{"id":21046,"date":"2020-08-10T00:54:27","date_gmt":"2020-08-09T22:54:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=21046"},"modified":"2020-08-10T01:25:20","modified_gmt":"2020-08-09T23:25:20","slug":"european-metal-festival-alliance-7-8-et-9-aout-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=21046","title":{"rendered":"European Metal Festival Alliance &#8211; 7, 8 et 9 ao\u00fbt 2020"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00ab Faute de grives, on mange des merles \u00bb penseront \/ diront \/ \u00e9criront certains esprits chagrins, \u00ab C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a \u00bb me dis-je, ce matin du vendredi 7 ao\u00fbt, paraphrasant int\u00e9rieurement Alain Souchon\u2026 \u00c7a, et m\u00eame davantage, \u00e0 l\u2019analyse de la famili\u00e8re \u00e9motion \u00e9prouv\u00e9e : un m\u00e9lange entre curiosit\u00e9, excitation et d\u00e9termination \u00e0 tenir la dur\u00e9e. Cette b\u00e9ate opini\u00e2tret\u00e9 propre aux matin\u00e9es de fests, celle ressentie \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019enceinte, une fois le pass valid\u00e9\u2026 \u00ab Ev\u00e8nement \u00bb est indubitablement le terme : pour la premi\u00e8re fois, treize festivals de notre bonne vieille Europe ont mis en commun forces et auditoires, afin de combler le vide de cet \u00e9t\u00e9 2020. Et de faire se produire trois journ\u00e9es et soir\u00e9es d\u2019affil\u00e9e plus d\u2019une trentaine de groupes en streaming sur la toile, \u00e0 l\u2019occasion de concerts film\u00e9s (en principe) \u00e0 huis clos, sous le nom d\u2019\u00ab European Metal Festival Alliance \u00bb (EMFA). Des festivals de taille moyenne, ceux pourvus de budgets de six \u00e0 sept chiffres (contrairement aux Wacken et Hellfest, qui en ont des \u00e0 huit chiffres) ; pour l\u2019essentiel, de renom et install\u00e9s : le v\u00e9t\u00e9ran \u00e9tant le Dynamo Metal Fest (ex-Open Air) fond\u00e9 en 1986, et le plus r\u00e9cent le Midgardsblot norv\u00e9gien en 2015\u2026 Dont une des b\u00e9n\u00e9voles (ma copine Bessy Eek) m\u2019avait justement invit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement cr\u00e9\u00e9 sur Facebook il y a un mois environ, sur lequel je m\u2019\u00e9tais de toutes fa\u00e7ons auparavant inscrit (merci quand-m\u00eame)\u2026 Cette anecdote destin\u00e9e \u00e0 illustrer une v\u00e9ritable volont\u00e9 de partage entre initi\u00e9s. Le ticket trois jours \u00e9tait disponible sur le site ad hoc au prix gadg\u00e9to-symbolique de 6,66 euros, le serveur demandant ensuite au nouveau-venu auquel des treize co-organisateurs celui-ci souhaitait reverser son obole (les slov\u00e8nes du Metal Days pour ma part). S\u2019ensuivit une poign\u00e9e de semaines d\u2019attente, rythm\u00e9e comme d&rsquo;accoutum\u00e9e par les annonces et d\u00e9comptes divers, distill\u00e9s au compte-gouttes sur les r\u00e9seaux sociaux ; survient enfin la publication du running order le mercredi qui pr\u00e9c\u00e8de (le mardi si l\u2019on prend en compte une gentillette fuite sur la page de Venom Inc !). Et c\u2019est avec la f\u00e9licit\u00e9 d\u2019un louveteau venu \u00e0 son premier jambor\u00e9e (sans sac \u00e0 dos), que l\u2019on tape son code au matin du vendredi 9 afin de p\u00e9n\u00e9trer ces barri\u00e8res virtuelles. La page principale est compos\u00e9e, outre l\u2019\u00e9cran de visionnage, d\u2019un espace de discussion collective Vimeo (o\u00f9 des pr\u00e9noms et patronymes hispanisants, carpatiens, germaniques et scandinaves d\u00e9filent \u00e0 vive allure, les