Chronique par Marion de Simple Appareil – Lofofora

dimanche/01/04/2018
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Groupe: Lofofora
Album: Simple appareil
Label: at(h)ome
Date de sortie: 6 avril 2018
Note: 14/20

Lire la chronique de Krapule

Lofofora revient en 2018 avec un album acoustique intitulé « Simple appareil », titre qui évoque une mise à nue pour le groupe de Metal parisien. A bientôt 30 ans de carrière, le groupe cherche-t-il à surprendre son public ? à se mettre à l’épreuve en défrichant des territoires inconnus ?

Pourtant, en regardant bien l’œuvre du groupe, il serait faux de dire que le concept du morceau acoustique leur est complétement étranger. Avec « Histoire Naturelle » sur « le Fond et la Forme », « L’Eclipse » sur « Les choses qui nous dérangent » ou encore « Charisman » sur « Dur comme fer », le groupe avait déjà fait ses premières expériences sur des morceaux plus calmes, épurés dans lesquels la voix de Reuno prenait une autre dimension.

Cette voix si caractéristique de Lofofora est la pierre angulaire de ce nouveau projet. Au service de textes, bien ciselés, elle nous invite à prendre part à une expérience « unplugged ». Plusieurs écoutes sont nécessaires pour entrer dans cet univers sans distorsion. Et j’aimerais partager deux coups de cœur que j’ai eu pour les morceaux « La Splendeur » et « Théorème ». Le premier débute par une intro à la basse sur la quelle vient se greffer un riff engageant, pour un texte sur la « splendeur de nos erreurs ». Reuno assène ses mots, jouant avec le rythme de la guitare, mêlant phases d’attaque et passages plus doux pour un résultat très réussi.

Le deuxième, démarre par une intro simple, élégante. S’ensuit un refrain tout en douceur avec une pointe d’amertume, pour des paroles introspectives sur fond de métaphore religieuse. Un morceau, vraiment intéressant, que chaque nouvelle écoute permet de découvrir un peu plus. Là encore, la richesse d’écriture du texte est à souligner.

Dans un autre registre, « L’Histoire Ancienne » débute par une dissonance qui met l’auditeur mal à l’aise aussi bien qu’elle l’intrigue. Une atmosphère qui conjugue mélancolie et urgence d’une situation amoureuse apparemment sans issue. La mélodie du refrain reste bien en tête.

Le groupe a essayé de construire un album qui mélange les ambiances, pour garder l’auditeur intéressé, mais ce n’est pas toujours réussi. Déception par exemple, avec le premier titre promu « Les Anges ». L’envie de faire un morceau aux accents blues est bien présente, mais le son n’est pas assez maîtrisé et la finesse du jeu n’y est pas. Il y a bien des airs de Bashung dans « Les Anges », mais le titre est un peu décevant dans sa globalité.

La force de cet album réside dans les textes de Reuno, que sa voix vient souligner avec beaucoup de nuances. La composition musicale, sur certains passages, aurait gagné à être plus travaillée pour apporter plus de profondeurs aux titres. Certains morceaux ne réalisent pas tout leur potentiel. Lofofora sort un album qui mérite d’être écouté, notamment pour toute la poésie qui se dégage des textes de Reuno. Après quelques morceaux, il est néanmoins difficile de ne pas ressentir les limites de l’exercice, une certaine redondance s’installe.

Le groupe démarre une tournée 100% acoustique, ce sera l’occasion de découvrir cet album sur scène, et peut-être que le groupe réadaptera certains de ces succès en acoustique pour compléter la setlist.

 

https://www.facebook.com/Lofofora/

 

 

 

 

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