{"id":8834,"date":"2016-07-08T09:56:24","date_gmt":"2016-07-08T07:56:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=8834"},"modified":"2016-07-10T19:22:56","modified_gmt":"2016-07-10T17:22:56","slug":"hellfest-vu-de-chez-nous-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=8834","title":{"rendered":"Hellfest vu de chez nous (1)"},"content":{"rendered":"<h1>Vendredi<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Monolord<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Alors que beaucoup de fans sont encore coinc\u00e9s aux pieds de la cath\u00e9drale, la fameuse entr\u00e9e du Hellfest, Monolord fait fi des contr\u00f4les de s\u00e9curit\u00e9 et ouvre le festival au son d\u2019un solide d\u2019un stoner\/doom qui ne passerait pas les tests salivaires. Les Su\u00e9dois tiennent le pari risqu\u00e9 de leur style\u00a0: rendre planante une musique fonci\u00e8rement lourde. Apr\u00e8s tout, on arrive bien \u00e0 faire voler des bombardiers de plusieurs dizaines de tonnes\u2026<\/p>\n<p>Heureusement, Monolord pr\u00e9f\u00e8re les p\u00e9dales de fuzz et de flanger aux bombes \u00e0 sous-munitions, le public se sort bien du tapis de riffs. On a d\u2019ailleurs droit \u00e0 une super interpr\u00e9tation d\u2019<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=rCc901E02eY\">Empress Rising<\/a>, le titre \u00e9ponyme qui ouvre leur premier album en 2014. Le concert ne s\u2019\u00e9ternise pas, seulement trente minutes pour les premiers groupes, mais annonce une tr\u00e8s bonne cuv\u00e9e pour la sc\u00e8ne Valley.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Moonreich<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne Temple n\u2019est pas du genre \u00e0 y aller mollo, trois spots en forme de croix invers\u00e9es l\u2019illuminent cette ann\u00e9e encore comme des lampes \u00e0 UV sataniques. Les Fran\u00e7ais de Moonreich inaugurent le chapiteau impie avec un chanteur aux faux airs de Ghaal et des musiciens grim\u00e9s, le visage barr\u00e9 d\u2019un bandana cradingue.<\/p>\n<p>Dans ce cr\u00e9neau horaire ingrat, o\u00f9 rien ne garantit que les amateurs du groupe aient eu le temps de franchir le fastidieux dispositif de s\u00e9curit\u00e9, les black metalleux parisiens d\u00e9roulent un set puissant en bons soldats de l\u2019aller-retour triomphant. L\u2019alternance des passages blast\u00e9s avec des moments plus atmosph\u00e9riques ou black\u2019n\u2019roll permet une gestion appr\u00e9ciable de l\u2019intensit\u00e9. Si le terme n\u2019\u00e9tait pas aussi \u00e9cul\u00e9, on louerait avant tout l\u2019efficacit\u00e9 de la prestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/moonreich-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Stoned Jesus<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Valley se remplit enfin vraiment alors qu\u2019assez de festivaliers ont rejoint la terre promise. Les Ukrainiens de Stoned Jesus sont venus prouver que leur pays ne produit pas que du black metal pour cr\u00e2nes ras\u00e9s, et ils ont amen\u00e9 de sacr\u00e9s arguments avec eux. Ils proposent un stoner-doom bien plus doux que celui de Monolord, le bon accueil de la foule montre que \u00e7a pla\u00eet au moins tout autant. Igor, le frontman, en profite pour dire tout son bonheur de passer sur la sc\u00e8ne apr\u00e8s des ann\u00e9es dans le public du Hellfest.<\/p>\n<p>Le son est nickel, la prestation aussi. Petit instant de confusion, un des membres de Stoned Jesus a apparemment jet\u00e9 ses chaussures dans l\u2019assistance \u00e0 la fin du concert. C\u2019est moins glamour que la culotte de Madonna, mais peut-\u00eatre avait-il cru reconna\u00eetre George W. Bush dans l\u2019amas de chevelus.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Cruachan<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Retour sous la Temple pour le premier groupe \u00e0 tendance pagan du festival, un style tr\u00e8s repr\u00e9sent\u00e9 cette ann\u00e9e. Les Irlandais de Cruachan tournent depuis bien avant l\u2019engouement actuel pour cette sc\u00e8ne, et viennent faire valoir leur statut de v\u00e9t\u00e9ran.<\/p>\n<p>H\u00e9las, ils sont touch\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but par un probl\u00e8me r\u00e9current chez ce genre de groupe\u00a0: les guitares \u00e9lectriques bouffent les instruments folkloriques. Tant pis pour les violons et les fl\u00fbtes, il ne reste que des riffs au galop \u00e9pique, mais forc\u00e9ment un peu plats puisqu\u2019ils sont cens\u00e9s accompagner des m\u00e9lodies devenues inaudibles.