solaire, mais aussi le début d’une trilogie musicale… A mon avis, l’on n’a jamais aussi bien (musicalement) représenté l’aube…

IS : (NDA : Boit un coup d’eau) C’est une chanson qui évoque les tournées. D’avoir à quitter un lieu pour un autre, de faire un concert à la suite d’un autre… Une « nouvelle aube » signifie une « nouvelle journée ». Vivre de cette façon se révèle très intense, et très répétitive à la fois : cela peut quelquefois te rendre comme dépressif… C’est la solidarité entre membres d’un même groupe, mais aussi les liens avec ta famille et avec le public, qui te donnent la force d’avancer au jour le jour. Je suis assez fier de « New Dawn », et je la considère comme ma favorite de ce disque !

ANR : Mon idée est que « Lost in the Rain » a quelque chose de « The Rain Song » de Led Zeppelin : du Led Zeppelin qui rentrerait à un moment en collision avec du Black Sabbath… Me trompe-je ?

IS : (Rires) Lorsque je l’ai composée, j’avais davantage en tête une « ballade sombre et épique ». Je me suis pas mal inspiré de ce que le groupe Van Der Graaf Generator a pu composer il y a une cinquantaine d’années : je les adore, ils sont tellement sombres, tellement intenses, si poétiques ! « Lost in the Rain » est fait de passages chaotiques qui laissent place à un solo de guitare très mélodique. J’ai plus pensé à Van Der Graaf Generator, et aussi à King Crimson, comme si ces deux formations avaient créé un bébé !

ANR : Ce disque est résolument européen dans l’esprit et la conception…

IS : Absolument ! L’ingénieur du son est suédois, notre label est français, le disque à été enregistré en Pologne, etc…

ANR : « Quicksand » ferme le bal… As-tu également fais exprès de nommer cette chanson de la sorte (NDA : « Sables mouvants »), comme si ce disque était progressivement englouti à la fin ?

IS : (Rires) Oui ! C’est également une chanson très intense, très sombre, très personnelle, assez dépressive… Elle évoque les pires conversations que tu peux avoir avec toi-même (Rires) Je crois que si tu écoutes trop cette chanson, tu dois aller consulter un médecin (Rires) Je plaisante, mais la santé mentale n’est pas une blague… Fais attention avec cette chanson, il ne faudrait pas franchir une ligne trop destructrice et trop sombre… Les meilleures chansons ne sont pas forcément celles que le compositeur apprécie ou trouve sympathiques… Nombre de gens me demandent pourquoi je ne compose pas de nouveau une chanson comme « I’m the Mountain » ou « Here Comes the Robots » : tout simplement parce que cela ne se fait pas sur un claquement de doigts ! Donc, je conseille à nos auditeurs d’écouter cette chanson sans trop en abuser, et de varier de temps en temps les écoutes (Rires)

ANR : Penses-tu qu’il existe une approche slave de la musique lourde ?

IS :  Slave ?

ANR : Oui.

IS : Hum… Je pense qu’il y a, de toutes façons, une approche slave de la musique, empreinte de tradition… J’ai comme exemple ce groupe ukrainien qui se nomme DakhaBrakha : ils ont mélangé la musique folklorique avec une sorte de pop. Ils sont populaires en-dehors de l’Ukraine, leurs chansons sont les génériques de certaines émissions de télévision. Selon moi, c’est une très bonne approche de la musique traditionnelle : quand tu parviens à mélanger celle-ci avec quelque chose de plus accessible, à en faire comme une sorte de cosplay, à se déguiser, sauter, tout en jouant du tambourin !

ANR : Bien que très différents, je pense que Jinjer, 1914, et Stoned Jesus sont actuellement les ambassadeurs de la musique ukrainienne…

IS : Oui, absolument ! Spécialement 1914, parce que leur imagerie est basée sur la première guerre mondiale, et ce qui se passe en ce moment peut être interprété comme les signes avant-coureurs d’une probable troisième guerre mondiale… J’apprécie le narratif et le message que véhicule 1914, qui font écho à ce que nous subissons depuis le début de l’invasion russe : dans ce contexte, c’est vraiment super d’avoir un groupe comme eux.

