Art’N’Roll : Hier, jeudi 29 octobre, vous avez posté le message « En route pour le Westill ! », vous étiez en train de boire une bière sur une terrasse ensoleillée… Où étiez-vous ?
Simon « Dragon » Bouteloup (Basse) : On était à l’aéroport ! On était à Charles de Gaulle ! On a fait Berlin / Charles de Gaulle, puis Charles de Gaulle / Nantes ! On n’était pas en terrasse, on était au Terminal F (Rires)
ANR : C’est votre deuxième passage au Westill, la dernière fois, il me semble que Lupus avait perdu sa voix sur le deuxième morceau…
SDB : Et ouais !
ANR : Quel souvenir gardez-vous de votre premier passage au Westill ?
SDB : Déjà on se souvient de ça, oui (Rires) Cela n’était jamais arrivé avant, et cela n’est pas reproduit depuis ! Le « pas de bol » !
ANR : Le public vous avait rappelé pour que vous continuez en instrumental !
SBD : Ils étaient bien chauds, oui ! J’en garde un bon souvenir… Aujourd’hui, nous sommes de retour, et je constate que le festival s’est un peu agrandi ! C’est bien décoré à l’extérieur…
ANR : La jauge a augmenté, et c’est sold out depuis des mois ! Il y a dix ans, Kadavar jouait au Trianon…
SBD : Avec Blues Pills !
ANR : A l’époque, vous étiez qualifiés de « rock psych » façon « années 1970 » : avez-vous évolué depuis, ou est-ce toujours votre style ?
SBD : C’est toujours une part de l’identité du groupe, et au départ ce qui nous a réunis. Le « psyché » nous unit, et un label que tu peux mettre sur le groupe ! Je sais bien que c’est assez vague, il y a des moments plus « stoner », il y a des moments plus « metal », mais le « psyché » reste l’élément fondateur !
ANR : L’année dernière, vous avez publié un morceau, « Total Annihilation », qui flirte presque avec le thrash metal, était-ce exceptionnel ?
SDB : Est-ce qu’on annonce quelque chose ? (Rires) Cela, tu le verras avec le prochain album !
ANR : Vous avez annoncé une trilogie d’albums : où en est l’album à venir ?
SDB : Le truc de la trilogie, c’est ce que tu te dis au départ (Rires) On a déjà des chansons de prêtes, on va certainement attendre l’année prochaine pour plancher là-dessus, et faire quelque chose de différent… Après, il y a souvent une différence entre notre perception du résultat et celle des auditeurs, c’est ce qui s’est passé pour I Just Want To be A Sound, qui nous a semblé « dark » et qui a été ressenti comme « pop » par le public !
ANR : Et si le « dernier dinosaure vivant » (NDA : Référence au titre « Last Living Dinosaur ») était, en définitive, les oiseaux ?
SDB : (Rires) Je ne m’attendais pas à cette interprétation ! Tu l’as pris au premier degré alors ?!?
ANR : Je l’ai pris, justement, au deuxième degré !!!
SDB : En tous cas, à un autre degré que le Nôtre ! Les oiseaux, c’est une bonne idée, je vais méditer là-dessus… D’un point de vue anthropologique, je suis d’accord avec toi !
ANR : Si Kadavar était un personnage de dessin animé ?
SDB : Heu… Individuellement ou collectivement ?!? Attends, je me replonge dans mon enfance, j’ai désormais passé la quarantaine… Un truc qui collerait bien avec mon passé, ce seraient Les chevaliers du Zodiaque ! Parce que dans Kadavar, chacun possède sa particularité… En plus, on s’est donné des noms ! Des noms d’animaux ! Moi, je suis le Dragon !!!
ANR : Tu veux « juste être un son » (NDA : Référence au titre « I Just Want To Be A Sound ») ? Tu veux être quel son ?
SDB : (Souffle) La respiration ! Le silence est crucial en musique ! La pause quoi…
ANR : Le silence peut être méprisant…
SDB : Cela peut être aussi une forme de respect…
ANR : Au Hellfest, Lupus a enregistré votre concert, puis a filé la cassette à un fan : allez-vous faire cela systématiquement ?
SDB : Lors de la saison des festivals, on a emmené avec nous un deux pistes afin de capter nos concerts… On ne le fera pas ce soir, car on est assez restreints au niveau des bagages… Cela nous rappelle les « mix tapes » de quand on était gosses, puis la possibilité de se graver des cd…
ANR : Vous êtes labelisés « stoner » : quel serait le groupe émergent de cette scène qui t’excite un peu ?
SDB : On a fait une tournée avec Slomosa… Sinon, aujourd’hui, on a notre pote Tom qui est là avec Duel, cela fait longtemps qu’on se connaît, on ne se voit pas souvent, ils sont du Texas et ce qu’ils font c’est du sérieux !
ANR : Nous sommes le 30 octobre 2026… Je te donne trois dates survenues un 30 octobre, tu en prends une et tu commentes celle-ci, d’accord ? 30 octobre 1961 : l’URSS fait exploser au-dessus de l’océan Arctique, « la Tsar Bomba », en définitive la véritable « Doomsday Machine » (NDA : Référence à un classique de Kadavar) ! ; 30 octobre 1967 : Brian Jones est condamné à neuf mois de prison ferme pour détention de stupéfiants ; 1970 : premier concert de Black Sabbath aux USA…
SDB : Je prends les trois en fait !!! 1961, il y a un lien avec Berlin aussi (NDA : D’où vient Kadavar) C’est l’époque où ils commencent à monter le mur… C’est aussi celle des missiles de Cuba… C’est aussi Gargarine… 1959, c’est la chienne et 1961 c’est Gargarine… Nous sommes au pic de la Guerre froide ! Brian Jones, 1967 : est-ce que c’est le premier des Rolling Stones à se faire chopper ?!? Pas forcément… Ou était-ce Mick Jagger ?!? Il y a quand-même eu un truc à cette époque-là, où le gouvernement essayait de se les faire tous ! Dans ma tête, c’était Jagger et Richards qui s’étaient fait serrer les premiers, il y avait eu un procès, et tous les médias dessus, « gros médias »… 1970 : Black Sab’ viennent en tournée pour la première fois aux USA… Ils viennent avec un autre groupe non ?!?
ANR : Pas sûr, puisqu’ils ont joué dans un bahut : c’était au New Jersey’s Glassboro State College…
SDB : (Rires) 1970, c’est le deuxième album…
ANR : Les deux premiers sont sortis en 1970… Votre morceau « Lies », était une forme d’hommage à Black Sabbath, et il est sorti l’an dernier, peu avant la disparition d’Ozzy Osbourne… Cela me fait dire : maintenant que Black Sabbath n’est plus là, qui est le « dernier dinosaure vivant » ?!?
SDB : (Rires)
ANR : On y revient !
SDB : Qui est le « dernier dinosaure vivant » ?!? (Rires) Ce n’est pas nous !!!