mots revenant le plus \u00e9tant \u00ab Amenra \u00bb, \u00ab Rotting Christ \u00bb et \u00ab Beer \u00bb ; sur lequel \u00e9galement des organisateurs et la plupart des groupes viendront plus tard prendre langue avec la base), de onze concerts en public offerts par des artistes et groupes ne participant pas \u00e0 l\u2019EMFA (Thy Art is Murder, Napalm Death, Grand Magus, etc\u2026), de vingt-six interviews vid\u00e9os de stars (Cristina Scabbia dans son salon, Devin Townsend en son studio\u2026)\u2026 ainsi que d\u2019un shop ! Chacun des treize festivals co-organisateurs (la plupart \u00e0 vocation g\u00e9n\u00e9raliste, quelques-uns plus sp\u00e9cialis\u00e9s) ayant sugg\u00e9r\u00e9 les artistes \u00e0 programmer, tous les sous-genres et chapelles sont ainsi repr\u00e9sent\u00e9s, un reportage ou une publicit\u00e9 du festoche parrain port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran avant chaque repr\u00e9sentation, permettant d\u2019identifier qui a pris l\u2019initiative de qui. Force est de constater que le d\u00e9roul\u00e9 de ce premier jour se taille la part l\u00e9onine. Un demi-verre de caf\u00e9 noir englouti, \u00e9loign\u00e9 des rayons du soleil caniculaire, l\u2019\u00e9cran plat indique d\u00e9sormais \u00ab Welcome to the European Metal Festival Alliance ! \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">A midi pile est diffus\u00e9 un clip du Brutal Assault, de Jarom\u011b\u0159. Et il revient aux blackeux tch\u00e8ques de <strong>Cult of Fire<\/strong> d\u2019inaugurer cet Eurovision 2.0. Ce qu\u2019ils font sans se faire prier (quoique), sous des nappes d\u2019orgue, des lumi\u00e8res violac\u00e9es, dans un d\u00e9cor orn\u00e9 de faux entrecrois\u00e9es et de tr\u00f4nes en forme de cobras, le tout fleurant bon le Temple maudit d\u2019Indiana Jones\u2026 Ces encagoul\u00e9s et masqu\u00e9s revendiquent une inspiration hindouiste et v\u00e9dique : en chasuble noire, pourpre et or, le chanteur se tient debout au milieu, les instrumentistes en tailleur sur les tr\u00f4nes de part et d&rsquo;autre, un crane pos\u00e9 devant eux. Des internautes soulignent sur le chat une parent\u00e9 d\u2019avec les polonais de Batushka, d\u2019autres r\u00e9torquant que Cult of Fire existait avant Batushka et que Batushka les a copi\u00e9s, d\u2019autres d\u00e9crivant plus prosa\u00efquement leur pr\u00e9sent (\u00ab J\u2019ai trouv\u00e9 le bluetooth, maintenant mes voisins en profitent \u00e9galement \u00bb), certains enfin nous gratifiant des sempiternelles blagues de fosse (\u00ab Avec sa cagoule jaune le batteur ressemble \u00e0 une banane ! \u00bb). Pression atmosph\u00e9rique pr\u00e8s d\u2019une heure durant. Il n\u2019est pas midi cinquante que les premiers \u00ab Thank you EMFA \u00bb sont d\u00e9j\u00e0 proclam\u00e9s sur le fil de discussion. Brillante (fa\u00e7on de parler) entame ! Entracte d\u2019outre-Qui\u00e9vrain, compos\u00e9 d\u2019un bonjour de l\u2019Alcatraz ainsi que d\u2019une r\u00e9clame pour la bi\u00e8re Turbeau Noir, puis d\u00e9boulent les belges d\u2019<strong>Evil Invaders<\/strong>. Du speed canal historique port\u00e9 par une voix aig\u00fce \u00e0 la Bobby Blitz d\u2019Overkill, l\u2019estrade \u00e0 l\u2019ancienne du quatuor contrastant fortement avec le d\u00e9corum de la secte pr\u00e9c\u00e9dente. Il revenait ensuite aux roumains de <strong>Dirty Shirt<\/strong> de prouver qu\u2019ils valent davantage qu\u2019un sujet de reportage-entrefilet dans Tracks\u2026 Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par une compilation des