Report et interview de Madame Robert lors de leur passage à la Boule Noire le 15 novembre

samedi/01/12/2018
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Il y à des moments où tu te dis que ça va être une bonne soirée…

J’ai donc rencard avec Mamy, qui va s’occuper des photos, dans cette salle où je n’ai pas mis les pieds depuis 1998, pour la reformation de Parabellum.

Je sais, je suis vieux et je vous emmerde !

Après être entrés dans la Cigale, salle concomitante, non, on vient pas voir un humoriste, nous voilà dans la place. La scène est en cours d’installation, l’ami Laurent Lefourb prépare ses platines pour ambiancer l’avant, le changement de plateau et l’après…

Dans les loges, le groupe est encore en interview.

Avec un gars de Radio Libertaire, si j’ai bien compris.

Cécile Desailly, ma sœur de cœur est là, fidèle au poste pour photographier les backstages et le concert, de son inaliénable talent noir et blanc.

On boit un coup et, là, les hasards du direct, comme dirait Michel Drucker, Mamy a un problème technique et donc, ne pourra assurer les photos de l’interview mais sera au taquet pour le concert.

C’est donc la mère Cécile qui assurera l’intérim, c’est cool, merci à elle !

Jusque-là, je vous tiens en haleine, mais je vois poindre la question : « C’est quoi donc, Madame Robert ? »

C’est un tout jeune groupe qui fait du Rythme And Blues.

« Mais, heu, Art N roll, c’est plutôt Metal, voire Punk, non ? »

Certes. Mais le combo n’est pas tombé de la dernière pluie, attend, je t’explique : Reuno (Lofofora, Le Bal Des Enragés) au chant, Stef Zen (Parabellum, Le Bal Des Enragés) à la basse, Xa (Parabellum, Punish Youself) à la batterie, déjà, ça te parle ?

Tu le sens, le GROS rapport ?

Voilà !

Tu y rajoutes Léa Worms au clavier psychédélique,  le majestueux guitariste qu’est Julien Murtis et tu as un large tableau de la puissance que peut balancer le truc…

Tiens, les voilà, on va entrer dans le vif du sujet.

Bon, autour de la table, tout le monde va causer, donc, à part le « Ahah, t’es con !», de la part de Léa, le reste c’est un peu tout le groupe.

ENVOYEZ LE BOUZIN !!!

 

Art N Roll : Salut les Madame Robert ! Je vais commencer par une question un peu triviale, pourquoi « Madame Robert » ?

Madame Robert : Parce que ça manquait, que c’est joli, c’est rond, c’est féminin…  Un appel à la convivialité ! Et puis, c’est une chanson qu’on aime bien, une chanson de Nino Ferrer, et puis ça sonne comme un troquet où il fait bon vivre ! D’ailleurs, si on allait boire un coup chez Madame Robert ! Oui , allez on se casse !!!

 

Art N Roll : Moi, je croyais que c’était le prénom de Léa avant son opération…

Madame Robert : Ahah, t’es con ! Voilà, ça commence ! Rhoooo !

 

Art N Roll: Désolé… Bon, Nino Ferrer, on voit déjà bien l’inspiration ! Donc, du blues, du rock, du swing, à l’ancienne, du vrai Ryth’n Blues, comment, avec ce que vous faites chacun, vous êtes revenus à ces racines là ?

Madame Robert : A l’ancienne, oui, avec des anciens mais pas que ! En fait, c’est une musique qu’on écoutait. On s’est découvert ce goût en commun et on s’est dit que ce serait rigolo de faire ça en Français… En plus, ça existe pas trop. En fait, on est tous éclectiques, donc, même en faisant du rock-métal et autres, c’est des trucs qu’on écoutait.

BREAK : Reuno vous cause !

Bon, par exemple, avant de faire Lofo, de découvrir le hip-hop, un des groupes que je préférais, c’était, au niveau « alternatif », Les Satellites, pour le côté groove, le côté patate, rythme and blues, le truc que papa écoutait aussi ! Après on sait pas ce que les gens écoutaient, des fois, on sait pas ce que les gens on dans leur discothèque, mais…

Madame Robert : Oui, quelque part, ça fait partie de notre patrimoine génétique, aussi, le groove !

 

Art N Roll : Ben, justement, on peut pas, quand on fait du rock, ne pas oublier ça mais, comment vous, vous en êtes arrivés là ?

Madame Robert : Par rapport au Bal Des Enragés, on sortait les enceintes et, ça collait du groove, Reuno envoyait et, bravo DJ, on dansait jusqu’à pas d’heure ! Donc, oui, on a ça en commun et ça nous parlait ! Et puis, on s’est dit « on va se faire un groupe de rythme, en Français, parce que, voilà, et le déclic final a été la mort de Schultz, parce que, c’était un moyen, également de se serrer les coudes. Un truc comme ça !
Y’en a qui vont se mettre une murge quand un pote calanche, nous on a fait un groupe. On a fait les deux, aussi !

 

Art N Roll : C’est clair qu’il rendait bien hommage à ce style. Mais au niveau de processus de création, qui fait quoi ? comment ?

Madame Robert : Ben on amenait des musiques et Reuno écrivait les textes, mais, c’est vrai que le processus, ça change un peu, y’a un texte, on va composer dessus, Julien va avoir un petit bout de riff, ou, sur le téléphone, y’a une ligne de basse, genre « doumdoudoudoum », ça nous fait bien rigoler et c’est parti . On met ça sur la table et si ça inspire tout le monde, on s’y colle. Et si ça va bien, généralement, ça va très vite ! Mardi, y’a deux jours, on a fait deux nouveaux morceaux qu’on va jouer ce soir, d’ailleurs !

