Interview avec sam de Welcome-x

jeudi/08/07/2021
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Welcome-x nous fait le plaisir de sortir la suite de volume 1 

qui nous avais mis une bonne claque en 2019 ,ce mélange de

fusion et de grunge avec des pointes de prog.Ce volume 2 est 

la suite logique de ce groupe hors normes. Rencontre avec Sam 

pour nous raconter la gestation de ce superbe album.

Art’N Roll : Comment s’est passée la crise qu’on vient de vivre ?  

Sam : Pour moi ça allait, pour certaines personnes c’était peut-être moins évident. Mais, écoute on a fait avec, comme tout le monde. Pour la musique c’est très compliqué.  Là on a repris un petit peu, on a pu faire les concerts ce week-end après  un an et demi sans monter sur scène, donc, c’est que du bonheur. On espère que ça va continuer. On verra bien. 

Art’N Roll : Tu as eu le temps de défendre ton premier album ? 

Sam : Oui, on a été un petit peu coupé dans l’élan du premier album, parce qu’on avait des dates qui ont été annulées, donc ça a été un peu compliqué. Ça commençait très bien et on a été coupé, comme tout le monde, dans notre élan. On s’est dit qu’on n’allait pas rester là-dessus et on avait l’intention de faire ce deuxième album, il était déjà dans les roues et ça a été un cheminement logique. Et là, pour le coup, le confinement n’a pas eu trop d’impact sur le second album. On a pu l’enregistrer dans de bonnes conditions, on a pu le composer dans de bonnes conditions – il a été composé un peu avantdonc, là-dessus on s’en est bien sortis. 

Art’N Roll :  Vous l’avez intitulé Volume 2 ! Sans vouloir mettre de titre parce que c’est la continuité du Volume 1 ? 

Sam : Exactement ! Tout à fait. C’est la continuité du premier. Il y a des morceaux de ce deuxième album qu’on jouait déjà, d’ailleurs, à l’époque, en live et c’est pareil pour les concerts qu’on a fait ce week-end. Il y a déjà des morceaux, je ne vais pas dire du Volume 3 parce que celui-ci ça va être le cas en plus – mais, il y a déjà les nouveaux trucs, c’est toujours une continuité en fait. Nous, notre matériel il avance, dès qu’on se voit on compose, dès qu’on se voit on continue. Donc, Volume 2 logiquement parce qu’il était dans la continuité du premier, tout à fait. 

Art’N Roll :Vous aviez déjà fait les morceaux avec le Volume 1 ?  

Sam : Il y a des morceaux qu’on jouait déjà à l’époque du Volume 1 qui allaient apparaître sur le Volume 2 et qui avaient déjà été composés. Après, il y a d’autres choses qui sont arrivées après, il y a le morceau du come qui est arrivé après aussi, mais c’est des choses qui étaient déjà dans les rouages.  

Art’N Roll : Dans les starting-blocks…

Sam : Oui c’est ça, exactement.   

Art’N Roll : À partir de quel moment êtes- vous  rentré en studio ?  

Sam :  c’était prévu qu’on enregistre ce deuxième disque et on a eu la chance, bon c’était pendant le confinement, du coup la salle où on enregistrait, donc le Triton qui est notre label, nous était laissé à disposition. Nous, on avait de la musique écrite, on avait beaucoup bossé sur les morceaux, on est rentrés en studio et on a enregistré en six jours cet album. 

Art’N Roll : On à l’ impression que vous travaillez un peu comme Dream theatre ? 

Sam : Non, alors, pas du tout. C’est de la même façon que pour le premier. Au niveau composition, Philippe m’envoie les morceaux, ses idées de morceaux, ses structures qui sont presque des morceaux définis, bon ça évolue un petit peu, mais c’est même plus qu’un squelette. Moi, je pose mes idées de mélodies de voix, mes idées et j’écris les paroles. Après on se retrouve tous ensemble, on les fait tourner, on écrit. Tout est écrit, les solos sont écrits, c’est de la musique écrite en fait. Et après, du coup, on est partis en studio et on a enregistré ensemble en fait. C’est-à-dire qu’on ne se met pas chacun dans une pièce différente, on a enregistré basse, batterie, les deux guitares en condition live. Moi, j’ai enregistré mes voix dans la foulée, les jours d’après, mais avec tout le monde.  Avec Martin Antiphon qui a enregistré l’album . mais il n’était pas là sur le 1. Donc, il nous a fait une super prod, un super enregistrement. Il a cette espèce de vibration qui est la même que nous, il ressent le truc. Il a donné un son, peut-être un peu plus, je ne sais pas… plus metal, mais…  Vu la réception du deuxième album, je ne sais pas, peut-être que ça se joue aussi sur sa production. 

