{"id":12636,"date":"2017-07-03T00:13:11","date_gmt":"2017-07-02T22:13:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=12636"},"modified":"2017-07-03T00:18:19","modified_gmt":"2017-07-02T22:18:19","slug":"live-report-hellfest-2017-martin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=12636","title":{"rendered":"Live Report \u2013 Hellfest 2017 par Martin"},"content":{"rendered":"<h1 style=\"text-align: justify;\"><strong>Hellfest le LR de Martin<\/strong><\/h1>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019approche de la mi-juin, le festivalier ajoute m\u00e9t\u00e9o France \u00e0 ses favoris et prie. Nos v\u0153ux ont \u00e9t\u00e9 un peu trop exauc\u00e9s. Plus de lourde qu\u2019un riff de Sleep et plus chaude qu\u2019une lampe de Sunn o))), la canicule s\u2019est impos\u00e9e pour assommer bien des fans.<br \/>\nL\u2019\u00e9dition 2017 du Hellfest n\u2019en a pas moins \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s, surtout pour les snobs comme moi qui restent \u00e0 l\u2019abri sous les chapiteaux et feulent en direction des main-stages. Trois groupes se sont vraiment d\u00e9marqu\u00e9s, un par jour histoire d\u2019\u00eatre \u00e9quitable : Wardruna, Emperor et Electric Wizard.<br \/>\nC\u2019est parti.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><\/h2>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Vendredi<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Okkultokrati<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier concert d\u2019un festoch a toujours un cachet particulier, c\u2019est le moment o\u00f9 l\u2019on a encore envie de tout voir et de n\u2019en perdre aucune miette avant la fatigue du dernier jour. Ce d\u00e9but de Hellfest n\u2019a en tout cas pas \u00e9t\u00e9 la hauteur de la suite. Les Norv\u00e9giens d\u2019Okkultokrati ont commenc\u00e9 leur carri\u00e8re avec l\u2019excellente id\u00e9e de m\u00e9langer du Black et du Crust\/D-beat, un postulat fort all\u00e9chant pour le fan d\u2019Impaled Nazarene que je suis.<br \/>\nUne bonne et longue intro sur le th\u00e8me de l\u2019hypnose d\u00e9marre, posant une ambiance assez malsaine avec son d\u00e9compte de un \u00e0 dix. Arriv\u00e9 au bout, le groupe commence \u00e0 jouer avec un son m\u00e9diocre et sans grand coffre. Ah, le sale coup de l\u2019intro qui claque et des mecs qui n\u2019envoient rien derri\u00e8re\u2009! Qui ne s\u2019est jamais marr\u00e9 devant un Dies Irae de Mozart ou de Verdi \u00e0 fond les ballons, suivi d\u2019un riff maigrichon et d\u2019un cri qui s\u2019arr\u00eate deux fois plus vite que pr\u00e9vu\u2009?<br \/>\n\u00c7a commence mal et \u00e7a devient de plus en plus confus. Si tous les instruments fonctionnent bien s\u00e9par\u00e9ment, leur union laisse plus que dubitatif. Un titre comme \u00ab Hard To Please, Easy To Kill \u00bb pourrait \u00eatre excellent, mais \u00e0 osciller entre batterie punk, chant extr\u00eame et synth\u00e9 joyeux, la sauce ne prend pas. Le groupe a le cul entre plusieurs chaises bancales et ne tient pas la route.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">True Black Dawn<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec deux albums en 25 ans et autant de changements de nom, True Black Dawn a malgr\u00e9 tout moins de probl\u00e8mes d\u2019identit\u00e9 qu\u2019Okkultokrati. Les Finlandais officient dans une veine Black Metal bien balis\u00e9e et efficace.<br \/>\nCorpse paint de rigueur, une bonne voix qui rappelle parfois Maniac (du moins plus que sur album) et du blast bien plac\u00e9, on sait vite \u00e0 quoi s\u2019en tenir. Rien de bien original mais c\u2019est suffisamment bien fait pour tirer de solides headbangs. Quelques escapades mid-tempo r\u00e9ussies ach\u00e8vent de nous captiver dans cette agr\u00e9able d\u00e9couverte, certes un peu tardive vu l\u2019\u00e2ge du groupe.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Noothgrush<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ing\u00e9 son n\u2019a pas d\u2019humour. Le chanteur de Noothrush racontait une petite blague sur le degr\u00e9 d\u2019alcool\u00e9mie du public quand l\u2019intro a soudain retenti. Une technique fort efficace pour faire taire quelqu\u2019un. Pas d\u00e9contenanc\u00e9s pour un sou, les v\u00e9t\u00e9rans californiens encha\u00eenent directement sur du Sludge\/Doom bien lourd.