derni\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019ARTma\u0418!a Festival (splendides images de la place transylvaine de Sibiu), la musique de Mihai Tivadar et de ses six comp\u00e8res (plus deux choristes, une paire de violonistes, un clarinettiste ainsi qu\u2019un fl\u00fbtiste) se structure autour de plans, certes aussi dat\u00e9s que les lignes d\u2019une Dacia 2000 (entre fusion et n\u00e9o-metal fran\u00e7ais de la fin des ann\u00e9es 1990), MAIS prend toute autre envergure (et \u00e2me) lorsqu\u2019elle est port\u00e9e par des rythmes, intonations et sonorit\u00e9s balkaniques. Kusturicesque ! Des passages ska ajoutent au c\u00f4t\u00e9 foutraque et gouailleur de l\u2019entreprise, tout ceci donnant bigrement envie de faire un tour du c\u00f4t\u00e9 de chez Cioran. La r\u00e9v\u00e9lation galloise de 2019, <strong>Venom Prison<\/strong>, poursuit ces r\u00e9jouissances virtuelles avec fracas, et confirme d\u2019embl\u00e9e (entre autres \u00e0 l\u2019applaudim\u00e8tre Vimeo). Arpentant sans r\u00e9pit et sans concession trois quarts d\u2019heure durant une sc\u00e8ne \u00e9clair\u00e9e par des lights bleu\u00e2tres, achevant le set \u00e0 genoux, la partie sup\u00e9rieure de son corps oscillant de l\u2019avant vers l\u2019arri\u00e8re, la juv\u00e9nile et carnassi\u00e8re Larissa Stupar rejoint le cercle ferm\u00e9 des vocalistes death qui comptent. Au tour du Bloodstock Open Air (BOA) de Walton-upon-Trent de se pr\u00e9senter via un reportage agr\u00e9ment\u00e9 de quelques mots de ses animateurs, Rachael Greenfield et Adam Gregory, ainsi que par les t\u00e9moignages de Biff Byford et de Dee Snider (ce dernier en d\u00e9bardeur la tronche en gros plan, une peinture moche de fleur rose tropicale \u00e0 sa gauche : mon Dieu !). Apr\u00e8s la nature morte les civilisations \u00e9teintes : le pa\u00efen Midgardsblot Metal Festival nous d\u00e9livre des vid\u00e9os de sa derni\u00e8re \u00e9dition, et c\u2019est \u00e0 <strong>Kampfar <\/strong>d\u2019entretenir la flamme. Ou plut\u00f4t les flammes : quatre torches apport\u00e9es de l\u2019ext\u00e9rieur vers l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un temple, puis fix\u00e9es par le torse-poil Ask (cartouchi\u00e8re ceinte autour des hanches et drapeau Norske rentr\u00e9 dans le jean slim) et ses trois coreligionnaires sur une sc\u00e8ne rougeoyante, au milieu d\u2019une agglutination de bougies. Du black m\u00e2tin\u00e9 folk, plusieurs dizaines de minutes incantatoires et d\u00e9monstratives, closes sur un final au violon et ch\u0153ur nordique, les guerriers prenant cong\u00e9 du temple, emportant leurs torches vers l\u00e0 d\u2019o\u00f9 ils sont venus. Le monde libre enviait quoi qu&rsquo;il en soi, et de toutes ses tripes, le Metal Days de Slov\u00e9nie (les gorges de Tolmin, ses descentes en kayak sur la rivi\u00e8re So\u010da, son lac garni de flamants roses en plastoc, ses cours collectifs de yoga, ses shots d\u2019alcools forts\u2026) : le court-m\u00e9trage promotionnel de la success story slave, pass\u00e9 vers dix-sept heures, n\u2019a fait qu\u2019attiser un peu plus encore les envies de s\u2019y rendre\u2026 Sensation de l\u2019ann\u00e9e 2018, les trois godelureaux d\u2019<strong>Alien Weaponry<\/strong> sont le premier combo non-europ\u00e9en \u00e0 fouler les planches virtuelles de l\u2019EMFA 2020\u00a0; autres novations du jour\u00a0: leur concert a \u00e9t\u00e9 film\u00e9 en f\u00e9vrier dernier (\u00e0 l\u2019Auckland Town Hall) devant un parterre de fans, et est entrecoup\u00e9 d\u2019extraits d\u2019un entretien donn\u00e9 dans