Art’N Roll :  Quand on écoute Thylacines Blues, le premier morceau, je trouve que c’est le titre le plus ambitieux que vous ayez fait de toute votre petite carrière – on va dire pour le départ – ça va changer quand on sera au Volume 14 ! (Rires). Thylacines Blues, pour moi il est, on a dû te le dire souvent, entre Faith No More et Black Sabbath. 

Sam : Oui, c’est un peu ce qu’on nous dit. Ce sont des références qui reviennent. 

Art’N Roll :  Des références, qui sont vraiment impressionnantes ? 

Sam : On ne s’en rend pas compte quand on le fait nous, parce qu’on fait la musique qui nous plait à nous. Après, on s’est nourris de tellement de choses différentes que forcément ça réapparaît quelquefois. Mais il y a l’ombre des mélodies des années 90 qui plane forcément et puis des piliers, que ce soient Sabbath ou AC-DC ou ce que tu veux. Mais, on s’est nourris de tout ça et voilà peut-être que ça ressort plus sur cet album-là. 

Art’N Roll : Est-il vrai que c’est une forme de trilogie ce nouvel album ?  

Sam : Oui. C’est un triptyque. Il est séparé en trois parties. 

Art’N Roll : La jonction entre Sakura et la partie 2  est flagrante. C’est une continuité ?

Sam : À la base, il y a cette espèce de respiration en plein milieu. Ça commence par Thylacines Blues et Bullseye qui sont deux morceaux très rentre-dedans, très produits, très travaillés et on a cette respiration au milieu avec cette intro de basse très lancinante. Et puis, Everesting Light et Scent of Sakura qui sont trois morceaux, mais qui en fait sont une même pièce. C’était à la base un seul morceau qu’on a découpé en trois, mais c’est un même morceau. D’ailleurs en live on le joue en un seul morceau. Après, avec la porte de garage qui s’ouvre, on est rentrés après sur un trip plus garage, plus direct avec Inevitable Collapse et le reste des morceaux. Mais oui, ça s’est séparé naturellement en trois parties. C’est qu’on fait en live, mais c’est un truc naturel, je ne sais pas, c’est comme ça qu’on a conçu le truc. 

Art’N Roll : Avec cet album on a du mal à vous donner une étiquette, est-ce qu’un jour on vous en donnera une ?  

Sam : J’espère pas ! (Rires)

Art’N Roll : Vous êtes un peu un OVNI dans le milieu du metal actuel !   

Sam : C’est ça, je préfère qu’on dise ça ! Il y en a qui disent metal alternatif, il y a en a qui disent rock-prog… Je m’en fous complètement, après quand tu écoutes, quand tu pioches dans l’album, tu vas retrouver, même au niveau metal, il y du metal différent. Tu peux faire un growl death, ça peut partir en doom, des trucs plus stoners, des trucs plus psychés. Et c’est pareil pour le reste des tonalités de guitares que tu vas avoir : tu vas avoir des trucs très calmes, très lancinants, des choses beaucoup plus, comme tu disais, Faith No More, des choses un peu plus tool, c’est un mélange d’un peu tout ça. Après les étiquettes tu sais, je laisse aux gens le plaisir de les faire, mais, nous, je vois ça plus comme : on est dans une bagnole, il y a une route et on décide d’aller par là ou par là. Quelquefois, il n’y a même pas de piste et on essaye de voir où ça mène.

Art’N Roll : Encore une fois la basse et la guitare sont bien mises en avant ,?

Sam : Oui, la basse c’est l’assise, encore une fois c’est ce qui fait les morceaux… Au fond du temps, en fait tout est un peu homogène, mais on aime bien le côté organique, le son organique des guitares, le son organique de la batterie, le son organique de la basse, pour avoir le ressenti de l’instrument. C’est pour ça qu’il y a eu très peu d’effets finalement sur la production, mais on a essayé d’avoir le truc le plus organique possible. Pareil pour la voix, c’est un instrument, je suis dans le mix, je ne suis pas complètement en avant. 

Art’N Roll : Dans l’avenir vous avez l’intention d’ajouter un instrument, une voix ?

Sam : Non, là l’enregistrement par exemple il y a deux morceaux où il y a du violoncelle, mais c’est Tom, Thomas Coeuriot, qui est multi-instrumentiste qui joue du violoncelle sur ces morceaux-là. Sur le premier album il y avait une espèce de chant ou c’était Yohan notre premier batteur qui le faisait, on aime bien plein de sonorités, j’aime bien ce qui apporte un truc. Alors dans le futur album s’il y a besoin d’une ambiance à la scie musicale ? Peut-être qu’on aura de la scie musicale, je ne peux pas le dire. Bon, clavier, non, je ne pense pas. Nous notre mouture, là le groupe, la structure, il est comme il est, mais on n’est fermés à rien du tout. Si on a des idées, un mec qui joue du didgeridoo ou ce que tu veux, ou crier dans une trompette, peut-être pourquoi pas ? Mais comme j’ai la chance de bosser avec des zicos qui savent toucher un peu à tout, on le ferait un peu nous-mêmes, tu vois. 

