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Interview avec Jérôme et  Raph du groupe Acod

mardi/03/09/2019
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Interview avec Jérôme et Raph du groupe Acod lors de leur passage au Hellfest 2019 dans le cadre de leur Road to Nowhere Tour.

 

Art N Roll: Votre dernier album « The Divine Triumph » est sorti en aout 2018. Comment ont été les retours sur l’album ?

Jérôme (Guitare/Basse) : Franchement, l’intégralité des chroniques ont été positives. On a eu des très gros zines comme Metallian par exemple. Il a été super bien reçu en France. On a su assembler une bonne équipe qui a fait un super travail de promo avec Roger de Replica (ndlr agence de promo) qui a hyper assuré. Vraiment, cet album a été très bien reçu.
En live c’est très bien passé aussi. Il faut savoir que les morceaux de l’album se suivent et qu’on essaye d’en jouer le maximum dans le même ordre en concert en fonction du temps de set qu’on a.
Et on essaye de plonger tout le monde dans cet univers qu’on a créé, en aillant des détails scéniques, des dress-codes, des tridents etc. On ne vient pas juste avec des claquettes et voilà, on fait du metal (rires) !

 

ANR: Il y a-t-il des groupes que vous voulez voir ce weekend ?

Jérôme : Il y en a un, UN. Emperor ! Ce groupe a une influence assez spéciale par rapport à nous, c’est une des plus grosses. Il y a aussi Cradle of Filth car on a pas mal joué avec eux ces derniers temps, on a fait leur tournée européenne et on rejoue la semaine prochaine avec eux, d’ailleurs, à Colmar et la veille avec Cannibal Corpse. Ça va être chargé ! On enchaine la semaine suivante avec les 4 dates françaises d’Arch Enemy dans le sud-ouest. C’est d’ailleurs bizarre car, toutes les dates françaises sont dans le sud-ouest. Mais vu que le groupe enchaine les festivals le weekend, ils comblent leur planning avec des dates en chemin pendant la semaine. Je pense qu’ils visent des villes qu’ils ne font pas d’habitude et en profitent pour se faire quelques vacances. Tant mieux pour nous !

 

ANR: Pour la sortie du dernier album, vous avez sorti 2 clips à l’esthétique assez similaire. Pourriez-vous nous parler de la création de ceux-ci ainsi que du travail sur le visuel ?

Jérôme : C’est un travail assez compliqué car c’est un travail permanent. C’est une grosse volonté qu’on a de créer un univers cohérent. On est fan des années 90, des Morbid Angel, Dissection, Emperor, tout ça… Et ce que tu ressentais dans ces albums-là, c’est un univers. Tu regardais la pochette, tu écoutais l’album, tu plongeais dedans. Le streaming, les albums digitaux, acheter un album digital sans avoir le livret, c’est un truc incompréhensible pour moi. Et dans les clips, tu peux exprimer visuellement ce que tu ne peux pas faire sur papier.
Et ça, il y a beaucoup de groupes qui ne le comprennent pas et font des clips de m**** où on voit juste le groupe qui joue et c’est tout. Alors qu’il faut profiter de l’opportunité de montrer quelque chose d’autre.

Raph (batterie) : Pour nous, c’est vraiment l’occasion de s’exprimer à fond. Tout a été calculé au niveau des costumes, etc. On en a réalisé une partie d’ailleurs. On a tourné sur des lieux chargés d’histoire. Dans « Road of Nowhere » par exemple, le premier clip, la première image que tu vois sur la mer, c’est une falaise près de chez nous qui est un lieu réputé pour son taux de suicides élevé. Le lieu est magnifique mais derrière, il y a une histoire sombre. Et ce sont 2 aspects qu’on fait ressortir dans notre musique. Et la pochette représente tout à fait ça, c’est une « merveille » mais derrière, il y a un trou noir qui aspire tout et la suite, l’album suivant, se passera dans ce trou noir, on plongera dans les abysses.
On a la chance de savoir ce qu’on veut d’un point de vue artistique et d’avoir trouvé les bonnes personnes pour les clips et les photos qui ont réussi à aller encore plus loin dans le concept.
Pour la session photo, on a pu aller dans une vielle mairie au-dessus d’un village avec une vue incroyable de nuit, etc. Il y a vraiment eu une espèce de magie dans toute la conception de l’album.