une for\u00eat des antipodes. Ils l\u2019attaquent sur une haka (ils le termineront \u00e9galement avec), laquelle donne le ton\u00a0: du groove metal martial jou\u00e9 en short, sur lequel se greffent vocaux contemporains chant\u00e9s en langue m\u0101ori. Emmen\u00e9 par la s\u00e9millante et bott\u00e9e Brittney Hayes, et choisis par le Bloodstock Festival, les canadiens d\u2019<strong>Unleash the Archers <\/strong>\u00e9trennent ce premier d\u00e9but de soir\u00e9e. A l\u2019exigu dans un cabanon \u00e9quip\u00e9 d\u2019un ventilateur, ils remplissent \u00e9piquement leur mission sacr\u00e9e\u00a0: celle de porter au firmament la banni\u00e8re (et les notes) du power metal m\u00e9lodique. Passage \u00e0 l\u2019as d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 d\u2019<strong>Amenra<\/strong> et de <strong>Parasite Inc.<\/strong>\u00a0: il faut bien se sustenter mon bonne Dame\u2026 et optimiser lucidit\u00e9 pour les deux t\u00eates d\u2019affiche du soir\u2026 Il \u00e9tait permis d\u2019attendre beaucoup d\u2019une femme qui a (finalement) r\u00e9ussi \u00e0 donner des airs de jeune premier \u00e0 Charlie Benante\u2026 Enregistrement at home pour Carla Harvey de <strong>Butcher Babies<\/strong> accompagn\u00e9e \u00e0 distance par ses trois musiciens et par l\u2019autre p\u00e9troleuse Heidi Shepperd, cette derni\u00e8re annon\u00e7ant cr\u00e2nement la couleur sur un \u00ab\u00a0Lilith\u00a0\u00bb lent et brulant : \u00ab\u00a0We are Butcher Babies and we gonna Rock your Face\u00a0!\u00a0\u00bb. La suite sent de suite et malheureusement le r\u00e9chauff\u00e9\u00a0: une alternance malvenue entre extraits de leur spectacle au Brooklin Bowl de Vegas en 2018 et deux-trois chansons capt\u00e9es confin\u00e9s-s\u00e9par\u00e9s. De la m\u00eame demeure que Carla, le susnomm\u00e9 Benante (t-shirt \u00ab\u00a0State of Euphoria\u00a0\u00bb sur le dos, histoire de rappeler qui il est) vient se coller \u00e0 la batterie \u00e9pauler sa copine et conf\u00e9rer, l\u2019espace d\u2019un morceau, quelque regain d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 une prestation cousue de fil blanc. Ne pas s\u2019arr\u00eater \u00e0 un nom (contrairement \u00e0 Dave Mustaine) arr\u00eat\u00e9 en 1987\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<strong>Rotting Christ<\/strong> \u00bb ; les fr\u00e8res Sakis et Themis Tolis sont au sommet de l\u2019affiche, et ce n\u2019est que logique aristot\u00e9licienne, math\u00e9matique euclidienne et justice ath\u00e9nienne. Un fraternel discours de Themis en introduction, et les (faux) acari\u00e2tres livrent \u00e0 vingt-deux heures quinze un black metal sc\u00e9niquement d\u00e9pouill\u00e9 (des instruments de couleur noire, des amplis Marshall, leur logo derri\u00e8re eux) mais \u00f4 combien riche musicalement : un enchainement d\u2019harangues sur accords r\u00eaches et chants gr\u00e9goriens ; des constructions complexes que l\u2019on devine compos\u00e9es \u00e0 la guitare et \u00e0 la batterie. Choisis par le Metal Days (leur ex-t\u00eate d\u2019affiche 2019 et future de 2021), les quatre grecs nous jouent quarante-cinq minutes de partitions c\u00e9r\u00e9brales jou\u00e9es pied gauche pos\u00e9 sur le retour : un Satyricon m\u00e9diterran\u00e9en, la froidure en moins\u2026 Le binaire mais inspir\u00e9 \u00ab Fire, God and Fear \u00bb \u00e9tant le grand morceau de cette nuit\u00e9e ; et Rotting Christ d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 le meilleur moment de l\u2019EMFA 2020. Extinction des feux sur le lumineux \u00ab Threnody \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Moins consistant que la veille, le programme du samedi s\u2019annonce n\u00e9anmoins roboratif. A l\u2019ouverture du chat en fin de matin\u00e9e, les festivaliers se saluent amicalement (quoi de plus banal dans ce type de rassemblement ?). L\u2019on constate que les onze concerts du vendredi, ainsi qu\u2019un FAQ de cinq ou six questions ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9s juste en dessous, car il n\u2019y a jamais de question b\u00eate\u2026 Choisis par l\u2019ARTma\u0418!a Festival, il revient aux roumains de <strong>White Walls<\/strong> d\u2019essuyer les pl\u00e2tres de cette deuxi\u00e8me journ\u00e9e, nous surprenant sur les doucereux arp\u00e8ges de \u00ab\u00a0False Beliefs\u00a0\u00bb : du prog d\u2019aujourd\u2019hui, quelque part entre Marillion (la voix d\u2019Eugen Brudaru) et des trames alt metal (la guitare d\u2019Alexandru-Eduard Dasc\u0103lu\u2026 et la voix d\u2019Eugen Brudaru). Plus au septentrion, on rejoint les quatre sib\u00e9riens de <strong>Nytt Land<\/strong> (superf\u00e9tatoire de pr\u00e9ciser que ceux-ci ont \u00e9t\u00e9 mis en avant par le Midgardsblot, vous avez compris le principe maintenant\u2026) tous assis dans un studio sombre : des instruments surann\u00e9s, une ambiance m\u00e9di\u00e9vale voire celtique (il serait instructif de cerner points communs et \u00e9ventuelles racines partag\u00e9es entre musiques celtique et sib\u00e9rienne), de splendides compositions tant\u00f4t instrumentales, tant\u00f4t cont\u00e9es dans des idiomes des glaces (islandais, russe, khanty) par la voix chamanique de Natalya Pahlenko (dire que dans un r\u00e9cent papier, le philosophe R\u00e9gis Debray prenait en exemple les festivals metal afin de d\u00e9montrer \u00ab l\u2019am\u00e9ricanisation \u00bb de nos soci\u00e9t\u00e9s !). En provenance du Thuringe, tout comme le Party.San Open Air qui les parraine, et au cours duquel leur contribution a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e en 2018, les quatre chevelus de <strong>Deserted Fear<\/strong> pratiquent un death metal d\u2019influence su\u00e9doise. Pour mordus du genre. Metal, terre de contrastes\u00a0: aux six joyeux drilles en bures franciscaines de <strong>L\u00e8poka<\/strong>, groupe de folk metal espagnol festif (\u00ab\u00a0Que invita a beber y a bailar\u00a0\u00bb), succ\u00e8de le black d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 des allemands de <strong>Der Weg Einer Freiheit<\/strong>,\u00a0hant\u00e9 par les hurlements de perdu du fr\u00eale et statique Nikita Kamprad\u2026 <strong>Gutalax<\/strong> ne d\u00e9signe pas un comprim\u00e9 osmotique mais un groupe de grindcore tch\u00e8que\u2026 Le premier cri de cochon est d\u2019ailleurs entendu aux alentours de dix-sept heures dix\u2026 V\u00eatu (\u00e0 l\u2019instar de ses trois complices) d\u2019une combinaison blanche et lunettes de soudure cal\u00e9es sur le groin, l\u2019imposant Martin Matou\u0161ek couine, grogne, grouine sans discontinuer pendant trente-cinq minutes sur un rythme syncop\u00e9, devant une audience r\u00e9active puisque combl\u00e9e par tant de nihilisme assum\u00e9. Retour \u00e0 la rectitude thrash \/ death avec les bataves de <strong>Legion of the Damned<\/strong>, juste avant la premi\u00e8re grosse cylindr\u00e9e du jour\u00a0: Teddy Vrignault et Andr\u00e9 Gaillard, les fr\u00e8res ennemis du comique fran\u00e7ais ne sont plus de ce monde, mais Venom et <strong>Venom Inc.