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9nergie de la prestation suffit \u00e0 faire bouger les t\u00eates et provoquer de joyeux tapements de pieds, mais on comprend aussi que l\u2019on rate toute une partie de la musique. Fiers de leur h\u00e9ritage irlandais, les membres de Cruachan ne se privent pas de rappeler que leurs anc\u00eatres ont bout\u00e9 les Vikings hors de leur \u00eele. Pour une fois qu\u2019un groupe pagan ne fait pas dans scandinavophilie aveugle\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Ramesses<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Avec un son aussi lourd et dense sur album, il y a de quoi appr\u00e9hender les passages sc\u00e9niques de Ramesses. Tenant d\u2019une des lignes plus extr\u00eames du doom, le groupe sera effectivement desservi par un son brouillon et poisseux. Reste \u00e0 savoir si, vu le style des Anglais, c\u2019est vraiment une mauvaise chose.<\/p>\n<p>La batterie claque sec et structure le bordel ambiant, elle finit par nous entra\u00eener dans la musique m\u00eame quand on ne comprend plus trop bien les riffs. La diversit\u00e9 vocale du chanteur et la prestation du batteur nous plongent dans les abysses, allant du doom \u00e0 des passages qui \u00e9voquent les morceaux les plus lourds de Morbid Angel.<\/p>\n<p>Le public reste calme et peu expressif, jusqu\u2019\u00e0 ce que <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=0HPDD-kUM-k\"><em>Baptism of the Walking Dead<\/em><\/a> vienne leur secouer les puces. On en ressort convaincu malgr\u00e9 les r\u00e9serves initiales sur le son.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Behexen<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La l\u00e9gende veut que chaque fois qu\u2019un membre de Behexen prononce le mot Satan, des diablotins apparaissent et tournent encore un peu plus leurs potards de gains vers la droite. On soup\u00e7onne \u00e9galement les gratteux de paraphraser Spinal Tap et de lancer des \u00ab\u2009<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=4xgx4k83zzc\">these go to\u00a0666\u2009<\/a>\u00bb quand ils r\u00e8glent leur matos. Le chanteur assure cependant une tr\u00e8s bonne prestation, ce qui tombe bien puisqu\u2019on ne discerne que lui.<\/p>\n<p>Ce pilier du black metal finlandais avait pourtant am\u00e9lior\u00e9 la prod de ses albums au fil des ans, tout \u00e7a pour sonner moins bien sur sc\u00e8ne que sur leurs d\u00e9mos. Rien de tout cela ne semble g\u00eaner le public, qui appr\u00e9cie visiblement le concert. Il est peut-\u00eatre aid\u00e9 par la fameuse technique du play-back mental, qui permet, si l\u2019on a assez \u00e9cout\u00e9 la version album, de reconna\u00eetre n\u2019importe quelle bouillie sonore mix\u00e9e pour \u00eatre entendue \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du fest. Tout s\u2019\u00e9claircit quand m\u00eame lors des passages plus lents, pas bien nombreux, et on se surprend \u00e0 enfin appr\u00e9cier la musique, ce qui confirme l\u2019ampleur du g\u00e2chis.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/behexen-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h2>Kampfar<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Une grosse intro fait trembler la sc\u00e8ne Temple, jusqu\u2019\u00e0 ce que les cris du public prennent le relai \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Kampfar. Tenants d\u2019une ligne \u00e9pique et propice au headbang de masse, les black metalleux norv\u00e9giens \u00e9taient visiblement attendus. Les pieds ne bougent pas, mais les t\u00eates tournent et hochent \u00e0 la cadence h\u00e9ro\u00efque de leur musique.<\/p>\n<p>Dolk, le chanteur, en profite pour annoncer qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9 juste une semaine avant, et qu\u2019il est bien content d\u2019avoir rassembl\u00e9 assez de forces pour jouer devant nous. Sa prestation des plus convaincantes nous confirmait de toute mani\u00e8re d\u00e9j\u00e0 \u00e0 quel point il est motiv\u00e9. Il harangue la foule \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition et communique son \u00e9nergie en ad\u00e9quation avec la force de persuasion de sa musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/kampfar-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h2>Earth<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Peu de groupes peuvent se vanter de me pousser \u00e0 manquer tout un concert de Turbonegro, Earth en fait partie. Le public ne partage pas forc\u00e9ment cet avis puisqu\u2019il est loin de remplir la Valley, mais les fans pr\u00e9sents tr\u00e9pignent. La bande \u00e0 Dylan Carlson commence par honorer son dernier album, <em>Primitive and Deadly<\/em>, avec la chanson d\u2019ouverture <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fXv2G7LY13k\"><em>Torn by the Fox of the Crescent Moon<\/em><\/a>. Tout en palm-mutes et en larsens, ils captent la foule avec l\u2019exp\u00e9rience de francs-tireurs tapis \u00e0 la lisi\u00e8re du drone, du doom et du folk am\u00e9ricain.