<br \/>\nUn groove sale enveloppe les festivaliers, accompagn\u00e9 d\u2019un chant excellent. Un peu comme True Black Dawn, Noothgrush \u00e9tait malheureusement pass\u00e9 sous mon radar. En cause, un seul album en 23 ans de service et une pellet\u00e9e de splits. Alors que j\u2019avais h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 aller voir Wormed \u00e0 la place, j\u2019ai bien fait de pr\u00e9f\u00e9rer m\u2019aventurer sous la Valley. Comme quoi, dans le doute, il faut toujours aller l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a sent le plus la beuh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Valkyrja<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme souvent, mon Hellfest consiste en des allers-retours entre les sc\u00e8nes Temple et Valley, je n\u2019y coupe pas cette ci non plus. Pour Valkyrja, pas de belles blondes ni de festin au Valhalla, juste du sang, du cuir et du Black Metal. Loin de se sentir flou\u00e9, le public entonne sa premi\u00e8re grosse r\u00e9ponse de la Temple en acclamant les Su\u00e9dois. Normal pour un set bien intense, parsem\u00e9 de l\u00e9gers effluves de Watain.<br \/>\n\u00ab Madness Redeemer \u00bb r\u00e9sume bien toute la force du groupe, avec sa palette aussi agressive que m\u00e9lodique. Fra\u00eechement arriv\u00e9 dans la bande et habitu\u00e9 aux multiples remplacements, le chanteur mercenaire RSDX assure une prestation excellente et puissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Subrosa<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec beaucoup de mauvaise foi, on pourrait r\u00e9sumer Subrosa en un groupe \u00e0 chanteuse avec des violons dedans. Un postulat qui \u00e9voque les niaiseries symphoniques finlandaises et hollandaises, une t\u00eate d\u2019affiche du Wacken qui aurait ses chances \u00e0 l\u2019Eurovision, une horreur pour fans d\u2019AMV et de My Little Pony\u2026<br \/>\nSauf que Subrosa n\u2019a jamais vers\u00e9 dans ces travers et interpr\u00e8te une version personnelle et subtile du Doom\/Stoner. La formation m\u2019avait passablement impressionn\u00e9 en avril au Roadburn et je comptais bien avoir ma dose de rab. Comme souvent pour les groupes jouant aux deux \u00e9v\u00e8nements, le son est malheureusement moins bon au Hellfest (difficile de mieux sonner en chapiteau que dans une vraie salle).<br \/>\nEn attaquant d\u2019abord avec \u00ab Black Majesty \u00bb, Subrosa d\u00e9voile son talent pour mettre les violons en avant au bon moment. Ils fonctionnent tour \u00e0 tour comme des nappes ou des leads, par-dessus une rythmique bien cal\u00e9e. Une utilisation qui m\u00e9rite malheureusement un meilleur son que ce \u00e0 quoi on a alors droit.<br \/>\nLe set n\u2019en reste pas moins hypnotique et lancinant, avec des passages si d\u00e9licats qu\u2019on entend souvent Exhumed gronder au loin, sous l\u2019Altar. Avec quarante minutes de sc\u00e8ne et des chansons d\u00e9passant presque toujours les dix minutes, Subrosa se concentre sur son excellent dernier album, \u00ab For This We Fought the Battle of Ages \u00bb. Le tout s\u2019ach\u00e8ve sur le redoutable \u00ab Despair is a Siren \u00bb, s\u00fbrement leur titre le plus r\u00e9ussi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">D\u00f8dheimsgard<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le go\u00fbt musical n\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence pas quelque chose de rationnel et d\u2019objectif, sinon il suffirait de mettre des notes de 0 \u00e0 10 \u00e0 chaque groupe en guise de live report ou de chronique. D\u00f8dheimsgard est un cas d\u2019\u00e9cole : l\u2019ex\u00e9cution est bonne, les Norv\u00e9giens offrent de sacr\u00e9s riffs et des ambiances aussi vari\u00e9es que travaill\u00e9es, et pourtant \u00e7a ne fonctionne pas \u00e0 ses pleines capacit\u00e9s.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0, les musiciens se lancent directement apr\u00e8s ses balances finales, de quoi filer quelques secondes de doute avant d\u2019\u00eatre s\u00fbr que le concert ait vraiment commenc\u00e9. Fallait peut-\u00eatre s\u2019y prendre plus t\u00f4t, vu que malgr\u00e9 tout le son n\u2019est m\u00eame pas top, bien qu\u2019il s\u2019am\u00e9liore par la suite (le principe des balances, c\u2019est pas justement d\u2019\u00e9viter de trop devoir rebidouiller la console en plein concert\u2009?).<br \/>\nAvec D\u00f8dheimsgard, le Black Metal laisse la place \u00e0 des moments planants, puis le bourrin revient. Cette schizophr\u00e9nie est dans la nature du groupe, son ADN lui commande de partir dans tous les sens. Personnellement, \u00e7a me d\u00e9contenance plus qu\u2019autre chose, cette folie ne parvient pas \u00e0 se transcender. \u00ab 21 st Century Devil \u00bb, tir\u00e9 de \u00ab Supervillain Outcast \u00bb, illustre bien le propos : je ne vois rien \u00e0 reprocher \u00e0 la chanson mais je ne rentre pas pour autant compl\u00e8tement dedans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Powerwolf<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il para\u00eet qu\u2019au Hellfest nous sommes tous fr\u00e8res, rassembl\u00e9s par une m\u00eame passion qui d\u00e9passe nos divergences qui ne seraient que d\u2019insignifiants chipotages. Quel est donc le plus petit d\u00e9nominateur commun\u2009? Le groupe qui unit le fan de Sidilarsen \u00e0 celui qui demande \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9 s\u2019il a encore toutes ses dents \u00e0 la fin du set de Cryptopsy\u2009? En tout cas, ce n\u2019est pas Powerwolf.