Interview Blackrain – 21/06/2019 – Swan (chanteur) + Franck (batteur) + Matthieu (bassiste)

mercredi/21/08/2019
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Art N Roll : Comment se passe un enregistrement avec Blackrain, toi en Suède et le reste du groupe en France ?

Swan (chant): Tu as fait des recherches ? Tu as vu que je suis le seul à habiter en Suède. En fait il n’y a pas que moi qui enregistre et aujourd’hui avec toutes ces modernités et toutes les possibilités, c’est facile de travailler à distance. Je fais des maquettes que j’envoie au reste du groupe et ensuite chacun enregistre de son côté. On finalise les maquettes puis soit Franck, le batteur, commence en studio seul, soit on se rejoint tous en studio, ça dépend. Mais en général, chacun fait sa part, après tout est regroupé, tout est mixé ailleurs, à distance. Comme la plupart des groupes aujourd’hui je pense.

ANR : Oui tout le monde n’habite pas forcément au même endroit.

Swan : C’est très rare en effet.

ANR : Vous finissez habituellement vos concerts avec un morceau d’AC-DC et aujourd’hui vous avez choisi un morceau de Twisted Sister, pourquoi ?

Swan : Tout dépend du temps du set mais c’est juste que ça fait longtemps qu’on fait la reprise d’AC-DC « It’s a long way to the top », une chanson qu’on aime beaucoup, et Twisted Sister c’est celle qu’on choisit en dernier recours, enfin non pas en dernier recours, mais c’est celle qu’on choisit tout simplement car c’est la chanson qui marche le mieux et qui rassemble le plus de gens.

ANR : Surtout les fans de glam…

Swan : Étonnement elle rassemble autant les fans de glam que les fans de n’importe quel autre style. C’est assez rare dans le metal de pouvoir réunir tous les types de public. C’est vrai qu’AC-DC semble une option logique mais en fait par expérience, on sait que Twisted Sister est le morceau qui marche le mieux.

Matthieu (basse): En festival c’est le groupe qui explose le plus le public. Ils ont arrêté, malheureusement, mais ils ont réussi à fédérer le plus. Moi, je me rappelle d’un concert à Wacken, « We’re not gonna take it » chanté par tout le monde y compris le mec debout derrière le bar. C’est le groupe imparable. Comme ils ont arrêté, on va la faire comme une sorte d’hommage.

ANR : Bon on va un peu parler de votre dernier album « Dying breed », comment te viennent les idées ?

Swan : C’est une bonne question ! Je ne le sais pas moi-même, parfois j’ai de l’inspiration, parfois j’en ai pas… quand j’ai des idées je les enregistre. Des fois ça marche, dès fois ça ne marche pas. Mais, comme d’habitude tout est tiré d’expériences plus ou moins personnelles, on vient avec un refrain ou un titre de chanson et ça démarre comme ça. On a eu beaucoup de morceaux pour cet album et beaucoup de tri et de choix à faire. Pour des raisons de style, de qualité, après on a essayé de retenir ce qui est le plus homogène et ce qui collait à ce qu’on voulait faire. On a signé avec SPV, on a eu leur avis dessus ce qui a changé un poil la set-list. Du coup, on est arrivé à cet album et on en est assez satisfait parce que la production nous satisfait, le style nous satisfait pour une fois parce que c’est rare qu’on soit complètement satisfait d’un album.

ANR : Pour les autres albums, vous êtes moins satisfaits ?

Swan : Je suis personnellement très content de « Released ». Mais j’aurais souhaité qu’il soit mixé différemment. L’album « Lethal dose of… » n’était pas non plus mixé à notre convenance. Je pense que si ces deux albums avaient été mixé un poil différemment, ils auraient paru bien meilleurs aux oreilles des auditeurs. Après, c’est peut-être personnel mais j’en suis assez persuadé avec l’expérience, je pense que je peux dire ça mais j’écoute toujours « Released » avec plaisir malgré tout. C’est un très bon album et celui qui vient, on est tous d’accord pour dire que c’est un petit retour aux sources par rapport à « License to thrill » que nos fans apprécient tout particulièrement.

ANR : Je trouve que ces derniers temps, la scène glam revient en force…

Swan : Je crois que tu es un petit peu en retard sur ton analyse.

Matthieu : Oui, il y a un retour en force de groupes comme Crashdiet, ?.

ANR : Tout ça reste assez cyclique

Swan : Certes mais le come-back est revenu très exactement dix ans en arrière, puis il y a eu le déclin. C’est revenu par hasard avec des groupes comme Crashdiet qui ont remis le style au goût du jour et ressortent un album en même temps, mais ce n’est jamais un hasard total. Le fait est que c’est dans l’air du temps, je ne vais pas tout t’expliquer.

ANR : Peux-tu m’expliquer la raison du choix de « Ça plane pour moi » en bonus ?

Swan : Au départ, on l’avait faite parce qu’on s’est rendu compte qu’à l’étranger, une des rares chansons françaises que les gens connaissaient était celle-là, ou il fallait taper dans le répertoire de Charles Aznavour. Sinon dans quelque chose de plus rock, en français, les gens ne connaissent que « Ça plane pour moi ». Ils ne connaissent même pas Trust. On l’a vu en Suède, en Allemagne, en Angleterre parce qu’il y a beaucoup de groupes étrangers qui ont repris cette chanson. C’est une des chansons les plus reprises au monde avec « My way ». C’est une des rares chansons françaises qui a du succès. C’est plus pour le public étranger quand on est un groupe français qui joue à l’étranger que pour le public français.