Art’N Roll : Vous avez changé de batteur ?   

Sam : Oui, alors on a changé de batteur il y a un petit moment quand même, mais en effet c’est Julien qui a remplacé Yohan, ça fait maintenant deux ans. Il est arrivé très peu de temps après l’enregistrement du premier album et c’est un mec qui a la même sensibilité que nous, qui a appris tout de suite les morceaux. Yohan, on n’a plus pu continuer ensemble parce qu’il est très pris, c’est un batteur qui est très demandé question planning c’était très compliqué, donc il a fallu s’adapter. Il ne pouvait pas faire certaines dates en live et Julien est arrivé et avec lui on a fait les lives et on a continué à faire des morceaux ensemble et du coup, voilà, la logique a fait qu’il l’a remplacé naturellement. 

Art’N Roll : La pochette et le livret à été realisè par Emgalai Grafik comme sur votre premier album ?

Sam : Oui, même graphiste et même façon de bosser. Il a reçu les morceaux, je lui ai fait des petites notes d’intention sur ce que voulaient dire les paroles et sur ce que ça voulait exprimer, il y avait des petites idées de croquis. Après, c’est lui qui a fait son truc et avec le ressenti qu’il avait. Tout est fait à la main, ce que tu vois sur l’album c’est un fait un grand dessin sur A3 qu’il a fait à la main, qu’il a colorisé après numériquement. Un gros travail, avec des artworks qui représentent, soit un morceau en particulier, soit deux, soit l’ambiance générale de Scent of Sakura qui est au milieu, qui représente les trois morceaux. Il a fait un super boulot et comme tu peux le voir sur le premier album qui était plus couleur rouille, fer, metal….et là on est passé sur le côté un peu bleu, plus aquatique, mais c’est toujours lié aux éléments, il y a toujours le côté élémentaire là-dedans. 

Art’N Roll : Toujours un peu sombre dans les idées ? 

Sam : Dans les paroles, oui. Je ne sais pas, j’ai envie de dire c’est un constat sur monde dans lequel on vit, donc, alors il y a des choses toujours positives, mais je pense qu’on ne va pas dans la bonne direction quoi ! (Rires) Forcément, il y a un côté un peu fataliste des choses. 

Art’N Roll : a tu encore trouvé de l inspiration chez Jack london pour les paroles?  

Sam : Non, je me suis inspiré de ses textes pour le premier album, mais pas pour celui-là.   Il y a des idées de Noam Chomsky, il y a encore plein de choses. Mais, moi je bosse au muséum d’histoire naturelle donc j’ai toujours ce côté naturaliste dans le fond. De là où l’on va, de la planète, les éléments, tout ce changement qui se fait, là, en plus, avec la crise sanitaire, ça a encore plus exacerbé les choses, mais c’est plus un constat général. Après, je peux faire une chanson qu’on remanie, qui parle d’un fait divers particulier, d’un gamin aux États-Unis, qui joue dans une ruelle avec son petit camion en pleine nuit. Les flics sont arrivés et puis en allumant la lumière, le jeu d’ombre à fait qu’ils ont pensé qu’il avait une arme et cet enfant s’est fait abattre et c’est déjà arrivé plusieurs fois. À partir de là, j’ai écrit cette chanson, Ombromanie ça veut dire jeux d’ombre, mais quand tu prends du recul, ça ne parle pas que de ce fait divers, ça parle d’un truc beaucoup plus profond, plus large, de cette projection que tu peux avoir dans des thèmes différents. Les thèmes sont toujours inhérents à la nature, au dogmatisme religieux, que je combats, qui est contre la science. Toutes ces choses-là, alors forcément on dit que c’est sombre, mais qu’est-ce que tu veux (rires)… C’est l’impression que c’est le moment qui est dur, tout simplement ! 

Art’N Roll : Cela changera peut être avec votre volume 3 ?

Sam : Peut-être ? L’art ? Des fois, il y a cette colère, des fois c’est plus un constat, des fois c’est contemplatif, mais voilà, c’est juste de l’observation en fait, sans jugement, je ne propose rien du tout, c’est juste ce qu’il se passe devant nos yeux.  

Art’N Roll :Toujours fan de grunge ? 

