{"id":10296,"date":"2016-11-15T14:26:22","date_gmt":"2016-11-15T13:26:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=10296"},"modified":"2016-11-15T14:26:22","modified_gmt":"2016-11-15T13:26:22","slug":"motocultor-vu-par-martin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.artnroll.net\/home\/?p=10296","title":{"rendered":"Motocultor vu par Martin"},"content":{"rendered":"<p>Cette neuvi\u00e8me \u00e9dition du Motocultor fut l\u2019occasion d\u2019enfin me frotter \u00e0 ce festival, \u00e0 son \u00e9quilibre pr\u00e9caire entre ambiance familiale et affiche de qualit\u00e9. Avec 20\u2009000 entr\u00e9es sur trois jours, la manifestation a moins attir\u00e9 que l\u2019an dernier, mais a limit\u00e9 l\u2019impact de l\u2019effondrement des pr\u00e9ventes suite \u00e0 l\u2019attentat de Nice. Les organisateurs ne peuvent pas encore confirmer s\u2019il y aura une \u00e9dition en 2017, mais assurent que ce sera le cas en 2018. Les festivaliers, eux, ne se sont pas pr\u00e9occup\u00e9s de la tr\u00e9sorerie et leur plus grand souci semble avoir \u00e9t\u00e9 la p\u00e9nurie de croque-monsieur \u00e0 l\u2019unique (!!!) stand de restauration du fest.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Vendredi<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il bruine d\u00e8s le d\u00e9but, mais peut-on d\u00e9cemment partir \u00e0 un festival en Bretagne et r\u00e2ler parce qu\u2019il pleut\u2009? Non, ce serait comme se plaindre des gens d\u00e9fonc\u00e9s au Roadburn, \u00e7a n\u2019a pas de sens. <b>T. A.N.K<\/b> ouvre la marche, et ce que j\u2019en entends au loin ne m\u2019incite pas \u00e0 braver le crachin pour changer de chapiteau, m\u00eame pour quelques dizaines de m\u00e8tres.<\/p>\n<p><b>Witchthroat Serpent<\/b> balance ensuite son stoner\/doom aux faux airs d\u2019Electric Wizard en bien plus rock. Les Toulousains ont d\u2019ailleurs troqu\u00e9 les ambiances de messe noire de la bande \u00e0 Jus Osborn pour une atmosph\u00e8re qui sent davantage l\u2019Arizona et le peyotl. Leur version hallucin\u00e9e et satur\u00e9e de la danse de la pluie semble fonctionner, puisque celle-ci s\u2019invite sur sc\u00e8ne via les nombreux trous dans le chapiteau. Par un miracle climatique digne de Claude All\u00e8gre, il ne pleuvra gu\u00e8re plus au cours du Motocultor. Le site ne se transformera ni en champ de bouillasse, ni en charnier pour amplis tremp\u00e9s.<\/p>\n<p>Les black metalleux de<b> Moonreich<\/b> semblent faire du bon boulot au loin mais, les ayant d\u00e9j\u00e0 vus au Hellfest, je pr\u00e9f\u00e8re en profiter pour explorer le site du festival. Comprendre : je rep\u00e8re l\u2019entr\u00e9e de l\u2019espace VIP. Je ressors de la tani\u00e8re pour <b>Barabbas<\/b>. Le choix du chant en fran\u00e7ais et leur rengaine th\u00e9\u00e2trale \u00e9voquent une sorte de Misanthrope du heavy\/doom qui fonctionne assez bien.<\/p>\n<p>La curiosit\u00e9 et le besoin de justifier ma pr\u00e9sence par un max de photos m\u2019entra\u00eenent ensuite devant <b>Vulcain<\/b>. \u00ab\u2009On se sent un peu orphelins sans Mot\u00f6rhead\u2009\u00bb, l\u00e2che leur v\u00e9n\u00e9rable frontman. Qu\u2019il se rassure, le public s\u2019est trouv\u00e9 un Lemmy de substitution. Impossible d\u2019ignorer l\u2019influence du p\u00e8re Kilmister sur la musique de Vulcain, on fr\u00f4le le tribute band. Ils lancent un petit <em>Avec vous<\/em>, tr\u00e8s communicatif et tir\u00e9 de leur dernier album en date. On se prend au jeu et on passe vite sur les impressions de d\u00e9j\u00e0-entendu.