HOT on the rocks!

Interview de Doyle Airence

jeudi/10/10/2013
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ANR : Tout d’abord peux-tu nous parler un peu du groupe, comment vous en êtes venus là ?

TAK : A la base c’est Seb et moi qui nous sommes connus en 2006, on a pris environ un an à composer des morceaux tous les deux. Par la suite on a été rejoint par Loki et Austin. Austin notre guitariste actuel et Loki notre ancien chanteur. A partir de là on a enregistré l’EP 4 titres « submerge » à l’époque on n’avait pas de bassiste, mais par magie il y avait le bassiste de Enhancer, qui avait accepté de jouer sur notre EP, on était content, ça commençait assez bien. Ça nous a permis de commencer à faire des scènes comme la boule noire avec des groupes américains comme Silverstein, des groupes assez prestigieux, ça nous a un peu lancé. Puis notre chanteur allait devenir papa et on n’avait pas les mêmes ambitions, comme ça arrive, donc il s’est barré et Thomas nous a rejoint assez rapidement. Nous avions déjà fixé les dates d’enregistrement de l’album donc on était assez dans le stress, lui il avait à peine quelques mois pour écrire les textes en plus faire des arrangements et tout bosser… Mais il se trouve que tout c’est bien passé, donc on sort l’album en 2010, enregistré par Yvan Herceg et mixé par Ulrich Wild puis remasterisé en France, donc ça nous a permis de tournée avec deftones, the chariot, between the buried enemy, vraiment que des groupes que j’adorais, surtout Deftones. Quand j’ai commencé à faire de la musique je n’aurais jamais pensé jouer avec eux ! Donc c’est un truc qui nous a vachement formés. Par exemple quand on a commencé à jouer avec Deftones, c’est vrai qu’on avait plus du tous les mêmes exigences, on a appris à s’installé en 5 minutes, à ne plus rien laisser trainer enfin tous ces trucs, on a commencé à être dans un procédé de professionnalisation. Ensuite nous avons fait pas mal de tournées pendant deux ans et là ça fait un peu plus d’un an qu’on a commencé à bosser sur les pré-prods de l’album actuel et là, notre ancien bassiste a décidé de nous quitter et on a trouvé Pierre. Pendant un an on a bossé sur l’album actuel, je me suis improvisé producteur pour les pré-prods, on a pu bien avancer et bien travailler et en mars on a enregistré avec Francis Caste au studio Sainte-Marthe. Et ça se passe super bien, puisque un mois après on a signé chez Lifeforce Records et là, la sortie arrive et on est super exités avec tout ça.

ANR : Du coup par rapport à la tournée que vous avez fait, il y a eu une évolution dans votre musique et votre façon de composer ?

TAK : Oui complètement, avant, quand on a composé le premier album on n’avait pas d’expérience de scène, à part les petites dates ponctuelles qu’on faisait. C’est vraiment à l’issue des tournées du premier album que l’on a réalisé les domaines dans lesquels on était bons et les domaines où on était des merdes, ah ah ah. C’est ça aussi. Dans le premier album on essayait de faire beaucoup de choses, beaucoup d’influences puis on était plus jeunes, on voulait faire trop de choses différentes, j’étais plus jeune, c’était moins clair dans ma tête. Donc on a fait beaucoup de styles différents et on n’arrivait pas trop à définir une démarche artistique qui est forte et dominante. C’est avec les concerts, on s’est dit, faudrait peut-être lâcher tous les trucs métal on n’est pas forcément bon et on est meilleurs pour poser des ambiances, des atmosphères, faire exploser ces atmosphères… C’est là que l’on a commencé à définir notre champ lexical, donc oui ça a clairement changé notre façon de composer.

ANR : Et qu’est-ce que ça fait pour un « petit » groupe parisien de se retrouver en tournée avec de si gros groupes, au début surtout ?

TAK : Bah ça fout la pression ! En fait, je pense que c’est un bon élément de motivation. Par exemple Chariot, ils arrivaient, ils jouaient et on se disait, putain, les gars ils démontent tout, ils foutent la merde, ils s’abandonnent complétement sur scène quoi ! Du coup y avait un peu ce syndrome d’escalade, on se disait, merde, faut qu’on assure aussi, finalement, être confronté comme ça, ça apprend à être aussi dynamique qu’eux, y a cet aspect scénique qui était super important aussi. Et même si ça se passe mal c’est toujours une expérience, mais heureusement ça s’est toujours bien passé. Surtout Deftones on avait peur, c’est quand même un public assez élitiste, tous les groupes qui auraient aimé jouer en première partie, on savait que la moitié de la salle ça seraient des groupes, donc c’est pas super agréable de se dire je vais devoir me surveiller au lieu de me lâcher. Donc il y avait ce côté ou on a appris à gérer aussi ces aspects la de pression, de mauvaises ondes alors que tu fais de la musique ! Mais c’était très formateur. C’était des expériences très différentes. Animals as leaders on se retrouvait en fait avec un public un peu geek quoi, des gars qui se faisaient taper dessus à l’école. Donc les gars venaient, ils regardaient nos pédalier et tout… Donc fallait qu’on fasse un show mais pas qu’on fasse n’importe quoi non plus. A chaque tournée on avait une contrainte différente, donc c’était vraiment formateur.

