HOT on the rocks!

Nick Oliveri • Feller Buncher • High On Wheels 10 aout – Supersonic, Paris

mardi/21/08/2018
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Nick Oliveri • Feller Buncher • High On Wheels
10 aout – Supersonic, Paris
Below the Sun

Ce soir, nous sommes rassemblés pour voir une légende du Desert Rock, selon ses plus fervents admirateurs. Nick Oliveri a officié avec Kyuss et Queens of the Stone Age entre autres. Il se produit ce soir pour la dernière date de sa tournée européenne, Death Acoustic, au Supersonic. Je devais l’interviewer avant le concert, mais il semble que les délices des Pays-bas, où il jouait la veille, l’ait retenu plus que nécessaire. Il arrivera donc pendant la première partie, assurée par Feller Buncher, trio parisien dont le batteur est aussi le frontman, enfin, si on veut, vu qu’il est derrière ses deux acolytes… Il assure le chant, la communication avec le public, sans oublier de cogner comme un sourd sur ses futs. Feller buncher (pour ton éducation, ce nom est celui d’un engin démoniaque qui coupe les arbres en une poignée de secondes) fait bien le boulot de 1ère partie et l’ambiance monte peu à peu. Leur musique, ainsi qu’ils la décrivent eux-mêmes, est un condensé de grunge, groove-metal, hardcore et stoner. A l’instar du batteur qui se démène, les guitariste et bassiste ne sont pas en reste et suent tout ce qu’ils peuvent. Le guitariste se la donne façon guitar hero, à l’ancienne. Ses solos sont bien trippants. Le bassiste prend sa part de chant mais reste relativement en retrait.
Pendant qu’ils transpirent sur leurs instruments, Nick Oliveri se gare tranquillement devant la baie vitrée de la salle. Et ouais. Tranquille.

Août est bien entamé, mais le Supersonic est déjà bien plein grâce à la conjonction des planètes : on est vendredi, le concert est gratuit, et c’est Oliveri (et oui, ça rime).
Mais voici que s’avance le 2ème groupe de la soirée ! High on wheels, c’est aussi un trio, et parisien aussi. Leur musique ? Plus classiquement du Stoner/Desert Rock, avec une influence certaine de la scène Palm Desert de Nick Oliveri.
Ils montent un cran plus haut sur l’échelle de Richter. La batterie est syncopée, martiale, elle donne une couleur originale au son du groupe. La voix n’est pas assez en avant selon moi, mais ça va s’arranger un peu au fil du set. Au final, j’en retiens un son concocté aux petits oignons, avec une sauce bien épaisse qui tient au corps. Note qu’ils jouent avec Hangman’s Chair à la Clef St Germain en octobre.

Et voici le moment tant attendu, l’heure de Nick Oliveri ! La balance est rapide, étant donné qu’il est le seul musicien. Dès le premier morceau il pose l’ambiance : il absorbe toute l’attention et charge l’air en électricité. L’affiliation blues est assez claire, même si Oliveri crache ses tripes comme un punk. Il flotte dans l’air comme une impression de fin de règne malgré la foule plus que dense qui s’écrase dans tous les coins. Il joue « Another Love Song » et le public reprend en chœur avec joie. Il a beau hurler les titres, par moments l’atmosphère se teinte de concupiscence. Et d’un coup, il se fige en regardant par la baie vitrée : quelqu’un s’approche un peu trop de sa voiture. Le public finit par regarder aussi. Chez Art n’ Roll, on connait le nom du coupable, mais on restera muet comme des tombes !
Revenons aux morceaux : courts, intenses. « Autopilot » est dédié à un ami mort d’overdose. « Feel good hit of the Summer » est l’occasion de faire venir le public sur scène pour une reprise qu’Oliveri trouve parfaite pour l’acoustique. En voyant Oliveri sur scène, on a l’impression que Queens of the Stone Age a perdu sa sauvagerie après son départ. Il est de son côté livré à lui-même, sans limite. A propos de sauvage, il reprend G.G. Allin et son Outlaw Scumfuc, et ça lui va parfaitement ! C’est saisissant de le voir passer de sa petite introduction du morceau à une interprétation à base d’arrachage de larynx.
Il jouera un dernier titre, et le concert s’achève.C’était riche en sensations, malgré la chaleur et la foule.

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