<\/p>\n<p>La suite du set est compos\u00e9e de morceaux de leur p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente, une musique plus atmosph\u00e9rique qui \u00e9voque la travers\u00e9e psych\u00e9d\u00e9lique d\u2019un d\u00e9sert, comme une seconde bande-son pour <em>El Topo<\/em> ou <em>Dead Man<\/em>. Une superbe interpr\u00e9tation de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=xYcQT8F58OU\"><em>The Bees Made Honey in the Lion\u2019s Skull<\/em><\/a> rappelle pourquoi ce style est devenu le c\u0153ur de leur discographie.<\/p>\n<p>Earth d\u00e9voile au passage une nouvelle chanson sans titre, privil\u00e8ge de la musique instrumentale, qui signe un retour \u00e0 cette veine \u00ab\u2009d\u00e9sertique\u2009\u00bb. L\u2019absence de chant soulage, vu que les featurings du dernier album n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s r\u00e9ussis. Earth gagne effectivement \u00e0 jouer ainsi, avec moins de disto et de larsen qu\u2019un groupe de doom, m\u00eame si \u00e7a pourrait sembler blasph\u00e9matoire au Hellfest,<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Inquisition<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les intros et les bassistes, c\u2019est pour les faibles. Le duo de black metal Inquisition ne perd pas le nord et prouve que, quand on a grandi en Colombie, on a tendance \u00e0 voir la violence et le satanisme de mani\u00e8re un peu plus crue et directe. Le timbre monocorde de Dagon r\u00e9v\u00e8le tout son potentiel hypnotique sur sc\u00e8ne, il rythme l\u2019alternance des merveilleux arp\u00e8ges mal\u00e9fiques et des riffs les plus bourrins.<\/p>\n<p>Absolument pas g\u00ean\u00e9 par sa solitude, il envoie autant de lourd seul que deux gratteux et un bassiste r\u00e9unis, tandis que le batteur mouline f\u00e9rocement \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la sc\u00e8ne. Ce choix a l\u2019avantage de nettement clarifier le son live et la ma\u00eetrise g\u00e9n\u00e9rale fait que les pains, qui sauteraient alors vite aux oreilles, ne viennent pas g\u00e2cher l\u2019\u00e9coute. Inquisition conclut avec <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=T-_kWHuI-UA\">Infinite Interstellar Genocide<\/a> un set violent et fascinant, bien sup\u00e9rieur \u00e0 leur concert de 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Magma<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Merveilleux faux intrus de cette \u00e9dition du Hellfest, Magma est accueilli par un public qui a visiblement bien r\u00e9vis\u00e9 ses classiques. Le fleuron historique du rock-jazz-prog fran\u00e7ais montre que son regain d\u2019activit\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es n\u2019a rien d\u2019un come-back malheureux. La musique de Magma construit un interlude bienvenu, un moment de douce folie contagieuse o\u00f9 ch\u0153urs et instrus transportent le public.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Sunn O)))<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le terme d\u2019<em>easy listening<\/em> n\u2019a clairement pas \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 pour Sunn et, m\u00eame dans le cadre du Hellfest, peu de groupes sont aussi clivants. Personnellement tr\u00e8s friand des rois du drone metal, je me suis pr\u00e9cipit\u00e9 dans la Valley o\u00f9 pas mal de fans attendaient assis. Niveau mosh-pit, mieux vaut chercher ailleurs, Sunn s\u2019appr\u00e9cie diff\u00e9remment. Certaines postures et attitudes confirment au passage que les amateurs du groupe excellent dans l\u2019introduction de substances illicites dans le festival.<\/p>\n<p>Un concert Sunn, \u00e7a dure une heure, le seul morceau est improvis\u00e9 et on en prend plein la gueule. Certains se plaignent que l\u2019immense bourdon fasse r\u00e9sonner leur corps tout entier, qu\u2019on entre dans un territoire proche de la dislocation sonique, d\u2019autres s\u2019en r\u00e9jouissent. La vibration est accompagn\u00e9e du chant presque chamanique d\u2019Attila, sans qui la musique risquerait de se r\u00e9duire \u00e0 une simple d\u00e9monstration de ma\u00eetrise des fr\u00e9quences \u00e0 deux chiffres.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s d\u2019autres personnes pr\u00e9sentes dans la Valley, Attila aurait arbor\u00e9 une tr\u00e8s belle parure cristalline vers le milieu du set. Cependant, la position f\u0153tale adopt\u00e9e par votre serviteur ne lui a pas permis de le constater. 10\/10, would sonically crush my bowels again.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/sunn-o-photos-lors-du-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h2>The Offspring<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quand j\u2019approche des mainstages, c\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral pour un petit plaisir coupable. Cela tombe bien, la setlist de the Offspring a parfaitement int\u00e9gr\u00e9 cette composante nostalgique et se concentre principalement sur les albums des ann\u00e9es\u00a090\u00a0: Smash, Americana et un peu d\u2019Ixnay on the Hombre. The Kids Aren&rsquo;t Alright, Pretty Fly (for a White Guy), Self Esteem, Come Out and Play: le fan-service est assur\u00e9.