Lock Up – Demonization

mardi/18/04/2017
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Groupe : Lock Up
Album : Demonization
Label : Listenable records
Date de sortie : mars 2017
Note : 18/20

 

PLAY FAST OR DIE!

Ce n’est pas moi qui le dit, c’est le groupe. Mais je dois bien admettre que ça résume assez bien la musique des furieux anglais de Lock up.

Pour ceux qui n’écoutent pas de musique de goret en plein égorgement (c’est souvent comme ça que mon papa décrit ma « musique de sauvage »), Lock Up, c’est un supergroupe (comprendre « des types qui sont déjà connus de par leurs autres groupes qui décident de combler leur temps libre en formant encore un autre groupe ensemble ») qui pratique un subtil mélange de death metal et de grindcore issu de la perfide Albion (et si tu ne sais pas ce que c’est Albion, utilise Google. J’ai déjà trop de parenthèses là.).

Donc, débuté en 1998 par Shane Embury à la basse et feu Jesse Pintado à la guitare (tous 2 de Napalm Death) ainsi que Nicholas Barker derrière les futs (ancien de Cradle of Filth et Dimmu Borgir), cette sympathique brochette de furieux décident donc de se réunir pour jouer un bon gros grind death bien old school chargé à la binouze et sort un premier album en 1999 avec Peter Tägtgren (Pain, Hypocrisy) au chant.

Bien que démarré comme un simple side-project, le groupe arrive malgré tout à sortir un 2ème album en 2002 et un live en 2005 avec, cette fois, Tomas Lindberg (At the gates) au micro. Cependant, suite aux problèmes de santé de Jesse (qui décédera malheureusement en 2006. RIP) et aux plannings très chargés de chacun, le groupe est mis en hiatus pour quelques années avant d’être ressuscité en 2011 pour la sortie de l’album « Necropolis Transparent ».

Et c’est donc en ce mois de mars 2017 que le groupe accouche de son nouveau méfait « Demonization » sur le label Listenable records avec cette fois Kevin Sharp (des légendaires Brutal truth) au chant.

Et diable, il est bien méchant ce disque ! Dans la plus pure tradition du grind à l’ancienne, remplis ras la gueule de blasts aux tempos insensés entrecoupés de passages tout en groove au vieux relent de punk-hardcore, le tout plombé par un chant dégueulant avec frénésie toute sa haine au visage de l’auditeur.

Les morceaux s’enchainent vite (on dépasse rarement les 3min au compteur), le son est impeccable et permet de distinguer chaque partie jouée et ce malgré la violence de la galette.

Mention spéciale aux morceaux « The Decay Within the Abyss » au riff d’intro dévastateur et au balourd « Demonization » qui donne envie d’hurler comme un possédé à chaque passage du refrain.

Le jeu de batterie est comme d’habitude énorme et particulièrement bien mis en valeur sans pour autant étouffer les autres instruments qui rendent l’ensemble particulièrement massif.

Je dois aussi avouer que, bien que son prédécesseur ai fait un excellent boulot, l’arrivée de Kevin Sharp apporte énormément au groupe et transcende leur musique.

Car il faut bien le reconnaitre, même si le Grind m’a toujours fasciné pour son coté radical et jusqu’au-boutiste, sa quantité improbable de sous-genres et son imagerie riche et… disons « colorée », c’est aussi un style qui a tendance à devenir vite rébarbatif (en même temps, les albums sont souvent très courts pour une raison).

C’est d’ailleurs un point important à souligner ici : l’album reste intéressant et entrainant du début à la fin, et on ne s’ennuie jamais au cours de ces (presque) 42 minutes de violence gratuite (ça peut paraitre normal comme durée d’album, mais c’est relativement long pour du Grind).

En toute sincérité, je pense que le groupe nous livre ici leur meilleur album à ce jour.

Que ce soit niveau production, qualité d’exécution ou encore qualité de composition, cet album est une véritable leçon de musique extrême interprétée avec brio par des ténors du style.

Espérons en tout cas que les plannings des différents membres du groupe (mine de rien, on parle de presque 20 ans d’existence là donc on a largement dépassé le statut de side-project) leur permettra de tourner pour défendre cette petite bombe et que son successeur ne nous fera pas languir plus de 5 ans.

En résumé, je dirais :

Si vous pensez que le Grindcore, ça passe 5min puis c’est chiant, écoutez ce disque, il risque de vous faire changer d’avis.

Si vous aimez la musique extrême en général, écoutez ce disque aussi !  Vous y trouverez largement votre compte.

Si vous voulez découvrir le grindcore, écoutez ce disque ! C’est une très bonne introduction au style.

En fait, écoutez ce disque. Point. Il est vachement bien.

 

 

 

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