<\/p>\n<p>Attendri par ce revival nostalgique, je me dirige sans me m\u00e9fier vers la Massey Ferguscene o\u00f9 s\u00e9vit <b>Atmosph\u00e8res<\/b>. J\u2019imagine l\u2019enfant cach\u00e9 de Tool et Meshuggah, une infortun\u00e9e cr\u00e9ature dont le nombre de chromosomes serait aussi fantaisiste que les signatures rythmiques d\u2019une partoche de Dream Theater. Des riffs d\u00e9structur\u00e9s compl\u00e8tement g\u00e9n\u00e9riques affrontent un synth\u00e9 immonde. Je me tourne vers le public, visiblement ravi, et je loue sa bienveillante ouverture d\u2019esprit avant de battre en retraite.<\/p>\n<p>En qu\u00eate d\u2019un remontant viril, j\u2019attends le concert de <b>Grave<\/b>. Ces v\u00e9t\u00e9rans du death metal su\u00e9dois l\u00e2che leurs lourdes m\u00e9lodies old-school, desservies par un son un peu limite. La bande \u00e0 Ola Lindgren communique bien avec le public, arpente la sc\u00e8ne au rythme de mon lent headbang d\u2019approbation. \u00ab\u2009<em>Who wants some old stuff ?<\/em>\u2009\u00bb s\u2019\u00e9crie le frontman, y\u2019a pas mal de preneurs dans la foule.<\/p>\n<p>Entre ses affiliations politiques et son go\u00fbt du myst\u00e8re, l\u2019excellente sc\u00e8ne black metal ukrainienne n\u2019envoie que rarement ses troupes de notre c\u00f4t\u00e9 de la ligne Oder-Neisse. Dans la foul\u00e9e du Ragnard Rock Festival, focalis\u00e9 sur la patrie des fr\u00e8res Klitschko, <b>Khors<\/b> a d\u00e9cid\u00e9 de faire du z\u00e8le et de nous honorer de sa pr\u00e9sence. Super son, super voix, de bons arp\u00e8ges et des riffs \u00e9piques \u00e0 souhait, la bande de Kharkiv se d\u00e9gage une belle identit\u00e9 face \u00e0 ses plus illustres compatriotes, Drudkh et Nokturnal Mortum en t\u00eate. Leur musique gagnerait peut-\u00eatre \u00e0 devenir plus agressive, la brutalit\u00e9 n\u2019a cependant jamais \u00e9t\u00e9 la marque de la sc\u00e8ne ukrainienne.<\/p>\n<p>Mais les drapeaux jaune et bleu et les costumes de cuir clout\u00e9 laissent plus tard la place \u00e0 une interpr\u00e9tation bien plus l\u00e9g\u00e8re de l\u2019h\u00e9ro\u00efsme m\u00e9di\u00e9val. Le public bout sous le chapiteau, la terre tremble alors que les fans tr\u00e9pignent\u2026 Metallica va faire un concert surprise\u2009? Le zombi de Lemmy s\u2019appr\u00eate \u00e0 chanter un ultime <em>Ace of Spades<\/em>\u2009? Non, c\u2019est juste l\u2019heure du <b>Naheulband<\/b>.<\/p>\n<p>\u00ab\u2009<em>Chaussette\u2009! Chaussette\u2009! Chaussette\u2009!<\/em>\u2009\u00bb Le show n\u2019a pas commenc\u00e9 que tout est dit. Si vous n\u2019avez pas compris la r\u00e9f\u00e9rence derri\u00e8re ce cri de ralliement du public, alors il est encore temps de partir. Le Naheulband c\u2019est un peu comme le meilleur comique n\u00e9erlandais : il peut \u00eatre aussi dr\u00f4le qu\u2019il veut, on se fait grave chier si on ne comprend pas la langue. Si vous savez que \u00ab\u2009<em>chaussette<\/em>\u2009\u00bb est la solution d\u2019une fameuse \u00e9nigme du donjon de Naheulbeuk, alors c\u2019est parti pour une heure de marrade et de nostalgie.