Sinsaenum – Repulsion for Humanity

jeudi/09/08/2018
346 Views

 

Groupe: Sinsaenum

Album: Repulsion for Humanity

Sortie le: 10/08/2018

Label: Peccatum Records – Ear Music

Note: 17/20

 

Quand on entend parler de « super groupes », c’est un petit peu comme une bande annonce de blockbuster hollywoodien : il a des gros noms sur l’affiche, on aime bien ce qu’ils font chacun de leurs côtés, on est pris par la hype et on espère que ça vaudra le coup. Mais on court aussi le risque que ce soit juste un feu de paille et qu’au final la sauce ne prenne pas. Parce que réunir de grands musiciens ne veut pas forcement dire qu’une bonne alchimie va en ressortir.

Heureusement pour nous, avec les gars de Sinsaenum, on est plutôt dans la 2ème situation car là, la sauce, elle a carrément bien pris !

Je pense d’ailleurs qu’on peut arrêter de parler de super groupe dans leur cas, car ils montrent une réelle volonté de faire vivre le projet au-delà d’un one shot.

En effet, avec ce « Repulsion for Humanity », Sinsaenum en est, mine de rien, déjà à son 3ème disque en 2 ans, juste après l’EP « Ashes » sorti en 2017 et le premier album « Echoes of the tortured » sorti en 2016. Ça ne chôme pas, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Bon, allez, avant de rentrer dans le vif du sujet, on va faire un petit rappel du casting pour les 2 du fond qui n’ont pas suivi l’histoire depuis le début.

Sinsaenum, c’est un projet qui réuni Frédéric Leclercq (Dragonforce), Joey Jordison: (ex-Slipknot), Stephane Buriez (Loudblast), Sean Zatorsky (Daath, Ex-Chimaira), Attila Csihar (Mayhem, Sun o))) ) et Heimoth (Seth). La joyeuse bande franco-américano-hongroise a donc été réunie à l’initiative de Fred Leclercq pour, je cite, « faire plus Morbid Angel que Morbid Angel ». Il n’en fallait pas plus pour que votre serviteur s’intéresse au projet, vu son addiction au Death old school.

Pour ce qui est du premier album, il est assez vrai qu’on retrouvait cette patte typique du Death californien, entrecoupée d’interludes ambients mais avec une production résolument moderne et des morceaux au final très efficaces.

L’EP suivant « Ashes » avait amorcé une orientation plus Black Metal et je dois dire que j’attendais, avec pas mal de curiosité, de voir dans quelle direction allait nous emmener ce nouveau disque.

Alors, ce « Repulsion for Humanity », il donne quoi ?

Déjà, par rapport au précédent album, il sonne beaucoup plus compact et direct. Bien que j’eusse apprécié les interludes du premier, je trouvais qu’ils cassaient un peu le rythme de l’écoute sur la longueur. Ici, rien de tout ça, l’album démarre directement les 2 pieds en pleine gu*ule avec le morceau titre qui file à toute vitesse et fixe la barre de la violence carrément haut pour une entrée en matière. On y retrouve le cocktail habituel de blast, de guitares incisives et rythmiques dignes d’un motoculteur. En gros, ça cogne dur et ça cogne bien.

A peine le temps de reprendre son souffle qu’on enchaine avec le très groovy « Final Resolve », premier single de l’album avec une ambiance très Panteresque (ce mot n’existe pas en vrai mais ça sonne Pantera pour ceux qui ne suivent pas) et des passages percussifs très bien sentis (merci les Tambours du Bronx !). On a droit aux traditionnels ping-pongs de Soli de guitare entre Fred et Stef du plus bel effet (oui je sais, c’est classique dans le Death mais les traditions, c’est important mon enfant) et ça donne méchamment envie de virevolter du cheveu.

Il y a d’ailleurs un chouette clip juste là :

Les morceaux s’enchainent en toute en fluidité (je ne vais pas dire douceur, ce ne serait pas très à propos) alternant entre le groove et le blast typiquement Death et, vers la moitié de l’album, on sent une transition assez surprenante avec le morceau « Manifestation of ignorance », plus long et qui intègre des claviers et des voix qui subitement tire plus l’album vers le Black metal. Une facette qui était plus timide sur le premier disque est ici mise beaucoup plus en avant et donne une atmosphère subitement hantée à l’album.

Cette transition de style est d’ailleurs assez frappante quand on écoute le 2ème clip sorti pour le morceau « Nuit Noire » qui se visionne ici :

 

2 clips qui montrent avec justesse les 2 facettes complémentaires de l’album.

On a d’ailleurs droit à plusieurs morceaux plus longs que la moyenne (comme « my swan song » et le morceau final « Forsaken ») dans lesquels le groupe sort de ses habitudes et prend le temps d’installer une ambiance beaucoup plus malsaine et sombre du plus bel effet.

On aura également droit à une guest sur le morceau « Sacred Martyr » en la personne de Lauren Hart (chanteuse de Once Human). Un morceau certes plus classique mais définitivement direct et efficace.

Finalement, le seul point que je trouve un peu dommage est l’absence d’Attila sur ce disque, bien que toujours membre officiel du groupe, car très occupé par ses autres groupes au moment de la création du disque (ce qui est compréhensible vu le planning de taré de ces derniers). Mais cela n’enlève rien à la qualité générale du chant, assuré donc cet fois en majorité par Sean.

Un point qui est à mon sens très important à retenir avec Sinsaenum, c’est que le groupe n’essaye pas de faire une synthèse bancale des styles respectifs de ses membres (bon ok, entre le néo, le black, le speed mélodique, le death et le trash, pas sûr que l’ensemble eut été digeste de toute façon). Bien au contraire, on sent ici une volonté sincère de faire autre chose et rien ne semble forcé. Les influences sont bien digérées et le groupe arrive à imposer une touche personnelle qui pourrait bien faire la différence sur la scène actuelle.

L’album est ultra efficace et a cette petite touche en plus qui donne envie d’y revenir et ne se laisse pas oublier comme le font parfois certains albums de musique extrême modernes.

 

Pour conclure nous signalerons que, les membres aillant enfin pu coordonner leurs agendas de ministres, le groupe enchaine la sortie de l’album avec une très grosse tournée passant par l’Europe, l’Australie, le Royaume-Uni, etc. et, bien entendu la France donc, foncez voir la bête en live, ça risque de sentir le souffre.

 

 

Leave A Comment