Bala – « Maleza »

mercredi/05/05/2021
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Auteur : Bala

Titre : Maleza

Label : Century Media Records

Sortie le : 14 mai 2021

Note :  17/20

Century Media Records est un label de haute tenue, pourvu d’un personnel de qualité (« Quality in Metal » est d’ailleurs le slogan de ladite boîte). Crée en 1988 à Dortmund par Robert Kampf (le chanteur du groupe Despair) la petite entreprise n’a guère connu la disette, accompagnant l’essor de groupes fameux, et possédant aujourd’hui encore un cheptel d’artistes metal de renom, entre autres : Arch Enemy, Asphyx, At the Gates, Body Count, Dark Tranquillity, Havok, Lacuna Coil, Wolves in the Throne Room, et elle vient de signer les prometteurs Venom Prison (NDA : liste arrêtée au seul critère du favoritisme sur une centaine de formations). Pour cette raison, la curiosité du chroniqueur fut piquée au rouge vif à la lecture de la sortie prochaine sur ce label d’un album de « grunge stoner », d’un jeune combo dénommé Bala. Du « grunge stoner »…

Ce troisième LP (et premier chez CMR) est intitulé « Maleza », et Bala est un duo galicien composé d’Anxela Baltar (chant / guitare) et de Violeta Mosquera (chant / batterie), deux ibériques dont on sent à naseaux pleins les regrets de ne pas être venues au monde vingt ans plus tôt (nous allons y venir…). Outre la pratique du genre tel que revendiquée, davantage que l’origine géographique, et nonobstant un cv scénique déjà flatteur (pléthore de festivals stoners en compagnie de Brant Bjork ou de God is an Astronaut, participation au Resurrection Fest 2017 chez elles à Viveiro, ainsi qu’au Rock al Parque 2018 de Bogota) c’est également le nombre de membres qui attire l’attention : une paire. Comme Suicide, les White Stripes, The Kills, plus récemment Slaves, ou plus confidentiellement les bordelais bruitistes de Dèche dans face (première partie de Sloy à l’Arapaho en 1996).

Le faisceau d’indices des deux paragraphes précédents ne pouvait pas induire en erreur : « Maleza » compulse le meilleur du grunge première mouture (années 1991-1993) mis en valeur par une production actuelle, du Butch Vig pour milléniaux (Ultramarinos Studios, Barcelona). Nous avons affaire à neuf carnages d’excellente facture : « Agitar », riff martial puis ligne entêtante à la Melvins ; « Hoy no », alternance de beuglements et de chantonnements latinos limite angéliques ; le vindicatif «  X », aux relents RATM ; « Cien Obstáculos » et  « Quieres Entrar », des montées et descentes dignes des premiers Soundgarden ; « Mi Orden »  et « Rituais », chant lancinant (Hole) sur boucle de gratte disto et pa-poum de batterie (complètement L7) ; « Bessie », du calibre d’une chute de studio d’« In Utero » (carrément !) ; « Una Selva », enfin, une hystérie vociférée façon Babes in Toyland (ou la Courtney des débuts). Le tout dans la langue de Carles Puyol. Ebouriffant.

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