Live Report II Download Paris 2018

dimanche/29/07/2018
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JOUR 1 : 15 JUIN 2018

Pour sa 3ème édition, le Download a une nouvelle fois élu domicile sur la base aérienne de Brétigny. La route est longue pour parvenir jusqu’au site à partir de la navette. Il faut croire que le festival se mérite ! 20 minutes plus tard sous un ciel de plomb de marche forcée, on arrive enfin sur le site.

N’ayant fait que la première édition de 2016 à l’Hippodrome de Longchamps, je ne saurais dire s’ils ont amélioré l’endroit ou pas. Le décor est planté, une immense pelouse, le metal market sous un chapiteau, les 2 mainstages et les trois autres suffisamment éloignées pour ne pas se gêner. Avantage, mais inconvénient lorsque l’on doit passer de l’une à l’autre… ce qui fait qu’en dehors des têtes d’affiche les gens restent plus ou moins devant les mêmes scènes. Le coin restauration regroupe des spécialités diverses et variées pour tous les goûts et toutes les bourses.

Programme du jour : Eluveitie, Powerwolf, Alestorm, Vandenberg’s Moonkings et Ozzy Osbourne,

Pour le premier groupe du jour, j’ai choisi Eluveitie pour son metal folk parfois symphonique à la façon de Nightwish avec The Call of the Mountains parfois plus dark avec des morceaux comme Thousandfold ou Epona, mais toujours avec talent. Les musiciens savent mettre l’ambiance malgré le peu de monde devant la Main Stage, ce qui est bien dommage. En 6 titres, les finlandais assurent un bon démarrage du festival.

Set list : Thousandfold – The Call of the mountains – Epona – Havoc – Rebirth – Inis Mona

Toujours sous un soleil de plomb et sur la MainStage arrive Powerwolf, grimés et avec leur décor inspiré de l’imagerie religieuse. Le groupe démarre avec Blessed & Possessed de l’avant-dernier album du même nom. Le power teutonique marche toujours aussi bien, les fans sont nombreux à reprendre en cœur les classiques des loups : Army of the nigth, Amen & Attack, Armata Strigoi ou encore le très running wildien Sanctified with Dynamite. Powerwolf nous offre en avant-première un titre de l’album à venir : Demons are a girl’s best friend (tout un programme…). On notera l’effort d’Attila de parler quelques mots de français pour le plus grand plaisir de la foule. Autant sur album c’est déjà un grand moment mais c’est sur scène que le groupe prend toute sa dimension. Les musiciens assurent le show et particulièrement le claviériste Falk Maria Schlegel qui apparemment adore se balader sur scène quand il ne joue pas du clavier. Petite précision, Powerwolf revient en France le 25 octobre au Bataclan (Paris) pour leur album « Sacrament Sin ».

Set list : Blessed & Possessed – Army of the night – Demons are a girl’s best friend – Amen & Attack – Coleus Sanctus – Resurrection by erection – Armata Strigoi – Sanctified with Dynamite – We drink your blood

Après les finlandais d’Eluveitie et les allemands de Powerwolf, je continue mon tour du monde (enfin d’Europe) du metal avec les britanniques d’Alestorm.

Quand on pense Alestorm on s’imagine un Pirate des Caraïbes fun avec des guitares, du violon et un peu alcoolisé… mais pas forcément des gars qui collectionnent des canards géants… Passé ce détail, je décidais de me concentrer sur la musique et d’occulter ce décor digne de nos valeureux bretons d’Ultra-Vomit. On a droit aux grands classiques : d’Over the Seas à Mexico en passant par Nancy the Tavern Wench, Drink ou Captain Morgan’s revenge. Alestorm est nostalgique des synthés en boudoulière… ça fait très kitch mais c’est marrant. Malgré une mauvaise première impression, les morceaux entraînants et la bonne ambiance générale, j’ai passé un bon moment. Ils ont aussi fait la part belle à leur dernier album « No grave but the sea » dans leur set list. Et pour finir tout en douceur et avec leur esprit poétique qu’on leur connait, Fuck with an Anchor…

Set list : Keelhauled – Alestorm – Over the Seas – Mexico – The Sunk’n Norwegian – No Grave but the Sea – Nancy the Tavern Wench – Rumpelkombo – Hangover (Taio Cruz cover) – Bar und Imbiss – Captain Morgan’s Revenge – Shipwrecked – Drink – Fuck with an Anchor

Je me décide enfin à quitter la Main Stage mais c’est pour la bonne cause : Vandenberg’s Moonkings, groupe du talentueux ex-guitariste de Whitesnake, Adrian Vandenberg. 8 titres de pur bonheur, deux reprises de Whitesnake (Judgemenent day et Here I go again) et une de son précédent groupe Vandenberg (Burning Heart). Le batteur est phénoménal, le chanteur dynamise la scène tel un Coverdale. Outre les reprises, le groupe a pioché à part égale dans ses deux albums… et pour finir en beauté, les Rois de la Lune nous offrent une somptueuse cover du Rock’n’Roll de Led Zeppelin. Un des grands moments du jour !

