Sol Draconi Septem – « Hyperion »

lundi/01/03/2021
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Auteur : Sol Draconi Septem

Titre : « Hyperion »

Label : Time Tombs Production

Sortie le : 5 mars 2021

Note : 15/20

 

Le cas Sol Draconi Septem, qui publie son premier album ce 5 mars (jour de la chèvre) chez Time Tombs Production, est révélateur de trois axiomes. Le premier étant que la création BM hexagonale se porte toujours à merveille en ce début de décennie, et que le style demeure vivace depuis son acclimatation en nos latitudes tempérées au mitan des années 1990. Le deuxième est qu’il n’existe pas un BM mais des BM, le genre s’étant depuis scindé en plusieurs sous-catégories, lesquelles ne captivant plus forcément un uniforme auditoire. Le troisième faisant état de ce que le metal, entendu en règle générale toutes obédiences confondues, et la science-fiction communiquent par des passerelles thématiques.

Sol Draconi Septem (SDS) est donc une formation française constituée en 2018 de trois membres aux surnoms aussi courts qu’un week-end de juin : Muon (composition), Tauon (percussions) et Kaon (sons électroniques et cuivres). Mais aux idées aussi longues qu’une année sans concerts. Ledit triumvirat s’est adjoint les services d’autres compatriotes (et / ou francophones) : tout d’abord de Sven, qui officie au sein des pagans bretonnants de Belenos et Tan Kozh, et qui s’est occupé des lignes de basses, du mixage ainsi que du mastering ; du prolifique helvète Bornyhake (de Borgne) ; de A.K. (de Merrimack et de Decline of the I.) ; ou encore du conteur médiévaliste et fantastique Quentin Foureau.

Initialement pensé comme BM « atmosphérique », le projet a été réorienté vers un BM « mélodique » ou « symphonique », évoquant parfois Wolves in the Throne Room. En plus avant-gardiste encore. « Hyperion » fourmille ainsi d’idées novatrices dépassant largement les thématiques traditionnelles du genre, ainsi que la conception que le profane (ainsi que l’initié) peut s’en faire. L’on retiendra notamment l’apport d’un saxo, n’intervenant que ponctuellement et se fondant à dessein dans l’orchestration. Certains passages sonnent en outre krautrock, telles les premières dizaines de secondes de l’inaugural « The Man who Cried God », faisant penser à l’industriel « V–2 Schneider » d’un certain David B..

« Hyperion » a pour unique sujet « The Hyperion Cantos », un space-opera narré dans quatre romans publiés entre 1989 et 1998 par l’américain Dan Simmons. Par pur hasard, cette attractive somme se trouve aussi au centre du deuxième album du groupe de metal prog Wheel, commercialisé le 26 mars prochain (papier à lire en ce webzine)… Car depuis au moins Black Sabbath, metal et science-fiction (on n’ose plus écrire « futurisme », le futur faisant désormais flipper…) sont copains comme cochons dans l’espace, les mots et l’esthétique du second irriguant à flots tendus d’entières branches du premier (le power-metal). Les idées et ambiances ici développées en témoignent pour ce qui est du black metal.

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