<\/p>\n<p>Dexter Holland et Noodles font plaisir \u00e0 leur public, ils ne jouent rien qui date d\u2019apr\u00e8s 2003 et se moquent d\u2019ignorer compl\u00e8tement les deux albums sortis depuis. Les spectateurs dansent, sautent, chantent et c\u2019est tout ce que les Californiens demandent. La cinquantaine n\u2019a pas entam\u00e9 leur enthousiasme communicatif ni rouill\u00e9 les trucks du punk \u00e0 roulettes.<\/p>\n<h1>Samedi<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Myrkur<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Petite robe noire et BC Rich Beast assortie, Myrkur, la dame, fait forte impression pour le premier concert de la journ\u00e9e\u00a0: Myrkur, le groupe. Son premier album sorti l\u2019an dernier, <em>M<\/em>, avait pas mal divis\u00e9 le public, sous la double accusation de sonner trop propret pour recevoir l\u2019AOC black metal et de trop se reposer sur l\u2019originalit\u00e9 de sa frontwoman.<\/p>\n<p>Mais l\u00e0 o\u00f9 ses comparses scandinaves, Runhild Gammels\u00e6ter et Kari Ruesl\u00e5tten en t\u00eate, avaient marqu\u00e9 certains albums cultes par leur chant, Myrkur, la dame, s\u2019occupe \u00e9galement de la composition. Elle n\u2019est pas le \u00ab\u2009truc en plus en plus\u2009\u00bb qui fait la diff\u00e9rence, elle est le c\u0153ur de Myrkur, le groupe.<\/p>\n<p>Sur sc\u00e8ne, il faut bien constater que la musique sonne plus \u00e2pre et crade, ce qui repr\u00e9sente en fait une nette am\u00e9lioration par rapport \u00e0 ses enregistrements studio trop \u00e9th\u00e9r\u00e9s. L\u2019encha\u00eenement a capella, puis vocalises, puis gros cri, pourrait finir par lasser, mais la prestation est bien tenue.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s \u00e0 l\u2019aise sur sc\u00e8ne, Myrkur, la dame, l\u00e2che parfois sa guitare pour sir\u00e9ner devant une audience conquise avant de se montrer plus mena\u00e7ante. Elle portera un toast au public qui sera suivi par un des \u00ab\u2009sk\u00e5l\u2009!\u2009\u00bb les plus tonitruants de m\u00e9moire de Hellfest. On attend le second album avec impatience pour v\u00e9rifier l\u2019impact de l\u2019exp\u00e9rience de la sc\u00e8ne sur sa musique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Dark Fortress<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>S\u2019il fallait inventer un style musical pour Dark Fortress, on pourrait parler de <em>cervical black metal<\/em> tant le public headbang. Les Bavarois livrent un concert plein de mid-tempos efficaces et puissants, qui culmine avec <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=M4AFICAM2nI\">I am the Jigsaw of a Mad God<\/a>. On aura quand m\u00eame un peu de peine pour le clavi\u00e9riste, dont aucune note ne percera d\u2019entre les guitares.<\/p>\n<p>Le chanteur tente sa chance dans un effort de fran\u00e7ais et se d\u00e9marque du classique \u00ab\u2009bonjour, merci les amis\u2009\u00bb. La prestation est efficace, m\u00eame en plein jour. De quoi nous r\u00e9concilier avec le black metal m\u00e9lodique allemand, qui verse trop souvent dans le goth larmoyant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Fleshgod Apocalypse<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Grosse intro qui tue, \u00e9norme backdrop avec un portrait royal, costumes chiad\u00e9s, Fleshgod Apocalypse vient tout d\u00e9truire devant un public tr\u00e8s impatient et r\u00e9ceptif. Cependant, le souverain d\u00e9ploy\u00e9 sur tout le fond de la sc\u00e8ne et sur la jaquette de leur dernier album n\u2019a jamais exist\u00e9. Malgr\u00e9 ses faux-airs de Michael\u00a0Lonsdale, c\u2019est du chiqu\u00e9 et c\u2019est h\u00e9las cette impression qui se d\u00e9gage du concert.<\/p>\n<p>Les amplis crachent un son horrible, la batterie claque nette seulement parce qu\u2019elle est si trigg\u00e9e que les presets semblent avoir \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9s \u00e0 Kraftwerk, un comble pour un groupe qui cherche \u00e0 sonner \u00ab\u2009symphonique\u2009\u00bb. Les Italiens tombent dans une des plus graves facilit\u00e9s du metal extr\u00eame\u00a0: laisser une batterie au son artificiel se charger seule de l\u2019intensit\u00e9 de la musique.<\/p>\n<p>Le son va cependant finir par s\u2019am\u00e9liorer, pour d\u00e9voiler des riffs pas toujours inspir\u00e9s. Pour la chanteuse lyrique, point d\u2019espoir par contre, elle a d\u00fb larguer l\u2019ing\u00e9 son juste avant de monter sur sc\u00e8ne parce qu\u2019il a visiblement une f\u00e9roce dent contre elle. Vu ma pi\u00e8tre opinion de l\u2019obsession de certaines franges du metal pour l\u2019op\u00e9ra, ce n\u2019est pas un drame. Il faut quand m\u00eame bien constater que le public ne partage pas du tout cet avis et appr\u00e9cie manifestement le concert, au point que les fans d\u00e9bordent jusqu\u2019en dehors du chapiteau.