 

Art N Roll : Du coup, vous avez mis combien de temps pour enregistrer ce premier album ? « Madame Robert : Comme De Niro », bravo la vanne, donc ?

Madame Robert : Au niveau de l’enregistrement, quatre jours et demi. Mais pour la compo, ça s’est fait par périodes. On avait tous d’autres choses à faire, en cours, des agendas pas forcément concordants, donc, il a fallu trouver le temps…   Mais bon, ça coulisse, comme le trombone !

 

Art n roll : Justement, vu le style musical, avez-vous pensé à une section « cuivres » ?

Madame Robert : Oui, on y pense ! Mais dans un premier temps, il fallait faire simple… Bon, on allait pas commencer à dix… Mais promis, dès qu’on fait l’Olympia, on prend des cuivres et des choristes, oui, voilà, important les choristes ! Et puis… Ah, non, il est là, un tourneur !!! Oui, merde…  Bon, peut-être un autre tourneur, alors !

 

Art N Roll : Au niveau des textes, drôles, poétiques et revendicatifs à l’image de ce que vous faites à côté, d’où viens l’inspiration ?

Madame Robert : Oh, exagère pas… Bon, ça vient de la vie, en fait. Y’a une poésie des mots qui arrive mais le robinet créatif, je sais pas trop dans quel sens il tourne, en fait, Des trucs découlent d’autres…

 

Art N Roll : Vu la créativité, à quand un deuxième album ? Et le titre ?

Madame Robert : On verra, mais, et c’est toi qui l’a dit, sur fond rouge, en hommage à Louis Armstrong, « Comme Hue » ! En plus, c’est toi qui l’a dit !

 

Art N Roll : Pas de soucis, c’est libre de droit, c’est cadeau !!! Bon, c’était mon instant connerie, mais, le concert, vous le sentez comment ???

Madame Robert : Bon, ça fait deux jours qu’on a une demie molle, là, ça chauffe !

 

Art N Roll : A toute sur scène ! Merci ! Un truc à ajouter ?

Madame Robert : Viendez aux concerts, aux nôtres, à ceux des autres, bougez, rockez-vous la vie !!!


Alors que tout ce beau monde termine de s’attifer pour briller de mille feux, Mamy revient, ready to go alors que résonnent les premiers accords de la première partie du show : Damage Case !

Et nous voilà devant la scène pour un truc incroyable : C’est un mec tout seul !

Julien Perrugini ne déconne pas avec le blues-rock ! Assurant la rythmique, la gratte, le chant et le spectacle par des inter-morceaux savoureux, citant des philosophes, des groupes (le Gun Club, mec, bien vu !), il envoie le son avec verve et passion, sans concession !

Le truc qui scotche bien et qui donne envie d’en découvrir plus dans cette salle qui commence à se remplir…

L’ami Laurent reprend les platine, le temps d’installer Madame Robert, et ça déchire blues-rock-groove !

On va s’en jeter un du côté des loges, où, survitaminés, les potos n’en tiennent plus tellement ils ont hâte d’en découdre !

Mais, attend !

Y’a quelqu’un qui se maquille au fond ?

Ok, oui.

Là, la soirée ne va pas être bonne. Elle va être très bonne…

Retour en salle, pleine de monde, des punks, des metalleux et plein de gens qui, à priori et, au final, à fortiori, ont révisé leurs paroles.

Et, vlan, prend le swing, le rock, le blues dans ta gueule !

Pour décrire, en fait, c’est difficile… Y’a tout !

La rythmique groove à fond, le chant est habité, le clavier rafale et la guitare vient appuyer impeccablement !

Reuno mouille la chemise, charismatique à souhait, Stef ondule la basse, Xa arrive à trouver des tempo délirant derrière ses fûts, Julien  part en délire sur des arpèges pour revenir, droit et brut Léa, charme et sourire, assaisonne le tout avec un clavier électrisant !

Oui, en effet y’a du Ferrer, oui, y’a du Dutronc époque swing, oui, y’a même du Dick Rivers (le côté crooner, je pense), y’a de la rigole, du sentiment sur le « Schultzy Blues », du foutage de gueule bien vu sur le nouveau titre « Parisien » !

Energie, plaisir de jouer ensemble qui se voit sur le public qui bouge ses fesses sur cette musique endiablée que ne renierait pas les débuts de la Motown, les Blues Brothers et tout ce pan que nous avons en nous.

Toi, jeune, quand on te parle de R’n B, c’est pas du M Pokora et autres daubes, c’est du très haut niveau ! C’est du trois étoiles à l’alambic !!! Y’a du Otis Redding, du Aretha Franklin, du Percy Sledge, du Ray Charles, mécréant !

Hélas, on ne peut allonger le temps… La reine de la jungle, dernier morceau.

Ah, j’avais oublié le clin d’œil à Louis Prima et, sur ce pur morceau de bonheur, cerise sur le gâteau, celle qui se préparait dans les loges : Divina Boom !

Non seulement elle fait le show dans le clip de la chanson, fait la pochette de l’album, mais nous gratifie, en cette fin de concert, d’un magnifique, bien que trop rapide show burlesque…

C’est déjà terminé ?

Oui, mais non.

Tu pars avec le sourire, des étoiles plein les yeux et les oreilles. Tu rentres avec le pied qui tape, l’envie d’y être encore.

C’était pas une bonne soirée, en fait. C’était EXCELLENTISSIME !

Et comme disait le poète : « On est pas bien, là , mon Tintin , Ah, oui, on est bien. »

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