 

ANR:  Vous êtes actifs depuis bientôt 13 ans maintenant avec 4 albums et 2 EP sortis. Comment voyez-vous l’évolution du groupe ?

Jérôme : Pour moi, le groupe a une ancienneté qu’on ne peut pas renier quand-même car ça fait partie de notre expérience humaine et musicale qui nous donne du recul sur ce qu’il ne faut plus faire. Mais, c’est vraiment avec ce nouvel album et le line-up actuel que Acod s’est trouvé. Ce n’est vraiment pas comparable à ce qu’il y a eu avant. On a eu une voix claire à l’époque et on faisait un mélange de heavy black death machin, ça allait dans tous les sens. C’est le jour et la nuit, il reste le nom mais il n’y a que ça. Même le nom ne veut plus dire la même chose. Tout a changé, c’est une mutation en fait. On ne reviendra pas sur ce qui a été fait, on ne crache pas dessus mais on n’y reviendra pas.

 

ANR: Comment se passe le processus de composition au sein du groupe ?

Jérôme : C’est assez classique, je m’occupe de tout ce qui est cordes. Des fois j’ai des idées quand je suis à la maison et je travaille mon truc puis je le présente à Raph et on fait les drums et tout ce qu’il faut. Parfois les idées viennent et je prends une guitare et on compose ensemble mais ça reste très fermé, on fait ça à nous 2.

Raph : En effet, c’est souvent Jérôme qui amène les riffs. Des fois il a des idées de structures et d’autres fois, c’est moi qui vais faire les structures en faisant les batteries et en fonction de comment je vois le morceau.

Jérôme : pour le chant, on ne s’en occupe pas trop. On sait ce qui doit être dit et on laisse Fred le faire et il le fait très bien. Nous, on s’occupe vraiment de la partie musicale. On essaye de faire quelque chose de béton pour les préprods.

Raph : Et il n’y a pas de hasard, on sait qu’on veut tel type de morceau, celui-là dans tel style, celui-ci dans un autre, etc. Vu qu’à chaque fois c’est un album concept, il faut que les morceaux correspondent à des chapitres. Il faut que ce dialogue soit clair et c’est à nous de trouver le bon ordre. Ça influence vraiment sur les riffs et sur les morceaux.

Jérôme : Le secret de la composition maintenant, c’est de savoir prendre le recul. Des fois tu as la tête dans le guidon, tu te dis que c’est génial mais est-ce que tu te le dis parce que tu l’as fait ou parce que c’est vraiment bien ? Tu vois certains groupent faire des trucs démonstratifs à donf et c’est super à jouer mais c’est moins bien à écouter. C’est pourquoi après de grosses phases de compositions, on calme, on en ressort et puis on y revient plus tard. Si on enchainait directement composition et enregistrement, il y a plein de défauts qu’on laisserait passer.

Raph : Et ça nous permet d’affiner notre discours. La remise en question est vraiment nécessaire. Mais après il faut savoir dire stop et se dire « c’est bon, l’album on l’a ».

Jérôme : Le mieux est l’ennemi du bien.

 

ANR: Comment préparez-vous vos shows ?