<br \/>\nTra\u00een\u00e9 par des potes, \u00e0 qui la bande teutonne sert de t\u00eate de Turc officielle, dans mon unique incursion sur les sc\u00e8nes plein air, je vois la foule se dresser entre Powerwolf et moi. Un mur d\u2019incompr\u00e9hension totale, b\u00e2ti sur une interpr\u00e9tation ontologiquement divergente de ce que devrait \u00eatre le Metal. Il est si haut que si Trump le prenait comme mod\u00e8le, son ombre irait jusqu\u2019\u00e0 San Francisco.<br \/>\nLa fadeur des riffs et le kitsch des samples d\u2019orgues piquent s\u00e9v\u00e8rement, puis un mec en corpsepaint t\u2019explique qu\u2019en gros il faut se battre pour l\u2019amiti\u00e9 et l\u2019honneur du metal. Je suis s\u00fbr que si un fan \u00e9chappait \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et parvenait \u00e0 monter sur sc\u00e8ne, le chanteur lui ferait un c\u00e2lin au lieu de lui balancer une beigne. Eurk\u2009!<br \/>\nCela dit, l\u2019interpr\u00e9tation est aussi pro que bien re\u00e7ue par le public. Malgr\u00e9 tout le mal que je pense de lui, le chant reste juste et puissant (heureusement qu\u2019il assure vu la frilosit\u00e9 du reste).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Cryptopsy<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cause d\u2019interview avec Marduk, j\u2019avais fait une croix sur mon running order \u00e0 l\u2019heure de Cryptopsy. Les Su\u00e9dois m\u2019ont cependant pos\u00e9 un gros lapin, probablement \u00e0 cause d\u2019une lan d\u2019Hearts of Iron, d\u2019une panne de Panzer ou d\u2019une rediffusion surprise de Cross of Iron de Sam Peckinpah. Un peu vex\u00e9, j\u2019ai err\u00e9 dans le festival jusqu\u2019\u00e0 ce que le hurlement d\u2019un goret que l\u2019on ch\u00e2tre vienne me chatouiller les oreilles. Comme si je suivais le fumet d\u2019un cochon de lait r\u00f4ti au sirop d\u2019\u00e9rable, je me suis retrouv\u00e9 sous l\u2019Altar en plein concert de Cryptopsy.<br \/>\n\u00c7a bombarde sec avec une set-list ax\u00e9e, sans surprise, sur le l\u00e9gendaire None so Vile. Certains autres albums ayant \u00e9t\u00e9 vertement re\u00e7us par le public, pas s\u00fbr que Cryptopsy s\u2019amuse \u00e0 trop les incorporer dans ses lives. En tout cas, on n\u2019a l\u00e0 rien que du solide death metal brutal et technique, j\u2019en prends plein la gueule.<br \/>\nIr\u00e8ne Frachon serait fi\u00e8re, Olivier Pinard m\u00e9rite sa petite citation au palmar\u00e8s des bassistes de metal extr\u00eame assez courageux pour jouer sans m\u00e9diator. On l\u2019entend particuli\u00e8rement bien, chose malheureusement rare dans le brutal death.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Electric Wizard<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">T\u00eate d\u2019affiche l\u00e9gitime de la Valley, Electric Wizard est bien entendu tr\u00e8s attendu par les fans. Un spectacle son et lumi\u00e8re, avec suppl\u00e9ment olfactif parfum \u00ab\u2009plantation jama\u00efcaine\u2009\u00bb. Le public arr\u00eate de rouler quand la bande \u00e0 Jus Oborn prend possession des lieux et entame l\u2019excellent Witchcult Today. L\u2019album du m\u00eame sera d\u2019ailleurs au c\u0153ur d\u2019un concert de haut vol.<br \/>\nEn dehors d\u2019une voix parfois un retrait, le son reste tr\u00e8s bon. Niveau films, on a le droit \u00e0 la ration r\u00e9glementaire de soft porn satanistes et SM des ann\u00e9es 70s. \u00c7a, pour foutre des vid\u00e9os de vierges effarouch\u00e9es fouett\u00e9es par des pr\u00eatresses de Lavey, les Anglais sont toujours partants.<br \/>\nLe groupe enchaine sur Black Mass, Satanic Rites of Drugula et Incense For The Damned. La magie noire op\u00e8re et les films laissent place \u00e0 des effets psych\u00e9d\u00e9liques r\u00e9ussis. Les tout derniers avaient m\u00eame de quoi faire p\u00e2lir Jan Coenen. Le concert se termine en beaut\u00e9 sur The Chosen Few et Funeralopolis. Grandiose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Marduk<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quels que fussent les soucis ayant emp\u00each\u00e9 Marduk de se rendre \u00e0 mon interview, les Su\u00e9dois les ont r\u00e9gl\u00e9s et d\u00e9barquent \u00e0 l\u2019heure sur la sc\u00e8ne Temple. La voix riche et puissante de Mortuus impressionne \u00e0 chaque fois, il \u00e9mane un charisme guerrier qui s\u2019adapte parfaitement \u00e0 n\u2019importe quel morceau d\u2019une discographie qui s\u2019\u00e9tale sur 27 ann\u00e9es.