ANR : Vous avez une vie très nomade, avez-vous pensé à vous stabiliser ?

Swan : Non, c’est dur en fait. C’est plutôt d’être artiste. C’est sûr que se stabiliser, c’est un problème quand on a un groupe. Le souci, c’est qu’aujourd’hui la musique est compliquée, il est quasiment impossible d’en vivre. On en rêvait quand on avait 20 ans, on adorait partir en tournée. On aime toujours ça mais on a un peu vieilli, avec l’âge c’est beaucoup moins facile de passer des journées à attendre pour jouer. Pour jouer 1 heure, d’attendre toute la journée. On a une famille, c’est pas comme quand on avait 20 ans qu’on partait et qu’on était saoul tout le temps.

Matthieu : En fait, maintenant on est posé mais le groupe fait que…

Swan : On est quand même des nomades

Matthieu : Le groupe c’est ce qui vient déranger notre vie.

Swan : C’est peut-être ce qui nous sauve d’ailleurs.

Franck (batterie): Pour moi, les répétitions et les concerts se passent facilement vu qu’on a l’habitude de jouer ensemble. Les morceaux, on a réussi à peu près à les « maîtriser », après sur scène on ne peut jamais maîtriser à 100% parce qu’il y a toujours des conditions qui font que, le stress, l’énergie des gens, les conditions, la technique…

Swan : Bref, on est nomade à cause du groupe sinon on est plus tant nomade que ça. On est posé chacun de son côté mais nomade oui à cause du groupe.

ANR : Quand j’ai vu votre pochette, visuellement j’ai pensé au Live Undead de Slayer.

Swan : C’est marrant parce que j’aime bien cet album, mais ce n’est pas du tout ce que j’ai demandé. Moi, ça me fait plus penser à Guns’n’Roses avec le crâne comme ça. Parce que si tu te souviens bien, il y a une quinzaine d’années en arrière, les Guns faisaient des t-shirts comme ça avec chaque membre du groupe, avec des designs qui ne sont apparus sur aucuns albums. Simplement sur des t-shirts, j’en ai plein, c’est mon groupe préféré. Et donc c’est plutôt ça qu’on a demandé au départ. Alors après ça peut te rappeler beaucoup de choses parce que c’est plutôt facile de dessiner des squelettes qui représentent un groupe, Kiss, Iron Maiden.

Matthieu : On est parti de ça, des posters qu’on avait dans notre chambre. Quand on était gamin, on l’achetait à Carrefour, après il nous a fait un dessin mais ce n’était pas les mêmes couleurs, on a changé les couleurs et c’est vrai que ce sont les mêmes couleurs que Live Undead mais c’est tout.

ANR : c’est aussi la disposition qui m’y a fait penser.

Swan : Pourquoi pas ! Après tout, tout peut rappeler quelque chose à quelqu’un. Ce n’est pas la première fois que quelqu’un nous en parle. Après si tu insinues qu’on a copié, non. On a essayé de copier autre chose mais ça n’a pas donné ce qu’on veut.

ANR : Évidemment que non, ce n’est pas du tout ça que je voulais dire ! de quoi parle votre album ?

Swan : Un peu tous les sujets, comme les autres albums, il n’y a pas de surprises. C’est dans la continuité. D’une certaine façon les paroles sont assez générales pour que tu puisses les interpréter à ta façon.

Matthieu : C’était bien dit ça !

ANR : Quelles sont vos impression sur le concert de ce midi ?

Swan : Le Knotfest a ramené pas mal de gens, et on est plutôt content. Ce n’était pas vide. L’horaire me suffisait amplement et pour te dire la vérité je ne m’attendais pas à autant de monde. J’étais agréablement surpris de voir les gens qui connaissent les paroles des chansons. Je pensais qu’il n’y avait que dans les deux premiers rangs que les gens chanteraient et j’étais agréablement surpris que très loin dans le public les gens connaissaient les paroles.

Matthieu : Il y avait une excellente réaction et participation du public. Dans les premiers rangs tu es dans l’action, quand tu es plus loin tu essayes de comprendre ce qu’il se passe, tu es attentif. Les gens étaient attentifs et respectueux et quand ils voulaient faire la fête ils le faisaient.

Swan : Il ne faut pas exiger plus que ce qu’on nous donne, nous ne sommes pas un groupe énorme et on était à notre place. Ça s’est très bien passé ainsi.

Matthieu : Il faut voir les groupes qui jouaient derrière nous, ils ont plus de durée de vie, ils existent depuis plus longtemps que nous. Ils ont construit leur carrière. Je pense qu’on était bien placé dans l’affiche.

ANR : Dernière petite question, on vous voit bientôt en tournée ?

Swan : On va sortir un clip tous les mois jusqu’à la sortie de l’album. Et ensuite il y a une tournée européenne en octobre avec Kissin’ Dynamite et plusieurs dates en France. Il faut aller voir sur le site.

ANR : Merci beaucoup pour vos réponses, à bientôt !

 

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