<\/p>\n<p>L\u2019anc\u00eatre des web-s\u00e9ries d\u2019aujourd\u2019hui nous livre ses \u00ab\u2009tubes\u2009\u00bb dans la bonne humeur : <em>La bi\u00e8re du donjon, \u00c0 l\u2019aventure compagnons, Le larid\u00e9 du poulet<\/em>\u2026 Par la nature acoustique et folklorique du set, on entend particuli\u00e8rement bien le public reprendre en c\u0153ur les chansons potaches et r\u00e9gressives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Samedi<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le Motocultor s\u2019\u00e9veille pour sa seconde journ\u00e9e pendant que <b>Regarde les Hommes Tomber<\/b> balance un puissant set dans la veine sludge\/black, capuches et perfectos de rigueur. Un peu plus tard, je m\u2019aventure enfin vers la Supositor Stage, la sc\u00e8ne plein air du fest.<\/p>\n<p><b>Goatwhore<\/b> y a sorti ses plus beaux ensembles de cuir clout\u00e9 pour une c\u00e9r\u00e9monie de black\/death oldschool et efficace. Le chanteur tend un poing si bard\u00e9 de pics qu\u2019on le soup\u00e7onne d\u2019avoir amen\u00e9 une famille de h\u00e9rissons \u00e0 la fistini\u00e8re, mais sa prestation n\u2019en reste pas moins prenante et communicative. Le son est excellent et on profite m\u00eame pour bien distinguer la basse, une chose rare rendue possible par le choix de n\u2019avoir qu\u2019un seul guitariste. Les Am\u00e9ricains servent du fuel \u00e0 headbang sur un plateau et le public r\u00e9clame du rab.<\/p>\n<p>Moins TRVE sur le plan vestimentaire, on observera <b>Valient Thorr<\/b> et les bottes si rouges du chanteur que m\u00eame le petit chaperon n\u2019en aurait pas voulu. \u00c7a swing \u00e0 mort, le moment de faire le plein d\u2019\u00e9nergie positive avant <b>Mayhem<\/b>. Les parrains du black metal norv\u00e9gien ont jou\u00e9 uniquement l\u2019album <em>De Mysteriis Dom Satanas<\/em>, en entier et dans l\u2019ordre s\u2019il vous pla\u00eet. Premi\u00e8re constatation, le son, qui a souvent \u00e9t\u00e9 le gros point faible sc\u00e9nique du groupe avec les pains, est excellent. Il est s\u00fbrement plus facile de le g\u00e9rer avec une playlist homog\u00e8ne o\u00f9 il ne faut pas passer de <em>Deathcrush<\/em> \u00e0 <em>A Grand Declaration of War<\/em>. La discographie de Mayhem s\u2019\u00e9tale en effet dans des directions et des ambiances tr\u00e8s diff\u00e9rentes en fonction des albums, ce qui produit parfois des encha\u00eenements d\u00e9routants.<\/p>\n<p>Il n\u2019y en a donc cette fois-ci que pour leur premier album et Mayhem livre un de ses meilleurs shows depuis bien des tourn\u00e9es. Attila assure une prestation tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale, mais jamais grotesque, sur une sc\u00e8ne plong\u00e9e dans la fum\u00e9e et des t\u00e9n\u00e8bres bleut\u00e9es. On profite enfin de morceaux oubli\u00e9s des playlists habituelles, comme <em>Life Eternal<\/em> ou <em>Cursed in Eternity<\/em>.<\/p>\n<p>Tout aussi baign\u00e9 de jeux de lumi\u00e8re bleue, le set de <b>Neurosis<\/b> encha\u00eene dans une autre ambiance, superbe d\u00e9monstration de l\u2019\u00e9ventail d\u2019\u00e9motions que pr\u00e9sentent les musiques amplifi\u00e9es. Le groupe f\u00eate son anniversaire et sort sa massue de trente ans d\u2019\u00e2ge, une arme polie par trois d\u00e9cennies d\u2019exigence sur sc\u00e8ne, comme au studio.<\/p>\n<p>L\u2019excellent son renforce l\u2019impression d\u2019une menace planante, un gros vautour aux ailes bris\u00e9es. Neurosis \u00e9voque une \u00e9l\u00e9vation par la lourdeur, tout comme la pouss\u00e9e d\u2019Archim\u00e8de parvient malgr\u00e9 tout \u00e0 tenir \u00e0 flot des supertankers. Les instants de respiration ne durent que le temps que la saturation prenne son \u00e9lan.