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Parpaing Papier

INTERVIEW avec Martin Hallier du groupe PARPAING PAPIER

lundi/16/09/2019
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A l’occasion du Hellfest, nous avons rencontré Martin Hallier, anciennement Kiemsa et Dancefloor Disaster, qui nous présente son nouveau groupe Parpaing Papier « dur comme un parpaing, fin comme le papier ».

 

Art N Roll : Parpaing Papier est ton tout nouveau groupe, un parmi tant d’autres…

Martin Hallier (chanteur): Oui, tout à fait, les autres étant morts.

 

ANR : Il a fallu en faire un autre.

MH : Je ne suis pas un spécialiste de la résurrection, je préfère en monter des nouveaux. C’est vrai que c’était un projet, ça faisait longtemps que je voulais monter ce truc-là. Au moins depuis la fin de Dancefloor voire même avant j’y pensais déjà. Le fait que j’arrête Dancefloor et que j’arrête de travailler pour Ultra vomit a aidé à faire que je me bouge les fesses pour monter mon nouveau groupe.

 

ANR : Pour éviter de t’ennuyer aussi. Tu n’aimes pas l’ennui apparemment ?

MH : Non ! je suis hyperactif depuis que je suis bébé. Mes parents le savaient déjà, ils étaient prévenus.

 

ANR : Déjà bébé ?

MH : Déjà bébé je marchais à 7 mois et je courrais à 9 mois et c’était difficile de me rattraper.

 

ANR : Et maintenant…

MH : Et maintenant les cascades (ndlr. Martin s’était fait mal au genou peu avant le Hellfest lors d’une cascade plutôt risquée…), les concerts, le rock. Bon là c’est une petite blessure au genou, mais ce n’est pas grave.

 

ANR : Peux-tu nous expliquer le choix du nom du groupe ?

MH : L’idée de base c’est que je voulais vraiment faire du rock en français comme j’avais fait avec Kiemsa à l’époque. Je voulais vraiment rechanter. Je suis un énorme fan de punk rock et de hardcore, je voulais un truc pas trop metal parce que je sortais d’un groupe de metal qui avait fait 6 ans de carrière, je voulais un truc plus franc, plus direct plus punk. J’aime beaucoup cette musique là pour ça. Il y avait vraiment cette idée-là, énergique, en français, il a fallu que je trouve l’équipe, constituer les chansons parce que là j’ai vraiment tout fait tout seul. C’était une expérience super intéressante aussi de se mettre à travailler en global sur tout.

 

ANR : D’habitude ce n’est pas toi qui faisais tout ?

MH : Si, mais pas forcément tout non plus, c’est-à-dire sur Kiemsa je composais beaucoup mais on était aussi beaucoup à travailler d’une manière générale, sur Dancefloor je n’étais pas du tout responsable de la musique, on faisait des covers mais ce n’était pas moi qui faisais les arrangements. Et là, je me suis remis à la compo, aux textes, remis au chant en français. Ça faisait longtemps que je n’avais pas chanté non plus, il a fallu que je me débrouille aussi, physiquement également. C’est bête mais depuis 2016 je n’avais pas beaucoup joué et c’est la reprise quoi ! Il faut retrouver le haut niveau comme on dit après quelques mois d’arrêt.

 

ANR : On a droit pour l’instant à seulement 5 titres ? c’est punk, c’est fun…

MH : oui, il y a un côté fun,

 

ANR : Un peu le même côté fun qu’on retrouve dans Ultra Vomit,

MH : Je n’ai pas travaillé 7 ans pour eux pour rien ! C’est vrai que j’ai travaillé pour Ultra Vomit, ce sont de très bons amis, on s’est forcément auto-influencés dans nos bêtises depuis le temps qu’on se fréquente.

 

ANR : Des bonnes ou des mauvaises fréquentations ?