<br \/>\nLes ma\u00eetres du black metal brutal et martial entament The Blond Beast\u2009et sa batterie \u00e9trangement dansante pour une chanson sur Reinhard Heydrich. Malgr\u00e9 des rumeurs persistantes comme quoi les Su\u00e9dois allaient se concentre sur leur album Heaven Shall Burn\u2026 When We Are Gathered, qui a souffl\u00e9 ses vingt bougies l\u2019an pass\u00e9, le set couvre toute la discographie du groupe. De Materialized in Stone \u00e0 Throne of Rats, aucune p\u00e9riode n\u2019est oubli\u00e9e.<br \/>\nLe clou du concert survient par un d\u00e9tour sur l\u2019album World Funeral, le dernier avant l\u2019arriv\u00e9e de Mortuus dans la bande. Marduk joue coup sur coup Cloven Hoof et To the Death\u2019s Head True et Mortuus assure comme si tout avait \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 pour lui. Histoire de conclure sur un message de paix et d\u2019espoir, Marduk termine sur un succulent Panzer Division Marduk et tatane le public \u00e0 grands coups de chenilles de K\u00f6nigstiger.<br \/>\nC\u2019est maintenant l\u2019heure de renter au camping et de fuir avant le d\u00e9but des inf\u00e2mes Alestorm.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Samedi<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Monarque<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u2009Nous sommes Monarque du Qu\u00e9bec, on fait du black metal tabarnak\u2009!\u2009\u00bb Si \u00e7a, c\u2019est pas une bonne mani\u00e8re de motiver la foule un samedi midi\u2026 L\u2019affluence correcte, en d\u00e9pit de l\u2019heure et de la queue pour rentrer dans le fest, prouve que le groupe \u00e9tait justement assez attendu.<br \/>\nGrimage en r\u00e8gle et son agr\u00e9able, les conditions sont id\u00e9ales pour se frotter \u00e0 ce repr\u00e9sentant d\u2019une sc\u00e8ne qu\u00e9b\u00e9coise en pleine expansion. Monarque parvient \u00e0 produire un black metal rapide, \u00e9pique et m\u00e9lodique qui ne tombe jamais dans le niais. Les leads sont puissants et entra\u00eenants, comme illustr\u00e9 dans l\u2019Appel de la Nuit et ses osties de riffs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Monkey 3<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pas franchement r\u00e9put\u00e9 pour \u00eatre le pays du rock\u2019n\u2019roll, la Suisse a d\u00e9cid\u00e9 de se rattraper en pondant Monkey 3. Leur musique s\u2019inscrit dans le renouveau psych\u00e9d\u00e9lique qui frappe le monde germanique, une version soft de ce que feraient par exemple Samsara Blues Experiment ou Electric Moon.<br \/>\nLe groupe de space rock\/stoner instrumental nous fait tranquillement d\u00e9coller avec une intro aux ambiances intergalactiques. Les compos passent nickel et laissent les musiciens exprimer leur virtuosit\u00e9 planante, les solos boost\u00e9s d\u2019un savant cocktail d\u2019effets envoient le public dans la stratosph\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Igorrr<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ah, Igorrr\u2026 J\u2019ai beau l\u2019avoir rang\u00e9 dans la cat\u00e9gorie maudite des \u00ab\u2009groupes que j\u2019ai envie d\u2019aimer mais que d\u00e9cid\u00e9ment, non, \u00e7a ne passe\u2009\u00bb, j\u2019avais senti que je devais lui laisser une chance en live. Pour r\u00e9sumer, j\u2019ai toujours trouv\u00e9 que le g\u00e9nie du groupe pour partir dans tous les sens n\u2019\u00e9tait que le fruit d\u2019un agencement al\u00e9atoire de bouts de morceaux inachev\u00e9s. Bref, c\u2019est cool d\u2019essayer de changer tout le temps, mais si ce n\u2019est jamais vraiment bien, c\u2019est pas la peine.<br \/>\nSous sa forme de quatuor taill\u00e9 pour le live (accompagn\u00e9 d\u2019un batteur, de Laure Le Prunenec au chant plut\u00f4t lyrique et d\u2019\u00d6xx\u00f6 X\u00f6\u00f6x pour le chant extr\u00eame), Igorrr \u00e9tait en tout cas tr\u00e8s attendu. Non seulement les fans ont \u00e9t\u00e9 combl\u00e9s, mais je consens \u00e0 revoir mon jugement sur le groupe. Sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer sur sc\u00e8ne la folie du studio offre une performance bluffante.<br \/>\nTr\u00e8s efficace rythmiquement (en empruntant aussi bien au Death Metal qu\u2019\u00e0 la Drum and Bass ou au dubstep), coupl\u00e9 \u00e0 des ambiances d\u2019un coup andalouses, puis baroques, Igorrr nous propulse \u00e0 travers une gigantesque m\u00e9diath\u00e8que en fusion. Le charisme des chanteurs ajoute \u00e0 la performance, tandis qu\u2019Igorrr reste fatalement un peu coinc\u00e9 derri\u00e8re son portable.