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/fleshgod-apocalypse-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h2>With the Dead<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Qui a dit que le doom \u00e9tait un genre moins violent que ses cousins\u2009extr\u00eames ? Le nouveau groupe du l\u00e9gendaire Lee Dorian d\u00e9roule une musique lourde et agressive, tr\u00e8s bien incarn\u00e9e par <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=_yN8DbTYANo\">Living with the Dead<\/a>. Le v\u00e9t\u00e9ran s\u2019est entour\u00e9 de la cr\u00e8me de son label Rise Above Records, avec des anciens membres d\u2019Electric Wizard, Cathedral et Ramesses.<\/p>\n<p>Dorian scande litt\u00e9ralement les paroles, son chant claque avec la pr\u00e9cision et la r\u00e9gularit\u00e9 de la caisse claire. Derri\u00e8re, les riffs tissent un tapis hypnotique qui tire presque sur le sludge. La prestation est top, bien qu\u2019en dessous de leur passage dantesque au Roadburn au mois d\u2019avril.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/with-the-dead-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h2>Moonsorrow<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A-t-on vraiment besoin d\u2019un programme pour savoir si le prochain groupe de la Temple joue dans une veine pagan\/\u00e9pique ou black metal pur jus\u2009? Le public acclame Moonsorrow et frappe dans ses mains bien avant que les Finlandais ne foulent la sc\u00e8ne. Une fois arriv\u00e9s, les comparses montrent rapidement l\u2019\u00e9tendue de leur ma\u00eetrise du style.<\/p>\n<p>La dimension \u00e9pique et l\u2019intensit\u00e9 de leur musique se maintiennent harmonieusement tandis que le groupe navigue dans les diff\u00e9rentes phases de sa riche discographie. Une for\u00eat de cornes de bouc se dresse devant les musiciens qui assurent un show avec un tr\u00e8s bon son et une super ambiance.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=btI0AiJAC70\">Sunden Tunti<\/a>, tir\u00e9 du nouvel album, permet \u00e0 chacun de poursuivre son programme de musculation de la nuque par le headbang. Moonsorrow, o\u00f9 la m\u00e9thode Lafay adapt\u00e9e aux cervicales. Le groupe annonce ensuite une derni\u00e8re chanson ce qui, vu leur dur\u00e9e moyenne, n\u2019inqui\u00e8te pas trop le public.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Primordial<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Grands habitu\u00e9s du Hellfest et autres ma\u00eetres du metal extr\u00eame \u00e0 tendance folklorique, Primordial investit la sc\u00e8ne Temple encore marqu\u00e9e, une heure apr\u00e8s, par le passage de Moonsorrow. Certains diront que ce concert n\u2019a jamais eu lieu puisque <em>The Coffin Ships<\/em> n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 jou\u00e9, chose inconcevable pour une prestation des Irlandais.<\/p>\n<p>La set-list est en fait strictement focalis\u00e9e sur les trois derniers albums\u00a0: <em>Where Greater Men Have Fallen<\/em>, <em>Redemption at the Puritan&rsquo;s Hand<\/em> et <em>To the Nameless Dead<\/em>. Est-ce un probl\u00e8me\u2009? Absolument pas. Nemtheanga reste un des tout meilleurs frontmen en corpsepaint et les concerts de Primordial sont parfaitement tenus.<\/p>\n<p>\u00c7a chante, \u00e7a scande, on reprend tous ensemble \u00ab\u2009<em>Sing to the slaves\u00a0!<\/em>\u2009\u00bb sur l\u2019hymne <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jv5_PtpgaUc\"><em>As Rome Burns<\/em><\/a>. Primordial maintient la ligne qui a b\u00e2ti son succ\u00e8s\u00a0: une musique \u00e9pique mais toujours profond\u00e9ment grave. Sa mani\u00e8re unique d\u2019entra\u00eener le public avec lui ne prend jamais l\u2019allure d\u2019une gigue bourr\u00e9e de fin de soir\u00e9e, mais plut\u00f4t d\u2019un digne recueillement le poing tendu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Dark Funeral<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Quel meilleur moment pour invoquer Lucifer qu\u2019apr\u00e8s un \u00e9norme feu d\u2019artifice\u2009? Le soufre des fus\u00e9es redescend sur le festival et Dark Funeral balance sa pur\u00e9e blasph\u00e9matoire. \u00c7a va vite et \u00e7a tape tr\u00e8s fort, comme l\u2019ont prouv\u00e9 les interpr\u00e9tations de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=dtHRDiH5nWw\">The Arrival of Satan\u2019s Empire<\/a> ou de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=qDplNOooi0c\">Secrets of the Black Arts<\/a>.