MH : Des bonnes bien sûr ! C’est marrant, quand on s’est rencontré on s’est rendu compte qu’on avait des tranches d’humour en commun et après, eux, la façon dont ils le font en musique je suis fan. Je ne sais pas ce qu’ils pensent de Parpaing Papier, je leur demanderai la prochaine fois, mais vu que c’est très récent. En tout cas forcément, on partage tout ça. Ça ne m’étonne pas que tu retrouves ce genre d’esprit et aussi parce qu’on est tous fans que ce soit Ultra Vomit, Andreas et Nicolas ou moi d’un groupe qui s’appelle « Les trois accords », groupe québécois de rock, un peu surréaliste comme ça, des paroles un peu surréalistes et on est tous, tous très fan de ce groupe.

 

ANR : C’est très décalé ?

MH : Oui, c’est très décalé et ça reste très rock et je t’encourage, je vous encourage à le découvrir si vous ne le connaissez pas chez vous. C’est un groupe québécois qui est très populaire là-bas. En France, malheureusement, autant les artistes français sont très connus et n’ont aucun mal à se faire connaître au Québec, autant l’inverse n’est pas du tout vrai.

 

ANR : Pour revenir à Parpaing Papier, peux-tu nous dire comment tu as trouvé ce nom ? et avec la devise…

MH : La devise est arrivée après. Je cherchais un nom pour ce fameux projet, que je n’avais pas, on tâtonnait, on avait des idées mais chaque idée ne se démarquait pas vraiment. Pas mal de copains confondaient les noms carrément ou alors se trompaient de nom alors que je leur avais annoncé quelques heures avant. En général, c’est un signe que ton nom n’est pas bon. Si même tes amis ne le retiennent pas, c’est qu’il y a un problème. C’est un très bon ami chanteur rock qui m’appelle au bout de 10 ans et il m’appelle parpaing au lieu de Martin et papier au lieu d’Hallier, c’est mon nom de famille. Et il m’appelle Parpaing Papier depuis 10 ans ce c** ! C’était une blague jusqu’ici, un surnom, une private joke un peu et au moment de choisir le nom du groupe je lui faisais part des difficultés qu’on avait et il me dit « mais qu’est-ce que tu t’embêtes (version polie…) alors que tu as le nom rêvé « Parpaing Papier » ! » alors je lui fais non ! Arrête ! Avec ça c’est drôle ! Et il me dit « tout le monde va s’en souvenir ! » ok, ok. Il y avait des arguments pour, une fois passé le côté ridicule du nom, tu poses ça sur la table, tu te dis bon…

 

ANR : Oui, mais ça marque…

MH : en effet, ce n’est pas si idiot. J’aimais bien le côté PP-PP qui me faisait penser à AC-DC, d’où le côté visuel que j’ai fait. Je me suis laissé porter et je me suis dit ça tient la route. Il y avait un point important c’est que je voulais qu’idéalement le nom soit francophone. En tout cas, une chose est sûre je ne voulais pas m’appeler Shadows alors que je faisais ce que je fais. Du coup, je voulais un nom qui respire la francophonie sans respirer la France, sans que ce soit trop chanson française, ça c’était le grand danger. Dès que tu fais des choses en français, ça peut vite faire chanson française. Il fallait trouver un truc rock, Parpaing Papier, Parpaing dur et Papier doux. Et c’est ma cousine qui a trouvé cette devise de dire « Ah, c’est bien ! Dur comme le parpaing, fin comme le papier » Très bonne idée ! Une fois qu’on avait ça, j’avoue, c’est presque comme si on avait validé le délire. Les gens commencent à délirer dessus.

 

ANR : Après tu as eu l’étape de trouver des musiciens.