<br \/>\nPour la suite, je suis attendu pour interviewer Einar de Wardruna, ce qui aurait pour effet de m\u2019emp\u00eache \u00e0 avoir \u00e0 trancher entre Bongripper et Nails. Je fr\u00f4le la Valley sur le chemin, le temps de glaner un petit riff de Bongripper (ce qui \u00e9quivaut \u00e0 au moins deux chansons de Nails).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mars Red Sky<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je reviens \u00e0 la Valley pour la d\u00e9couvrir prise d\u2019assaut. Canicule aidant, les gens squattent toutes les places \u00e0 l\u2019ombre. Certains dorment carr\u00e9ment, un cas d\u2019habitude r\u00e9serv\u00e9 au dernier jour du fest. Par chance, tous peuvent profitent d\u2019un tr\u00e8s bon concert des bordelais de Mars Red Sky.<br \/>\nLeur stoner psych\u00e9d\u00e9lique planant se m\u00eale \u00e0 la torpeur impos\u00e9e par la chaleur. Malgr\u00e9 un son un peu limite, la musique prend le public et l\u2019emm\u00e8nent dans des paysages extraterrestres, peupl\u00e9s de raies mantas volantes et autres charmantes hallucinations. Le chant est l\u00e9g\u00e8rement sous mix\u00e9, mais il n\u2019est de toute fa\u00e7on pas la grande force live du groupe.<br \/>\nJ\u2019h\u00e9site ensuite \u00e0 tenter ma chance avec Turisas, mais je me souviens de leur pr\u00e9c\u00e9dent passage au Hellfest o\u00f9 j\u2019avais d\u00fb subir un set entier de niaiseries sautillantes sans \u00eatre gratifi\u00e9 de leur tant attendue reprise de Rasputin de Boney M. On ne m\u2019y reprendra pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Chelsea Wolfe<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">De quoi a peur Chelsea Wolfe\u2009? Visiblement ni du noir ni de corser ses sets en fonction du public. Au Roadburn comme au Hellfest, sa musique s\u2019affirme avec plus de puissance et de distorsion qu\u2019en album. Personne ne s\u2019en plaint d\u2019ailleurs.<br \/>\nLes ballades sludge s\u2019encha\u00eenent, domin\u00e9es par des sonorit\u00e9s abrasives adoucies par la voix de Chelsea Wolfe. Tout en d\u00e9licatesse et en delay, elle nous am\u00e8ne dans son monde de sir\u00e8ne am\u00e8re. Carrion Flowers, Iron Moon et Survive, tir\u00e9s de l\u2019album Abyss, marquent un set r\u00e9ussi et au tr\u00e8s bon son.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Alcest<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Onirique, a\u00e9rienne, f\u00e9\u00e9rique, \u00e9th\u00e9r\u00e9e\u2026 On conna\u00eet par c\u0153ur les \u00e9pith\u00e8tes d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la musique d\u2019Alcest. Si une large harde de trolls r\u00f4de dans la for\u00eat du Black Metal, le groupe de Neige fait office de d\u00e9licate sarabande de faunes et de sylvains. Loin de rechigner devant une petite pause de tendresse sursatur\u00e9e entre deux charges d\u2019Oskorei, je rejoins un public d\u00e9j\u00e0 f\u00e9brile. \u00c7a tape dans les mains, manque plus que les briquets (j\u2019en ai finalement vu au moins deux).<br \/>\nLe son et la prestation sont excellents, ceux que le style ne rebute pas hochent la t\u00eate pour comme des iris sous la brise. \u00ab L\u2019Oiseau de Proie \u00bb, tir\u00e9 de leur dernier album \u00ab Kodama \u00bb, incarne bien la palette d\u2019Alcest : chant clair l\u00e9ger, hurlements Black Metal, calme et blast.<br \/>\nNeige demande qui \u00e9tait l\u00e0 lors de leur pr\u00e9c\u00e9dent passage au Hellfest en 2012 et je suis loin d\u2019\u00eatre le seul \u00e0 lever la main. Les fans sont d\u00e9cid\u00e9ment fid\u00e8les.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Primus<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Primus est typiquement le genre de groupe pour lequel je me dis que si je les loupe au Hellfest, je ne les entendrai jamais ailleurs. Malheureusement la Valley est pleine \u00e0 craquer, elle a d\u00e9j\u00e0 explos\u00e9 et des vagues de festivaliers d\u00e9bordent de partout. M\u00eame avec ma grande taille, je suis contraint de choisir entre mater l\u2019\u00e9cran g\u00e9ant par les c\u00f4t\u00e9s mais avoir un son de merde, ou me foutre dans l\u2019alignement de la sc\u00e8ne et ne rien voir du tout.<br \/>\nJ\u2019ai donc fini par abandonner, non sans avoir profit\u00e9 de Mr Krinkle, un bref voyage dans le monde grotesque de Primus. Les Claypool n\u2019en reste pas moins le bassiste le plus inventif du rock, avec sa d\u00e9gaine de semi-clodo excentrique qui te met la mis\u00e8re.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Wardruna<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur une suggestion de mes amis, je me suis rendu bien en avance dans les premiers rangs pour Wardruna. Une bonne initiative vu l\u2019affluence finale. La participation des Norv\u00e9giens \u00e0 la BO de la s\u00e9rie Vikings les a propuls\u00e9 bien au-del\u00e0 des cercles Black et Pagan qui les avaient adopt\u00e9 d\u00e8s leurs d\u00e9buts. Un succ\u00e8s amplement m\u00e9rit\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9e la qualit\u00e9 de leur musique.