ANR : 1914 est catalogué « black metal », Jinjer pratique du metal « contemporain » mâtiné de djent, et Stoned Jesus appartient à la catégorie musicale nommée « stoner » : serais-tu en mesure de définir cette dernière catégorie ?

IS : Je n’ai jamais considéré que je joue du stoner. Je pense que nous sommes un groupe de doom metal. Je ne suis pas très branché « stoner ». En tant qu’auditeur, mes goûts se portent davantage sur un groupe comme My Dying Bride (Rires) Toutefois, je comprends parfaitement pourquoi les gens nous ont catégorisé « stoner rock » ou « stoner metal ». Déjà, parce que nous avons pour habitude de partir en tournée avec des groupes qui appartiennent à cette scène. Pour ma part, je nous catégoriserais plutôt comme une formation de « heavy proggy grunge », en tous cas un mix entre ces trois courants… Nos influences sont Soundgarden, ou Mastodon, des musiques qui mélangent des parties lourdes avec des parties plus progressives, tout en développant une ligne mélodique… J’ai toujours aimé les mélodies. Soundgarden et Mastodon, quelque soit la chanson, conservent systématiquement cette approche mélodique… Une chanson comme « 4th of July », par exemple, est super-heavy, super-sludge, mais saisissante (Rires)

ANR : Sur votre dernier album, la chanson « Shadowland » aurait parfaitement pu figurer sur Superunknown de Soundgarden : la production et ta voix, sont caractéristiques de ce disque…

IS : Merci ! Tout en sachant que le principal riff de guitare sur « Shadowland » a davantage été influencé par Alice in Chains… Tu vois, ce « TIN-DAN-TIN-DAN-DAN » : c’est du Alice in Chains !

ANR : Vous avez participé à l’édition 2024 du Motocultor : as-tu un souvenir ou une anecdote sur ce passage ?

IS : Oui ! Oui ! Oui ! C’était la deuxième fois que nous avons joué au Motocultor. La première, c’était en 2018, je crois : nous avions joué pour la première fois en public notre chanson « Thessalia ». J’ai récemment revu la vidéo de ce concert, et je me suis régalé en observant la foule apprécier cette chanson. Le public français, en règle générale, est un des meilleurs publics, notamment par sa manière de réagir, c’est un public qui ressent les émotions, qui est passionné… D’ailleurs, nous avions étrenné « Shadowland » au Hellfest, lors de notre passage l’an dernier (NDA : Pouce levé devant la caméra) Le public a adoré, et nous étions fous de joie ! C’était vraiment cool !!!

ANR : Dernière question : t’arrives-tu de repenser après coup à des questions posées en interview ?

IS : Oui, bien sûr ! Parfois, je me dis : « Ahhh ! T’aurais dû répondre ça, t’aurais dû souligner ça ! » J’adore me parler à moi-même (Rires)

ANR : Voilà, c’est la fin de cette brillante interview : merci encore d’avoir accepté notre invitation ! Tu peux, bien sûr, transmettre tes salutations à ton public francophone !

IS : Nous aurons deux occasions de nous voir cet été : nous nous produirons de nouveau au Hellfest, puis jouerons au Kave Fest. C’est toujours un plaisir de venir jouer en France. Nous reviendrons peut-être ensuite, à la fin de l’année, afin d’étrenner les nouvelles chansons de notre prochain album !

ANR : Oui, bien sûr, puisque Songs to Sun constitue le premier volet d’une trilogie…

IS : (NDA : Fait oui de la tête) Oui !

ANR : Monsieur Igor, le moment est venu…

IS : (Rires) Merci de m’avoir invité, ce fut un plaisir !

ANR : Merci, au revoir et à bientôt, salut !

IS : Au revoir (Rires)

 

 

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