MH : Tout le processus s’est fait avec le guitariste de Dancefloor Disaster qui s’appelle Antoine et qui était le guitariste qui jouait avec la guitare Hello Kitty, tout le monde s’en souvient, notamment à cause de cette guitare. On a travaillé en sous-marin pendant plus d’un an, on travaillait les chansons, etc. On était que deux mais il m’avait prévenu d’ores et déjà qu’il ne ferait pas les concerts, qu’il ne rentrerait pas dans le groupe mais serait plutôt le 5e membre fantôme. Du coup, il me fallait une équipe autour de moi pour jouer ça et au fur et à mesure, le bassiste, le batteur et notre petite guitariste qui est arrivée il y a 5 mois et qui a 19 ans. C’est pas beau ça ? le rock à son âge, donc super, moi j’étais ravi de trouver tous ces gens-là avec l’idée que tout le monde chante. Il me fallait des musiciens-chanteurs pour vraiment ce côté vocal, très présent. Ça j’y tenais, et on a trouvé. Dans la bataille j’ai trouvé une fille de 19 ans, un batteur de 23, un bassiste de 30 et moi qui suis un peu plus vieux maintenant (rires) 37, ça nous fait une moyenne d’âge assez jeune et c’est marrant parce qu’on a un peu toutes les expériences et tous les âges dans le groupe. Quelque part, je pense que c’est une richesse dans le groupe, la flamme, la fougue de la jeunesse. Sans faire de caricature, je me revois avec Kiemsa, j’avais 19/20 ans, j’avais une flamme ! Aujourd’hui, je suis motivé mais ce n’est pas pareil, tu n’as pas la flamme de tes 19 ans, ni 29, 39… quand tu vieillis et que tu as eu des groupes comme moi j’ai eu et qui ont fait leur carrière, tu as cette expérience du recul mais tu as aussi cette espèce d’appréhension (bizarre, tu oses moins que quand tu étais jeune, tu oses plus ou moins ou différemment.

 

ANR : C’est le retour de l’expérience.

MH : Tu as moins d’insouciance, ce qui est un peu logique, tu fonces un peu moins, et c’est pour ça que c’est génial d’avoir des gens plus jeunes dans le projet parce qu’eux ils ont cette espèce de côté fonceur. Ça m’a fait un bien fou.

 

ANR : Tu aimes bien changer de style à chaque groupe, une envie de redémarrer à zéro à chaque fois ?

MH : Inconsciemment, je fais la musique que j’aime. Je suis un énorme fan de punk/rock et ça faisait longtemps que je voulais un projet un peu plus sur ce que j’aime vraiment et je l’ai trouvé. Je suis un énorme fan de rock en général et je mise sur le fait que c’est un peu varié aussi. Il y a des morceaux plus pop et d’autres un peu plus violent, plus metallisant et d’autres plus punk rigolo. Ça montre la vitrine de ce que j’écoute et de tout ce que j’aime en fait.

 

ANR : Parlons-en de tes influences…

MH : Les trois accords, vraiment, j’encourage tous vos lecteurs à voir ce groupe, leur dernier album « Beaucoup de plaisir » (https://youtu.be/FagfrcXD_IU). Je suis aussi un vieux fan des Wampas, la grande époque, du côté français, ça m’a marqué petit. Dans la violence, on retrouve un peu Frank Carter and the Rattlesnake, côté rentre dedans, hardcore mais n’empêche pas la mélodie. Quand il y a de la nervosité c’est de la vraie nervosité. Weezer, je suis un énorme fan de Weezer, dans le côté Power Pop, c’est-à-dire la Pop avec un gros son énorme qui donne envie de secouer la tête tout en restant pop. C’est hyper varié, d’une manière générale je vais aimer tout ce qui est rock’n’roll, punk, hardcore et moins metal parce que ça me parle moins. Il a un côté un peu amusical dans le metal que je trouve étrange. Il y a deux notes que des demi-tons et n’importe qui peut le jouer, il suffit d’avoir de la technique. C’est très metal, tout se joue sur les premières cases, c’est spécial en fait. Ça se rapproche presque de la percussion, c’est plus de la musique… je vais me faire beaucoup d’amis en disant ça ! Le côté amusical de certains types de metal me fascine parce que je trouve ça bizarre en fait. Le metal est censé être une extension du rock sauf qu’à un moment le rock a été laissé sur le bord de la route. Par contre je suis un énorme fan de Slayer parce que là on est dans le thrash metal et j’adore le côté punk et mélodique, il y a même un côté dissonant dans les solos mais c’est très mélodique quand même Slayer. Chose que je ne retrouve pas dans Architect…