<br \/>\nChose in\u00e9dite pour moi, Wardruna va r\u00e9ussir un concert non seulement exceptionnel, mais surtout meilleur que quand je les avais vus il y a trois ans en salle. Le public est \u00e0 fond et acclame le groupe avant m\u00eame qu\u2019il ne monte sur sc\u00e8ne ou ne laisse retentir la moindre intro.<br \/>\nEinar et un comp\u00e8re s\u2019avancent, \u00e9quip\u00e9s de deux \u00e9normes cors en bronze. Le grondement primordial et sacr\u00e9 des v\u00e9n\u00e9rables instruments annonce un voyage dans les brumes et l\u2019antiquit\u00e9 nordiques. Pas de guitare ni de saturation chez Wardruna, rien qu\u2019une interpr\u00e9tation sinc\u00e8re et s\u00e9rieuse d\u2019un folklore \u00e9vanoui.<br \/>\nTous plus ou moins en tunique anthracites, entour\u00e9s de braseros, les musiciens transmettent une atmosph\u00e8re qui d\u00e9passe largement leur petit groupe. Nous \u00e9tions des milliers mais nous nous sentions aussi \u00e0 l\u2019aise que si nous n\u2019\u00e9tions qu\u2019une dizaine, assis autour d\u2019un feu \u00e0 \u00e9couter religieusement Einar nous conter l\u2019histoire de son peuple.<br \/>\nNous touchons \u00e0 cette mythologie surexploit\u00e9e par les autres groupes. Cette antiquit\u00e9 perdue devenait enfin palpable gr\u00e2ce \u00e0 un vaste arsenal d\u2019instruments traditionnels et un chant parfait. Algir et Fehu furent immenses, le concert extr\u00eamement solennel et puissant, tout juste entrecoup\u00e9 des acclamations du public.<br \/>\nLa meilleure prestation du festival s\u2019ach\u00e8ve sur l\u2019habituel et sublime \u00ab Helvegen \u00bb, me laissant trop combl\u00e9 pour rester plus longtemps et attendre Deafheaven. Rien ne pouvait passer apr\u00e8s \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h2 style=\"text-align: justify;\">Dimanche<\/h2>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">WelicoRuss<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Midi se l\u00e8ve sur le Hellfest et il fait toujours une chaleur \u00e0 crever. Quoi de mieux qu\u2019un groupe russe pour se rafra\u00eechir\u2009? WelicoRuss \u00e9voque les steppes gel\u00e9es et ses guerriers pa\u00efens. Ils semblent pourtant immunis\u00e9s aux insolations vu qu\u2019ils jouent en armure, peaux de b\u00eates et corpse paint.<br \/>\nLe chant est nickel et, comme dans de nombreux groupes de Black Pagan, le synth\u00e9 fait tout le travail au-dessus de riffs pas tr\u00e8s inspir\u00e9s. Probl\u00e8me, il n\u2019y en a pas sur sc\u00e8ne et tout est donc sampl\u00e9. Oui, personne ne joue de l\u2019instrument principal, de quoi se dire autant \u00e9couter l\u2019album chez soi. Le charme des langues slaves et le charisme du groupe incitent quand m\u00eame \u00e0 rester un peu en profiter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Regarde les Hommes Tomber<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">La veille, j\u2019avais crois\u00e9 cinq types d\u2019affil\u00e9e avec le m\u00eame t-shirt Regarde les Hommes Tomber (plus un ouf qui l\u2019avait en blanc). Sans grande surprise, les Nantais arrivent en terrain conquis et devant une Temple bien remplie. Beaucoup de buzz et de tourn\u00e9es ces derni\u00e8res ann\u00e9es et personne ne s\u2019en est lass\u00e9.<br \/>\nLe concert commence avec son brouillon, o\u00f9 le lead est compl\u00e8tement surmix\u00e9. \u00c7a s\u2019am\u00e9liore au fil de la performance et j\u2019ai du mal \u00e0 ne pas me dire qu\u2019\u00e0 la base, c\u2019est justement \u00e0 \u00e7a que servent les balances\u2026 Ces soucis pass\u00e9s, le concert revient vite \u00e0 la hauteur de la r\u00e9putation live du groupe. Les longues plages instrumentales retrouvent leur lourdeur.<br \/>\nLeur approche d\u2019un Post Black\/Sludge plus direct et violent que celui d\u2019Amenra fonctionne en tout cas tr\u00e8s bien. Alors, devant un parterre de fans d\u00e9j\u00e0 conquis, tout roule nickel.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ghost Bath<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un gros logo bien m\u00e9chant d\u00e9gouline sur le backdrop de la mainstage. Une belle d\u00e9couverte Black Metal nous entendrait-elle\u2009? Non, puisque Ghost Bath, c\u2019est vraiment pas tr\u00e8s bien. Sorte de Deafheaven \u00e9mascul\u00e9, le groupe d\u00e9gueule un Black Gaze \u00e0 la barbe \u00e0 papa : \u00e7a blaste et \u00e7a crie sur des riffs ridicules et niais.