<\/strong>, les fr\u00e8res ennemis du black metal originel, sont encore parmi nous ! A ceci pr\u00e8s que le premier des deux n\u2019est pas \u00e0 l\u2019affiche de l\u2019EMFA 2020. Le truculent Tony Dolan (basse \u2013 chant), l\u2019ant\u00e9diluvien Jeff Mantas et Kling (le nouveau batteur) attaquent pied au plancher le classique \u00ab Metal we Bleed \u00bb, confirmant derechef ce qu\u2019on pense de Venom Inc. : il ne s\u2019agit pas de black mais tout bonnement de heavy, jou\u00e9 rock\u2019n\u2019roll \u00e0 fond les potards, l\u2019ombre de M\u00f6torhead (de Lemmy surtout) survolant le trio anglais. Leur disque de 2017 refl\u00e8te tout \u00e0 fait cette rustaude personnalit\u00e9. A ce titre, leur set list alterne (\u00e0 hauteur des deux tiers) entre r\u00e9interpr\u00e9tations sur-vitamin\u00e9es de classiques de Venom (\u00ab Rip Ride \u00bb, \u00ab Genocide \u00bb, \u00ab In Nomine Satanas \u00bb, \u00ab Bloodlust \u00bb) et (le tiers restant) missiles issus de cet excellent album (\u00ab Forged in Hell \u00bb, \u00ab Time to Die \u00bb). Final sur \u00ab Black Metal \u00bb et avalanche de \u00ab Thank you Venom Inc. ! \u00bb sur le fil de discute. Ratage consenti des shows d\u2019<strong>Angelus Apatrida <\/strong>et d\u2019<strong>Heidevolk<\/strong>, puis vient l\u2019heure pour <strong>Avatar<\/strong> de relever les compteurs. D\u2019autant plus qu\u2019hasard du calendrier, les su\u00e9dois viennent de commercialiser hier vendredi leur huiti\u00e8me album studio, \u00ab Hunter Gatherer \u00bb, lequel pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par des simples ayant agr\u00e9ablement surpris le Landerneau. Nos post-rockeurs versent toutefois au pot-commun un concert film\u00e9 au cours de l\u2019Alcatraz 2019, devant une foule conquise (certaines spectatrices d&rsquo;alors grim\u00e9es \u00e0 l\u2019image du chanteur). Maquill\u00e9 fa\u00e7on Alice Cooper, le clownesque et d\u00e9gingand\u00e9 Johannes Michael Gustaf Eckerstr\u00f6m saute d\u2019une branche musicale vers une autre (parfois muni d\u2019un trombone) : certains festivaliers virtuels ne cessant en cons\u00e9quence de discutailler sur le Vimeo jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ultime morceau (\u00ab The King Welcomes You To Avatar Country \u00bb, sous une pluie de confettis) quant au tampon stylistique \u00e0 apposer sur Avatar (\u00ab Theatric groove metal ? \u00bb, \u00ab Death&rsquo;n&rsquo;roll \u00bb, \u00ab Melodeath \u00bb, \u00ab Melodeath too \u00bb, \u00ab Pants Metal ? \u00bb, \u00ab Pantalooony metal ! \u00bb, \u00ab Puppet shooww ! \u00bb), d\u2019autres leur r\u00e9pondant qu\u2019il ne s\u2019agit l\u00e0 que de \u00ab 2020 metal \u00bb. Synth\u00e8se convenable. De ce qu\u2019est Avatar, ainsi que de l&rsquo;essence-m\u00eame de cette deuxi\u00e8me journ\u00e9e, indiscutablement \u00e9clectique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019on ressent quelque peu la fatigue au matin de ce troisi\u00e8me jour\u2026 Non, du tout du tout, une blague ! Apr\u00e8s diffusion d\u2019une compilation et salutations distingu\u00e9es de l\u2019Into the Grave Festival (organis\u00e9 dans la ville frisonne de Leeuwarden, sur la grande place l\u00e0 o\u00f9 subsiste l\u2019Oldehove une tour m\u00e9di\u00e9vale bancale), ses prot\u00e9g\u00e9s de <strong>Dead Lord<\/strong> nous tirent du lit avec un heavy rock su\u00e9dois \u00e0 la bonne franquette, aux influences franches du collier (les deux premiers Maiden, Thin Lizzy, les Foo Fighters) et \u00e0 la coule du chorus de guitare, le tout ass\u00e9n\u00e9 dans un petit local de r\u00e9p\u00e8te surcharg\u00e9 (multiprises, posters, rideaux