Live Report Download Paris 2018

samedi/30/06/2018
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Jour 1

Retour à la base aérienne de Brétigny sur Orge pour une troisième édition du Download en France. Le soleil est là, la prog est franchement réussie, et côté site… c’est comme l’année dernière, un terrain sur lequel on a posé quelques tentes et quelques scènes… La fréquentation de cette année est à la baisse, et bien en dessous des attentes des organisateurs, malgré la programmation. La situation présente quelques avantages, pas de queues que ce soit au bar, à l’entrée ou aux toilettes. Les infrastructures sont bonnes et il est facile de circuler d’une scène à l’autre.

Billy Talent

Le festival débute avec les canadiens de Billy Talent, que les chanceux avaient pu voir à l’Elysée Montmartre lors de leur dernier passage en France. Billy talent c’est du Punk-rock qui fait plaisir à entendre. Des riffs accrocheurs, une voix reconnaissable entre mille et une énergie à faire pâlir la nouvelle génération. Un peu dommage de voir un tel groupe à 16h le vendredi, mais les fans sont là, et devant la scène des centaines de personnes s’agitent dans tous les sens. Le groupe continue de tourner pour promouvoir « Afraid of Heights » sorti en 2016, le public a donc eu le temps d’apprendre les paroles et Benjamin n’hésite pas à leur demander de participer. La setlist, très courte avec 10 titres seulement n’est pas complètement un best-of, mais une bonne sélection pour une entrée en matière qui donne envie de continuer la journée.

Powerwolf

C’est en suite Powerwolf qui fait son entrée sur scène pour la messe de 17h. Une petite pensée pour eux sous leur accoutrement et maquillage, mais le Power Metal a ses exigences. Attila continue de faire des progrès en français, ses speechs sont désormais bien réglés. Un show, qui commence à devenir un peu lassant à chaque festival. Il manque un peu de fun chez ce groupe qu’il est difficile de prendre tout à fait au sérieux quand il chante « Diamonds are the girsl best friends », par exemple. Mais tout le monde se rejoint sur l’entraînant « We drink your blood ».

Alestorm

Changement d’ambiance pour le très populaire groupe de Metal Pirate Alestorm et son canard en plastique géant. Une setlist classique pour eux, le plein de bonne humeur et d’énergie pour un moment bien festif. La présence de barrières au milieu de la fosse ne permet pas autant d’animation que d’accoutumée au sein du public, mais la fête était bien au rendez-vous.

Opeth

Opeth est-il vraiment un groupe de festival ? Leur musique qui fluctue entre des riffs très lourds, des ambiances planantes et travaillées demande une attention particulière, mais surtout un bon son. Des conditions difficilement réunissables sur un site de plein air. Le groupe joue bien, la setlist est variée, et plutôt bien pensée pour l’exercice Download, mais le son c’est une autre histoire. Une belle prestation à laquelle je n’ai pourtant pas réussi à accrocher, malgré tout mon amour pour ce groupe.

Ghost

Les dernières notes d’Opeth résonnent quand la fumée est lancée sur la Mainstage 2 pour marquer l’arrivée de Ghost. Les Nameless Ghouls prennent place et oh surprise, il y a deux femmes dans leurs rangs ! Le Cardinal monte sur scène et entame le single « Rats » issu du dernier album « Prequelle ». Le public reprend en chœur les paroles, le groupe est clairement devenu un phénomène rassembleur, qui malgré les critiques, continue de gagner en notoriété. Le nouveau personnage de Tobias Forge apparait avec un masque plus visible que pour les précédentes figures, et un costume beaucoup plus simple. Quatre album, trois EP, une décennie de tubes, qui déferlent sur le public de la base aérienne. « Ritual », issu du premier album retentit en troisième morceau de cette setlist infernale, un beau moment pour un des meilleurs titres du groupe. Avec « Miasma », Ghost nous propose son instrumentale en live avec la question que tous les fans ont dû se poser : y aura-t-il un saxophone ? Eh oui ! Une version vieillissante d’un Papa Emeritus monte sur scène avec l’aide de ses roadies, pour nous jouer le solo de sax que l’on attendait. Les nouveaux morceaux comme « Faith » ou « Dance Macabre » passent aussi bien que les nouveaux, et le public est en transe à chaque instant. Pour citer Taylor swift « hater’s gonna hate hate hate », mais ceux qui aiment ont passé un bon moment !

Converge

Je fais l’impasse sur le prince des ténèbres pour aller voir Converge, et dans un premier temps on se sent un peu seuls sous la tente de la Wardbird. Jacob remercie même le public d’avoir choisi son groupe alors qu’Ozzy est sur scène. Mais merci à eux d’être là ! Comme à leur habitude les américains balancent un son sans compromis dans une énergie et une intensité dingues. Jacob est habité par ce besoin viscéral de faire vivre sa musique. Il assène ses paroles devant un public conquis. Kurt Balou et sa moustache semble un peu plus tranquille sur son coin de scène, mais la prestation est irréprochable. L’intensité monte d’un cran sur des morceaux comme « Dark Horse ». Une grosse claque pour finir cette première journée en beauté.

