Lůn – « Chamanes »

samedi/20/02/2021
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Auteur : Lůn

Titre : « Chamanes »

Label : Autoproduction

Sortie le : 26 février 2021

Note :  16,5/20

La musique dite « pagan », qu’elle soit étiquetée « metal » ou tout simplement « folk », constitue un genre musical et culturel qui se définirait finalement comme un état d’esprit, plus que par toute autre considération. Également, par des similitudes entre les artistes et les groupes la pratiquant. En premier chef, cette commune volonté de ressusciter les ancestrales traditions (principalement européennes, celles d’avant la christianisation du continent). Non pas, d’opposer bêtement les anciens aux modernes et inversement, voire de blâmer telle ou telle fuite en avant. Mais plutôt de recréer, de prolonger une continuité entre le passé et le présent. « Il en revient toujours de poursuivre la même longue étude » écrivait en 1981 Aragon dans « Ni fleurs ni couronnes ». Cet engouement ne serait-il pas lié au fait que la production musicale aurait, en définitive, fait le tour de la question depuis une ou deux décennies ? Et qu’un nombre croissant de jeunes artistes, ainsi que d’auditrices et d’auditeurs, auraient souhaité à l’orée du troisième millénaire retourner puiser aux temps d’avant, afin de regénérer la création musicale.

Dans cette démarche s’inscrit « Chamanes » le premier EP de Lůn, projeté par la violoniste et chanteuse Mayline Gautié (par ailleurs ancienne membre du groupe de prog metal Idensity). Celle-ci façonne sa musique néofolk sous influence Dead Can Dance diffuse, conçue telle une alliance entre des sonorités intemporelles et une approche et autoproduction contemporaines et claires (cristalline devrait-on écrire). Les cinq douceurs incantatoires qui la composent semblent être fruits de davantage de réflexion et de travail que beaucoup de LP actuels. Lůn se hisse à la hauteur des meilleurs messagers pagans, chamaniques et assimilés (on pense parfois à Myrkur, à Skàld, à Nytt Land), en moins sombre et peau de bête, et ouverte à d’autres horizons (une inspiration « world », inuit entre autres). Du fait de la présence d’instruments classiques (le violon de Mayline est associé au violoncelle de Raphaël Verguin), il est loisible d’y voir en outre une parenté avec Apocalyptica. Une ambiance introspective et singulière qui séduira les amoureux du genre, ainsi que celles et ceux qui apprécient méditer et (tout simplement) s’évader.

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