orange \u00e0 fleurs et abat-jour). Maiden toujours, mais les albums d\u2019apr\u00e8s : les slov\u00e8nes de <strong>SkyEye <\/strong>nous d\u00e9crivent de mani\u00e8re \u00e9pique \u00ab The Battle of Jerusalem \u00bb. Suivent le stoner metal des roumains de <strong>Roadkill Soda,<\/strong> puis le metal lourd intens\u00e9ment distill\u00e9 par les quatre trop\u00e9ziens de <strong>Svart Crown<\/strong>, capt\u00e9 \u00e0 Ramatuelle dans un d\u00e9cor de colonnes romaines, et suscitant manifestement l\u2019enthousiasme de nos voisins europ\u00e9ens (\u00ab Having a Gojira Feeling with Svart \u00bb dixit un des convives) ainsi que la fiert\u00e9 de nos compatriotes (\u00ab French Metal Matters !!! \u00bb conclut le chroniqueur Axl Meu rep\u00e9r\u00e9 dans le fil de discussion). <strong>Spoil Engine<\/strong> de Rouleurs au go\u00fbter : du death moins r\u00eache que celui de Venom Prison avant-hier, m\u00e9lodique donc, Iris Goessens gagne elle-aussi \u00e0 \u00eatre connue. \u00ab Familiar and Welcoming Atmosphere \u00bb : un aimable coucou du Summer Breeze Open Air bavarois (sur fond de \u00ab Hail to the Hordes \u00bb de Kreator), qui nous pr\u00e9sente <strong>Kissin\u2019 Dynamite<\/strong>, les tributaires du glam metal et hard FM ce week-end ; lesquels ont mis en bo\u00eete leur show sur une sc\u00e8ne d\u2019un \u00e9tage \u00e9quip\u00e9e de sorties de fum\u00e9es verticales, dans la grande tradition d\u2019un genre que Kurt Cobain et le grunge ont tu\u00e9, mais que certains (dont eux) ont cru utile de ressusciter. Tous en ordre de bataille \u00ab fame \u00bb, leurs yeux surlign\u00e9s de kh\u00f4l, \u00e9paulant leur longiligne frontman Hannes Braun (soit David Coverdale ayant fusionn\u00e9 avec Sebastian Bach), ils alignent schlag auf schlag hymnes fastoches mais f\u00e9d\u00e9rateurs. <strong>Evergrey <\/strong>est un groupe nettement plus aust\u00e8re, heavy et\u00a0concentr\u00e9, mais c\u2019est bien \u00e9videmment <strong>Mass Hysteria<\/strong> que les hexagonaux attendaient. Mis en avant par le Motocultor de Saint-Nolff (dont un clip promotionnel con\u00e7u sur une musique d\u2019Hangman\u2019s Chair, s\u2019achevant par un \u00ab\u00a0Merci\u00a0\u00bb, est retransmis \u00e0 18 heures 58), les cinq sont film\u00e9s devant une plage du Morbihan, juste avant qu\u2019un tourbillonnant \u00ab\u00a0Reprendre mes esprits\u00a0\u00bb entame les hostilit\u00e9s. En polo noir, Mouss, seul chanteur \u00e0 s\u2019exprimer en ces trois jours dans la langue de Bernie Bonvoisin le garantit : \u00ab\u00a0Nous sommes positifs \u00e0 bloc\u00a0!\u00a0\u00bb. A l\u2019image de l\u2019accueil qui leur est fait. Une internaute, \u00e0 patronyme ib\u00e9rique, annonce\u00a0: \u00ab\u00a0J&rsquo;ouvre une bouteille de Cr\u00e9mant fran\u00e7ais (Yes, I used Google Translate)\u00a0\u00bb\u00a0; un autre, visiblement plus nordique, conclut\u00a0au bout du deuxi\u00e8me morceau : \u00ab\u00a0Yet another good surprise from France&#8230; Well done France !\u00a0\u00bb. Une des participations les mieux film\u00e9es (avec celle de Der Weg le samedi), plus pr\u00e9cis\u00e9ment le 15 juillet dernier sur la sc\u00e8ne de l\u2019ECHONOVA de Saint-Av\u00e9. Yann Mass et les siens finissent sur \u00ab\u00a0Ar\u00f4mes complexes\u00a0\u00bb puis \u00ab\u00a0Tout est poison\u00a0\u00bb (et sa r\u00e9f\u00e9rence au classique de Prodigy). Le groupe viendra ensuite remercier le public et se faire congratuler en retour\u2026 sur le Vimeo\u00a0! Les deux protagonistes fran\u00e7ais \u00e0 cette sauterie paneurop\u00e9enne d\u00e9sormais