<\/p>\n<p>On ira ensuite hocher violemment de la t\u00eate devant la prestation de <b>Carpenter Brut<\/b>, une plong\u00e9e dansante quelque part entre le monde de Nicolas Winding Refn et Hotline Miami. Le sweat Mg\u0142a du leader ne trompe pas sur ses racines musicales tandis qu\u2019il balance ses fabuleuses m\u00e9lodies dignes d\u2019une bande-son Sega sous st\u00e9ro\u00efdes.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les n\u00e9ons tr\u00e8s 80\u2019s de Carpenter Brut, on passe \u00e0 un nuage verd\u00e2tre. Un brin de s\u00e9pia, un gros coup de gaz de tranch\u00e9es, nous voici dans la bonne atmosph\u00e8re sc\u00e9nique pour <b>Amenra<\/b>. S\u2019il reste encore quelque chose d\u2019a\u00e9rien dans la musique de Neurosis, la bande de Courtrai officie plusieurs crans plus profond\u00e9ment dans le cathartique.<\/p>\n<p>Colin van Eeckhout chante vo\u00fbt\u00e9, dos au public, comme s\u2019il \u00e9tait g\u00ean\u00e9 d\u2019en exprimer autant, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une s\u00e9ance sur le divan d\u2019o\u00f9 l\u2019on ne croiserait jamais le regard du psy. Le groupe d\u00e9roule son post metal teint\u00e9 d\u2019influences black avec l\u2019intensit\u00e9 qu\u2019on leur conna\u00eet. Des riffs lancinants nous entra\u00eenent jusqu\u2019aux accalmies \u00e0 double tranchant. On notera une superbe interpr\u00e9tation de \u00ab\u2009<em>The Pain. It Is Shapeless. We Are Your Shapeless Pain.<\/em>\u201d.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h1>Dimanche<\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J\u2019arrive un peu plus tard que d\u2019habitude sur le site pour le dernier jour et je suis direct accueilli par un beau combo choucroute 80s, perfecto et lunettes de soleil. Quelque part entre Voivod et Death, <b>Vektor<\/b> reprend depuis 2004 le flambeau d\u2019un thrash metal progressif un peu d\u00e9laiss\u00e9. Technique et vari\u00e9e, la musique des Ricains se disperse cependant parfois trop, s\u00fbrement pour r\u00e9pondre \u00e0 un vague cahier des charges \u00ab\u2009prog\u2009\u00bb qui provoque des excursions m\u00e9lodiques hors propos. Le groupe entonne un <em>Pteropticon<\/em>, plus repr\u00e9sentatif de leurs forces et qualit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour rester sur une approche vestimentaire, le clich\u00e9 voudrait que les musiciens de stoner\/doom arborent des d\u00e9gaines de b\u00fbcherons. Vu le son que balance <b>Conan<\/b>, ils ne coupent rien de moins que des s\u00e9quoias g\u00e9ants. Un chant lointain vient percer au milieu de la disto et d\u2019une basse lustr\u00e9e \u00e0 la graisse de baleine, un d\u00e9luge de ce groove lourd et pr\u00e9cieux que tant de groupes du m\u00eame style r\u00eavent de ma\u00eetriser.<\/p>\n<p>J\u2019apprends juste en \u00e9crivant ces lignes que <b>Graveyard<\/b> a splitt\u00e9 et que j\u2019ai donc assist\u00e9 \u00e0 un concert quasi historique. Cela ne m\u2019\u00f4tera pas l\u2019impression de m\u2019\u00eatre un peu fait chier devant cet \u00e9trange revival 70s. Les Su\u00e9dois ont beau avoir braqu\u00e9 toutes les friperies r\u00e9tros du coin et livr\u00e9 une prestation super pro, le courant ne passe pas autant que dans leurs amplis Orange de rigueur.<\/p>\n<p>Plus loin, une bande de Ricains montre son approche plus pragmatique du psych\u00e9d\u00e9lisme. Chez <b>Bongzilla<\/b>, on n\u2019attend m\u00eame pas la fin des balances pour faire circuler les joints aussi librement qu\u2019une h\u00e9patite au Obscene Extreme. Muleboy assure son r\u00f4le de petit pimousse du stoner\/sludge et on se doute que rien ne passe les tests salivaires ni les normes audititives.