Set list : Tightrope – Nothing Touches – Line of fire – Burning Heart – Judgement day – Close to you – Here I again – Rock and Roll

Voici enfin la première tête d’affiche du Download, le Madman himself, Ozzy Osbourne ! Le décor est sobre, une croix gigantesque au-dessus de la scène. Comme à son habitude, il arrive sur l’air de Carmina Burana. On retrouve aussi Zakk Wylde en guitar hero avec Ozzy. En ce premier jour, l’affluence même pour le Prince des Ténèbres n’est pas phénoménale. Ozzy reste dans ses grands classiques : Bark at the moon, Mr Crowley, No more tears, Shot in the dark…  Fidèle à lui-même et à son jeu de scène, les morceaux s’enchaînent pour le plus grand plaisir des fans. La majorité des titres viennent de son répertoire solo mais il ne peut s’empêcher de jouer quelques titres de Black Sabbath tels War Pigs ou Fairies Wear Boots. Le spectacle s’achève sur un mythique Paranoid parfait pour une prestation comme Ozzy n’en avait pas faite depuis bien longtemps.

Set list : Bark at the moon – Mr Crowley – I don’t know – Fairies wear boots – Suicide solution – No more tears – Road to nowhere – War pigs – Instrumental (Miracle Man / Crazy babies / Desire / Perry Mason) – Drum solo – I don’t want to change the world – Shot in the Dark – Rappel : Mama, I’m coming home – Paranoid – Changes

Groupe du jour : Powerwolf

 

JOUR 2 : 16 JUIN 2018

Le programme de ce deuxième jour est plutôt léger puisque seulement trois groupes sont prévus : Alcest, Avatar et Marylin Manson.

On commencera par Alcest, groupe français qui oscille entre un doom et un black metal assez malsain. Malheureusement pour eux, la musique était bien trop forte par rapport à la voix. Malgré ce désavantage le groupe a quand même bien assuré le show et fait la part belle à son dernier album Kodama (qui date de 2016 quand même!!) avec des titres comme Kodama, Oiseaux de proie ou encore Eclosion.

Set list : Kodama – Là où naissent les couleurs nouvelles – Autre temps – Oiseaux de proie – Eclosion – Percée de lumière

Après cette mise en appétit, direction la Suède avec Avatar. Difficile de définir ce groupe qui mélange les genres avec brio. On démarre fort avec l’apparition du « King » sur son trône qui apparaît et salut la foule tel un vrai monarque. On aimera le côté spectaculaire, coloré du groupe, leur sens de la fête. Le chanteur, mix d’un Monsieur Loyal et d’un Joker aime parler et échanger avec son public. Il faut dire que les morceaux reflètent bien les différents styles des suédois, Bloody Angel, the Eagle has landed, Smell like a Freakshow. Ils en font des tonnes mais les fans en redemandent et ils donnent tout ce qu’ils ont. Pour être honnête, leurs costumes ont de la « gueule », ils en jettent mais comme ça ne suffit pas, on a droit à un final digne d’un groupe de tête d’affiche : feux d’artifice, confettis, des effets pyrotechniques tout au long du show… on peut dire qu’on en a pour notre argent !! Le dernier album est clairement sous le signe d’un heavy metal parfois énervé à la limite du death mélodique comme dans A statue of the King ou The King welcomes you to Avatar country aux airs country. Pour moi une excellente découverte et un des meilleurs concerts du jour.

Set list : A statue of the king – Let it burn – Paint it red – Bloody angel – For the Swarn – Tower – The Eagle has landed – Smell like a Freakshow – The King welcomes you to Avatar country – Hail the Apocalypse

Deuxième tête d’affiche, Marilyn Manson : tout de noir vêtu, maquillage noir et blanc. Le decorum ne change pas trop, on retrouve les symboles phares de MM : l’éclair dans un cercle rouge, un immense drapeau frappé de plein de croix. Marilyn pioche dans sa discographie pour nous en envoyer plein les oreilles et les yeux, Irresponsible Hate Anthem, This is the new Shit, Disposable teens, mOBSCENE… la liste est longue et le monsieur change de tenue a presque chaque tenue chemise noire à jabot, grandes ailes, le manteau à plumes pour The Dope Show, veste en cuir et pour finir une grande cape avec une capuche. Les groupies montent sur scène : spectacle ou réalité… peut-être un peu des deux, difficile à dire. Pour une première fois que je le vois, je ne suis pas trop déçue même si j’aurais aimé un peu plus de « folies » de l’Antechrist Superstar. Il faut croire que ce personnage appartient à son passé. Nous avons évidemment droit aux inévitables reprises d’Eurythmics « Sweet Dreams » et « Cry Little Sister ». Il semble chanter dans son monde sans beaucoup communiquer avec son public… Le show se termine sur un Coma White et s’en va sans un mot nous laissant tous sur notre faim.