<br \/>\nPire, apr\u00e8s m\u2019\u00eatre renseign\u00e9, Ghost Bath se serait fait conna\u00eetre en mentant sur ses origines, pr\u00e9tendant \u00eatre chinois (???) pour attiser la curiosit\u00e9 des fans. Plus \u00e0 \u00e7a pr\u00e8s, ils pr\u00e9tendent aussi faire du Black Metal de qualit\u00e9. La grogne redescend, je trouve un peu de mansu\u00e9tude en moi quand un lead inf\u00e2me et joyeux me force \u00e0 quitter le chapiteau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Ufomammut<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soleil, la bi\u00e8re et le cannabis ont jou\u00e9 au bowling dans la Valley et sont repartis avec leur comptant de strikes. Les trois quarts des festivaliers sont affal\u00e9s au sol, for\u00e7ant les courageux encore debout \u00e0 les enjamber pour trouver un bon spot. Pas s\u00fbr que la lourdeur du Stoner\/Doom groupe d\u2019Ufomammut va aider grand monde \u00e0 se relever.<br \/>\nLe trio instrumental italien largue son groove plomb\u00e9 \u00e0 l\u2019osmium au cours d\u2019un set \u00e9crasant et puissant. On headbangue au ralenti avec la t\u00eate englu\u00e9e de poix, au travers d\u2019un mar\u00e9cage de riffs et d\u2019effets. Excellent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Scour<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucun de ses groupes n\u2019ayant jamais trouv\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 mes yeux, je me contrefous de Phil Anselmo. Avec en t\u00eate le mauvais souvenir de son ancienne tentative de se mettre au Black, Viking Crown, j\u2019\u00e9tais pas trop parti pour aller me jeter au premier rang du concert de Scour. Ceci dit, les festivals restent l\u2019occasion de laisser leur chance \u00e0 des groupes qu\u2019on aurait a priori snob\u00e9s.<br \/>\nPas d\u00e9\u00e7u du tout, je me retrouve devant une prestation r\u00e9ussie de Black Metal intense et brutal. Tout r\u00e9cent, le groupe n\u2019a pour l\u2019instant sorti qu\u2019un seul EP de moins de quinze minutes, mais a assez de munitions en r\u00e9serve pour mitrailler pendant une heure. Des morceaux comme Dispatched ou Piles d\u00e9cha\u00eenent la Temple. Anselmo assure dans le chant extr\u00eame tandis que ses comp\u00e8res, plut\u00f4t des v\u00e9t\u00e9rans du Death Metal, encha\u00eenent sans soucis les titres. Une tr\u00e8s bonne surprise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Mr Marcaille<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ignore \u00e0 quel point c\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu et annonc\u00e9, je suis en tout cas tomb\u00e9 sur lui compl\u00e8tement par hasard. Entre deux immeubles du Hell Square City, juch\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tage derri\u00e8re un grillage, Mr Marcaille a donn\u00e9 plusieurs mini concerts au cours du festoche. Rencontre improbable d\u2019Apocalyptica, Hasil Adkins et Mot\u00f6rhead, l\u2019homme en cale\u00e7on assure en m\u00eame temps la contrebasse (satur\u00e9e), le chant et la batterie.<br \/>\nDerri\u00e8re son air de sortir du festival d\u2019Aurillac, Mr Marcaille groove au taquet et varie agr\u00e9ablement son jeu. Entre deux rots, il harangue un public aussi charm\u00e9 que pris au d\u00e9pourvu. Ne l\u2019ayant jusqu\u2019alors vu que sur YouTube, c\u2019est une bonne surprise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Emperor<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019empereur ne se montre plus qu\u2019en festival. Seize ans apr\u00e8s la sortie de \u00ab Prometheus \u00bb, plus personne ne croit en un nouvel album ou en une tourn\u00e9e en salles. Loin de lasser les fans, Emperor parvient \u00e0 survivre sur ces rares sc\u00e8nes gr\u00e2ce \u00e0 la qualit\u00e9 de ses concerts.<br \/>\nIshan nous apostrophe, nous rappelle que les deux pr\u00e9c\u00e9dents passages des Norv\u00e9giens au Hellfest s\u2019\u00e9taient faits en plein air, il nous promet un set plus intimiste sous la Temple et \u00ab Alsvartr \u00bb r\u00e9sonne dans la foul\u00e9e. C\u2019est parti pour une setlist centr\u00e9e sur \u00ab Anthems to the Welkin at Dusk \u00bb, album qui f\u00eate ses vingt ans.<br \/>\nLe son se rapproche de l\u2019ambiance du CD et donne un sacr\u00e9 souffle \u00e0 \u00ab Thus Spake the Nightspirit \u00bb et \u00ab The Loss and Curse of Reverence \u00bb. Tout l\u2019\u00e2me \u00e9pique d\u2019Emperor est magnifi\u00e9e dans ce que je consid\u00e8re comme le second meilleur concert du Hellfest.