 

Jour 2

Cette deuxième journée du Download s’annonce comme un retour en adolescence avec des groupes cultes des années 90.

Tagada Jones

La wardbird était bien trop petite pour accueillir tous le public rameuté par les Tagada Jones, et à l’extérieur des tentes difficile d’entendre correctement la musique du groupe. Les morceaux engagés séduisent la foule, qui ne se fait pas prier pour frapper des mains et s’agiter sérieusement dans les pogos. Un final énorme sur « Mort aux cons », scandé par un public conquis.

Nothing More

Voilà un groupe à découvrir et à apprécier sur scène. Les américains récemment nommés aux Grammy Awards viennent défendre leur dernier opus « The stories we tell ourselves » sur la petite scène Firefly. 7 morceaux pour convaincre, pari réussi ? La performance de Johnny est saisissante, pieds nus et torse nu, il prend la mesure de la scène et se livre sans retenue.

NOFX

Les joyeux lurons de NOFX sont en pleine forme pour prendre d’assaut le Download, vêtus de leurs plus beaux atours c’est avec « Time Warp » que le set débute. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur les américains. Une grosse dose d’autodérision, un chant approximatif, et quelques titres imparables comme « Dinosaurs will die » sous le regard attentif de Noodles d’Offspring, aux premières loges du spectacle. C’est un plaisir de retrouver ce groupe sur scène quand on a grandi avec ses morceaux, mais je ne saurai dire si la prestation peut séduire un public non nostalgique. Leur présence en France est la bonne occasion de ressortir leur reprise des « Champs-Elysées », chantée par un de leur roadies pour que le français soit intelligible.

 

The Offspring

The Offspring c’est une histoire d’amour qui dure depuis 24 ans, donc pour l’objectivité il faudra repasser. Seul concert de cette édition passé dans les premiers rangs, ce sera une lutte intense pour rester debout. « Americana » ouvre le bal des tubes, un titre parfait pour se mettre en jambe. Et oh surprise les californiens nous sortent un nouveau titre « It won’t get better ». Après tant d’années passées à attendre un nouvel album, y aurait-il un peu d’espoir. Depuis que le groupe a racheté les droits de sa musique et s’est dégagé de ses obligations envers Columbia, il se contente de tourner en proposant des concerts best-of devant un public nostalgique. Grand plaisir avec les premières notes de « Genocide », excellent titre de « Smash » et surprise avec le titre « Gone Away » repris au piano par Dexter. Un contrepied à la version grandiloquent de Five Finger Death Punch. Un concert réussi, qui a fait bouger la fosse avec un tech guy de luxe en la personne de Fat Mike (NOFX).

Marilyn Manson

C’est avec un mélange d’appréhension et d’espoir que j’entame ce concert de Manson, mais les espoirs sont vite déçus. Une voix passable, faux par moment, et surtout un manque d’engagement sur scène qui rend la prestation insipide. Difficile pour l’artiste d’enchainer des morceaux ces dix dernières années, il joue donc de changements de costumes pour temporiser. Les musiciens n’ont pas le charisme de leurs aînés, et ne peuvent sauver le concert.

Meshuggah

Tandis que Brian braille un peu sur la Mainstage, les suédois proposent un show époustouflant sous tente. Leur lightshow est réglé au millimètre pour illuminer la Wardbird. La déferlante de riffs emporte le public, conquis par une prestation à la technique irréprochable et au son maîtrisé. Il n’y avait pas meilleure manière de terminer cette soirée.

 

Jour 3

Arrivée presque matinale pour ce troisième jour afin de ne pas rater le power trio parisien « Teacup Monster ». Le groupe bénéficie du soutien du Plan et de Live nation pour faire jouer des groupes locaux. Après une préparation intensive, ils étaient fin prêts pour prendre d’assaut le Download, devant un public vite acquis à leur cause. Un rock sans concession, qui intègre des influences fun

Royal Republic

Les suédois (oui ils sont nombreux au Download) ont revêtu leurs plus beaux habits de lumière pour venir livrer leur rock festif aux accents Punk-Rock. Leur énergie gagne vite le public à travers des titres très efficaces comme « baby » ou « Tommy Gun ». La fosse sautille et ne se fait pas prier pour danser. Le tube « addictive » qui les avait révélés en France est joué en acoustique, l’occasion d’avoir un peu plus d’interaction avec le public. Comme ce fut le cas lors de leur dernier passage en France le quatuor reprend une partie de « Battery » de Metallica, devant un public définitivement sous le charme.