ANR : Et quel est le public que vous avez le plus apprécié durant ces tournées ?

TAK : Je pense que c’était avec Chariot, car à la fin ils sont imprévisibles. Tellement ils s’abandonnent, ils sont fous sur scène que les fans sont déjà dans un état second, quand on joue on ne sait pas à quoi s’attendre. Des fois on arrive à peine c’est déjà le chaos ! Et aussi on a appris beaucoup car des fois en concert y avait 1000 personnes, ils se défonçaient et le lendemain pour diverses raisons, y a 10 personnes et ils se défoncent autant ! Et ce rapport au public, ça fait vachement réfléchir sur le statut de groupe. En fait personne n’est une diva, les gens se sont déplacés, y a aucune raison qu’ils n’y aient pas droit.

ANR : Après la tournée vous avez changé votre nom, par rapport à Mysfits c’est ça ?

TAK : On était obligés, c’est le guitariste du groupe mythique, en fait il s’appelle Wolfgang Doyle Von Frankenstein et il s’est produit sous d’autres noms aussi. En 2013 il s’est dit voilà je vais monter mon groupe qui s’appelle Doyle, c’est son prénom il a le droit, il avait vu qu’on existait, il a pris le temps de trademarker. Ça coute beaucoup d’argent de le faire, nous on n’a pas les moyens… Donc on a reçu un gentil mail deux semaines avant le changement de notre nom par l’avocat de ce monsieur, qui nous dit ce nom est trademarké, on s’en fou de vos antécédents, nous voulons que vous changiez de nom. On s’est dit c’est pas possible, on peut pas se faire violer comme ça, avec ce qu’on a fait avant… On a eu la chance d’avoir une avocate qui a bien voulu écrire une réponse, les gars se sont donc calmés un peu, on leur a dit pas possible, on a des antériorités, vous ne pouvez pas nous avoir comme ça. Grace à ça on a pu garder le nom Doyle, le contrat était de rajouter un nom ensuite. Naturellement on s’est dit John Airence, on avait ce personnage un peu mystique que l’on avait travaillé autour de Doyle, on s’est dit que ça pouvait être logique… Puis pour le référencement c’est plus pratique, ah ah ah ! Et ça a bien été pris par le public également donc ça va. Puis c’est le premier truc qui nous est arrivé avec le label, ils ont étés super compréhensif heureusement.

ANR : Par rapport à Lifeforce records, comment ça s’est passé ?

TAK : Bah on a enregistré avant, souvent les labels maintenant attendent que les groupes fassent tout eux même, donc j’ai démarché avec les maquettes. On avait des petites touchent mais ils voulaient le master, donc une fois fait on a signé, mais c’est quand même eux qui s’occupent de la distribution. C’est plus dur, plus long mais c’est notre album.

ANR : Le fait de chanter en Anglais ?

TAK : C’est juste que ça sonne mieux. Loki était plus à l’aise en Français, mais maintenant ça me dérange de chanter en Français. Puis c’est quelque chose que je n’aime pas dire, mais c’est vrai que notre musique doit tourner un peu partout dans le monde donc ça passe mieux…

ANR : Et en dehors de la musique, vous avez d’autres activités ?

TAK : Oui, Thomas il fait des bijoux, il était à la fashion week, ça commence à marcher pas mal. Sébastien à un projet rock il fait ça avec son frangin qui fait de la guitare. Et moi je suis architecte de formation, à coté j’ai une structure de visuel artiste, je travaille sur des installations audio-visuel avec des projections mapping, si vous êtes curieux vous pouvez aller voir sur www.nonotak.com et là on a des vidéos de nos installations, on a exposé au festival de mapping de Genève.

ANR : Votre album sort le 14 en France et le 29 aux Etats-Unis, vous avez des dates de prévues ?

TAK : Le 18 octobre à Chelles au cuisine, le 19 au backstage à Paris et le 25 à Seclin Rock à coté de Lille.

ANR : Une tournée ?

TAK : On y bosse mais rien de sur donc on ne peut pas en parler.

ANR : Des festivals ?

TAK : on aimerai bien le hellfest entre autre, enfin, un festival, ça permet de toucher des personnes qui n’auraient pas pensé à écouter ce que tu fais aussi.

ANR : Un petit mot de la fin pour vous décrire et qui pourrait donner envie aux gens de vous écouter ?

TAK : Alors on est un groupe qui pose des ambiances et qui les poussent à bout jusqu’à une certaine explosion… Je ne dirais pas que c’est du metal en fait, je dirais que c’est plus un mélange d’énergies explosive et des ambiances très lourdes. C’est le truc dont je suis le plus fier en fait, d’avoir pu jouer sur ces deux entités.

 

Merci à vous Art’N Roll !

 

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