Weapons of Mass Percussion – Acyl / Machine du Moulin Rouge (1)

dimanche/25/03/2018
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LES TAMBOURS DU BRONX  » Weapons of Mass Percussion  » feat Franky Costanza & Guests, Acyl
20 mars 2018 à la Machine du Moulin Rouge

Ce soir, je retrouve le chef pour le deuxième concert de la semaine, semaine qui a fort bien commencé hier au Gibus. Rendez-vous devant la Machine du Moulin Rouge pour le concert de Weapons of Mass Percussion, l’association des Tambours du Bronx et de Franky Costanza.
La file est longue comme un jour sans pain, et pour éviter les hordes de touristes, je me cale entre deux pots de fleurs géants pour attendre le chef. Le quartier a bien changé : historiquement, c’était un coupe-gorge, les rues étaient mal famées, parcourues par les dames de petite vertu et les malfrats en tous genre. Maintenant, les boutiques bio et les sex shop hauts de gamme garantissent une visite sexy mais safe pour le touriste venu du monde entier.
Mais ce live report n’est pas un guide touristique ni un pamphlet anti-touriste, revenons à nos moutons.
Ce soir, le show s’ouvre avec Acyl, groupe d’Ethnic Metal. Pour une soirée dont le thème est la percussion, ce groupe est une très bonne entrée en matière. Moi qui m’attendait à un son façon Orphaned Land, je suis à côté de la plaque. Acyl délivre un Metal plus brutal et des sonorités ethniques très différentes du Metal moyen-oriental d’Orphaned Land. Du peu que j’en connais sur la musique maghrébine, il me semble reconnaitre des sonorités gnawa (musique mystique des populations originaire du Ghana vivant au Maghreb), des éléments de musique de fêtes berbères. Pour les metalleux pur jus, c’est surement très exotique. Pour d’autres, c’est très excitant de voir que la musique algérienne se marie aussi bien avec le Metal.
Sur scène, tous les musiciens chantent, en tant que chanteurs principaux pour Amine et Abder’Rahman, et en tant que choristes pour Salah, Reda et Michael. On passe donc d’un chant en grunt, à des passages en chant traditionnel algérien,  sans dissonance aucune. Le public déjà très nombreux, est conquis petit à petit et se mets même à danser. Quelques youyous résonnent et les applaudissements se font de plus en plus marqués. Les instruments traditionnels ont la part belle : je reconnais une darbouka (équivalent maghrébin du djembé, avec un son plus sec), des Karkabous (sorte de grandes maracas) mais je ne saurais dire quel est le nom des tambours mis en valeur par la petite chorégraphie sur un des titres. Peut-être des bendirs… J’aurais bien des questions à poser à ce groupe en tous cas, si je devais les rencontrer en interview !

Après cette première partie très convaincante, nous avons une demi-heure à tuer, alors passage au bar et au fumoir !

Et au moment de retourner voir Weapons of Mass Percussion, la question est la suivante : qui sont tous ces gens qui me cachent la scène ?? Plus sérieusement, nous nous faufilons vers l’avant et trouvons un endroit parfait pour en prendre pleins les mirettes et les esgourdes.
Les Tambours du Bronx ont donc invité Franky Costanza à travailler avec eux, et après avoir revisité plusieurs de leurs morceaux et ceux d’autres groupes, ils se sont dit que jouer ensemble en live serait une très bonne idée. Ils ont fait appel à quelques amis pour compléter la formule, et ce soir, on a donc du lourd, dans tous les sens du terme. Pour mémoire, les Tambours du Bronx, c’est 30 ans de carrière et des collaborations avec les plus grands : Jimmie Page et Robert Plant, Young Gods, Sepultura (qui jouent ce soir juste à côté d’ailleurs), et même Didier Wampas ! Franky Costanza (ex-Dagoba, Blazing War Machine) batteur multi-talents, a appelé les copains pour faire face aux 9 futs métalliques au son cataclysmique : Stéphane Buriez (Loudblast / Sinsaenum) et Reuno (Lofofora, Mudweiser, avec qui il se produisait la veille au Gibus) ont répondu présents. Ces deux-là ont l’habitude des projets de grande bande, puisqu’ils officient régulièrement au sein du Bal des Enragés.

Et alors ça donne quoi ? Et bien, ça envoie du bois. Des grosses pelletées de bois. Rien de ce que tu peux voir sur le Net ne peut te préparer à ce choc. Visuellement, c’est saisissant de voir les 9 tambours frapper avec une synchronisation parfaite. Comme dans une Batucada, les musiciens jouent et bougent selon une chorégraphie harmonieuse. Enfin, harmonieuse, le mot est peut-être mal choisi pour ces barbares torse nu qui lèvent haut leur mailloches.
Le premier titre s’impose comme la transition parfaite avec Acyl : « Orient ».
J’évoquais Sepultura tout à l’heure, et c’est avec joie que nous reconnaissons deux de leur morceaux, « Refuse/Resist » et « Roots Bloody Roots », repris en mode sismique par Weapons of Mass Percussion. Les morceaux d’origine sont déjà énormes, mais alors repris par cet ensemble, on a l’impression de se prendre une vague sonore en pleine tête. Et pas une petite, je te prie de me croire !
Reuno et Stephane Buriez chantent à tour de rôle ou ensemble, sur des reprises des Tambours du Bronx, d’autres groupes ou sur des compo originales.
Les Tambours sont vraiment la structure du show, visuellement et au niveau sonore. Les autres musiciens ont juste à se laisser porter par la vague. Enfin juste… comme en surf si la vague est trop forte, les chances d’être écrasé sont importantes. D’ailleurs, je note les ear monitor dans les oreilles de Stephane et Reuno.
Ce soir, le public est submergé par le son, et quand Reuno nous demande de faire du bruit, il nous est bien difficile d’égaler le niveau de décibels !
Arrive un morceau sans les chanteurs : les instruments électrifiés ont intérêt à se battre pour se faire leur place. Puis on souffle avec un petit intermède à la Europe avant que la brutalité reprenne.
Les copeaux de bois des mailloches qui se déchiquètent petit à petit, voire même des mailloches brisées s’amoncellent devant les tambours. Mais personne ne faiblit.
On aura droit à un rappel jubilatoire, même si le micro de la chanteuse venue accompagner Stéphane Buriez aurait gagné à être poussé un peu plus pour faire face aux tambours. On peut faire la même remarque pour les autres instruments, qui ont un peu pâti d’un sous-mixage. La faute à la limite légale du niveau de décibels… ce sera vraiment le seul défaut (mineur) du show.
Au final, c’est un grand moment auquel on a assisté, une expérience unique en terme de ressenti physique. A voir sans hésitation !

Setlist Acyl :
Mercurial
Finga
The Battle of Constantine
Al Kiama Chapter 1: Caldeira
Obduracy
The Angel’s Sin
Gibraltar
Head on Crash / Ungratefulness
Creation Chapter 3: Autonomy

Setlist Weapons of Mass Percussion : surprise !

 

Présentation du projet :
https://www.youtube.com/watch?v=LUlCLMh5GHw

 

Merci à Béranger pour les photos ^^

Acyl 1
Acyl 2
Acyl 3
Acyl 4
Tambours du bronx 1
Tambours du bronx 2
Tambours du bronx 3
Tambours du bronx 4
Tambours du bronx 5
Tambours du bronx 6
Tambours du bronx 7

 

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