<\/p>\n<p>Le son n\u2019est pas tout \u00e0 fait \u00e0 la hauteur, ce qui pose probl\u00e8me avec une musique aussi rapide et violente que le brutal black metal de Dark Fu. On apprendra cependant une belle le\u00e7on\u00a0: on n\u2019a pas besoin de distinguer tous les doigts d\u2019une grosse paluche su\u00e9doise pour en ressentir la baffe. La fureur perce au-del\u00e0 de la clart\u00e9 et le public prend son pied.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/dark-funeral-photos-hellfest-2016\/\">Photos<\/a><\/strong><\/p>\n<h1>Dimanche<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Hegemon<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le dimanche matin, le cr\u00e9neau le plus ingrat de tout le Hellfest. Les festivaliers, perclus de gueules de bois et de fatigue cumul\u00e9e, ne se r\u00e9unissent qu\u2019en foule clairsem\u00e9e. Hegemon parvient quand m\u00eame \u00e0 capter l\u2019attention de quelques motiv\u00e9s. Leur version plut\u00f4t \u00e9pique du black metal convainc le petit public, rien de dingue \u00e0 signaler mais une bonne prestation sur <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=o8IdCcwApUE\">By this, I Conquer<\/a>. Tout comme les festivaliers se r\u00e9veillent petit \u00e0 petit, le concert gagne progressivement en qualit\u00e9 et termine en beaut\u00e9 sur une chanson du dernier album des Fran\u00e7ais\u00a0: The Hierarch.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Stille Volk<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Bien avant que l\u2019engouement folk\/traditionnel ne se d\u00e9veloppe dans la sc\u00e8ne, Stille Volk a su s\u2019y frayer un chemin sans c\u00e9der aux guitares \u00e9lectriques. Rattach\u00e9 au monde du metal par son esprit et ses liens avec Holy Records, le groupe pyr\u00e9n\u00e9en sort vielles \u00e0 roue et psalt\u00e9rions pour un set charg\u00e9 en compositions et en reprises d\u2019airs traditionnels.<\/p>\n<p>Le courant passe nickel avec le public qui remue la t\u00eate malgr\u00e9 l\u2019absence de saturation. <em>Ai Vist Lo Lop<\/em>, \u00e9galement au r\u00e9pertoire d\u2019In Extremo et de la moiti\u00e9 des groupes m\u00e9di\u00e9valisants de la plan\u00e8te, rencontre un vif succ\u00e8s. Le concert se termine sur <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=azSywB4esO4\">le Banquet<\/a>, hymne bachique accueilli sous les bravos et les gigues improvis\u00e9es dans le public.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Sk\u00e1lm\u00f6ld<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jumpy \u00e0 souhait et avides de m\u00e9lodies niaises, on ne sait pas trop o\u00f9 les Islandais se placent dans l\u2019arbre du folk metal, juste qu\u2019ils sont assis sur une branche qu\u2019on aimerait bien scier. Le public ne partage manifestement pas cette intransigeance et profite \u00e0 fond du show. \u00c0 vrai dire, en trois jours, on n\u2019a en fait jamais vu la foule exprimer d\u2019hostilit\u00e9 au moindre groupe.<\/p>\n<p>Le style insupporte, mais le son et la prestation restent \u00e0 la hauteur du fort taux de remplissage de la Temple. On finit par se surprendre, un peu honteux, \u00e0 taper du pied avant de se reprendre et de penser \u00e0 des \u00e9glises en feu et \u00e0 des t\u00eates de bouc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>King Dude<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La Valley accueille encore un faux intrus en la pr\u00e9sence de King Dude. L\u2019Am\u00e9ricain avait perc\u00e9 par son interpr\u00e9tation solitaire et am\u00e9ricaine du Dark Folk (moins de runes et de panzers, plus de Wicca), mais est depuis pass\u00e9 \u00e0 une formation compl\u00e8te toute \u00e9lectrique. Alors, une nouvelle controverse va-t-elle exploser comme apr\u00e8s la prestation de Bob\u00a0Dylan au Newport Folk\u00a0Festival de 1965\u2009?<\/p>\n<p>Eh bien non, la transition \u00e0 l\u2019\u00e9lectrique se d\u00e9roule sans accrocs et le public profite d\u2019un concert de qualit\u00e9. Certaines chansons, comme <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=BiSnI8vyxx0\">Jesus in the Courtyard<\/a>, subissent un lifting tr\u00e8s r\u00e9ussi tandis que les nouvelles, dont <a href=\"https:\/\/vimeo.com\/150364065\">Deal with the Devil<\/a>, passent tout aussi bien.<\/p>\n<p>Signe que la m\u00e9tamorphose du groupe est achev\u00e9e, King Dude ne jouera pas <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IjvYTPQ25-4\">Lucifer\u2019s the Light of the World<\/a>, pourtant le classique ultime de sa p\u00e9riode Dark Folk. Il r\u00e9clamera par contre qu\u2019on lui serve du whiskey par entonnoir, histoire de dire que, quand m\u00eame, le crooner destroy n\u2019a pas compl\u00e8tement chang\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Mg\u0142a<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans la mar\u00e9e des gens en noir qui tra\u00eenent pr\u00e8s de la sc\u00e8ne Temple, le logo de Mg\u0142a se distinguait tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement tout au long du festival. Malgr\u00e9 le rythme effr\u00e9n\u00e9 de leurs tourn\u00e9es, les rois du black metal polonais n\u2019ont toujours pas lass\u00e9 leur public qui s\u2019amasse religieusement sous le chapiteau. Un drapeau rouge et blanc surgit de la foule et le groupe entre, sans un mot ni une intro.