<\/p>\n<p>Retour sur la sc\u00e8ne plein air pour des travaux pratiques. La r\u00e8gle de base de la photographie voudrait qu\u2019on ne bouge pas pendant le d\u00e9clic, mais comment rester statique quand le concert qu\u2019on shoot commence direct part <em>Schematics<\/em>, puis encha\u00eene avec <em>One Shot One Kill<\/em>\u2009? Bref, <b>Dying Fetus<\/b> est dans la place et torpille le public avec le death\/grind le plus r\u00f4d\u00e9 de tout le metal extr\u00eame.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de lancer un pogo sauvage au milieu des coll\u00e8gues, je me contente de divers exercices de renforcement musculaire de la nuque tandis que le public simule une partie de calcio florentin de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des barri\u00e8res. \u00c7a blast au taquet, les passages lents \u00e9crasent tous les breakdowns du monde, puis des sweepings meurtriers viennent achever les survivants.<\/p>\n<p>L\u2019air hostilit\u00e9 ne retombe m\u00eame pas entre les morceaux, puisque que John Gallagher et Sean Beasley ne profitent des pauses que pour r\u00e9clamer un circle pit ou plus de bordel dans la fosse. Le public attend juste que la musique revienne justifier de savater amicalement le voisin. Le concert se termine sur les subtils et d\u00e9licats <em>Killing on Adrenaline<\/em> et <em>Kill your Mother, Rape your Dog<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019ambiance change radicalement pour <b>Batushka<\/b>, dont les myst\u00e9rieux membres auraient \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s dans l\u2019\u00e9lite du black metal polonais (en particulier Mg\u0142a selon les rumeurs). Dans une atmosph\u00e8re tir\u00e9e de la liturgie orthodoxe, leur unique album s\u2019appelle apr\u00e8s tout <em>Litourgiya<\/em>, huit Polacks encapuchonn\u00e9s dans leurs robes de bure sortent bougies et encensoir.<\/p>\n<p>Fatalement, tout le public n\u2019adh\u00e8re pas au trip et Batushka se fait chahuter tandis qu\u2019ils installent leur sc\u00e8ne, pieds nus et sans un mot. Le premier morceau calme illico les moqueries gr\u00e2ce \u00e0 la solidit\u00e9 de ses riffs. Les divers passages en chant liturgique impressionnent, tant l\u2019exercice promettait d\u2019\u00eatre casse-gueule en live.<\/p>\n<p>Je termine donc la neuvi\u00e8me \u00e9dition du Motocultor sur une messe orthodoxe, avec l\u2019espoir que ce concert ne sonne pas comme un requiem pour un festival qui a su trouver sa place dans les tourn\u00e9es estivales des groupes et le c\u0153ur du public.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette neuvi\u00e8me \u00e9dition du Motocultor fut l\u2019occasion d\u2019enfin me frotter \u00e0 ce festival, \u00e0 son \u00e9quilibre pr\u00e9caire entre ambiance familiale et affiche de qualit\u00e9. Avec 20\u2009000 entr\u00e9es sur trois jours, la manifestation a moins attir\u00e9 que l\u2019an dernier, mais a limit\u00e9 l\u2019impact de l\u2019effondrement des pr\u00e9ventes suite \u00e0 l\u2019attentat de Nice. Les organisateurs ne peuvent pas encore confirmer s\u2019il y aura une \u00e9dition en 2017, mais assurent que ce sera le cas en 2018. Les festivaliers, eux, ne se sont pas pr\u00e9occup\u00e9s de la tr\u00e9sorerie et leur plus grand souci semble avoir \u00e9t\u00e9 la p\u00e9nurie de croque-monsieur \u00e0 l\u2019unique (!!!) 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