Frank Carter & the Rattlesnakes

C’est dans un mini short de boxe orange que Mr Carter déboule sur scène pour entamer « juggernaut ». Comme à son habitude, l’artiste est omniprésent sur scène et se retrouve vite au milieu de la fosse pour chanter ses morceaux. La fin de ce (trop) court set est un enchaînement de tubes, « Snake eyes », « Lullaby » et pour finir le titre à « dédier à une personne très spéciale dans nos vies » « I hate you ». Un concert réussi, bonne mise en bouche pour le reste de la soirée.

The Hives

Encore un groupe de suédois qui vient prendre d’assaut la Mainstage du Download. Le dernier album en date « Lex Hives » est sorti en 2012, et il semblerait que l’attente d’un nouvel opus soit bientôt terminée. Dans une setlist best-of, d’une efficacité redoutable, nous avons eu le droit à deux nouveaux morceaux « Paint a picture » et « Stick up ». Difficile de juger de la qualité de ces nouveaux titres sur la prestation live, mais ils mettent l’eau à la bouche. Hormis ces nouveautés, le quatuor nous balance des tubes dans une énergie sans retenue, the Hives c’est un groupe jouissif à voir sur scène.

Mass Hysteria

Le groupe a négocié une exclusivité avec le festival pour son unique date de l’été et s’impose en tête d’affiche de ce dimanche. Une belle revanche pour eux qui se plaignaient d’être programmés si tôt dans l’après-midi lors de la première édition. Mass Hysteria a toujours fait de la scène sa principale force et ce n’est pas ce soir qu’ils vont lâcher le morceau. Le set s’ouvre sur une mise en scène pleine de percussions pour « Vae Soli! », jolie mais pas inédite avant d’enchainer sur le très bon « Vector equilibrium ». Le son est capricieux, et il est difficile d’entre correctement le jeu de Yann, ce qui est particulièrement frustrant. Le groupe nous livre un bon concert riche en divertissement avec des pom pom girls et même des danseuses brésiliennes pour un fin carnavalesque. A noter que les musiciens sont actuellement en studio pour enregistrer un album qui sortira en octobre prochain.

Foo Fighters

Le groupe dispose de 2h30 de set pour conclure cette troisième journée, durée qui correspond à ce qu’ils ont l’habitude de faire en tournée. Le concert commence sur les chapeaux de roue avec « All my life » et « The pretender » quelques titres plus loin. Puis ça commence à retomber. Un solo de batterie mis en avant à renfort de plateforme qui s’élève et d’encouragements de Dave pour que le public ovationne Taylor. Mais c’est surtout après le très bon « Walk » que la sauce ne prend plus. Le Dave and Taylor show se met en marche et l’intérêt du concert sombre. Une reprise d’Alice Cooper suivie par une déferlante de reprises sans grand intérêt dont le mash-up Imagine/Jump… blague de studio qui avait bien marché sur Facebook, mais qui n’a pas sa place sur scène. Le gag dure bien trop longtemps et l’arrivée du chanteur des Struts pour reprendre avec Taylor le titre culte « Under Pressure » est une diversion bienvenue. Le groupe enchaîne avec « Monkey Wrench » et finit le set par une interminable version de « Best of You », pas moins de 15min pour ce titre… trop c’est trop !

L’attrait des Foo Fighters sur scène était indéniable lors de leur prestation mémorable à Rock en Seine, mais ces dernières années, la surenchère de blagues, de morceaux à rallonge ne m’intéresse plus.

 

Jour 4

Exceptionnellement, cette édition 2018 du Download propose une quatrième journée avec à la clé, un concert de 3h30 des Guns N Roses.  Pour chauffer le public on a le droit à une belle prestation de Baroness avant de passer au très décevant Jonathan Davis. Entouré d’un contrebassiste et d’un violoniste le leader de Korn nous propose les morceaux de son album solo et un extrait de la très réussie bande son de « Queen of the Damned ». Les titres de cet opus solo ne sont pas très inspirés, même si la performance de Davis est bonne. Le public est apathique devant la scène.

Les australiens de Seether sont les derniers à passer avant le grand show. Sur la scène de la Wardbird ils nous offrent un bon concert au son bien grungy. Le groupe Sud-Africain fait du rock bien emprunté, on reconnait beaucoup (trop) de Nirvana et même du Tool sur leur dernier single.

20h sonnent, et les Guns se font attendre. C’est avec une petite demi-heure de retard que les stars font leur apparition et entament « It’s so easy ». La longue tournée de reformation semble avoir porté un coup aux musiciens, qui sont bien moins frais qu’au Stade de France. Si Axel assure la partie vocale, c’est un peu léger sur les solos du côté de Slash. Sur les 31 titres joués on retrouve l’intégralité de leurs succès, avec les mythiques « Welcome to the Jungle », « You could be mine » ou encore le sublime « Civil War ». Malgré cette avalanche de titres j’en connais une qui n’a pas eu « Patience ».

La mécanique est bien huilée, et le public semble adhérer. Les conditions sont presque parfaites, du monde mais pas trop, du soleil mais pas trop chaud et un son plutôt bien maîtrisé. Un bon moment passé en compagnie de ces légendes.

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