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=fquZYigxckw\">Further Down the Nest I<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Dt5_hI3ySCw\">Mdlosci\u00a0II<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=4aFGuKwF2ic\">With Hearts Towards None<\/a> I et VII, <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=TvGPAVTYfXI\">Exercises in Futility<\/a>\u00a0II, III et VI, les setlists de Mg\u0142a \u00e9voquent une loterie o\u00f9 tous les tirages sont gagnants. Le syndicat polonais des riffs parfaits encha\u00eene les morceaux dans une froideur absolue. Engonc\u00e9s dans leurs perfectos et leur cagoule assortie, ils ne l\u00e2cheront pas un seul mot pour la foule, ils conc\u00e8dent juste un rapide signe de cornes avant de quitter la sc\u00e8ne. \u00c7a tombe bien, on n\u2019a pas envie de se faire r\u00e9p\u00e9ter qu\u2019on est le meilleur public du monde ou qu\u2019on nous aime, on veut en prendre pleine la gueule et maudire l\u2019humanit\u00e9. Mission accomplie.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/mgla-photos-hellfest-2016\/\"><strong>Photos<\/strong><\/a><\/p>\n<h2>Taake<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne Temple pourrait d\u00e9cid\u00e9ment servir de consulat de Norv\u00e8ge en Loire-Atlantique. D\u00e9j\u00e0 foul\u00e9e par trois formations du royaume scandinave, elle accueille \u00e0 pr\u00e9sent Taake et Hoest, son charismatique frontman. Le groupe balance ses riffs puissants dans la droite ligne du black metal \u00e9pique des ann\u00e9es\u00a090 que Taake a profond\u00e9ment influenc\u00e9 au cours de sa carri\u00e8re. Une putain d\u2019interpr\u00e9tation de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=BJ7BQDR8sBs\">Vid I<\/a> le confirme, on a rarement fait mieux que Taake dans le domaine. Le son est si bon que l\u2019on n\u2019en perd pas une miette, m\u00eame quand le groupe d\u00e9gaine un banjo pour le fameux <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3asnstVqOnU\">Myr<\/a>. Le public se lance \u00e0 fond dans un d\u00e9luge de headbang et de signes de cornes, sans cesse raviv\u00e9 par un concert au top.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Enslaved<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le groupe c\u00e9l\u00e8bre ses 25\u00a0ann\u00e9es de bons et loyaux services au d\u00e9partement black\/viking metal et annonce qu\u2019il ne jouera que des vieux morceaux. Le superbe tournant des ann\u00e9es\u00a02000 n\u2019est pas oubli\u00e9 pour autant, puisqu\u2019on entendra un excellent <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vwLrRUgRKUI\">Fusion of Sense\u00a0and Earth<\/a> qui ne date \u00ab\u2009que\u2009\u00bb de 2006. Enslaved exhibe ses qualit\u00e9s d\u2019explorateur et de conqu\u00e9rant, toujours pr\u00eat \u00e0 poser ses bottes sur des terres lointaines, prog ou folk, tout en gardant la fi\u00e8re violence de ses racines. Le groupe accoste avec succ\u00e8s et plante ses chansons comme autant de drapeaux de revendication de nouveaux territoires.<\/p>\n<p>Avec un son de qualit\u00e9, les passages mid-tempo provoquent bien des remous dans la mar\u00e9e de cr\u00e2nes plus ou moins chevelus. Les Norv\u00e9giens prennent le temps de d\u00e9dier <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=-P6dDQn3h9Q\">The Crossing<\/a>, et son riff central \u00e0 la rythmique dinguissime, \u00e0 King Diamond, qualifi\u00e9 pour l\u2019occasion de plus grand danois vivant (*tousse* Mads Mikkelsen *racle sa gorge* Nicolas Winding Refn *cough* Lars von Trier).<\/p>\n<p>Le concert n\u2019arrive pas encore \u00e0 sa moiti\u00e9 quand l\u2019appel de Black Sabbath m\u2019en extirpe, avec juste le temps d\u2019entendre au loin Enslaved entamer la Marseillaise. Il se passe d\u00e9cid\u00e9ment des choses bien \u00e9tranges au Hellfest.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Black Sabbath<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il fallait bien Black Sabbath pour m\u2019entra\u00eener \u00e0 nouveau vers les mainstages. Le Hellfest est assez coutumier des tourn\u00e9es d\u2019adieu o\u00f9 les zickos risquent \u00e0 chaque instant de claquer, mais celle-ci a une saveur particuli\u00e8re. Si les groupes l\u00e9gendaires ne manquent pas, le metal n\u2019est cependant n\u00e9 que d\u2019une seule bande qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 tirer sa r\u00e9v\u00e9rence devant nous.