Wardruna – Skald

vendredi/23/11/2018
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Auteur: Wardruna

Titre: Skald

Label: By Norse Music

Sortie le: 23/11/2018

Note: 17/20

 

 

Le froid et la nuit tombent à peine sur le continent européen quand est édité « Skald », « poète » en langage nordique. Et les mots se bousculent : pureté, oralité, solennité, incantation, dépouillement, recueillement, beauté. Mais nul besoin de litanie ou d’inventaire pour décrire voire définir ce bijou païen, l’Art étant un langage universel. Et intemporel. Il est inclassable, le mot « Folklore » étant ici vulgaire voire déplacé. Ce quatrième volume de l’œuvre de Wardruna suit la Trilogie « Runaljod » (soit « Runaljod – Gap Var Ginnunga » en 2009 ; « Runaljod – Yggdrasil » en 2013 ; et « Runaljod – Ragnarok » en 2016), chacun contant et comptant huit après huit les vingt-quatre lettres de l’alphabet Runique, le langage du vieux Futhark, usité au début de notre Ere dans les pays germaniques et septentrionaux. Wardruna, alors composé du cultivé Einar Selvik (ancien batteur du groupe de Black Metal norvégien Gorgoroth, rebaptisé « Kvitrafn »), du sulfureux Kristian Espedal (ex-chanteur du même groupe, alias « Gaahl ») et de la chanteuse et flutiste Lindy Fay Hella, avait alors enregistré au plus près des éléments (le bois, l’eau, les matières animales et végétales), parfois après avoir savamment reconstitué des instruments ancestraux, afin d’en restituer la quintessence.

Si Masha Scream du groupe russe Arkona est pratiquante de la Rodnoverie (la « vraie Foi », le néopaganisme slave), Einar Selvik revendique quant à lui l’animisme scandinave. Qui imprègne profondément l’intégralité de son travail. Notre troubadour aux tempes blondes rasées a cette fois vaqué seul. Et décrit ce quatrième disque par une sorte d’oxymore : « enregistré Live dans un Studio » ; en l’occurrence, le Solslottet Studio de Bergen. Peu importe, serait-on tenté d’écrire, ce disque (?) étant frappé du sceau désarmant de la simplicité. Accompagné pour chacune des dix pistes (?) par un unique instrument traditionnel (à cordes frappées ou à vent) joué posément, a cappella et parfois secondé par un second chœur masculin, le norvégien chante et déclame avec une infaillible conviction. Même s’il ne comprend pas le sens littéral de ses mots, l’auditeur est immanquablement emporté par la sincérité de Kvitrafn. L’écoute de « Skald » s’avère idéale pour méditer, se ressourcer (en contemplant les arbres à présent dénudés, par exemple…) voire travailler. Il aura donc fallu attendre le vingt-troisième jour de son onzième mois, pour que paraisse un des incontestables albums (?) de l’an 2018 après le Christ.

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