Set list : Irresponsible Hate Anthem – Angel with the scrabbed wings – Deep six – This is the new shit – Disposable teens – mOBSCENE – Kill4Me – Rock is dead – The Dope Show – Sweet Dreams – Say10 – The Fight Song – Antechrist Superstar – The Beautiful People – Cry Little Sister – Coma White

Groupe du jour : Avatar

JOUR 3 : 17 JUIN 2018

Pour ce troisième jour, c’est avec grand plaisir que je revoie les français de The Noface après leur superbe prestation de décembre dernier à l’Etoile. Impossible de rester de marbre face à la déferlante d’énergie dégagée par leur chanteuse Oma. Over you, Transe, Missy, Never you sont autant de titres pour bien débuter ce dimanche. Les ex-musiciens de Skip The Use (chut il ne faut plus en parler…) surprennent par leur style rock énervé. On les savait bons musiciens de par leur passif mais là ils confirment. Ils sont ici pour défendre leur premier album « Chapter One » et on espère vivement un deuxième chapitre… De quoi rassurer sur la scène rock française.

Set list : Orion – Over you – The Rumor – Fire – Transe – Missy – Never ever – Mermaids – Talking

Après Avatar la veille, au tour de Royal Republic d’investir la main stage. Les crooners du rock arrivent vêtu de costards dorés. Leur premier titre « When I see you dance with another » donne le ton : un rock des années 50 dépoussiéré et moderne. Petite variante avec « Addictive » en version accoustique qui est bien agréable à écouter. Les chansons, Walk !, Underwear, Kung Fu Lovin, Tommy-Gun et Baby restent dans le style. Pas de déception, la machine est rodée et les musiciens ne font aucunes fausses notes. Le chanteur connait son métier et joue de son charme, ce qui a bien l’air de plaire au public féminin. A noter une reprise de Metallica assez intéressante puisqu’un titre qui n’est pas récent : Battery.

Set list : When I see you dance with another – Walk ! – Make love not war – Strangers friends lovers Strangers – Underwear – Weekend Man – Addictive (Accoustic) – Kung Fu Lovin – Tommy-Gun – Baby – Battery (Metallica cover) – Full steam Spacemachine

Le Groupe du jour : Dead Cross, pour ceux qui ne le savent pas, Dead Cross, c’est Dave Lombardo (Slayer) derrière les futs et Mike Patton (Faith No More, Fantomas) au chant. Duo improbable mais efficace qui ne fait pas dans la dentelle !! Et tant pis pour ceux qui faisait la sieste. Avec la bande à Patton, c’est mort. C’est rapide, brutal, ça fait mal aux oreilles mais comme on est maso, on en redemande. La set list pioche principalement dans le dernier album : Idiopathic, Obedience School, The future has been cancelled… Mike, comme à son habitude, n’est pas focément raccord avec la musique, chemise à fleur et cheveux gominés, mais on l’aime aussi pour ça Mike, parce qu’il est unique et talentueux tout comme son pote Dave. Les influences sont dans le punk et le NYC et c’est bon ! Comme il trouve qu’un seul album c’est un peu léger, on a droit à deux reprises, une de Bauhaus (Bela Lugosi’s Dead) et une des Dead Kennedys (Nazi punks fuck off). Pas le temps de reprendre son souffle que l’intro  de South of Heaven retenti aussitôt suivie de celle d’Epic et puis finit… pas sympa les gars de nous faire une fausse joie, on attendait la suite.

Set list : Seizure and Desist – Idiopathic – Obedience School – Shillelagh – Skin of a Redneck – Bela Lugosi’s Dead (Bauhaus cover) – Divine Filth – Grave Slave – The Future has been cancelled – My perfect Prisoner – Gag Reflex – House of the Motherfuckers – Nazis punks fuck off (Dead Kennedys cover)

Groupe du jour : Dead Cross

JOUR 4 : 18 JUIN 2018

On arrive au quatrième jour du Download, j’avoue que 3 jours avec plus de groupes sur chaque jour aurait peut-être été mieux.