Sam : Ouais ! (Rires)  mais du blues surtout à la base, et qu’on partage avec Jo, le guitariste du groupe, qui est très blues, mais là, tu l’as un peu sur cet album sur Inevitable Collapse, forcément le côté de la musique des années 90, de Soundgarden à Alice in Chains, c’est le côté mélodique, ces mélodies qui me plaisent, ces mélodies j’adore. Avec toujours des super chanteurs. C’était de la musique très ressentie, en fait, il y avait un côté très urgent qui me plaisait beaucoup. Comparé à aujourd’hui où c’est de la musique très produite, parce qu’on a maintenant beaucoup accès à tout ce qui est studio numérique chez soi, c’est personnel, donc tu n’es plus dans ton garage avec tes copains…  donc c’est plus froid. Et tu le ressentais dans ces albums-là, le côté il pleut dehors on joue dans le garage et on fait un truc…

Art’N Roll : La scène metal c’est ce qui vous rapproche le plus, quel est ton point de vue sur la scène de nos jours car Phil viens plus du jazz ?

Sam : Il vient de  Magma, il peut autant écouter du Coltrane que… c’est un fan de meshuggah, de Sleep, il adore des trucs de punk, c’est un fan d’AC-DC, de hard-rock, de Black Sabbath. Après, quand on s’est connus, je lui ai fait écouter d’autres trucs, peut-être plus underground, des trucs comme Cult of Luna, des choses comme ça, mais il a toujours été très metal. Notre guitariste, Tom, Thomas Coeuriot, qui a d’ailleurs composé 32GE sur l’album qui est très doux, lui est un fan absolu de death metal, du groupe Death, de Suffocation, d’Immolation donc tu vois, alors que pourtant, c’est un guitariste virtuose qui fait beaucoup de choses, il peut jouer autant du blues que d’autres…

Art’N Roll : Le dernier morceau il est très proche du doom ? 

Sam : C’est du doom ! En plus, c’est le nom qu’il a donné à ce morceau 32GE, c’est le symbole chimique du germanium et le germanium c’est un composant chimique que tu retrouves dans les pédales Fuzz, qui font ce son en fait et donc on a trouvé ça drôle d’utiliser ce nom-là. C’est Tom qui l’a appelé comme ça et lui je pense, ce qui a joué, c’est de ressentir chaque coup de gratte, tu sens la distorsion, le truc très lourd. 

Art’N Roll : Cet album, il n’y a que des bons retours pour l’instant ? 

Sam : Beh ! il est sorti le 25 juin, là, écoute, au niveau retour on est assez surpris. On est très, très contents. Là, on a eu une interview sur Rock Hard, album du mois et tout ça, on a eu un super soutien, des gens qui viennent nous voir en concert, des retours assez incroyables, oui ! On espère que ça va continuer et qu’on va pouvoir le défendre en live, jouer le plus possible.  

Art’N Roll :  vos prochains projets, là, c’est la tournée ? 

Sam : C’est jouer, pouvoir être programmé, c’est pouvoir jouer, en espérant que les conditions s’améliorent. Parce que finalement, pour nous le groupe, le passage studio est obligatoire, mais c’est sur scène qu’on s’exprime, on adore.  

Art’N Roll : Le public, tu le préfères assis ou debout avec votre musique ? 

Sam : (Rires). Debout, debout, il faut pas déconner non plus !  

Art’N Roll :  Tu va donner une suite à Nekkral?

Sam : Écoute, on ne sait pas encore. Peut-être qu’il y aura une prochaine de Nekkral. Là, j’ai monté un autre projet à côté qui s’appelle Gnole.  Nekkral qui est beaucoup plus doom, death, et la plus sludge, plus dans l’esprit Greif, I had god, pour ceux qui connaissent. Un peu plus hard core. Mais tu sais moi, tant que je peux jouer et chanter je fais toujours mes trucs.  

Art’N Roll :  je te laisse le mot de la fin si tu as un petit message à faire passer. 

Sam : Oui. Cet album-là on l’a dédicacé à James, c’est James McGaw, qui était le guitariste de Magma pendant de longues années, qui est décédé. Il était le frangin, le frère d’armes de Phil sur plein de projets différents puisqu’ils se connaissaient depuis qu’ils étaient gamins. Moi, je l’ai connu il y a un petit moment aussi, on est devenus très potes. Il aurait fait partie de cet album, je pense, il aurait joué dessus s’il n’était pas décédé. Voilà, on lui dédicace toujours un morceau du premier album parce qu’il venait nous voir en concert et en répet à l’époque. Il a assisté à la création de ce projet et il sera toujours là. Et si vous ne connaissez pas James McGaw allez écouter ! c’était un des plus grands guitaristes qui ait foulé cette terre.  Il nous a quittés, mais il sera toujours là sur les albums.

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