<br \/>\nLa setlist se termine sur d\u2019autres grands morceaux comme \u00ab Curse You All Men\u2009! \u00bb (un brin chaotique) et \u00ab I am the Black Wizards \u00bb, puis un grandiose \u00ab Inno a Satana \u00bb, qu\u2019Ishan annonce comme une \u00ab\u2009c\u00e9l\u00e9bration de la libert\u00e9\u2009\u00bb. Ce concert a surpass\u00e9 les deux pr\u00e9c\u00e9dents passages des Norv\u00e9giens, chassant l\u2019id\u00e9e cynique qu\u2019ils ne se reformeraient \u00e9pisodiquement que pour remplir leur portefeuille. La passion est toujours l\u00e0, sur sc\u00e8ne comme dans la fosse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Hawkwind<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a sent la fin, je franchis les quelques m\u00e8tres et les flaques de boue pisseuses qui s\u00e9parent la Temple et la Valley. P\u00e8res fondateurs du Space Rock, les v\u00e9t\u00e9rans d\u2019Hawkwind font la fermeture du chapiteau devant une faible affluence. Ils s\u2019en foutent, ils en ont vu d\u2019autres et d\u00e9roulent un set psych\u00e9d\u00e9lique et captivant, malgr\u00e9 un son limite limite.<br \/>\nLa guitare m\u2019a sembl\u00e9e plus distordue qu\u2019en album, tandis que les deux synth\u00e9s s\u2019occupent du reste. Enfin, un vrai synth\u00e9 et un ordinateur portable (c\u2019est quand m\u00eame moins ruineux qu\u2019un Moog modulaire \u00e0 40\u2009000 balles). En bon concert d\u2019Hawkwind, nous sommes plong\u00e9s dans cet univers entre SF et psych\u00e9d\u00e9lisme, si cher aux ann\u00e9es 70. D\u2019ailleurs les types vont jusqu\u2019\u00e0 sortir de leur arsenal vintage un th\u00e9r\u00e9mine et un keytar.<br \/>\nDes titres comme \u00ab Steppenwolf \u00bb et \u00ab The Golden Void \u00bb tendent des ponts dans une discographie longue et dense. Je pensais \u00e0 ce propos mieux conna\u00eetre le groupe, qui semble \u00e9viter les albums \u00ab In Search of Space \u00bb et \u00ab Hall of the Mountain Grill \u00bb. Bon, on a quand-m\u00eame eu \u00ab You&rsquo;d Better Believe It\u2026 \u00bb Pendant ce temps, l\u2019\u00e9cran g\u00e9ant diffuse des images de plus en plus d\u00e9lirantes, inspir\u00e9es \u00e0 la base du blotter art avant de filer droit dans des kal\u00e9idoscopes fleurant bon les tryptamines.<br \/>\nOn troque les cornes du diable pour le signe peace and love, certains festivaliers battent des bras au ralenti en mode gros buvard \u00e0 Woodstock. Enhardi par l\u2019ambiance, un type me demande si je veux de la beuh. Fac\u00e9tieux, je lui r\u00e9ponds si c\u2019est un cadeau ou s\u2019il faut payer. Visiblement on n\u2019a pas le m\u00eame humour\u2026<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Perturbator<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0, je touche \u00e0 la fin du festival et, \u00e9trange symbole, je choisis pour cela un concert sans guitare ni distorsion. Fer de lance de la synthwave avec Carpenter Brut, Perturbator prend quand lui le parti de rester seul sur sc\u00e8ne, dans un nid de mitrailleuses o\u00f9 les sacs de sable seraient remplac\u00e9s par des synth\u00e9s et des ordinateurs.<br \/>\nMasqu\u00e9 par un light show cons\u00e9quent, James Kent canarde le public avec ses m\u00e9t\u00e9ores r\u00e9trofuturistes. Le kick et le snare mart\u00e8lent la Temple tandis que les s\u00e9quenceurs nous embarquent dans les bas-fonds cyberpunk d\u2019une course de motos votantes ou d\u2019un combat de rue clandestin.<br \/>\nLe son est excellent, m\u00eame si c\u2019est \u00e9videmment toujours plus facile quand on fait de l\u2019electro. Sans un mot pour le public, les morceaux s\u2019encha\u00eenent. Au bout d\u2019une demi-heure, j\u2019ai ma dose et je quitte les lieux avant la cohue finale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Conclusion<\/strong> : le Hellfest 2017 fut un bon cru, sans bonne ni mauvaise surprise. \u00c7a file droit, l\u2019orga est r\u00f4d\u00e9e et rare sont les groupes qui m\u2019int\u00e9ressent que je n\u2019aie pas d\u00e9j\u00e0 vus. Avec la canicule, l\u2019exp\u00e9rience aurait pu \u00eatre p\u00e9nible si je n\u2019avais pas eu de pass presse\/VIP pour mieux me reposer et m\u2019abriter. Wardruna a \u00e9t\u00e9 exceptionnel, tandis qu\u2019Emperor et Electric Wizard ont assur\u00e9 des concerts \u00e0 la hauteur de leur r\u00e9putation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hellfest le LR de Martin \u00c0 l\u2019approche de la mi-juin, le festivalier ajoute m\u00e9t\u00e9o France \u00e0 ses favoris et prie. Nos v\u0153ux ont \u00e9t\u00e9 un peu trop exauc\u00e9s. Plus de lourde qu\u2019un riff de Sleep et plus chaude qu\u2019une lampe de Sunn o))), la canicule s\u2019est impos\u00e9e pour assommer bien des fans. L\u2019\u00e9dition 2017 du Hellfest n\u2019en a pas moins \u00e9t\u00e9 un succ\u00e8s, surtout pour les snobs comme moi qui restent \u00e0 l\u2019abri sous les chapiteaux et feulent en direction des main-stages. Trois groupes se sont vraiment d\u00e9marqu\u00e9s, un par jour histoire d\u2019\u00eatre \u00e9quitable : Wardruna, Emperor et Electric Wizard. 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