C’est donc toujours sous un soleil de plomb que débute mon programme du jour avec le groupe de sludge américains Baroness. Les morceaux se suivent mais ne se ressemblent pas forcément « Take my bones away » ou le lent « March to the Sea » couvrent l’étendue de ce qu’ils peuvent faire. Du dernier album on retrouve les morceaux « Shock Me » et « Chlorine & Wine » J’ai découvert au passage que leurs quatre albums ont tous des noms de couleurs, rouge, bleu, jaune et vert et pour finir pourpre. L’ensemble est harmonieux et fort sympathique, ce n’est pas pour rien qu’un magazine américains a élu leur deuxième album (Blue record) en 2013 comme l’un des meilleurs albums de metal de l’histoire. Quelle sera la couleur du prochain album ? Rose, orange, noir ? Les paris sont ouverts.

Set list : Take my bones away – The Sweetest Curse – March to the Sea – Green Theme – Morningstar – Shock Me – Chlorine & Wine – Isak

Pour presque clôturer ce Download on retrouve Jonathan Davis , projet solo du chanteur de Korn. La scène est sobre avec des musiciens qui mélangent des instruments traditionnels tels un violon, une contrebasse et des instruments électriques. 10 ans après « Alone I play » Jonathan Davis nous revient avec « Black Labyrinth » dont sont extraits tous les tittres qu’il nous chante ce jour à part « Forsaken » tiré du film La Reine des Damnés. Le mélange des sonorités a un côté envoûtant et un peu hypnotisant servi par la voix particulière du Sieur Davis.  On se laisse prendre au violon mêlé à la guitare électrique et la batterie. Attention ce n’est pas pour autant un opus symphonique, les titres Everyone, What you believe, What it is ou Walk on by s’apparente bien à du metal. On sent que notre homme est un habitué de la scène. Des restes de Korn ressurgissent dans la gestuelle, le timbre de la voix. Mention spéciale au violoniste excellent

Set list : Underneath my skin – Everyone – Forsaken – Final Days – What you believe – Basic needs – Walk on by – What it is – Happiness

Le grand moment que tout le monde attend depuis le début du festival, Guns’n’Roses : LE GROUPE qui réunit plusieurs générations de fans, les parents fans d’Appetite for Destruction à ceux plus jeunes qui les ont découverts au Stade de France, la pelouse était noire de monde pour acceuillir Axl, Slash, Duff et Dizzy, les membres originaux du groupe. La set list est éclectique, des grands classiques comme It’s so easy Welcome to the Jungle, Civil War ou November Rain, Axl a l’embarras du choix. Slash n’a pas pris une ride (enfin, vu de loin), ses solos sont toujours aussi bons et il en fait toujours autant, on comprend pourquoi le groupe a besoin de 3h de show… 1h30 de solos pour 1h30 de chansons… non je plaisante, mais quand même la magie opère toujours. Live and Let Die, Knockin on Heaven’s Door, des reprises tellement faites à leur sauce que ça en fait des morceaux propre au groupe. Axl et Slash jouent leurs divas mais n’en n’oublient pas pour autant Duff et Dizzy. La carrière solo de Slash n’est pas oublié avec Slither de Velvet Revolver. Avec ce concert c’est toute la nostalgie de la grande époque des Guns, de la scène Glam de LA qui revient et c’est sacrément bon. Revoir Axl qui porte toujours aussi bien le bandeau, la chemise à carreaux et le perfecto à frange, ça n’a pas de prix. On peut dire ce qu’on veut sur le caractère d’Axl (je sais je parle beaucoup de lui..) mais c’est un grand performer, en tout cas ce soir il l’aura bien prouvé ainsi que Slash, Duff et Dizzy. Le concert s’est achevé sur un mythique Paradise City avec une foule conquise et déchainée et un beau feu d’artifice. Rien de plus à dire, si ce n’est que le Download a vraiment mis le meilleur pour la fin et a fini en beauté. Vivement l’année prochaine !

Set list : It’s so easy – Mr. Brownstone – Chinese democracy – Welcome to the jungle – Double Talkin’ Jive – Better – Estranged – Live and let die – Slither (Velvet Revolver cover) – Rocket Queen – Shadow of your love – You could be mine – New Rose (The Damned cover) – This is love – Civil War – Coma – Slash guitar solo – Speak softly love (The Godfather theme) – Sweet child O’ Mine – Wichita Lineman (cover) – Used to love her – Yesterdays – Wish you were here (Pink Floyd cover) – November rain – Black hole sun (Soundgarden cover) – Knockin’ on Heaven’s door – Nightrain. Rappel : Sorry – Don’t cry – The Seeker (The Who cover) – Paradise city

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