 

ANR : Slayer a toujours revendiqué ses racines punks avec notamment un album de reprises

MH : Tout à fait, Metallica, qui sont d’énormes fans de Queen, ont repris Stone Cold Crazy de Queen qui est un de mes groupes préférés les Ramones aussi et Green Day. Je suis un grand grand fan ! J’écoute depuis leur début, je me souviens de leur premier album en 94, j’avais 12 ans. J’étais fan de toute cette scène punk/rock de l’époque. Offspring est né au même moment, Sum 41. J’aime toute cette scène, c’est pêchu, dynamique et de bonne humeur. Vu que c’est fun et que je suis quelqu’un de fun, j’aime. Je n’aime pas ce qui est trop dark, quand c’est trop sombre, genre la programmation de l’Altar, je vais m’abstenir.

 

ANR : Bon, on va peut-être revenir à l’album, comment sont venus ces 5 titres ?

MH : Alors on a commencé avec pas mal de morceaux qui trainaient dans ma tête, il y a deux ans j’ai vécu une année un peu spéciale entre séparation et rupture ça n’a pas été facile mais je me suis recentré. J’avais « Tester des casques » et « Tempête je t’aime », la première et la dernière chanson. Après je me disais, ok, je mets quoi entre les deux, il faut créer l’entre-deux. J’étais plutôt dans cet axe, et après au fur et à mesure les autres sont arrivées. A chaque fois qu’une nouvelle chanson arrivait, c’était dans un style différent. Je me disais pour avoir un peu de cohérence, ça ne va pas être évident et après tu te dis, la cohérence c’est aussi la voix, la façon dont c’est joué. Après tu peux te balader dans tous les styles de rock en essayant d’être assez cohérent. Même si je suis fan de punk/rock, je n’aime quand tu as l’impression d’avoir le même morceau pendant 30 minutes. Que ce soit sur Dancefloor, sur Kiemsa ou la Parpaing, je n’ai jamais eu autant de linéarité. Pour moi, faire un album aussi linéaire que certains arrivent à faire, je suis admiratif, je n’y arrive pas moi. 14 chansons même genre, je ne peux pas. Je savais déjà que sur les cinq, ça voyagerait dans tous les styles. Sur scène ça se tient, pour l’instant je suis assez content.

 

ANR : Vous avez déjà fait quelques scènes ?

MH : Oui on a déjà fait officiellement 4 concerts sans compter ceux devant les amis. Notre tout premier concert était à la Patinoire de Nantes pour le Hellfest, pour le match des Corsaires de Nantes (l’équipe de hockey de Nantes). On ne le compte pas vraiment, c’est le concert zéro, 20 minutes. Mais c’était sympa.

 

ANR : Et d’autres dates sont prévues ?

MH : Oui, ça commence à se caler pour 2020, on nous appelle déjà pour 2020. En gros, la date un peu importante pour nous est le 19 septembre au Ferrailleur à Nantes, c’est un peu notre release party comme on dit, on en profitera pour sortir le disque physiquement, l’objet et c’est l’occasion de faire une date chez nous.

 

ANR : Uniquement sur les cinq titres ou plus ?

MH : Mais on en a déjà plus figure-toi ! On est déjà en train de composer pour l’album, actuellement on en joue déjà sept et là on en travaille deux autres jusqu’à neuf, etc, etc jusqu’à l’album.

 

ANR : Cet EP représente un extrait de l’album ?

MH : C’est l’acte fondateur de ce CD. Il fallait qu’on fasse ce disque pour dire ça y est on existe, on est un groupe et permettre à des gens comme vous d’écouter. On va passer l’été à travailler notamment.

 

ANR : J’espère l’écouter !

MH : Avec plaisir ! Merci Art’n’Roll pour cet entretien.

 

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCUXspDlndwY55mRKccPUXJA

 

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