Jérôme : C’est un peu compliqué parce qu’on a un show avec une identité visuelle avec les photos, les clips etc. Comme je t’ai dit, on ne peut pas débarquer avec des débardeurs blancs et des claquettes Fila. Donc on a déjà des tenues de scène qui correspondent à l’image mais le problème, c’est qu’on a des intervenants, des guitaristes sessions. Des fois, ils n’habitent pas à côté. Là, on a fait une date avec un guitariste qui vient de Mâcon et l’autre de Thionville et nous, on est à Marseille ! Pour les intervenants, il faut évidement que leurs jeux soient impeccables et qu’ils carburent parce qu’on ne fait qu’une ou 2 repet donc, il faut qu’ils soient en place. On leur fait confiance, ce ne sont pas des manches. Et ensuite on se concentre sur la partie visuelle mais, c’est toujours pareil, on se remet en question. On regarde les vidéos et on se dit « p*tain, il aurait fallu faire ça, ou ça… ». On est hyper intransigeant avec nous-même. Même si on nous dit que c’était bien, on se dit toujours que ce n’est pas encore assez. Avec le recul, je ne pense pas que ce soit nul non plus, mais il y a toujours des améliorations à faire et c’est comme ça qu’on avance.
Ce sont des détails mais, par exemple, on se peint les bras en noir sur scène, comme la fille du clip qui meurt à la fin. Et je pense que ce sont tous ces détails qui font que le show est au point au final.

ANR: Il y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas encore fait avec le groupe que vous aimeriez faire ?

Raph : Ce serait une distribution internationale. C’est l’objectif pour le prochain album. Là, on a eu la chance de faire la tournée européenne avec Cradle et c’est cette optique qu’il faut développer. Aller à l’étranger. Là, on a beaucoup de dates françaises qui arrivent avec des gros groupes mais ça reste des dates françaises. L’année prochaine on va vraiment viser l’étranger.

 

ANR: Quels sont les projets du groupe pour le prochain album ?

Raph : Ce sera la suite de « Divine Triumph ». On est parti sur une trilogie donc, comme on t’a dit tout à l’heure, on va plonger dans les abysses. Ce sera évidemment plus sombre. On sait déjà le visuel qu’on veut, on a l’idée. Pareil pour les clips, etc. Ça cogite déjà.

Jérôme : Artistiquement parlant, on sait ce qu’on veut. Le nerf de la guerre, ce sont les gens qui nous accompagnent : booker, label, contrat de promo etc. C’est ce qui fait que le groupe va avancer ou pas. Si on bosse avec un booker qui nous trouve 10 dates en France et c’est tout, ça nous tue complètement. Là, on a signé sur une major ce qui est déjà un sacré phare sur nous. Un groupe de metal extrême qui signe sur une Major c’est un truc de fou.  Mais on va voir maintenant ce que ça va donner. Là on bosse avec K-prod qui est hyper pro. Il nous a trouvé des dates de malades et comme on tourne avec des groupes de fous, ça nous fait un double phare.
Et ce sont ces gens là qui font qu’on est aussi visible et que l’album soit aussi bien accueilli et qui font avancer le groupe.

 

ANR: Quel est votre souvenir de tournée le plus dingue ?

Jérôme : Ha oui, un truc drôle : pendant une date avec Cradle, ils ont trouvé un gode sur scène ! Et on ne sait pas d’où il vient, il n’y avait que nous et eux. Il y en a un autre qui a atterri dans la batterie de Raph… Et ce n’est arrivé qu’avec Cradle, les mecs n’ont pas compris et ils ont fait des selfies avec (rires).
Le gode fantôme ! Va sur leur Instagram, tu devrais trouver les photos !

 

ANR: Il y a-t-il une autre activité artistique (ou autre) que vous pratiquez en dehors du groupe ?

Jérôme : Fred fait de la dance créole et il a une activité de réflexologie qu’il appelle le caresseur où il caresse les hommes sans les toucher pour qu’ils se détendent. Le plus important, c’est le nombre de cm entre ses mains et la peau, ainsi que l’angle d’approche (ndlr : je ne suis pas sûr que c’était sérieux mais je trouvais ça drôle de le laisser dans l’interview quand-même).

 

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