hors de sc\u00e8ne, ne pouvant profiter d\u2019<strong>Orange Goblin<\/strong>, et n\u2019ayant gu\u00e8re le courage de me cogner <strong>Sabaton<\/strong>, ce sera par suite le black celtisant des irlandais de <strong>Primordial<\/strong> qui cl\u00f4turera cette CECA de la musique metal, par une prestation saisie sur les tr\u00e9teaux du Party.San 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Est ainsi venue l\u2019heure du bilan ch\u00e8re \u00e0 Mickael Kael : dix nations, treize festivals qui comptent, trente-trois groupes \u00e0 hauteur de onze par jour, de cinq cents \u00e0 deux mille visionneurs et euses en moyenne, une quinzaine de genres diff\u00e9rents (manquait le metal symphonique \u00e0 chanteuse), des d\u00e9couvertes et conversations \u00e0 foison, ainsi que cent-vingt-huit-mille-deux-cent-douze fois le m\u00eame spot pour EMP en trois journ\u00e9es\u2026 En d\u00e9finitive une r\u00e9ussite artistique et organisationnelle. Le tout sans l&rsquo;appoint de t\u00eates d&rsquo;affiche \u00e0 multiples z\u00e9ros. Tout porte \u00e9galement \u00e0 croire que cette premi\u00e8re \u00e9dition a \u00e9t\u00e9 ad\u00e9quatement suivie et relay\u00e9e. Moult photographies (notamment post\u00e9es sur la page Facebook du Metal Days, d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s actif en mati\u00e8re de communication) attestent que ces retransmissions non-stop furent pr\u00e9textes \u00e0 ap\u00e9ros-repas-soir\u00e9es-week-ends collectifs entre amis et passionn\u00e9s devant leurs \u00e9crans, en simultan\u00e9 \u00e0 travers l\u2019Europe enti\u00e8re\u2026 Hormis celle des retomb\u00e9es financi\u00e8res, une interrogation restera en suspens : r\u00e9ponse circonstanci\u00e9e et ponctuelle aux al\u00e9as d\u2019une ann\u00e9e maudite, ou manifestation d\u2019un genre nouveau ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; \u00ab Faute de grives, on mange des merles \u00bb penseront \/ diront \/ \u00e9criront certains esprits chagrins, \u00ab C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a \u00bb me dis-je, ce matin du vendredi 7 ao\u00fbt, paraphrasant int\u00e9rieurement Alain Souchon\u2026 \u00c7a, et m\u00eame davantage, \u00e0 l\u2019analyse de la famili\u00e8re \u00e9motion \u00e9prouv\u00e9e : un m\u00e9lange entre curiosit\u00e9, excitation et d\u00e9termination \u00e0 tenir la dur\u00e9e. Cette b\u00e9ate opini\u00e2tret\u00e9 propre aux matin\u00e9es de fests, celle ressentie \u00e0 l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019enceinte, une fois le pass valid\u00e9\u2026 \u00ab Ev\u00e8nement \u00bb est indubitablement le terme : pour la premi\u00e8re fois, treize festivals de notre bonne vieille Europe ont mis en commun [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":23,"featured_media":21047,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1480,2],"tags":[2282,2283],"class_list":["post-21046","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-live-reports","tag-emfa","tag-festival"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v23.9 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>European Metal Festival Alliance - 7, 8 et 9 ao\u00fbt 2020 - Art&#039;n&#039;Roll Webzine<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Trois jours de suite, treize festivals organisateurs, dix nations europ\u00e9ennes, trente-trois groupes sur Internet \u00e0 raison de onze par jour, de cinq cents \u00e0 deux mille visionneurs et euses en moyenne, une quinzaine de genres diff\u00e9rents. 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