<\/p>\n<p>Enfin, le concert commence par une longue vid\u00e9o d\u2019intro, avec des graphismes dignes de la PS2 et une r\u00e9alisation \u00e0 la Uwe Boll, o\u00f9 un d\u00e9mon moche s\u2019extirpe d\u2019un cocon hideux. On prend peur quant \u00e0 la teneur du show, puis les cloches de Black Sabbath r\u00e9sonnent pour le premier grand classique. Un inf\u00e2me son de batterie, piqu\u00e9 \u00e0 Lars Ulrich p\u00e9riode Saint Anger, renforce la crainte avant de s\u2019am\u00e9liorer au fil du concert.<\/p>\n<p>La musique dissipe rapidement l\u2019inqui\u00e9tude. Une foule sage, mais motiv\u00e9e, accueille une setlist qui se concentre sans surprise sur les premiers albums. Dirty Women, issu de Technical Ecstasy en 1976, sera au final la chanson la plus r\u00e9cente et personne ne se plaindra de ce focus sur les ann\u00e9es\u00a070-72.<\/p>\n<p>Snowblind et War Pigs sont particuli\u00e8rement r\u00e9ussies, des interpr\u00e9tations magistrales \u00e0 faire oublier qu\u2019il s\u2019agit bien d\u2019un concert d\u2019adieu apr\u00e8s presque 50\u00a0ann\u00e9es de carri\u00e8re. Tony\u00a0Iommi, dont le diagnostic d\u2019un lymphome a pouss\u00e9 le groupe vers la retraite, n\u2019a pas besoin de mots pour rappeler qu\u2019il a invent\u00e9 le metal, sa guitare suffit.<\/p>\n<p>Geezer Butler se l\u00e2che avec le super solo Bassically entre Beyond the Wall of Sleep et N.I.B. et prouve, bien que personne n\u2019ait os\u00e9 en douter, qu\u2019il n\u2019a rien perdu de sa fougue. Tommy\u00a0Clufetos, qui remplace un Bill\u00a0Ward f\u00e2ch\u00e9 \u00e0 mort avec Ozzy, se lance dans son propre solo de batterie, joue avec le public et compte bien ne pas avoir l\u2019air d\u2019un bouche-trou. Pour le clavi\u00e9riste Adam\u00a0Wakeman, fils de Rick Wakeman de Yes, on ne constatera son existence qu\u2019avec les pr\u00e9sentations d\u2019Ozzy.<\/p>\n<p>Source de bien des craintes, ce dernier tient bien la route aux c\u00f4t\u00e9s de musiciens parfaitement rod\u00e9s. Il a beau r\u00e9p\u00e9ter un milliard de fois \u00ab\u2009I can\u2019t hear you\u2009\u00bb (on prendra soin d\u2019\u00e9viter la blague sur le sonotone) et s\u2019\u00eatre un peu loup\u00e9 sur <em>Iron Man<\/em>, on l\u2019a senti motiv\u00e9 et d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 donner le meilleur de lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le concert se termine avec Paranoid, un gros The End barre l\u2019\u00e9cran g\u00e9ant tandis que le public scande un m\u00e9lange de \u00ab\u2009Tony\u2009!\u2009\u00bb et de \u00ab\u2009Ozzy\u2009!\u2009\u00bb, sans qu\u2019un camp ne l\u2019emporte clairement. Les spectateurs sont de toute fa\u00e7on les vrais gagnants.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>Deicide<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je ne sais pas si Deicide a jou\u00e9 sur la Temple pour des raisons pratiques ou par attrait pour les spots en forme de croix invers\u00e9es, mais le symbole est fort. Peu de groupes de death metal ont eu autant de succ\u00e8s chez les fans de black que les satanistes de la baie de Tampa.<\/p>\n<p>Le set est pas mal ax\u00e9 sur les albums Once Upon the Cross et Serpents of the Light, respectivement de 1995 et 1997, issus de l\u2019\u00e2ge d\u2019or du death metal floridien. On a quand m\u00eame le droit \u00e0 un In the Minds of Evil, tir\u00e9 du dernier album de 2013, pour nous rappeler que le groupe continue de pondre des disques. Les morceaux des ann\u00e9es\u00a090 sonnent bien \u00e9videmment le mieux (coucou <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=JpH5kM312WU\">When Satan Rules his World<\/a> et <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=4fIa0FjlzqU\">They are the Children of the Underworld<\/a>)<\/p>\n<p>La voix de Glen Benton devient si caverneuse en live qu\u2019elle se fond parfois sous les guitares. Le mixage reste cependant correct et les riffs nous \u00e9touffent tels la chaleur de l\u2019enfer ou, au choix, de l\u2019\u00e9t\u00e9 floridien. Violence, blasph\u00e8mes, blasts et riffs d\u00e9moniaques, Deicide nous sert le parfait caf\u00e9 gourmand pour terminer l\u2019\u00e9dition\u00a02016 du Hellfest.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Vendredi &nbsp; Monolord &nbsp; Alors que beaucoup de fans sont encore coinc\u00e9s aux pieds de la cath\u00e9drale, la fameuse entr\u00e9e du Hellfest, Monolord fait fi des contr\u00f4les de s\u00e9curit\u00e9 et ouvre le festival au son d\u2019un solide d\u2019un stoner\/doom qui ne passerait pas les tests salivaires. Les Su\u00e9dois tiennent le pari risqu\u00e9 de leur style\u00a0: rendre planante une musique fonci\u00e8rement lourde. Apr\u00e8s tout, on arrive bien \u00e0 faire voler des bombardiers de plusieurs dizaines de tonnes\u2026 Heureusement, Monolord pr\u00e9f\u00e8re les p\u00e9dales de fuzz et de flanger aux bombes \u00e0 sous-munitions, le public se sort bien du tapis de riffs. 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